Où trouver un emploi quand on vient de se faire virer d’une dotcom en faillite? Dans l’industrie du X, toujours aussi florissante et avide en nouvelles technologies.
Les malheurs de la nouvelle économie font le bonheur de l’industrie porno. A les en croire, les sites classés X n’ont jamais reçu autant de demandes d’emploi, et surtout d’employés si qualifiés que depuis la chute du Nasdaq.
Les postulants les mieux reçus sont les techniciens. Et l’intérêt serait partagé par ces derniers s’il n’y avait cette difficulté d’avouer à papa et maman que l’on travaille désormais pour un site hardcore.
Car si le sexe est vendeur, la pornographie est technophile. L’industrie du X s’est toujours trouvée sinon à la pointe des technologies, du moins à l’avant-garde de leur application grand-public. C’est l’industrie porno qui a imposé dès les années 70 le VHS comme format vidéo. C’est elle aussi qui expérimenta la première les CD-Rom. Elle encore qui se développa le plus rapidement sur le Net et surtout qui généra et génère encore la plus grande marge de profit.
Et déjà, cette même industrie serait à la pointe du développement de DVD interactifs et du système de vidéo à la demande qui permet au spectateur de choisir ses films à toute heure du jour ou de la nuit. Bref, un défi réel pour les techniciens qui se veulent à la pointe de la révolution médiatique.
Selon le très sérieux et très pornographique site Sextracker.com, repris par The American Demographics Magazine, le nombre de sites porno est passé de 230 en 1997 à 1100 en 2000. Tout aussi sérieux, mais moins spécialisé, le bureau Standards and Poor estime que la pornographie en ligne a rapporté plus d’un milliard de dollars en 1998. Des revenus qui devraient s’élever à 3 milliards à l’horizon 2003.
Les directeurs d’entreprises porno se félicitent évidemment de ce soudain engouement pour leur industrie. «Il y a un an, il était impossible de trouver du personnel, raconte un entrepreneur. Aujourd’hui, nous recevons des offres de toutes sortes de spécialistes, des gestionnaires de banques de données, des programmeurs, des analystes et même des directeurs de dotcom». La personne qui explique tout cela au Los Angeles Times est Bert Manzari, directeur exécutif de DHD Media, une compagnie en ligne de «divertissement pour adultes» à Los Angeles.
Il n’est pas le seul à se réjouir. Les sites, des plus inconnus aux plus réputés comme Hustler ou Playboy, croulent sous les demandes d’emplois.
Et la génération dotcom n’est pas la seule à se tourner vers le porno. Plusieurs techniciens, cameramen et autres éclairagistes de plateau, terrorisés à l’idée de la double menace de grève des scénaristes et des acteurs qui pourrait paralyser Hollywood cet été, ont déjà déposé leur CV pour tourner des films porno. Et cela malgré des salaires nettement inférieurs à ceux proposés à Hollywood. Car les syndicats n’ont pas encore investi l’industrie pornographique.
