



{"id":9967,"date":"2019-11-18T23:19:14","date_gmt":"2019-11-18T22:19:14","guid":{"rendered":"https:\/\/largeur.com\/?p=9967"},"modified":"2019-11-14T15:27:06","modified_gmt":"2019-11-14T14:27:06","slug":"economie-45","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=9967","title":{"rendered":"30 ans d\u2019agroalimentaire: un pilier de l\u2019\u00e9conomie suisse"},"content":{"rendered":"<p>Une version de cet article r\u00e9alis\u00e9 par LargeNetwork est parue dans\u00a0<a href=\"https:\/\/www.pme.ch\/entreprises\/2019\/09\/17\/7-lisaiton-pme-magazine-y-30-ans\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">PME Magazine<\/a>.<\/p>\n<p>_______<\/p>\n<p>Des mati\u00e8res premi\u00e8res agricoles aux produits finis, l\u2019agroalimentaire repr\u00e9sentait 11% des emplois recens\u00e9s en Suisse en 2016. Depuis le XIX<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle, la fili\u00e8re n\u2019a cess\u00e9 de poser ses jalons dans l\u2019\u00e9conomie locale et internationale. Avec ses chocolats, biscuits et confiserie d\u2019abord, ses fromages aussi et plus r\u00e9cemment les ar\u00f4mes, le packaging, la viande ou la grande distribution. Nestl\u00e9, Coop, Migros, Tetra Pak, Barry Callebaut, Fenaco, Givaudan, Firmenich, Bell ou Lindt &amp; Spr\u00fcngli se sont impos\u00e9es comme des g\u00e9ants du secteur et p\u00e8sent lourd dans la production de richesse du pays.<\/p>\n<p><strong>1. De la disette \u00e0 la guerre des prix<\/strong><\/p>\n<p>\u00abEn Suisse comme ailleurs en Europe, l\u2019agroalimentaire prend un important tournant au sortir de la Deuxi\u00e8me Guerre mondiale, explique Christine Demen-Meier, professeure et responsable du Food Ecosystem Institute de la Haute \u00e9cole de gestion de Fribourg et directrice de l\u2019\u00e9cole h\u00f4teli\u00e8re des Roches (VD). Apr\u00e8s cette p\u00e9riode de disette, les consommateurs voulaient de l\u2019opulence, du choix, de la qualit\u00e9 et des produits \u00e0 des prix abordables.\u00bb C\u2019est dans ce contexte, en parall\u00e8le \u00e0 la hausse du pouvoir d\u2019achat, qu\u2019apparaissent les premiers supermarch\u00e9s. Gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019industrialisation progressive des moyens de production, des chaines comme Migros ou Coop renforcent consid\u00e9rablement le nombre de leurs r\u00e9f\u00e9rences pour r\u00e9pondre aux attentes de leurs clients.<\/p>\n<p>Pour Christian Schwab, directeur de l\u2019Integrative Food et Nutrition Centre de l\u2019EPFL, \u00abce contexte conduit peu \u00e0 peu \u00e0 la massification de l\u2019offre alimentaire et \u00e0 l\u2019apog\u00e9e des supermarch\u00e9s dans les ann\u00e9es 1990. Dans cette course au toujours moins cher, la pression du prix bas l\u2019emporte sur la qualit\u00e9. Les industriels innovent et d\u00e9localisent leur production pour limiter au maximum leurs co\u00fbts.\u00bb Cette p\u00e9riode fait la gloire de g\u00e9ants de l\u2019agroalimentaire comme Nestl\u00e9, Danone, Unilever ou Coca-Cola. \u00abL\u2019automatisation pouss\u00e9e de leurs cha\u00eenes de production et l\u2019assemblage de denr\u00e9es venues du monde entier pour produire \u00e0 bas prix leur a permis d\u2019\u00eatre les leaders de l\u2019industrie du food. En suivant cette logique, ils ont pu fournir massivement le march\u00e9 en produits homog\u00e9n\u00e9is\u00e9s, s\u00fbrs et \u00e0 longue conservation\u00bb, explique J\u00e9r\u00f4me Grosse, ing\u00e9nieur et consultant en strat\u00e9gie agroalimentaire.