KAPITAL

50 idées de business à lancer en 2019

Vous souhaitez créer une nouvelle entreprise ou compléter une offre existante? Voici 50 idées qui qui font parler d’elles à l’étranger, commentées par un panel d’experts suisses.

Une version de cet article réalisé par LargeNetwork est parue dans PME Magazine.

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«Rien ne se perd, rien ne se crée: tout se transforme», disait le chimiste français Antoine Lavoisier. Une formule que l’on peut aussi appliquer au monde de l’entreprenariat. Utiliser le modèle d’une entreprise existant à l’étranger permet de disposer de certaines données essentielles avant se lancer: concurrence, clientèle ou encore juste prix des produits ou des services proposés.

États-Unis, France, Allemagne, Corée du Sud ou Japon: notre sélection d’exemples inédits provient des quatre coins du globe. Pour autant, il faut ensuite réussir à adapter le concept aux spécificités du marché local. On peut aussi imaginer s’allier avec une entreprise étrangère pour décliner son modèle en terre helvétique.

L’an dernier, plus de 40’000 entreprises ont été créés en Suisse, un nouveau record! Peut-être que cette année, ce sera à votre tour? Top départ!

Concerts et soirées à volonté
Développé par deux jeunes entrepreneurs français, Guestme se présente comme le «Netflix de la musique live». La start-up propose deux formules d’abonnement mensuel (33€ pour une personne et 60€ pour un duo), qui permettent d’accéder à des concerts et des soirées triés sur le volet à Paris. Une cinquantaine d’offres sont faites aux abonnés chaque mois, trois jours avant l’événement en question. Le sésame donne également l’opportunité d’accéder à des concerts annoncés complet ou à certaines soirées privées.

Remy Assir, Operations Manager au Global Center for Digital Business Transformation de l’IMD: «Il s’agit d’un bel exemple de modèle d’affaires disruptif. Guestme offre trois types de valeur client: les abonnés obtiennent un bon rapport qualité-prix, en payant des frais mensuels modestes pour avoir accès à une variété de concerts différents. La valeur de l’expérience est également fournie parce que les clients bénéficient d’un choix de concerts auxquels assister, disponibles dans un dispositif unique, évitant ainsi les tracas liés à la recherche et à la réservation de places à chaque fois. Enfin, il y a de la valeur dans la plate-forme même: en construisant un vaste réseau de clients, Guestme crée une pression concurrentielle pour que les concerts vendent leurs places sur leur plate-forme.»

Salle de jeux d’arcade en réalité virtuelle
Exploiter l’engouement autour des jeux en réalité virtuelle: c’est le principe de l’enseigne Playdium VR, basée à Hong-Kong. Le lieu propose des studios de jeux, pouvant être privatisés et accueillir jusqu’à dix personnes en même temps. Plus de trente jeux en réalité virtuelle y sont disponibles aujourd’hui, un nombre appelé à augmenter. Créée en 2016, il s’agit de la première structure de ce type dans le pays.

Remy Assir: «Il ne fait aucun doute que les jeux de réalité virtuelle sont en pleine croissance et amènent une véritable révolution sur le marché vidéoludique. Le problème réside aujourd’hui dans le coût d’un équipement de haute qualité, qui est élevé pour une personne lambda. Dans le futur, je pense que nous verrons des dispositifs améliorés et moins chers qui permettront aux utilisateurs de jouer et d’interagir entre eux depuis chez eux, sans avoir à se rendre dans une salle d’arcade.»

Une montre connectée pour les malvoyants
Plus de 200 millions d’êtres humains souffrent d’une déficience visuelle dans le monde, dont 36 millions sont aveugles, selon les derniers chiffres de l’Organisation mondiale de la santé. La start-up coréenne DOT Inc. a développé une montre connectée dont l’écran affiche des caractères en braille. Pour ce faire, 36 «picots» s’actionnent via un système d’aimants. Cet affichage en relief permet de recevoir des appels, de consulter des messages, des notifications et des e-mails. S’il le désire, l’utilisateur peut également afficher l’heure en chiffres arabes. Autre usage: la montre permet un apprentissage du braille pour les personnes qui ont, pour l’instant, une déficience visuelle légère. Les phrases s’affichent en effet simultanément sous leur forme originale sur le téléphone et en braille sur la montre. D’un prix de 400 francs, la montre nécessite une recharge environ tous les cinq jours.

