N’importe quel adolescent féru d’informatique est désormais capable de s’attaquer à des sites gouvernementaux. L’agence fédérale américaine mène une contre-attaque.
Le FBI est dans tous ses états. Quelques uns des sites web du gouvernement américain subissent depuis une dizaine de jours des attaques répetées. Les agresseurs utilisent une technique bien connue: ils surchargent les serveurs en les submergeant de demandes insignifiantes, ou en les harcelant avec des ordres que les systèmes d’exploitation supportent mal.
Considérée comme un crime et lourdement punie au Etats-Unis, cette activité nécessite une force de frappe importante: les pirates doivent souvent utiliser plusieurs ordinateurs pour venir à bout d’un serveur puissant, habitué à gérer des milliers de visiteurs.
Mais les techniques d’attaque se simplifient. Les jeunes pirates s’organisent sur le réseau et échangent leurs informations. Le nombre de serveurs dédiés à ces questions se multiplient. Depuis le site privé AntiOnline, spécialisé dans les questions de sécurité, jusqu’aux repères qui fournissent les internautes en logiciels piratés, tous véhiculent une image glorifiante du pirate informatique et de ses exploits.
De nombreux sites fournissent les outils nécessaires à la piraterie électronique: des programmes très simples qui évitent l’apprentissage des techniques de base.
Il n’y a pas si longtemps, relève le fondateur d’Antionline dans son éditorial, «il fallait avoir étudié patiemment l’informatique et la programmation pour pouvoir mener de telles attaques. Aujourd’hui, il n’est même pas nécessaire de connaître Linux pour envoyer valser un serveur.»
Et c’est bien sûr le site du FBI qui constitue la première cible. La réaction ne s’est pas fait attendre: l’administration fédérale est intervenue avec force, créant une véritable contre-attaque qui a fait les gros titres de la presse nationale. Le site d’information ZDNet publie un dossier sur la question et interroge d’un côté le procureur chargé de l’affaire et de l’autre un jeune hacker.
Cette vaste opération est pourtant critiquée par une grande partie des spécialistes, qui reprochent au gouvernement de concentrer ses attaques sur les adolescents, en sous-estimant le danger que représentent les vrais pirates, moins médiatiques mais beaucoup plus habiles.
