



{"id":990,"date":"2002-02-04T00:00:00","date_gmt":"2002-02-03T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=990"},"modified":"2017-07-12T11:31:32","modified_gmt":"2017-07-12T09:31:32","slug":"sport-13","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=990","title":{"rendered":"Les athl\u00e8tes noirs ne sont pas g\u00e9n\u00e9tiquement sup\u00e9rieurs"},"content":{"rendered":"<p>La supr\u00e9matie des athl\u00e8tes noirs dans les comp\u00e9titions est connue. Dans les classements mondiaux du 3\u2019000 et du 5\u2019000 m\u00e8tres par exemple, il faut descendre respectivement jusqu\u2019au 24e et 25e rang pour trouver un coureur qui ne soit pas d\u2019origine africaine. Comment expliquer une sup\u00e9riorit\u00e9 aussi \u00e9crasante? <\/p>\n<p>L\u2019argument g\u00e9n\u00e9tique est souvent invoqu\u00e9, par les commentateurs sportifs comme par le grand public. A tort. Une trentaine d\u2019\u00e9tudes scientifiques se sont pench\u00e9es sur la question sans qu\u2019aucun \u00abavantage g\u00e9n\u00e9tique\u00bb particulier ne puisse \u00eatre cr\u00e9dit\u00e9 au compte des sportifs noirs.<\/p>\n<p>C\u2019est ce que rappelle un article passionnant paru dans le dernier num\u00e9ro de la <a href=http:\/\/www.ssms.ch target=_blank class=std>Revue suisse de m\u00e9decine et de traumatologie du sport<\/a>.<\/p>\n<p>Ses auteurs, Francesca Sacco et G\u00e9rald Gremion, brisent quelques pr\u00e9jug\u00e9s avec leur contribution intitul\u00e9e \u00abLe mythe de l\u2019avantage g\u00e9n\u00e9tique des sportifs africains\u00bb. Soucieux de d\u00e9mystification, ils d\u00e9plorent le fait que les \u00e9tudes scientifiques relatives \u00e0 ce sujet n\u2019aient pas toujours \u00e9t\u00e9 r\u00e9percut\u00e9es dans la presse.<\/p>\n<p>Au contraire. Les commentateurs sportifs continuent \u00e0 \u00e9voquer les aptitudes \u00abnaturelles\u00bb de tel athl\u00e8te africain. Alors qu\u2019ils parlent volontiers de la \u00abvolont\u00e9\u00bb ou de la \u00abstrat\u00e9gie subtile\u00bb de ses concurrents blancs.<\/p>\n<p>Ce sont donc des non-sp\u00e9cialistes &#8211; sportifs amateurs ou journalistes &#8211; qui confisquent encore aujourd\u2019hui cette question d\u00e9licate, relevant logiquement de la recherche scientifique. <\/p>\n<p>\u00abLes pr\u00e9dispositions sportives qu\u2019on pr\u00eate si facilement aux sportifs africains font poindre la jalousie et, disons-le franchement, le racisme\u00bb, \u00e9crivent Francesca Sacco et G\u00e9rald Gremion.<\/p>\n<p>Si, depuis les ann\u00e9es 50, l\u2019hypoth\u00e8se g\u00e9n\u00e9tique a creus\u00e9 son sillon dans l\u2019esprit du public, c\u2019est qu\u2019elle poss\u00e8de l\u2019avantage de la simplicit\u00e9. Le continent noir peut m\u00eame \u00eatre divis\u00e9 en fonction des aptitudes sportives pr\u00e9tendument cong\u00e9nitales de sa population: \u00abL\u2019Afrique de l\u2019Ouest pour le sprint, l\u2019Afrique du Nord pour le demi-fond et le 5\u2019000 m\u00e8tres, l\u2019Afrique de l\u2019Est pour le 10\u2019000 m\u00e8tres et le marathon.\u00bb La th\u00e9orie est s\u00e9duisante, mais trompeuse.<\/p>\n<p>Pourquoi, d\u2019ailleurs, n\u2019a-t-on jamais abord\u00e9 le probl\u00e8me de la domination africaine sous l\u2019angle f\u00e9minin? On devrait alors constater que l\u2019hypoth\u00e8se g\u00e9n\u00e9tique apporte des r\u00e9ponses insuffisantes \u00e0 la \u00abcolonisation\u00bb des classement par les athl\u00e8tes noirs.