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-9968\" src=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2019\/11\/Large181119.jpg\" alt=\"\" width=\"468\" height=\"311\" srcset=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2019\/11\/Large181119.jpg 468w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2019\/11\/Large181119-300x199.jpg 300w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2019\/11\/Large181119-272x182.jpg 272w\" sizes=\"auto, (max-width: 468px) 100vw, 468px\" \/><\/p>\n<p><strong>2. Satisfaire un consommateur actif<\/strong><\/p>\n<p>Cette machine bien rod\u00e9e s\u2019enraye peu \u00e0 peu au d\u00e9but des ann\u00e9es 2000, lorsque les attentes des consommateurs changent. \u00abDe passif, il est devenu actif et exigeant, souligne Christine Demen-Meier. Peu \u00e0 peu, il a pris conscience de l\u2019importance de l\u2019alimentation pour sa sant\u00e9 et de l\u2019impact n\u00e9gatif des cha\u00eenes de production sur l\u2019environnement. A partir de ce moment l\u00e0, il se tourne vers des produits plus qualitatifs et durables.\u00bb Cette p\u00e9riode correspond \u00e0 la progression du bio, de l\u2019aliment moins transform\u00e9, nutritionnellement irr\u00e9prochable, sain et local. Comme le fait remarquer Christian Schwab, \u00able changement de paradigme est complet: apr\u00e8s avoir impos\u00e9 leurs produits aux consommateurs, les industries de l\u2019agroalimentaire ont d\u00fb peu \u00e0 peu se plier \u00e0 leurs exigences et trouver des alternatives.\u00bb<\/p>\n<p>S\u2019adapter \u00e0 cette \u00e9volution reste un d\u00e9fi. Les grandes entreprises du food doivent revoir leurs cha\u00eenes de production tr\u00e8s industrialis\u00e9es et y remettre un peu d\u2019artisanat pour jouer la carte de l\u2019authenticit\u00e9. L\u2019inverse est vrai aussi: un mode de production artisanale \u00e9volue difficilement et ne permet pas de r\u00e9pondre \u00e0 une demande en constante progression. Cette latence laisse la place \u00e0 un style nouveau d\u2019entrepreneurs. Plus flexibles, au fait des tendances, ils cassent les codes des grands du food et r\u00e9pondent efficacement aux attentes du consommateur devenu v\u00e9g\u00e9tarien, vegan, macrobio, ou majoritairement flexitarien. Pour J\u00e9r\u00f4me Grosse, \u00abs\u2019alimenter est devenu une sorte de religion, une carte d&rsquo;identit\u00e9 qui change quasiment chaque mois avec l&rsquo;arriv\u00e9e du r\u00e9gime \u00e0 la mode, au point de se perdre dans une sorte de polyth\u00e9isme alimentaire\u00bb. Transparence des \u00e9tiquettes, p\u00e9dagogie pour consommer mieux, ces tendances percent et aident le consommateur \u00e0 s\u2019y retrouver.<\/p>\n<p><strong>3. De la fourche \u00e0 la fourchette<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019apparition des nouvelles technologies contribue aussi \u00e0 la transition alimentaire et r\u00e9duit l\u2019\u00e9cart entre le producteur et le consommateur. \u00abL\u2019introduction du num\u00e9rique touche toute la cha\u00eene de valeur de la production alimentaire\u00bb, poursuit Christine Demen-Meier. Drones pour surveiller les champs, blockchain pour tracer les l\u00e9gumes, connexion des clients et des livreurs \u00e0 v\u00e9lo, la digitalisation affine le service, satisfait les besoins du consommateur pour lui faciliter la vie. Les innovations sur la biomasse, le recyclage et l\u2019utilisation r\u00e9fl\u00e9chie des denr\u00e9es permettent aussi de r\u00e9duire le gaspillage qui concerne encore 30% des aliments produits.<\/p>\n<p>Biotechnologies pour remplacer les prot\u00e9ines animales, nutrition de pr\u00e9cision r\u00e9pondant parfaitement aux besoins de l\u2019organisme, applications rassurantes, le champ d\u2019implication des nouvelles technologies dans le food progresse rapidement. Une manne pour les 300 start-up suisses actives dans le domaine de l\u2019alimentaire. Sur le long terme, reste \u00e0 ces nouveaux venus de trouver leur place dans un \u00e9cosyst\u00e8me o\u00f9 la concurrence est rude et le consommateur de plus en plus exigeant.