Sandy Wetzel, directeur du pôle d’innovation Microcity à Neuchâtel et La Chaux-de-Fonds: «C’est un produit totalement novateur! Il a le mérite d’ouvrir l’internet des objets et les wearables au monde des malvoyants. D’autant plus qu’il se profile dans un marché où, à ma connaissance, les innovations sont encore limitées. La technologie semble fonctionnelle. J’émets toutefois des doutes quant à sa capacité à afficher tout un message sur un écran de 36 «picots» ou de fournir un véritable programme d’apprentissage du braille.»

Du yoga pour les durs
Le yoga relaxe, muscle, détend… et se pratique désormais uniquement entre hommes. Pour propager les bénéfices du yoga à la gent masculine, Robert Sidoti a inventé le concept baptisé Broga (contraction de «brother» et yoga). Sa solution est d’offrir aux hommes «de véritables outils pour faire face au stress et aux exigences du quotidien» au travers d’un programme de remise en forme basé sur le yoga, mais enseigné «du point de vue l’homme». Fondée aux Etats-Unis, l’entreprise revendiquait, en 2016, quelque 12’000 clients et 500 professeurs à travers le monde, grâce des cours sous forme de vidéos en ligne gratuites.

Sandy Wetzel: «Selon moi, il s’agit avant tout d’un concept de communication qui permet d’intéresser un nouveau public cible au yoga, une activité d’ordinaire davantage pratiquée par les femmes. Cette société adopte un positionnement jeune et moderne ciblant les hommes dynamiques, cosmopolites et urbains. Le yoga réservé aux hommes pourrait donc trouver son public dans la région lémanique.»

Des outils numériques et des conseils de bien-être
Améliorer le bien-être des Londoniens, voilà la mission que s’est fixée la plateforme numérique Good Thinking. «De la gestion de votre anxiété à la rencontre de personnes partageant les mêmes idées, quels que soient vos besoins, nous souhaitons vous aider à les trouver», dit sa page d’accueil. Cette initiative, lancée entre autres par la ville de Londres et le Service national de la santé, fournit un soutien aux personnes souffrant d’insomnie, de dépression, d’anxiété et du stress. Pour ce faire, l’utilisateur choisit un des quatre thèmes, puis répond à un questionnaire en ligne. Sur la base de ses réponses, la plateforme va donner un «Top 5» des meilleurs soutiens possibles: autre application mobile, liens vers des services nationaux de santé spécifiques, etc. L’ensemble des solutions proposées par Good Thinking sont gratuites pour les Londoniens.

Sandy Wetzel: «Cette initiative est nécessaire car elle offre non seulement une aide aux personnes souffrantes, mais elle permet également une forme de reconnaissance publique de ces problèmes. En ce sens, une telle initiative en Suisse serait la bienvenue. Toutefois, je déplore le manque de profondeur des questions et des solutions.»

Cosmétiques à base de déchets de fruits transformés
Surfant sur la vague des cosmétiques durables, La start-up anglaise Fruu a créé une gamme de baumes à lèvres composés d’ingrédients extraits de 15 types de fruits. La plupart sont créés à partir de déchets de fruits transformés. Cette méthode permet de «générer des revenus supplémentaires vitaux pour les petits producteurs de fruits». Confectionnés dans des ateliers en Angleterre, les produits sont certifiés par l’ONG de défense des animaux PETA et garantis sans protéines animales. Parmi les parfums proposés figurent l’avocat, la grenade, la noix de coco ou encore la mangue. Une partie des bénéfices de la vente de ses tubes, compris entre 4 et 6 francs, est reversée au Fonds mondial pour la nature (WWF) dans le but de préserver l’environnement.

