LATITUDES

Profil: accro de la basket

Ils possèdent des dizaines de «sneakers», souvent collectées depuis l’adolescence. Rencontre avec des passionnés, un mois avant la grande convention zurichoise de la basket.

Reebok Classics, Adidas Stan Smith, Nike Air Max: la tendance en matière de chaussures est un éternel recommencement. Mais pour certains Genevois, le but est moins d’avoir la dernière marque à la mode que de se constituer une véritable collection. Pendant plusieurs années, ils vont chercher les éditions rares ou customisées, acquérir toujours la même griffe ou rester fidèles à un même style.

Christopher Torres, 31 ans, fait partie de ces passionnés. Il possède plus de 150 paires de sneakers chez lui. «Je ne les ai pas toutes portées, explique celui qui gère désormais la boutique de baskets Pomp It Up à la place De-Grenus. Certaines sont tellement belles que je n’ai pas envie de les salir. En plus, j’ai souvent galéré pour les avoir.» Dans le petit monde des collectionneurs, ces chaussures jamais enfilées sont appelées deadstock. À l’inverse, celles que l’on garde quotidiennement aux pieds se nomment beaters.

Les Genevois Elisabete Pereira et Guillaume Schmid, 34 et 25 ans, détiennent quant à eux «seulement» une trentaine de paires chacun. «Aujourd’hui, je me concentre sur un seul modèle», révèle le deuxième. Il s’agit de la Air Max 1 de Nike. «C’est un objet iconique, raconte Christopher Torres, dont c’est aussi le dada. Depuis les années 90, sa forme a peu évolué, mais les couleurs et les matériaux ont changé, donnant lieu à une quantité d’éditions limitées très recherchées.»

Mais où achète-t-on ces sneakers, dont le prix varie de 180 à 250 francs pour des basiques à 8000 francs pour des collectors? «Les boutiques des grandes villes européennes reçoivent souvent des modèles exclusifs, détaille Christopher Torres. Les clients font la queue durant des heures ou participent à une sorte de loterie en ligne, juste pour avoir la chance d’acheter la basket. Les sneakers de collection se vendent également via son réseau de connaissances. Toujours plus de bourses en ligne amateurs se créent aussi sur les réseaux sociaux.»

Autre lieu d’échange: les conventions comme Swisssneaks, qui s’est tenue le 28 février dernier à Lausanne, ou Sneakerness, qui aura lieu le 5 mai à Zurich. Deux grands rendez-vous des «basketophiles» de Suisse.

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Une version de cet article est parue dans la Tribune de Genève.