TECHNOPHILE

Il repousse les limites de l’art numérique

Xavier Monney séduit les plus grandes marques avec ses animations typographiques qu’il publie sur Instagram. Le graphiste explore les possibilités offertes par le numérique.

Il a travaillé pour les plus grands: Nike, Burberry ou encore Kenzo. Autant de marques qui ont cerné le potentiel de ce jeune graphiste d’origine lausannoise pour dynamiser leurs campagnes publicitaires et vidéos. Aujourd’hui basé à Zurich, Xavier Monney, 27 ans, continue de se perfectionner en motion design, une forme d’art numérique où les œuvres sont animées.

Les productions de l’artiste commencent à être remarquées sur Instagram en 2017, son compte atteignant plus de 17’000 abonnés. Son concept? Mélanger les animations 3D et les typographies variées. Son travail joue ainsi avec les formes et les effets d’illusion d’optique, pour un résultat qui rappelle l’efficacité du graphisme suisse.

Après avoir fait partie du jury de «DEMO» en 2018, le premier festival d’Europe de motion design, Xavier a été sélectionné pour «Lausanne Lumières» fin 2020. En collaboration avec le designer Pierre Allain-Longval, il a eu carte blanche pour produire une série de quatre créations numériques. «C’était un projet qui allait au-delà d’une démarche publicitaire ou commerciale, ça m’a beaucoup plu. On a bossé comme des fous pendant un mois, pour des rendus qui demandent une puissance de calcul énorme.» Dans ce type de démarche, plus une œuvre numérique est complexe, plus elle requiert une technologie de pointe.

Le jeune graphiste aime explorer différents horizons, de l’art à la blockchain. Récemment, il a tenté l’expérience des NFT ou non-fungible tokens. Les NFT sont des jetons cryptés selon le modèle de la blockchain, qui permettent la vente et l’identification d’œuvres numériques. Fonctionnant comme une signature de maître, les NFT garantissent ainsi l’authenticité des œuvres numériques. «Il y a là un potentiel pour les artistes numériques, mais pour vendre à des prix corrects, il faut être mis en avant par des plateformes qui sont actuellement saturées.»

Xavier Monney préfère aujourd’hui se concentrer sur l’aspect créatif de son travail. «Le côté commercial n’a jamais été un moteur pour moi, je lui ai toujours préféré l’expérimentation.» Depuis son atelier et en attendant que la vie culturelle reprenne pleinement, le graphiste continue de bousculer les codes de l’art numérique au travers des réseaux sociaux.

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Ses occupations

Les podcasts «Transfert» de Slate.fr: «Je les ai écoutés pendant le confinement, pour le côté intrigant des histoires.»

Des dîners en comité réduit, Covid oblige: «Chaque mardi, on s’invite entre amis. Et celui qui accueille est en charge de préparer tout le repas.»

Le long métrage «Parasite», du réalisateur coréen Bong Joon Ho: «J’aime vraiment sa fin inattendue.»

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Une version de cet article réalisé par Large Network est parue dans la Tribune de Genève.