Sandy Wetzel: «Ce produit s’inscrit clairement dans une tendance écologique et il y a une demande croissante dans ce créneau. La marque saura donc trouver son public. Sa grande force réside dans la valorisation de l’économie circulaire en utilisant des déchets de fruits transformés et en les confectionnant à mesure des commandes. Il faudrait davantage de sociétés avec cette approche en Suisse.»

Vendre de l’outdoor extrême en ligne
Faire gagner des heures de recherche fastidieuses à des clients désireux de s’offrir une activité outdoor à sensations. Ce service a été mis en place online par l’agence française Adrenaline Hunter. Lancé en 2016, le site internet de cette start-up est un catalogue mondial des activités extrêmes qui rassemble 6’101 prestations, offertes par 2’322 partenaires dans 88 pays. Traduit en trois langues, le portail compare les offres de plusieurs univers: l’eau, l’air, la neige, la terre et l’urbain. Il permet aux chasseurs de sensations fortes de réserver la bonne activité, au bon endroit et avec un prestataire de confiance.

Etienne Languetin, maître d’enseignement en filière tourisme, à la HES-SO Valais: «La clientèle romande d’activités outdoor n’hésite pas à utiliser les plateformes étrangères. Cette concurrence mondiale peut être un frein à la création d’une entreprise locale dans ce secteur. Sauf en se plaçant dans une niche: les sites existants proposent rarement un package complet pour quelqu’un qui voudrait faire, par exemple, une semaine d’activités à sensation. C’est peut-être dans la création de ces packages activité-hébergement-voyage que se trouve un marché.»

Investir dans les arbres
Réconcilier développement durable et rentabilité, ce credo vertueux est celui d’EcoTree. Pour le mettre en pratique, cette start-up française rachète ou plante des forêts et les entretient à ses frais. Elle se rémunère en proposant un investissement atypique à ses clients: devenir propriétaire d’un ou plusieurs arbres qui prendront de la valeur en grandissant. L’investisseur récupère sa mise sur la vente du bois lorsque les arbres seront bucheronnés. Depuis 2016, cette société a levé plus d’un million d’euros et planté 56’300 arbres en Bretagne. Une forêt qui a absorbé l’équivalent des émissions de CO2 de 2’840 Paris/New York.

Eric Plan, secrétaire général de CleantechAlps: «En Suisse, l’exploitation des forêts reste couteuse et les terrains disponibles rares. Contrairement au modèle français, ici le retour sur investissement serait faible et long. Par contre, cette idée se transpose bien dans une démarche de responsabilité sociétale des entreprises (RSE). Une start-up pourrait proposer de renaturer ou de renforcer la biodiversité d’espaces en se servant des fonds de sociétés souhaitant atteindre leurs objectifs RSE.»

Louer une chèvre pour débroussailler
Fini la pollution des débroussailleuses! Pour un entretien écologique des espaces envahis par la végétation, l’entreprise californienne Rent A Goat propose des chèvres à louer. Gourmandes, les biquettes broutent les herbes les plus tenaces. Résistantes, elles remplacent les herbicides et éradiquent les indésirables et les invasives. Dans une perspective durable et écologique, elles fertilisent aussi les sols de leurs excréments. Pour une tonte plus soft, la version «mouton à louer» s’adapte aux jardins et espaces verts. À Paris, sur certaines pelouses publiques et les bords du périphérique, les moutons servent déjà de tondeuse.

Eric Plan: «Ce concept vert peut être développé à un niveau cantonal ou communal par exemple. Dans une ville, les chèvres peuvent remplacer les cantonniers et se charger du débroussaillage des bords de routes par exemple. Chez les particuliers, il me paraît difficile de laisser déambuler un troupeau de chèvre dans un jardin, sauf s’il est envahi par la végétation. Ces animaux ne distinguent pas les plantations et les saccageraient.»