<\/p>\n<p>Les deux m\u00e9decins lausannois estiment que la question doit \u00eatre appr\u00e9hend\u00e9e de mani\u00e8re pluridisciplinaire. Leur th\u00e8se environnementale et culturelle englobe un ensemble de facteurs: \u00e9ducation, culture, entra\u00eenement, situation \u00e9conomique et environnement g\u00e9ographique.<\/p>\n<p>L\u2019apprentissage de la course \u00e0 pied ressemble \u00e0 celui des langues: on r\u00e9ussit d\u2019autant mieux que l\u2019on commence t\u00f4t. Or, un petit Keyan parcourt souvent des kilom\u00e8tres pour se rendre \u00e0 l\u2019\u00e9cole, alors que les enfants occidentaux ren\u00e2clent \u00e0 marcher 500 m\u00e8tres.<\/p>\n<p>Comment expliquer, si ce n\u2019est par une influence culturelle, le succ\u00e8s du tennis de table en Chine, du hockey sur gazon au Pakistan, du ski en Suisse? Au Kenya et en Ethiopie, sport signifie course \u00e0 pied.<\/p>\n<p>Si le type d\u2019entra\u00eenement et le fait de vivre en altitude constituent d\u2019autres facteurs explicatifs, celui qui joue un r\u00f4le crucial dans la motivation des athl\u00e8tes est la situation \u00e9conomique. Selon Bruce Tulloh, coach britannique du marathonien Richard Nerurkar, \u00abseul le d\u00e9veloppement \u00e9conomique du Kenya permettra aux Blancs de rivaliser avec les Africains de l\u2019Est. Quand ceux-ci poss\u00e9deront des voitures et des t\u00e9l\u00e9viseurs, ils seront \u00e0 la port\u00e9e des Blancs.\u00bb<\/p>\n<p>&#8212;&#8212;-<br \/>\nFrancesca Sacco et G\u00e9rald Gremion, de l\u2019H\u00f4pital orthop\u00e9dique de la Suisse romande, \u00abLe mythe de l\u2019\u00a0\u00bbavantage g\u00e9n\u00e9tique\u00a0\u00bb des sportifs africains\u00bb. Paru dans la Revue suisse de M\u00e9decine et de traumatologie du sport. 49(4). Accessible <a href=http:\/\/www.ssms.ch target=_blank class=std>ici<\/a>.<\/p>\n<p>&#8212;&#8212;-<br \/>\nUn article plus ancien, mais pas moins int\u00e9ressant, aborde ce m\u00eame sujet: \u00abRacisme: la course d\u2019obstacles. Les Noirs dominent l\u2019athl\u00e9tisme britannique. Preuve d\u2019une victoire sur le racisme, disent certains. A voir, r\u00e9pondent le sociologue Ben Carrington et le sprinter Julian Golding\u00bb.<\/p>\n<p>A lire sur le <a href=http:\/\/www.unesco.org\/courier\/1999_04\/fr\/dossier\/txt17.htm target=_blank class=std>site<\/a> de l\u2019Unesco. <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les clich\u00e9s ont la vie dure. Alors que plusieurs recherches scientifiques ont d\u00e9menti l\u2019argument g\u00e9n\u00e9tique, les commentateurs continuent \u00e0 parler d\u2019une pr\u00e9tendue \u00absup\u00e9riorit\u00e9 naturelle\u00bb des athl\u00e8tes africains.<\/p>\n","protected":false},"author":375,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5],"tags":[1298],"class_list":["post-990","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-latitude","tag-chroniques","latitude"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/990","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/375"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=990"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/990\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":5963,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/990\/revisions\/5963"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=990"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=990"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=990"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}