Qui veut dormir dans le lit de Cristiano Ronaldo? Moi, j’ai passé la nuit dans celui de Baltazar, Didi ou Julinho. Autre époque, autre football.
Je le confesse, j’ai dormi dans le lit des joueurs brésiliens. En leur absence. Une précision qui a son importance! Depuis leur passage, les matelas ont été changés, mais les sommiers et cadres de lits sont toujours là.
Là, c’est à Macolin. Dans la «Maison du Brésil», baptisée ainsi pour avoir abrité, en 1954, une équipe composée des jeunes prodiges qui allaient enchanter le monde du ballon rond.
On y accède à pied uniquement, en empruntant un petit sentier très en pente, serpentant dans la forêt. La bâtisse de deux étages abrite de grandes pièces contenant quatre à six lits chacune. Les WC et les douches sont sur l’étage. Un confort d’auberge de jeunesse.
Il n’est pas difficile de passer la nuit dans le lit de ces grands champions d’hier. Il suffit pour cela de participer à une formation proposée par l’Office fédéral du sport. Cela m’est arrivé à quelques reprises déjà, d’où ma «fierté» à évoquer ma présence nocturne dans les chambres des Baltazar, Didi, Pinga, Paulinho ou Julinho.
Un autre moyen de pénétrer dans ce lieu mythique: prendre part à une visite guidée du site sportif de Macolin. Avec un peu de chance, vous ferez alors d’une pierre deux coups. L’un des guides n’est autre que Werner Günthor, le triple champion du monde du lancer du poids; un personnage à la carrure imposante mais d’une modestie qui l’honore.
En 1954, la Suisse organisait la Coupe du monde de football, remportée par l’équipe allemande. Aujourd’hui, elle accueille l’Euro 2008. Autre époque, autres sportifs. Les dieux du stade ne logent plus dans des maisonnettes champêtres mais dans des palaces transformés en camps retranchés. Aussi bien, si ce n’est mieux protégés que les chefs d’Etat.
De passage à Neuchâtel alors que l’équipe portugaise y résidait encore, j’ai observé un attroupement de nymphettes. «C’est celle-là, on me l’a dit», clamait l’une d’elles en pointant du doigt une fenêtre située à plus de deux cents mètres. Celle, à l’en croire, de la chambre occupée par le beau Cristiano Ronaldo.
Pour dormir dans le lit de Ronaldo ou de ses coéquipiers, il s’agira de s’offrir ni plus ni moins qu’une nuit à l’hôtel Beau-Rivage.
L’établissement du bord du lac verra-t-il affluer des clientes en quête de grands frissons dans des lits dont elles souhaiteraient que les draps aient échappé au lavage?
