KAPITAL

Le Valais mise sur la recherche et l’innovation

Présent sur des domaines plus pointus, et grâce à un enseignement supérieur de qualité, le visage économique du Valais change. Et sa population a fortement augmenté.

Une version de cet article réalisé par LargeNetwork est parue dans PME Magazine.

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«Les grands piliers économiques – l’industrie, le tourisme et l’agriculture – sont toujours présents et ont été rejoints par les services et toute une activité fortement tournée vers l’innovation», explique Jean-Albert Ferrez, président de la Fondation The Ark, spécialisée dans l’accompagnement des PME et start-ups.

Les secteurs traditionnels se sont adaptés, ont évolué, avec néanmoins une activité agricole en recul. «Par rapport au reste de la Suisse, le canton est très présent dans les sciences de la vie, la recherche et la production d’aluminium, et l’hydraulique, résume Eric Bianco, chef du Service du développement économique du Valais. Nous nous sommes diversifiés là où nous avions déjà de fortes compétences.» Le secteur de la chimie a ainsi par exemple évolué vers la biopharmacie, la médecine. «Le secteur secondaire (un quart du PIB) est présent sur des domaines plus pointus, à plus forte valeur ajoutée.» Un virage qui permet d’ailleurs d’offrir des postes plus qualifiés que par le passé.

Secouée par la loi sur les résidences secondaires, mise en place début 2016, l’activité touristique (15 % des emplois du canton), qui a été pendant longtemps très liée à la construction, a évolué. Le Cervin est toujours là, les paysages sont toujours aussi beaux, mais la demande change. «Les clients sont plus mobiles, ils veulent des séjours moins longs, avec plus de découvertes.»

Parallèlement, de nouveaux domaines d’activités ont émergé, comme les services, portés notamment par le développement du groupe Mutuel, l’un des plus gros assureurs suisses, ou des centres d’appels téléphoniques de grandes entreprises du pays. Soutenues par la Fondation The Ark, qui fête cette année ses quinze ans d’existence, de nombreuses start-up ont également été créées dans le secteur des nouvelles technologies.

Enjeu de taille, la formation est un autre domaine qui a été profondément remodelé. Longtemps, les jeunes devaient quitter le canton pour aller faire des études supérieures. «Beaucoup ne revenaient pas», se souvient Jean-Albert Ferrez, président de The Ark. Mais cette tendance s’est aujourd’hui infléchie, grâce à la présence de l’EPFL, de la HES-SO Valais-Wallis, d’instituts de recherche de pointe, Exemple avec le campus Energypolis, qui va regrouper à Sion un millier de spécialistes de l’énergie, de la biotechnologie, de la santé. «Nous pouvons dire aux jeunes qu’ils peuvent venir en Valais pour étudier et rester travailler sur des thématiques de demain», se félicite Eric Bianco. Pour lui, l’un des défis majeurs de ce canton, qui a vu sa population augmenter fortement (+40 % en quelque trente ans) est de réussir à continuer de développer le système de formation par rapport aux besoins des entreprises. Et à se positionner notamment dans le domaine du digital.