



{"id":9594,"date":"2019-07-30T23:42:23","date_gmt":"2019-07-30T21:42:23","guid":{"rendered":"https:\/\/largeur.com\/?p=9594"},"modified":"2019-08-01T06:24:28","modified_gmt":"2019-08-01T04:24:28","slug":"societe-37","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=9594","title":{"rendered":"Les collectifs r\u00e9inventent la nuit"},"content":{"rendered":"<p>Dans les ann\u00e9es 1980, le street artist new-yorkais Keith Haring venait faire la f\u00eate \u00e0 Lausanne. Il a d\u2019ailleurs dessin\u00e9 l\u2019enseigne du l\u00e9gendaire club de rock de la Dolce Vita. Vingt ans apr\u00e8s la fermeture du club, la conservation de ce f\u00e9tiche dans les collections du Mus\u00e9e historique de la ville t\u00e9moigne de la reconnaissance de la culture alternative et noctambule. Lausanne se targue d\u2019ailleurs depuis les ann\u00e9es 1990 du titre de capitale romande de la nuit. Une r\u00e9putation qui a connu quelques \u00e9pisodes sulfureux, mais qui renvoie surtout \u00e0 un attrait pour la f\u00eate qui ne cesse de se renouveler et de s\u2019adapter au fil du temps.<\/p>\n<p>En 2019, Lausanne compte 23 discoth\u00e8ques qui peuvent ravir les fans de techno, de musique latino, de hip-hop ou de rock \u00e0 l\u2019ancienne. Mais ces murs et ces styles musicaux disent mal la petite r\u00e9volution qui se d\u00e9roule dans les nuits lausannoises.<\/p>\n<p><strong>Les femmes aux platines<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong>Comme \u00e0 Londres, Berlin et Paris, o\u00f9 l\u2019on est moins fid\u00e8le \u00e0 un club qu\u2019\u00e0 un concept de soir\u00e9es qui peut se d\u00e9rouler n\u2019importe o\u00f9, ce sont d\u00e9sormais de jeunes collectifs de DJ\u2019s et d\u2019organisateurs de soir\u00e9es qui m\u00e8nent la danse. S\u2019ils sont divers, ces collectifs se caract\u00e9risent par une m\u00eame volont\u00e9 de d\u00e9cloisonnement, aussi bien du cadre classique de la bo\u00eete de nuit, des genres musicaux que des identit\u00e9s et orientations sexuelles. \u00abPar exemple, les soir\u00e9es queer sont devenues un vrai ph\u00e9nom\u00e8ne \u00e0 Lausanne\u00bb, explique l\u2019organisatrice et DJ StaStava. Elle-m\u00eame participe au mouvement de f\u00e9minisation et d\u2019hybridation \u00e0 travers les f\u00eates qu\u2019elle orchestre avec son association Mega Mood au Bourg. \u00abOn a vu beaucoup de collectifs qui d\u00e9fendent la mixit\u00e9 et un \u00e9clectisme musical se d\u00e9velopper \u00e0 Berlin. Les jeunes Lausannois se sont dit qu\u2019ils pouvaient r\u00e9pliquer ce mouvement ici.<\/p>\n<p>Les clubs comme le Romandie, le Bourg et le Folklor se les r\u00e9approprient en leur d\u00e9l\u00e9guant des soir\u00e9es o\u00f9 ces collectifs s\u2019occupent de la musique, de la ligne graphique, de la communication.\u00bb StaStava voit dans ces approches collectives et cette plus grande mixit\u00e9 un effet de l\u2019\u00e9volution technique. \u00abAujourd\u2019hui, il suffit de peu d\u2019entra\u00eenement pour devenir DJ. On t\u00e9l\u00e9charge sa playlist \u00e0 la maison sur une cl\u00e9 USB, et on vient se brancher sur les platines pour jouer avec ses potes. Ce changement de technique a favoris\u00e9 l\u2019arriv\u00e9e des filles, qui, en groupes, se sentent plus fortes pour s\u2019imposer dans la culture machiste du djing.