CULTURE

Brève rencontre avec Water Lilly à Genève

La célèbre DJ au nom de nénuphar vient de publier son premier album, «Sputnika». Elle nous a livré son carnet d’adresses.

New York, Berlin, Paris ou Budapest… D’une capitale à l’autre, Water Lilly fait voyager ses performances electro-techno sur l’hémisphère nord. La DJ genevoise reste pourtant attachée à sa ville natale, dans laquelle elle conjugue des passions qui s’opposent ou se complètent.

Si son pseudonyme (nénuphar) évoque l’épanouissement nocturne, il est également la métaphore d’une activité diurne discrète, voire secrète. Le matin, elle devient conservatrice de manuscrits dans une bibilothèque. Le soir, elle mixe et enregistre des titres qui s’exportent dans toute l’Europe. Ses deux mondes lui permettent de trouver un équilibre. «L’apport intellectuel des manuscrits m’inspire dans ma démarche musicale.»

Sa voix distante et désincarnée récite des textes simples, choisis pour leur sonorité, sur une rythmique technologique réglée au millimètre. Cette recette lui a déjà valu des succès sur les dancefloors branchés («Rodéo Mécanique», sur Gigolo en 2002, «Frenzy Flux», sur Lasergun, 2004) et dans des compilations réputées («DJ Kicks» de Tiga, «Electroclash» de Larry Tee).

Il y a quelques semaines, elle a publié son premier album, «Sputnika», qui devrait lui ouvrir un plus large public, tant par son format (CD) que par son adéquation aux canons esthétiques du moment. Elle est prête à suivre les traces de sa consoeur Miss Kittin, qui a utilisé Genève comme tremplin pour la célébrité globale.

Water Lilly a grandi en musique, achetant compulsivement des disques jusqu’au jour où elle ne s’est plus contentée de les écouter. Fascinée par la musique électronique, elle en fait son terrain de jeu depuis ces huit dernières années. «Les possibilités sont infinies. Le processus créatif est inouï, on peut absolument tout faire!»

Après avoir remixé Stephan Eicher et Snax, après avoir été remixée par David Carretta, elle continue à enregistrer ses productions dans un petit studio derrière la gare, en compagnie de musiciens associés. «J’aime travailler là, dit-elle. Le son m’intéresse et me nourrit.» En performance live ou en tant que DJ, elle utilise sa musique comme un moyen d’aller à la rencontre d’autres cultures. Elle aime sortir de «l’abstrait du studio» et recevoir un feedback du public.

Water Lilly est née en 1974 aux Eaux-Vives, où elle vit toujours aujourd’hui. «Je suis une Rive Gauche à fond, sourit-elle. J’aime bien le petit coin où se rejoignent le lac et le parc, c’est un quartier d’exception dans lequel on se réveille avec les canards et les mouettes.» Elle nous a livré quelques unes de ses adresses genevoises préférées.

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Les adresses préférées de Water Lilly à Genève

Parmi ses restaurants favoris, Water Lilly cite la Maison Rouge, qui est un endroit «très chaleureux, cosy et délicieux».

Le Café Gallay est pour elle l’endroit clé de la vie alternative. «C’est une brasserie de très bonne qualité, ambiance café parisien à la sauce genevoise.» Le Sansui fait également partie de ses adresses préférées. «Je suis fan de sushi et j’apprécie le décor qui n’est ni exubérant ni néo-je-ne-sais-quoi.»

Elle apprécie l’Athénée 4, un restaurant qui fait également galerie, «pour son ambiance hors pair et raffinée, offrant systématiquement une alternative végétarienne à ses excellents plats».

La Fondation Bodmer est un lieu que Water Lilly conseille vivement aux amateurs de livres. Le musée et la bibliothèque recèlent une des plus riches collections d’ouvrages anciens, à l’instar des manuscrits de Gutenberg ou de la «Divine Comédie» de Dante.

Parmi ses bonnes adresses culturelles, deux sont incontournables. «Le Mamco est un très bon musée d’art contemporain, car l’espace est beau et la sélection des objets pertinente.» La galerie Attitudes, «tenue par des artistes qui ont une vision très bien sentie des choses», est également un très bon rendez-vous pour les amateurs d’art contemporain.

Côté clubs, Water Lilly recommande Weetamix, pour sa sélection assez pointue. L’Usine est également un must, pour l’éclectisme des lieux et l’excellente programmation: «C’est un bon melting-pot, un lieu alternatif réussi et quasi d’anthologie qui perdure dans sa réputation.»

Un seul lieu où acheter ses vinyls: Mental Groove. C’est sur ce label qu’elle avait par ailleurs sorti «Sweet Aberration» (2002) et «Sensory Stretcher» (2003), ainsi que «You Kiss» (2003) avec Plastique de Rêve.

La Genevoise ne court pas les boutiques de sa ville, mais recommande néanmoins le Flying A, un magasin «100% design, aussi bien en matière de vêtements qu’en objets de déco».

Et pour les après-midi pluvieuses, le meilleur thé se boit au Thé, un restaurant chinois à la rue des Bains: «Une petite boutique de curiosités qui ressemble à un musée de théières…»

Adresses

Maison Rouge
Rue des Noirettes 17
Carouge
+41 22 342 00 42
www.lamaisonrouge.ch

Café Gallay
Bd Saint-Georges 42
Genève
+41 22 321 00 35

Sansui
Rue de la Faucille 12
Genève
+41 22 733 80 25

Athénée 4
Rue de l’Athénée 4
Genève
+41 22 310 11 22

Fondation Martin Bodmer
Rte du Guignard 19-21
Cologny
+41 22 707 44 36
www.fondationbodmer.org

Mamco
Rue des Vieux-Grenadiers 10
Genève
+41 22 320 61 22
www.mamco.ch

Attitudes
Rue du Beulet 4
Genève
+41 22 344 37 56
www.attitudes.ch

Weetamix
Chemin Jacques Philibert de Sauvage
Châtelaine
www.weetamix.com

L’Usine
Place des Volontaires 4
Genève
+41 22 781 34 90
www.usine.ch

Mental Groove
Rue Lissignol 5
Genève
www.mentalgroove.ch

Flying A
Rue de La Rôtisserie 17
Genève
+41 22 310 71 17
www.flyinga.net

Le Thé
Rue des Bains 65
Genève
+41 79 436 77 18

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Une version de cet article est parue dans le magazine BabooTime, chaque mois dans les kiosques romands.