<\/p>\n<p><strong>_______<\/strong><\/p>\n<p><strong>Chiffres cl\u00e9s<\/strong><\/p>\n<p><strong>En Suisse<\/strong><\/p>\n<p>10,6 milliards CHF d\u2019importations de produits alimentaires<\/p>\n<p>8,6 milliards CHF d\u2019exportations de produits alimentaires<\/p>\n<p><strong>Industrie alimentaire<\/strong><\/p>\n<p>4&rsquo;900 \u00e9tablissements<\/p>\n<p>86&rsquo;800 emplois<\/p>\n<p><strong>Vente d\u2019aliments en gros<\/strong><\/p>\n<p>3\u2019400 \u00e9tablissements<\/p>\n<p>34\u2019000 emplois<\/p>\n<p><strong>Vente d\u2019aliments au d\u00e9tail<\/strong><\/p>\n<p>11&rsquo;100 \u00e9tablissements<\/p>\n<p>95&rsquo;600 emplois<\/p>\n<p><strong>Restaurants, tea-rooms, bars, cantines et traiteurs<\/strong><\/p>\n<p>26&rsquo;600 \u00e9tablissements<\/p>\n<p>173\u2019500 emplois<\/p>\n<p><strong>Agriculture<\/strong><\/p>\n<p>51&rsquo;800 \u00e9tablissements<\/p>\n<p>150&rsquo;600 emplois<\/p>\n<p>Source: Office f\u00e9d\u00e9ral de la statistique.<\/p>\n<p>_______<\/p>\n<p><strong>Secteurs clefs du food \u00e0 Fribourg<\/strong><\/p>\n<p>27,4% production animale<\/p>\n<p>12,2% fabrication de produits laitiers<\/p>\n<p>10,2% Transformation de produits carn\u00e9s<\/p>\n<p>20% des emplois du canton<\/p>\n<p>Source: Promotion \u00e9conomique du canton de Fribourg<\/p>\n<p>_______<\/p>\n<p><strong>2049\u00a0: une alimentation sur-mesure pour un consom\u2019acteur <\/strong><\/p>\n<p>Face \u00e0 son assiette, le consommateur du futur se montrera exigeant sur la provenance et la qualit\u00e9 de ses aliments. Plus inform\u00e9, ce consom\u2019acteur aura pour ma\u00eetres-mots: choix raisonn\u00e9, transparence, tra\u00e7abilit\u00e9, nourriture saine et moins carn\u00e9e.<\/p>\n<p>Les tendances s\u2019orientent \u00e9galement vers la personnalisation de l\u2019alimentation en fonction des besoins, du m\u00e9tabolisme et de la g\u00e9n\u00e9tique de chacun. L\u2019aide d\u2019une di\u00e9t\u00e9ticienne, d\u2019alicaments et autres compl\u00e9ments alimentaires, favorisera cette d\u00e9marche. Le futur de l\u2019alimentation passera aussi par l\u2019utilisation pouss\u00e9e des nouvelles technologies, de l\u2019intelligence artificielle ou encore des open data.<\/p>\n<p>Snacking, plats pr\u00e9par\u00e9s, ces tendances de consommation dict\u00e9es par nos modes vie progressent. Toutefois, un bon repas agr\u00e9ment\u00e9 par une cuisine authentique resteront dans notre culture alimentaire comme des synonymes de convivialit\u00e9 et de plaisir.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Production de mati\u00e8res premi\u00e8res, fabrication de produits semi-finis et finis, industries connexes, innovations dans la foodtech, le secteur se distingue comme un \u00e9cosyst\u00e8me complet et dynamique.<\/p>\n","protected":false},"author":20152,"featured_media":9968,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[],"class_list":["post-9967","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-kapital","kapital"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/9967","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/20152"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=9967"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/9967\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":9971,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/9967\/revisions\/9971"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/9968"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=9967"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=9967"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=9967"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}