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Il consacre sa vie à la préservation des espèces sauvages

Tobias Blaha est devenu en 2018 directeur du Bioparc à Bellevue (GE). Amoureux de la nature, le vétérinaire d’origine bavaroise revient sur son parcours et sur ses projets pour le parc-refuge animalier.

Dans son bureau, on peut entendre les cris des cacatoès qui nichent dans la pièce adjacente. «Quand je suis arrivé à Genève il y a presque sept ans, ces oiseaux parlaient mieux français que moi», plaisante-t-il, sur son habituel ton jovial.

Né en 1990 dans un petit village du sud de l’Allemagne, Tobias Blaha grandit entouré par la nature. Après des études en médecine vétérinaire à Munich, il devient, à 26 ans seulement, directeur d’un zoo près de Lucerne. Mais l’expérience ne lui convient pas. «Je voulais contribuer à sauver des animaux saisis ou abandonnés et à sensibiliser la population à la préservation de la vie sauvage. Encore trop de parcs animaliers cherchent d’abord à fournir un espace de loisir.» Son séjour en Suisse aurait alors pu prendre fin. Mais le jeune Bavarois entend parler d’un refuge animalier à Genève «qui rencontrait quelques difficultés et aurait lui aussi besoin d’un nouveau directeur», le parc Pierre Challandes. Fort de son diplôme de vétérinaire et de sa passion intarissable pour la vie sauvage, il convainc la fondation de lui confier les clés du parc.

Désormais à la tête d’une équipe de onze personnes, le gérant décide de moderniser les installations, en construisant notamment de nouveaux enclos et des espaces intérieurs pour tous les animaux. Son expertise de vétérinaire permet aussi d’améliorer leur prise en charge. «Les plans de nourrissages et les traitements vermifuges notamment n’étaient pas systématiques quand je suis arrivé.» Sous sa direction, le parc s’est ouvert au public et le nombre de membres de l’association Bioparc est passé de 2300 à 8000. Le parc recense aujourd’hui 630 pensionnaires, issus de 98 espèces différentes.

Désormais âgé de 35 ans et père de deux enfants, Tobias Blaha a trouvé ses marques à Genève. «J’ai tout de suite adoré la ville, à la fois cosmopolite et proche de la nature.» Prochain défi: le déménagement du Bioparc à Thônex, de l’autre côté du canton, prévu pour 2029. Dans l’intervalle, le vétérinaire passe également un CFC en vue de maîtriser l’agriculture biologique «afin de développer des cultures sur le nouveau site et augmenter l’autoapprovisionnement du parc en nourriture». Cette année, le vétérinaire passera les fêtes de Noël en Indonésie, pour porter secours à des orangs-outans dont le refuge et le centre de soins ont récemment été emportés par un glissement terrain.


Où le rencontrer à Genève?

Au bois de Versoix: «C’est un excellent endroit pour observer les animaux sauvages en liberté, notamment les cerfs.»

Au Jardin botanique: «Pour l’ambiance magique que nous offrent ses magnifiques arbres et plantes.»

Au Musée d’histoire naturelle: «C’est un très beau musée qui contribue à renforcer les connaissances de la population sur la vie sauvage.»


Une version de cet article réalisé par Large Network est parue dans la Tribune de Genève.