\u00bb Cette jeune et f\u00e9minine d\u00e9ferlante n\u2019a pourtant pas compl\u00e8tement \u00e9clips\u00e9 la pr\u00e9c\u00e9dente, celle des grands clubs comme le MAD (Moulin \u00e0 danse) ou le D! Club, qui misent sur les t\u00eates d\u2019affiches internationales et la qualit\u00e9 du son. Cette dynamique b\u00e9n\u00e9ficie du caract\u00e8re estudiantin de Lausanne; avec l\u2019ECAL, l\u2019UNIL, l\u2019EPFL ou l\u2019\u00c9cole h\u00f4teli\u00e8re, la ville se veut studieuse et f\u00eatarde. \u00abEn l\u2019espace de vingt ans, l\u2019\u00c9cole h\u00f4teli\u00e8re est pass\u00e9e de 400 \u00e9tudiants \u00e0 bient\u00f4t 3\u2019000. Ils sortent beaucoup et sont d\u2019excellents clients\u00bb, observe ainsi Thierry Wegm\u00fcller, l\u2019un des magnats de la nuit lausannoise, patron, entre autres, du D! Club, de son petit fr\u00e8re l\u2019ABC.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-9595\" src=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/largeur_31_07_2019.jpg\" alt=\"\" width=\"468\" height=\"311\" srcset=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/largeur_31_07_2019.jpg 468w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/largeur_31_07_2019-300x199.jpg 300w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/largeur_31_07_2019-272x182.jpg 272w\" sizes=\"auto, (max-width: 468px) 100vw, 468px\" \/><\/p>\n<p><strong>Les pionniers de la Dolce<\/strong><\/p>\n<p>Si la ville rayonne par son statut de capitale nocturne depuis les ann\u00e9es 1990, la p\u00e9riode pr\u00e9c\u00e9dente \u00e9tait plus morose. Au d\u00e9but des ann\u00e9es 1980, sous l\u2019\u00e9tendard de leur ennui, les jeunes descendent dans la rue manifester leur ras-le-bol. La Dolce Vita ouvre en 1985 sous l\u2019impulsion du mouvement \u00abL\u00f4zane Bouge\u00bb. Les punks, gothiques, et autres tribus de ces ann\u00e9es s\u2019y rassemblent dans des nuages de fum\u00e9e, des oc\u00e9ans de bi\u00e8re, une ambiance libertaire.<\/p>\n<p>Dans la foul\u00e9e, le MAD ouvre dans le quartier d\u2019entrep\u00f4ts industriels du Flon. La musique \u00e9lectronique et l\u2019h\u00e9donisme conqui\u00e8rent Lausanne. Gr\u00e2ce \u00e0 un habile contrat d\u2019exclusivit\u00e9 sign\u00e9 avec les propri\u00e9taires du quartier, le MAD parvient pendant de nombreuses ann\u00e9es \u00e0 se maintenir comme le lieu unique pour ce genre musical au centre-ville. Deux concurrents vont pourtant se d\u00e9velopper sur les marches de son royaume \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1990: le Loft et le D! Club pulsent leur petite musique singuli\u00e8re \u00e0 120 bpm et deviennent \u00e0 leur tour des temples du clubbing.<\/p>\n<p>\u00c0 Lausanne, la proximit\u00e9 entre bars, clubs et cin\u00e9mas, le tout accessible \u00e0 pieds, favorise la d\u00e9ambulation nocturne. \u00c0 son apoth\u00e9ose, au d\u00e9but des ann\u00e9es 2000, la \u00abculture club\u00bb hisse la ville au rang d\u2019\u00e9tape incontournable de DJ\u2019s comme Sven V\u00e4th, Roger Sanchez ou Laurent Garnier. L\u2019engouement est tel que deux m\u00e9ga-festivals techno en clubs, Atlantis et Movement, chacun avec son lot de stars des platines, se font face un m\u00eame week-end \u00e0 l\u2019aube du mill\u00e9naire. \u00abCe sont des ann\u00e9es inoubliables o\u00f9 tout se t\u00e9lescopait. En une soir\u00e9e, on pouvait passer d\u2019un club \u00e0 l\u2019autre qui proposait chacun des pointures de la techno et de l\u2019\u00e9lectro\u00bb, se souvient un noctambule de l\u2019\u00e9poque. C\u2019est aussi le d\u00e9but des d\u00e9bordements. Lasse des bagarres et des d\u00e9pr\u00e9dations caus\u00e9es par les f\u00eatards partis prolonger la soir\u00e9e en \u00abafter\u00bb, la Ville d\u00e9cide de baisser le son. D\u00e8s 2013, certains clubs sont pri\u00e9s de fermer \u00e0 3H du matin et la vente d\u2019alcool est interdite en magasin \u00e0 partir de 20H le week-end. L\u2019organisateur Olivier Meylan a su tirer son \u00e9pingle du jeu au moment de ce rappel au calme.