Burgers vegans gourmets
Du fast food pour végétarien et véganes? C’est le pari de ce restaurant new-yorkais qui sert depuis quelques années les grands classiques de ce type d’alimentation en version végétale. Superiority Burger s’applique à concocter des variations autour du burger, des wraps ou de la pizza. Le steak de bœuf du burger est ainsi troqué contre un mélange de quinoa, carottes, noix et épices, tandis que le filet de poulet du wrap laisse place à une tranche de tofu.

David Davinroy, fondateur et directeur de l’agence Good Morning F&B Agency: «L’idée d’un restaurant végétarien qui proposerait des plats classiques de fast food semble répondre à une véritable demande. De plus en plus de personnes en Suisse ajustent leur manière de consommer et sont attirées par une cuisine végétarienne. Or, l’offre végétarienne reste encore relativement légère. L’avantage d’un établissement de ce type est à mes yeux le fait qu’il pourrait aussi susciter l’attention de personnes qui ne suivent pas un régime alimentaire végétarien ou végan.»

Cantine d’entreprise collaborative
Tajine de poulet, chili con carne ou moussaka préparés à domicile avant d’être livrés sur le lieu de travail: la start-up foodtech française Avekapeti innove en faisant le lien entre entreprises excentrées et chefs amateurs. Les repas, conçus à partir de produits frais, sont livrés en quelques clics par les particuliers eux-mêmes. En deux ans d’existence, la société a livré plus de 15’000 repas réalisés par 800 chefs différents.

Cyril Déléaval, coach en en développement d’entreprises chez Genilem: «Le point fort de cette idée, c’est l’aspect fait maison et l’offre de repas variés proposée à des collaborateurs d’entreprises à l’écart, qui n’ont accès qu’à un choix limité. En termes de défis, il y a les questions d’hygiène, de livraison et de règlementation à bien vérifier. Il y aurait une étude de marché à faire sur des villes plus petites comme La-Chaux-de-Fonds.»

Potager mobile en kit
Rendre accessible à chacun la culture d’un potager est l’ambition de l’entreprise italienne Orto Urbano spécialisée dans les jardins urbains mobiles. Imaginées à partir du recyclage des palettes destinées initialement au transport maritime, ces kits se composent d’un bac en pièces détachées, dont l’assemblage est particulièrement  facile. Il peut trouver place sur les balcons, les terrasses ou même dans les bureaux. Equipé de roulettes, le bac peut aisément être déplacé pour ajuster son exposition au soleil ou à la pluie. Il est possible d’y planter autant des fleurs, des herbes aromatiques que des légumes.

David Davinroy: «Le concept Orto Urbano s’accompagne d’une dimension pédagogique attrayante. Mais il ne faut pas négliger le fait que le climat helvétique rend la culture délicate. Dans notre région l’exposition des balcons n’est pas idéale pour les plantations. Parvenir à cultiver un potager dans ces conditions demande beaucoup de travail. Si l’objet paraît séduisant dans un premier temps, son succès me semble compromis sur le long terme.»

Friandises personnalisables
Boomf, une start-up anglaise s’est spécialisée dans la conception de bonbons sur lesquels il est possible de faire imprimer une image ou un texte. Lancée en 2013, l’entreprise s’est également fait connaître pour les cartes originales et personnalisables qu’elle produit. A l’ouverture de ces cartes, des confettis ou un cube en carton jaillissent de l’enveloppe, garantissant un effet surprenant et ludique.

David Davinroy: «Il me semble que ce produit a vraiment du potentiel. Les consommateurs suisses aiment pouvoir avoir une part de maîtrise sur ce qu’ils vont offrir. C’est un achat facile, car son prix est vraiment raisonnable. Les cartes que proposent la marque sont festives et l’excitation de l’effet de surprise qu’elles provoquent sont, je pense, une garantie de succès. En plus, le public visé est particulièrement large, ce qui est également très prometteur. »

Intelligence artificielle pour mobiliser le personnel
Fidéliser et motiver ses employés: un marché estimé à 74 milliards de francs au niveau mondial. La start-up indienne UnderstandBetter s’y est positionnée en développant une plateforme qui permet de sonder la motivation des collaborateurs. Leurs réponses sont ensuite évaluées par une intelligence artificielle, de manière à mettre en place un plan d’action au sein de l’entreprise pour améliorer les relations entre pairs.

