La Poste et les CFF se montrent particulièrement tolérantes en matière d’ornements corporels ou de cheveux colorés. Dans le privé, les collaborateurs ont moins de libertés.
Dans les soirées en club, on s’interroge souvent: mais que font tous ces piercés, tatoués et autres cheveux colorés pendant la journée?
Quels sont les employeurs tolérants qui les laissent arborer de tels accoutrements? Réponse: la Poste ou les CFF. Car au supermarché, à la banque ou au fast-food, ces ornements sont souvent réglementés.
A La Poste, on confirme que «le piercing est en principe autorisé», tout comme les tatouages ou les cheveux colorés. «Pour fixer les limites, nous faisons appel au bon sens de nos employés, explique Laurent Widmer, porte-parole. Mais nous voulons laisser cette liberté à nos collaborateurs.»
Patrick Wehrli, employé à la poste de Bienne, a ainsi arboré un piercing à l’arcade sourcilière pendant cinq ans. «Avant de le faire, j’avais demandé l’autorisation à mon chef: aucun souci. Par la suite, je n’ai jamais eu non plus de remarque désobligeante de mes supérieurs. Oui, La Poste est plutôt tolérante», relève le jeune homme de 30 ans.
Les CFF font preuve de la même ouverture. «Le piercing est permis, pour autant qu’il reste raisonnable, souligne le chargé de communication Jean-Philippe Schmidt. Nos collaborateurs doivent d’abord être reconnus comme des employés CFF avant d’être perçus comme des piercés ou des tatoués.»
Pourtant, ces deux entreprises font figure d’exception. Richard Anex, responsable du magasin de piercing Red Light District, se trouve davantage confronté à des employés — notamment dans la finance — qui exigent des ornements discrets, pouvant se dissimuler sous les habits.
«Et on me demande parfois de retirer un piercing juste avant un entretien d’embauche…» En novembre, la Coop faisait parler d’elle pour avoir licencié — avant de la réintégrer — une employée neuchâteloise de 22 ans en raison de deux brillants portés sur le visage.
«Nos règles stipulent une apparence propre et soignée», indique laconiquement le grand distributeur.
Chez McDonald’s le sujet est précisément en cours de réflexion. «Les employés du restaurant n’ont pas le droit de porter des bijoux — à l’exception d’une alliance — pour des raisons d’hygiène. Il est donc nécessaire de codifier également le port du piercing, note Gabriela Leone, responsable des ressources humaines. Pour l’instant, seuls les piercings discrets sont tolérés.»
De même, Marie-Claude Debons, porte-parole chez Orange, se souvient de deux cas où des employés ont été priés de laisser leurs ornements faciaux au vestiaire, «des anneaux sur la lèvre les empêchant de parler correctement».
UBS se repose, quant à elle, sur «la responsabilité et les compétences sociales de l’employé». Pas d’interdit formel, donc, mais les collaborateurs comprennent d’eux-mêmes qu’il vaut mieux retirer son anneau nasal pour assurer un bon contact avec la clientèle.
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Une version de cet article est parue dans L’Hebdo du 8 février 2007.
