KAPITAL

Une déferlante de bières artisanales fond sur Genève

Les microbrasseries essaiment dans la région genevoise. On en compte aujourd’hui près d’une trentaine. Rencontre avec Xavier Righetti, fondateur de l’Apaisée.

C’est dans le quartier de la Jonction que Xavier Righetti, 36 ans, a installé il y a deux ans sa microbrasserie l’Apaisée. Une pièce exiguë accueille une cuve de brassage et des cuves de fermentation. Un peu plus loin sont installées des barriques de vin dans lesquelles reposent les bières acides, la spécialité de la maison. Dans un mois, le brasseur déménagera dans un local bien plus grand. Car la demande ne cesse d’augmenter.

Informaticien de formation, Xavier Righetti découvre les microbrasseries lors d’un voyage au Québec en 2010. «Une sacrée claque!» De retour à Genève, il recherche de bonnes India Pale Ales (IPA), un style de bière à fermentation haute, mais celles-ci s’avèrent difficiles à obtenir. La solution est évidente: il les confectionnera lui-même. Xavier apprend l’art de brasser en autodidacte, dans sa cuisine. Il fait goûter ses créations à ses proches et la demande commence à affluer. «Genève a beaucoup de retard dans le domaine, mais on sentait que la tendance allait arriver. Il y avait là une opportunité.» Poussé par l’intérêt croissant des consommateurs pour des produits locaux et de qualité, le développement de brasseries artisanales s’observe dans tout le pays: elles n’étaient que 35 en 1985 et sont aujourd’hui plus de 800.

Xavier Righetti en a fait son activité principale, produisant 150 hectolitres par an. S’il peut maintenant verser un salaire à son employé, Martin, lui n’en vit encore que chichement. Il privilégie la vente directe mais bénéficie aussi d’un réseau de revendeurs: le restaurant Le Neptune, rue de la Coulouvrenière, le Café du Lys, Le Cheval Blanc à Carouge, ainsi que les magasins Drinks of the World et Tom Beers.

L’Apaisée fait partie de l’Association des brasseries indépendantes de Genève, créée en janvier 2018. Entre ses huit membres, peu de concurrence. «Nous avons tendance à nous échanger des clients quand nous n’arrivons plus à suivre la demande.»

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Une version de cet article est parue dans la Tribune de Genève.