Cyril Déléaval: «Toute initiative qui peut améliorer les liens entre employeurs et collaborateurs est bonne à prendre. Le défi pour une adaptation en Suisse, c’est que nous avons à faire un marché plutôt traditionnel. D’où l’importance de faire des prototypes ou des maquettes fonctionnelles, quitte à utiliser la sagesse humaine avant de faire appel à l’intelligence artificielle, ce qui permettrait de tester l’idée à moindre frais.»

Des épices haut de gamme à domicile
Ankerkraut est née en Allemagne en 2013. La marque vend via internet des épices préparées sans conservateurs et exhausteurs de goût. Le consommateur peut choisir entre des épices classiques ou des mélanges présentés dans un bocal au design raffiné. Les condiments sont divisés en plusieurs catégories: ceux destinés à la cuisson, aux grillades ou à la pâtisserie. Ankerkraut concocte aussi toute une gamme d’épices destinées à être bues, à la manière d’un thé.

David Davinroy: «Les épices sont particulièrement appréciées par les Suisses, qui aiment cuisiner chez eux. Les flacons sont bien présentés, ce qui encouragerait sans doute les consommateurs à l’achat. Cependant, il faudrait tenir compte du fait que la consommation d’épices est plutôt lente. Le concept pourrait donc être dynamisé en proposant par exemple des abonnements. Il est important aussi de considérer que le e-commerce ne fonctionne pas aussi bien en Suisse que dans les autres pays. C’est une idée intéressante, mais qui gagnerait selon moi à être combinée avec un concept déjà existant.»

Kits de dégustation culinaires
Essayer avant d’acheter est le mot d’ordre de Try Food qui propose en ligne divers kits de dégustation de produits gastronomiques. Huile d’olive, vinaigre, poivre ou gin peuvent être commandés en petits formats afin de tester quel est le produit qui convient le mieux. Accompagnés d’un livret descriptif, les clients peuvent ensuite se procurer depuis le site de la marque leur produit favori en plus grande quantité.

David Davinroy: «Je pense que la population helvétique aime bien l’idée de pouvoir essayer un produit avant de s’aventurer. Par contre la démarche est relativement exigeante selon moi. Le consommateur doit se rendre une première fois sur le site pour commander le kit, puis une deuxième fois dès que le produit favori est choisi. Mais la présentation et le packaging que propose la marque sont vraiment réussis, ce qui en fait un cadeau idéal. Il faudrait ainsi ajuster le concept afin de dépasser la consommation ponctuelle et trouver le moyen de le faire fonctionner de manière plus quotidienne.»

Entretien de vélos mobile
Établie en France, la société Cyclofix propose un service de réparation de cycles qui se déplace auprès des usagers. Favorisant la mobilité douce, l’offre comprend notamment le changement de la chambre à air en cas de crevaison, le réglage des freins et des vitesses ou encore une révision complète du matériel. Egalement compétente sur les vélos électriques, l’entreprise envoie ses réparateurs sur demande à Paris, Strasbourg, Bordeaux, Grenoble, Lille et Lyon. Ces services d’assistance peuvent aussi être demandés via une application mobile.

Jörg Beckmann, expert en mobilité durable auTouring Club Suisse: «À mon avis il serait intéressant de se spécialiser dans l’assistance destinée aux vélos électriques. Avec leur moteur, ces engins nécessitent un nouveau type d’entretien. Une autre piste à suivre en lien avec cette idée: le bike sharing, car l’achat d’un vélo électrique s’avère encore assez coûteux.»

Recharge de véhicules électriques mobile
En Allemagne, le boom du marché des véhicules électriques a poussé l’entreprise Ubitricity à développer une solution pour amener directement du courant aux consommateurs mobiles. La société a ainsi mis au point avec Siemens un câble de recharge portable que l’on peut brancher sur des bornes installées en ville. Également active au Royaume-Unie, Ubitricity dispose de près de 300 bornes installées aux alentours de Londres. Une application mobile connectée permet de suivre en temps réel sa consommation électrique pour effectuer ses paiements.

