LATITUDES

Une association lutte contre la surconsommation de plastique

Glitter crée des objets à partir de plastique recyclé, en sensibilisant le public aux problèmes liés à ce matériau.

La tristement célèbre image de la tortue avec une paille coincée dans la narine constitue le point de départ de Glitter. «Nous voulions proposer une solution pour valoriser tout ce plastique que les humains consomment», explique Karin Vouillamoz, 30 ans, et Damien Greder, 27 ans. Tous deux sont membres de l’association Glitter, fondée il y a trois ans et installée depuis cet été à la MACO, une manufacture collective à Châtelaine dédiée à des structures actives dans l’économie circulaire et durable. L’équipe, composée de quatre membres, y a déployé ses machines nécessaires au recyclage du plastique. «Notre activité consiste aussi à sensibiliser encore davantage la population à la surconsommation de plastique. Les chiffres sont effrayants. Les experts prédisent que d’ici à 30 ans, la consommation de ce matériau aura doublé: on atteindra donc 700 millions de tonnes de plastique utilisé par an.»

L’objet phare de Glitter est un porte-savon design et fonctionnel. «Il était capital pour nous de concevoir un objet qui ait une longue durée de vie, et qui permette de limiter la consommation de plastique. Nous avons imaginé un système pour que le savon sèche facilement, ce qui encourage les utilisateurs à opter pour ce type de produit plutôt que pour ceux emballés dans du plastique.»

Inspirée par la plateforme hollandaise «Precious Plastic» qui partage librement ses connaissances à propos du recyclage de cette matière, Glitter utilise des bouchons de bouteilles pour le recyclage, effectué de manière artisanale et locale par les membres eux-mêmes. Ces éléments ont l’avantage d’être conçus pour un usage alimentaire et contiennent moins d’additifs que d’autres types de plastique. Une fois triés par couleur, les bouchons sont broyés, puis les fragments sont lavés avant d’être fondus et moulés. «Nous avons reçu des fonds pour acquérir une presse qui nous permettra de réaliser des panneaux de 90 cm par 140 cm qui pourront être utilisés dans la construction.»

Pour l’instant, la création et le fonctionnement de l’association dépendent principalement de leurs fonds propres, mais l’équipe envisage d’engager son premier employé d’ici à 2022. Les membres de Glitter rêvent que le recyclage du plastique se généralise en Suisse. «Puisque le pays ne possède pas de matière première, mais qu’il est champion dans la consommation de plastique, ce matériau recyclé pourrait devenir sa matière première!»

Où les rencontrer

Materiuum: «L’association se situe aussi à la MACO, on y trouve des objets divers récupérés à partir de décors de théâtre. Karin y a trouvé de magnifiques tissus en velours jaune.»

Le Nid: «Située dans l’écoquartier de la Jonction, cette épicerie nous plaît car son fonctionnement coopératif permet d’impliquer la population dans la recherche de produits, et aussi de mettre en valeur la vente en vrac, limitant ainsi l’usage de plastique.»

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Une version de cet article réalisé par Large Network est parue dans la Tribune de Genève.