CULTURE

Il s’impose dans la cour des rappeurs francophones

À 21 ans, Adrien Wagner est un surdoué du clip. Après des captations de concerts pour Rilès, il a signé une vidéo pour le rappeur belge Damso, qui dépasse les 11 millions de vues. Portrait.

Il reste discret durant la discussion, mais son travail en dit long sur ses talents et ses ambitions. Adrien Wagner, né en l’an 2000, est passé maître en matière de clips vidéo de rap francophone. Alors que le dernier en date, pour le rappeur belge Damso, comptabilise plus de 11 millions de vues sur YouTube, le Nyonnais multiplie les collaborations artistiques.

Sa passion pour les images ne date pas d’hier. «Pour mes 10 ans, j’ai reçu une caméra, raconte-t-il. J’ai passé des heures à tester des angles de prise de vue et des effets de lumière.» À l’école ou durant ses vacances à New York, il garde l’œil derrière l’objectif. «Plus je tournais, plus la caméra devenait une extension de ma personne.»

Dès 11 ans, il suit des stages d’été à Aubonne et visionne des classiques, aiguisant son regard, «parmi eux, des Chaplin». Trois ans plus tard, il gagne trois prix au festival Reflex. Avec un film engagé, «Loin pour la paix», dans lequel il livre des témoignages de réfugiés, affirmant son intérêt pour le réel.

C’est à cette époque que l’adolescent entre dans le viseur de rappeurs genevois. Il pénètre le monde des festivals, comme le Paléo et le Beat Festival. «On m’a engagé pour filmer des concerts et leurs coulisses.» Jusqu’au jour où son talent attire l’attention du rappeur français Rilès. «Il a posté une annonce sur Instagram pour trouver un réalisateur qui le suivrait durant ses concerts. J’ai sauté sur l’occasion.» Pas de réponse. Mais trois jours avant le début de la tournée, un e-mail de l’artiste le bouleverse: «Tu viens à Paris pour me filmer devant des milliers de gens?» Adrien Wagner a 18 ans.

Le décollage est intense. Et l’homme n’est pas près d’atterrir. Alors qu’il a déjà œuvré pour les concerts des Français Orelsan et Eddy de Pretto, Adrien Wagner perce en tant que réalisateur de clips musicaux, d’abord pour Rilès, qui l’a recontacté pour son clip «Queen». Pour le vertigineux «911», qu’il signe pour Damso, il dirige une grande équipe et 45 figurants, choisissant la comédienne Noémie Lenoir dans le rôle-titre.

Aujourd’hui, Adrien Wagner collabore notamment avec Adeus Production, à Paris, et enchaîne les mandats pour les marques, telles que Puma et Audemars Piguet. Son dernier projet en date? Il préfère ne rien dévoiler. Patience.

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Ses passions

«Interstellar» «Le film de Christopher Nolan permet de prendre conscience de notre place infime dans l’univers. Il provoque des émotions fortes et l’esthétique est splendide.»

«After Hours» «Le morceau du chanteur The Weeknd, qui est aussi le nom de l’album, est incroyable. Des sonorités et un univers uniques!»

Toujours plus haut «J’aime prendre de la hauteur pour voir le lac et les Alpes. Tout change au fil des saisons.»

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Une version de cet article réalisé par Large Network est parue dans la Tribune de Genève.