<\/p>\n<p><strong>Silence, on danse<\/strong><\/p>\n<p>Afin d\u2019esquiver les plaintes pour tapage nocturne, l\u2019entrepreneur s\u2019est lanc\u00e9 avec un retentissant succ\u00e8s dans les silencieuses\u2026 Silent Discos. Casques branch\u00e9s sur les oreilles, les f\u00eatards envahissent des lieux insolites. \u00abLes Silent Discos, c\u2019est une sorte de bal 2.0 avec la technologie et la possibilit\u00e9 de participer en s\u00e9lectionnant ce que l\u2019on \u00e9coute, explique-t-il. On cherche des endroits sympas et des collaborations avec des institutions comme Le Mus\u00e9e Olympique et la Nuit des Mus\u00e9es.\u00bb<\/p>\n<p>Le redimensionnement des nuits lausannoises a aussi permis \u00e0 des projets associatifs plus pointus d\u2019\u00e9clore. Des festivals culturels m\u00ealant cin\u00e9ma, performances, concerts et f\u00eates, parfois dans une ambiance provocatrice, \u00e0 l\u2019image de la fameuse F\u00eate du slip qui se consacre depuis 2012 \u00e0 toutes les sexualit\u00e9s, ont fait leur apparition. L\u2019association \u2026 E la nave va g\u00e8re le club Le Romandie depuis son ouverture en 2004. D\u00e9sormais nich\u00e9e sous les Arches du Grand-Pont, la salle propose une programmation rock et \u00e9lectro. Une ann\u00e9e plus tard, l\u2019Association du Salopard cr\u00e9e le projet culturel du Bourg, sc\u00e8ne de niche install\u00e9e dans un ancien cin\u00e9ma \u00e0 tentures florales qui se distingue par un agenda enclin \u00e0 la d\u00e9couverte. \u00abNotre programmation est parfois assez aventureuse, avec des groupes pratiquement inconnus, reconna\u00eet Dimitri Meier, coprogrammateur au sein de l\u2019association. Mais depuis deux ans environ, on remarque une \u00e9volution positive au niveau des entr\u00e9es.\u00bb<\/p>\n<p>La fin des nuits les plus tapageuses n\u2019a pas sign\u00e9 la mort de la culture \u00e9lectro pure et dure. Le Folklor tente ainsi depuis d\u00e9cembre 2016 la jonction entre le clubbing de masse des ann\u00e9es 1990 et celui plus alternatif des ann\u00e9es 2010. Ce nouveau lieu est un endroit o\u00f9 l\u2019on oublie l\u2019heure pour s\u2019\u00e9vader sur les sons de collectifs locaux ou de DJ\u2019s superstars book\u00e9s par une \u00e9quipe d\u2019experts. \u00abNous sommes un club 100% \u00e9lectronique du mercredi au samedi\u00bb, pr\u00e9cise Ramon Lorenzo, un des patrons. Situ\u00e9 au premier sous-sol au nord de la place de la Riponne, le Folkor a su cr\u00e9er une sorte de melting-pot entre les 19-20 ans les mercredis et jeudis et une client\u00e8le un peu plus \u00e2g\u00e9e le week-end. \u00abNotre public est \u00e0 80% lausannois, mais des gens viennent de Gen\u00e8ve, Berne et Zurich pour \u00e9couter des DJ\u2019s internationaux. On a l\u2019avantage de ne pas subir d\u2019agressivit\u00e9 dans le milieu de la musique \u00e9lectronique, ce ne sont pas des petites frappes mais de vrais f\u00eatards passionn\u00e9s de musique\u00bb, assure-t-il.<\/p>\n<p>La nuit lausannoise t\u00e9moigne ainsi d\u2019une \u00e9tonnante vitalit\u00e9 alors que la vie sociale se d\u00e9place toujours plus en ligne. La technologie semble bien au contraire la galvaniser et la diversifier. Elle facilite la formation de communaut\u00e9s sur les r\u00e9seaux sociaux, elle rend plus accessibles les outils de mixage et de production musicale. Et gr\u00e2ce \u00e0 elle, on peut m\u00eame danser sans un bruit!<\/p>\n<p>_______<\/p>\n<p><strong>Les temples de la nuit<\/strong><\/p>\n<p>Lausanne a forg\u00e9 son identit\u00e9 nocturne dans un \u00e9quilibre entre culture alternative et clubs mainstream. Aujourd\u2019hui, les enseignes pionni\u00e8res c\u00f4toient les nouveaux venus dans un m\u00eame esprit d\u2019ouverture.