Craig Birkmaier, directeur du bureau spécialisé PCube Labs en Floride, analyse l’évolution de la télévision.
Craig Birkmaier dirige PCube Labs, une société de consulting basée en Floride qui se spécialise dans la télévision numérique. Auteur de plusieurs ouvrages sur la question, il a répondu aux questions de Largeur.com.
Largeur.com: Où en sont les Etats-Unis par rapport à l’Europe?
Craig Birkmaier: Jusque ici, comme en Europe, la télévision numérique a été principalement utilisée pour augmenter l’offre. Les cablo-opérateurs livrent une bataille féroce contre les fournisseurs de prestations par satellite. En plus de cette augmentation de canaux, nous voyons des initiatives pour développer la télévision à haute définition, qui reste encore peu présente. Je pense que l’axe principal de développement aujourd’hui, aux Etats-Unis comme en Europe, consiste à mettre en place des services intéractifs. On estime que 50% des jeunes américains de moins de 25 ans et un quart des adultes surfent sur leur PC en même temps qu’ils regardent la TV. Les diffuseurs se rendent compte de ce besoin de participation du téléspectateur. Des versions interactives de certains jeux télévisés, comme la version américaine de «Qui veut gagner des millions?», existent déjà: le téléspectateur peut participer en ligne en même temps qu’il regarde. Pour les fêtes, Microsoft et AT&T distribueront 2 millions de consoles qui permettetront aux abonnés du câble de surfer sur leur télévision. Ce n’est qu’une étape vers la télévision interactive.
Quels autres types de services interactifs seront offerts à terme?
Les avantages de la convergence du Web et de la TV deviendront plus évidents avec ce que l’on appelle le «Personal Video Recorder» (PVR). Il s’agit d’une console munie d’un disque dur qui permet d’enregistrer des programmes sélectionnés par le téléspectateur. Cela ira beaucoup plus loin que la «télévision-presque-à-la-demande» qui existe actuellement sur certains bouquets satellites. L’usager pourra vraiment télécharger n’importe quel programme et le visionner à toute heure. La technologie numérique terrestre, qui se développera rapidement en Europe, ajoutera la mobilité à ce genre de services.
Contrairement au Web, les diffuseurs d’images ne devront-ils pas respecter les frontières?
La tendance se résume en un slogan: «N’importe quel contenu, n’importe où, n’importe quand.» Mais ce n’est pas si simple, car il existe des droits de diffusion pour chaque pays. Et les opérateurs nationaux, comme les maisons de productions, n’ont certainement pas l’intention de lever les barrières, en particuliers en Europe.