Jörg Beckmann: «Cette innovation s’inscrit clairement dans la tendance actuelle en matière de mobilité. En Suisse, les 800 entreprises actives dans le domaine de l’électricité cherchent quasiment toutes à se greffer sur le nouveau marché des véhicules électriques. Leur défi: parvenir à s’associer avec les villes et les grands groupes qui gèrent le réseau.»

Vendre sa voiture en quatre clics
L’entreprise française Effycar s’engage à vendre des véhicules d’occasion en moins d’un mois. Après ce laps de temps, si une voiture n’est pas vendue, la société la rachète au particulier qui l’a mise en vente. Marché ciblé: les modèles haut de gamme. Pour vendre son auto, le service proposé aux particuliers inclut un devis, une inspection gratuite de la voiture et la prise en charge des aspects administratifs. Pour les acheteurs, le véhicule est rénové avant d’être livré à domicile avec un an d’assistance et de garantie mécanique.

Jörg Beckmann: «Globalement, tout ce qui permet de faciliter la vie aux propriétaires et conducteurs de véhicules est bon à prendre. Ce type de service commence à éclore en Suisse, les plus petites structures qui voudraient s’implanter dans ce segment doivent en tenir compte. Mais il y a bien sûr encore des places à prendre dans ce marché.»

Toilettes mobiles haut de gamme
Vous rêvez de vous marier dans les prés de la Nouvelle-Angleterre? Pour ce jour unique, que vous imaginez parfait à tout point de vue, ne négligez pas l’aspect sanitaire. La société ElizaJ, installée dans le Massachusetts, offre un service de location de toilettes mobiles haut de gamme, dont les modèles les plus complets, aménagés dans de petites caravanes, comprennent serviettes en tissu, bouquets de fleurs odorantes et paniers à produits cosmétiques. Ce service digne d’un hôtel soulagera les hôtes anxieux à l’idée de soulever leurs robes de taffetas en plein air. La société d’Eliza J. Kendall offre ses services tant à des clients privés qu’à des agences d’organisation d’événements et des traiteurs.

Pascal Bourgier, coach en création de start-up chez Genilem: «Malgré une forte réceptivité à la notion de confort en Suisse, nous passons moins de temps en communauté en plein air que les Américains adeptes par exemple du sacro-saint barbecue hebdomadaire. À cette limite, s’ajoute l’exiguïté du marché. Je pourrais imaginer une déclinaison à l’international pour ce service mais, dans ce cas, le swiss made coûteux constituerait une autre barrière.»

Recruter les candidats qui ne le sont pas
A l’heure de la pénurie d’ingénieurs, la start-up française HireSweet mise sur une solution qui analyse les données disponibles publiquement sur des plateformes spécialisées comme GitHub, ou Stack Overflow pour trouver des informaticiens de talent. Une manière de limiter l’aspect fastidieux du recrutement et dénicher plus rapidement les perles rares au profit de ses clients.

Cyril Déléaval: «C’est une idée intéressante car un mauvais recrutement coûte souvent cher à l’entreprise. D’autant plus qu’il y a une vraie problématique de main d’œuvre pour les PME qui doivent concourir avec des géants comme Google pour recruter des informaticiens. Il faut cependant étudier la légalité de l’utilisation de ces données publiques, qui sont censées appartenir aux utilisateurs.»

Poshtel, l’auberge de jeunesse haut de gamme
Contraction de «posh» (chic) et de «hostel» (auberge de jeunesse), le concept poshtel offre une nouvelle forme d’hébergement touristique. La chaîne Freehand par exemple, propose dans cinq villes des Etats-Unis des chambres et suites tout confort, aux prix confortables eux aussi (entre 300 et 400 dollars la nuit), tout en délivrant une ambiance de routards. Destinés à une clientèle plutôt jeune, les établissements mettent au programme des soirées, des workshops avec des artistes locaux, tout cela combiné à une restauration de grands chefs et à un accueil digne de ce nom.

