TECHNOPHILE

Fini l’attente au restaurant

Le temps qui s’écoule avant que l’on puisse régler l’addition au restaurant peut paraître interminable. La start-up Menu Technologies veut mettre fin à ce désagrément grâce à une application qui permet de passer commande et de payer de manière instantanée.

A un âge où la plupart de ses camarades d’école se passionnaient pour le football ou les jeux vidéo, Marlon Koch consacrait son temps libre à l’apprentissage de la programmation. C’est ainsi qu’en 2014, ce jeune Zougois, alors âgé de seulement 14 ans, développe les bases de l’application Menu. Son principe? Identifier les usagers de l’app dès leur arrivée dans un restaurant partenaire, grâce à une puce Bluetooth installée sous chaque table. La commande et le paiement de leur repas peuvent alors être effectués via Menu en temps réel. L’utilisation de l’application est gratuite pour le client. Les restaurants reversent pour leur part une commission d’environ 5% sur les revenus générés, un montant qui inclut aussi les frais de traitement des paiements.

«Nous avons lancé un premier prototype en 2015 qui a fait ses preuves dans divers restaurants, détaille Karl Heinz Koch, CEO de la start-up et père de Marlon. Suite à cette première phase de tests, nous avons décidé de constituer une équipe plus robuste afin de développer une application pouvant s’adapter à différents types d’établissements.»

La société emploie actuellement 35 personnes réparties entre Zoug et la Serbie, dont une vingtaine de développeurs. C’est que le marché des paiements par mobile est en pleine expansion, particulièrement dans le domaine de la restauration rapide. Selon une étude récente, 10% des clients de ce type d’établissement régleront leurs commandes via leur smartphone d’ici à 2020.

L’invention de Marlon, aujourd’hui responsable de la technologie chez Menu, compte déjà 200 restaurants partenaires en Suisse et en Europe, pour plus de 20’000 usagers. Parmi ses principaux partenaires figurent notamment les CFF. «Notre solution y sera déployée dans tous les wagons-restaurants dès le second semestre de cette année», se réjouit Karl Heinz Koch. Les premiers tests ont démarré en septembre 2016 sur la ligne Saint-Gall-Genève Aéroport, «afin d’offrir le meilleur service possible au client en utilisant les nouvelles technologies», explique Frédéric Revaz, porte-parole de l’entreprise ferroviaire. Il ne dispose cependant pas encore de chiffres concernant le nombre d’utilisateurs parmi les usagers, ni de données sur les retombées financières de l’opération.

L’application est pour l’heure principalement utilisée en Suisse alémanique, notamment à Zurich et dans des stations de montagne comme Davos ou Saint-Moritz. Mais il est probable que ce type de services se développe de l’autre côté de la Sarine dans les mois à venir.

Qu’en pensent les restaurateurs romands? Président de Gastrovalais, André Roduit estime qu’il est essentiel de se diversifier et de s’adapter à la demande, ainsi qu’aux nouvelles technologies, notamment en matière de service rapide. «Ce genre de prestation peut être intéressant pour certains restaurants en milieu urbain où les gens ont tendance à être pressés. Le côté négatif se situe au niveau de l’organisation au sein de l’établissement, qui risque de se compliquer. Car en plus des réservations sur place, il faut gérer celles en ligne. Il faut donc se montrer très réactif.»

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Une version de cet article est parue dans PME Magazine.