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printempsLUNDI 17 MARS 2008
Le bienfaits de l’hibernation: bientôt pour l’homme
Réservé jusqu’ici à quelques animaux, cet état d’engourdissement serait aussi bénéfique à l’être humain. Des chercheurs y travaillent Explications.
Par Geneviève Grimm-Gobat

L’homo hibernatus a quitté l’univers de la science fiction pour gagner celui de la science. Des équipes médicales de Los Angeles, Boston et Pittsburgh se livrent actuellement à une véritable course pour induire la première hibernation humaine.

De son côté, la Nasa, qui avait abandonné ses travaux sur ce même projet, les a repris l’an passé après l’expérience exceptionnelle vécue par un Japonais. En octobre 2006, Mitsutaka Uchikoshi a survécu durant 24 jours dans un état similaire à une hibernation suite à un accident en montagne. Le médecin de Kobe qui l’a vu se réveiller affirme: «Nous ne comprenons pas comment il a pu résister si longtemps. Le jour où nous percerons ce mystère, nous pourrons sauver de nombreuses vies humaines.»

En attendant ce jour, des ambulances pourraient prochainement être équipées d’une solution saline appelée plasma expander destinée à être injectée aux victimes d’accidents graves. Cela permettrait de faire rapidement chuter leur température corporelle de 37 à 10 degrés avec pour bénéfice le ralentissement du métabolisme et la réductions des dommages consécutifs aux blessures. Des travaux menés sur des cochons se sont déjà révélés prometteurs.

Les militaires sont aussi très intéressés. Combien de soldats survivent à leurs blessures pour mourir ensuite faute d’un traitement rapide? Au Safar Center for Resuscitation Research de l’Université de Pittsburgh, on estime pouvoir débuter bientôt avec des hypothermies provoquées de 20 minutes puis de poursuivre durant quelques heures, quelques jours, quelques mois et… «on ne sait pas où cela va s’arrêter».

Quant à la conquête spatiale, on imagine les avantages d’envoyer un équipage en hibernation à la conquête de Mars. L’Agence européenne voit cette léthargie comme un procédé remédiant au problème des efforts psychologiques que devraient affronter les astronautes se déplaçant sur de très longues distances. Cet état nécessiterait bien moins d’espace et de denrées au cours de pareilles missions.

Si l’hibernation nous guette dans un avenir pas si lointain, autant avoir une petite idée de ce qui nous attend. A ce propos, il s’agit de ne pas confondre «hibernation» et «hivernage». Si les hérissons pratiquent l’hibernation, les hirondelles vont, elles, en hivernage en Afrique. Hiverner signifie passer l’hiver quelque part. L’hibernation est une étonnante adaptation qui permet à certains animaux de passer l’hiver au ralenti, en ne vivant que grâce à des réserves de graisse accumulées dans leur corps.

C’est chez les mammifères que l’on trouve le plus d’hibernants: chauves-souris, loirs, lérots, muscadins, hamster, marmottes, ours. Sommeil et hibernation sont deux phénomènes bien différents. Pour nous humains, le sommeil est une forme de récupération d’énergie, de rechargement de nos batteries. Hiberner, c’est se mettre en mode d’économie d’énergie, une stratégie qui nécessite d’avoir pu constituer des réserves.

Les dépenses énergétiques quotidiennes des hibernants sont divisées par près de 50, voir 100, grâce à une température pouvant chuter jusqu’à 1 degré. Le rythme cardiaque atteint 3 à 15 battements à la minute et il n’y a plus qu’environ un mouvement respiratoire toutes le deux minutes chez le hérisson par exemple.

Les hibernants se réveillent environ une fois tous les huit à dix jours pour faire leurs besoins et manger un peu. Mais ces phases actives sont brèves, tout au plus une journée, et ils retombent dans une torpeur, sans rêves…

L’homme possède-t-il une capacité latente à hiberner qui ne demande qu’à être développée? Le British Medical Journal rapporte qu’il y a un siècle, les paysans de la région de Pskov, dans le nord-ouest de la Russie «adoptaient l’expédient économique» de passer la moitié de l’année à dormir:

«Dès la première chute de neige, toute la famille se rassemblait autour du fourneau, s’allongeait, et cessait de se battre avec les problèmes existentiels, pour aller tranquillement dormir. Une fois par jour, chacun se réveillait pour manger un morceau de pain dur… Après six mois de cette existence au repos, la famille se réveillait, se secouait et sortait pour voir si l’herbe avait poussé.»

Alors bien sûr, il y a les accidentés de la route, les malades en attente d’un organe pour une transplantation, les soldats blessés ou les astronautes, qui pourraient logiquement tirer profit d’une hibernation.

Mais pourquoi ne pas y voir aussi un moyen de combattre l’épidémie de l’obésité (à la fin de l’hibernation, le mammifère a épuisé toutes ses réserves de graisse) ou encore la réduction de la consommation d’énergie?



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