Hilary Murphy, doyenne associée ad interim du département Innovation et recherche à l’EHL: «Ce type de séjour permet de mieux intégrer les hôtes dans la communauté locale – en particulier ceux qui recherchent des visites authentiques – en mettant l’accent sur le divertissement, l’art et la culture. Néanmoins, la réussite d’une telle expérience nécessite des compétences spécifiques pour fédérer les groupes et donner un sentiment d’appartenance et d’authenticité, si cher aux jeunes générations de voyageurs.»

Airbnb pour propriétaires âgés
Avec l’âge, le nid familial se vide. L’entreprise américaine Silvernest propose aux seniors une solution permettant de faciliter la location d’une pièce de leur maison. Une plate-forme web met en lien propriétaires et potentiels locataires. La démarche vise à lutter contre la solitude des aînés, mais aussi à leur procurer quelques rentrées d’argent.  La structure soutient également le propriétaire dans ses démarches administratives et financières. Déjà disponible dans seize villes, le dispositif devrait s’étendre à New York, Boston et Seattle prochainement.

Hilary Murphy: «De nombreux baby-boomers atteignent l’âge de la retraite. Certains veulent de la compagnie, d’autres ont besoin de revenus. Il s’agit d’une opportunité intéressante pour beaucoup d’entre eux. Ce serait formidable si le dispositif pouvait filtrer et jumeler les candidats potentiels, car les aînés sont vulnérables. Il faudrait qu’il existe une période d’essai pour les longs séjours, ainsi qu’une clause de sortie facile pour les deux parties en cas de choc culturel!»

Brassage de bières personnalisées
Quel amateur de bière n’a pas rêvé de créer son propre breuvage ? Plutôt que de s’encombrer d’un kit de brassage et de faire ses expériences seul chez soi, mieux vaut s’entourer de connaisseurs et profiter d’un moment convivial. À Paris, la Beer Fabrique propose des ateliers afin d’accompagner les apprenants, du choix de leur recette à la personnalisation de leurs bouteilles. Ceux-ci repartent avec quinze litres de leur bière artisanale. Rien de tel pour épater ses proches ! Il faut compter 160 euros pour deux personnes, l’atelier durant quatre heures.

Hilary Murphy: «On peut imaginer appliquer ce concept à des événements tels que des festivals de musique, des événements sportifs, ou des mariages, avec l’étiquetage restant comme un souvenir du moment en question. Cependant, le marché de la bière artisanale est de plus en plus encombré. Ce concept peut être considéré pour la plupart des clients comme une expérience unique. Le défi serait de monter une entreprise de bières personnalisées durable.»

Nourriture pour chien sur mesure
La start-up londonienne Tails s’est spécialisée dans la création de menus personnalisés pour nos compagnons à quatre pattes. Le propriétaire d’un chien communique à l’entreprise, via son site internet, les préférences gastronomiques et les allergies alimentaires de son animal. Tails lui confectionne des plats parfaitement adaptés, livrés à domicile une fois par mois. Les préparations alimentaires peuvent être modifiées, sur demande, en tout temps. Il faut compter entre 12 et 40 francs par mois, selon la complexité de la recette. Tails délivre aussi des conseils et des dispositifs pour la santé des chiens (soin des poils, des dents, etc.)

Hilary Murphy: «Certains individus considèrent leur animal de compagnie comme un membre de la famille et le gâtent comme ils le feraient avec n’importe quel être humain aimé. Les Américains dépensent septante milliards de dollars par an pour leurs animaux de compagnie. Aux Etats-Unis, des offres de vêtements, des traitements de spa, des mariages et des vacances pour animaux de compagnie apparaissent.»

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Collaboration: Tiago Pires, Carole Extermann, Florence Duarte, Peggy Frey, Sylvain Menetrey, Thomas Pfefferlé, Stéphanie de Roguin et Robert Gloy