<\/p>\n<p><strong>Le Mad, ouvert en 1985<br \/>\n<\/strong>5 \u00e9tages, 4 dancefloors, un restaurant, un h\u00f4tel avec rooftop et un caf\u00e9: le MAD demeure la Mecque des nuits lausannoises mainstream. L\u2019empire a re\u00e7u la visite des plus grands DJ\u2019s du monde entier.<br \/>\n<u><a href=\"http:\/\/www.madclub.ch\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">www.madclub.ch<\/a><\/u><\/p>\n<p><strong>Le D! Club, ouvert en 1996<\/strong><br \/>\nVingt-trois ans apr\u00e8s son ouverture, l\u2019ancien th\u00e9\u00e2tre reconverti en cin\u00e9ma puis en club, demeure une enseigne embl\u00e9matique de la ville. Class\u00e9 \u00e0 plusieurs reprises comme meilleur grand club de Suisse, il est pris\u00e9 pour ses soir\u00e9es \u00e9tudiantes du jeudi soir. Le week-end, il est la sc\u00e8ne des plus grands DJ\u2019s de musiques \u00e9lectronique et de house ainsi que de soir\u00e9es hip-hop embl\u00e9matiques et de concerts.<br \/>\n<u><a href=\"http:\/\/www.dclub.ch\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">www.dclub.ch<\/a><\/u><\/p>\n<p><strong>Bar Club ABC, ouvert en 2014<\/strong><br \/>\n\u00c0 l\u2019\u00e9tage, l\u2019ancien balcon du cin\u00e9ma propose sa propre programmation avec notamment les soir\u00e9es queer d\u00e9jant\u00e9es organis\u00e9es par le Lausannois Francis Ases et des premi\u00e8res parties de soir\u00e9e autour de l\u2019humour et du stand up.<u><\/u><\/p>\n<p><strong>Le Jagger\u2019s, ouvert en 2001<\/strong><br \/>\nDans une cave, le club rend hommage au chanteur des Rolling Stones ou \u00e0 son ex-femme Bianca, qui \u00e9tait apparue sur un cheval blanc au Studio 54 de New York. Le son du Jagger\u2019s oscille entre ses deux p\u00f4les: rock et disco.<\/p>\n<p><strong>Le Bourg, ouvert en 2005<\/strong><br \/>\nMurs tapiss\u00e9s, petite sc\u00e8ne et balcon: il plane une atmosph\u00e8re cin\u00e9matographique sur la salle de spectacle. En toute logique, puisque l\u2019endroit abritait autrefois une salle de cin\u00e9ma. Concerts, performances, vernissages d\u2019album et DJs sets, la programmation y est riche et \u00e9clectique.<br \/>\n<u><a href=\"http:\/\/www.le-bourg.ch\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">www.le-bourg.ch<\/a><\/u><\/p>\n<p><strong>Folklor, ouvert en 2016<\/strong><br \/>\nLorsque les autorit\u00e9s imposent une fermeture \u00e0 3h du matin \u00e0 la Ruche, les fondateurs du club d\u00e9cident de cr\u00e9er le Folklor \u00e0 la Riponne, dans le m\u00eame esprit festif. Mais cette fois-ci sans aucun risque d\u2019importuner le voisinage.<br \/>\n<a href=\"http:\/\/www.folklor.club\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">www.folklor.club<\/a><\/p>\n<p><strong>D\u00e9cennie Collective, de 2010 \u00e0 2019<\/strong><br \/>\nLa f\u00eate contemporaine prend des airs de groupes Facebook. Le collectif Qult organise des soir\u00e9es queer au club Le Romandie. La Sacr\u00e9e D\u00e9ter d\u00e9fend les artistes locaux au Folklor. Les DJ\u2019s du label Danse Noire mettent r\u00e9guli\u00e8rement en avant l\u2019exp\u00e9rimentation \u00e9lectronique. La bande f\u00e9ministe de O\u00f9 \u00cates Vous Toutes cherche, elle, \u00e0 s\u2019extraire des structures de clubbing ordinaires pour faire la f\u00eate dans des buvettes ou d\u2019autres lieux hors circuit.<\/p>\n<p>_______<\/p>\n<p><strong>\u00abLes soir\u00e9es lausannoises sont \u00e9clectiques et d\u00e9complex\u00e9es\u00bb<\/strong><\/p>\n<p><strong>Le patron du D! Club, Thierry Wegm\u00fcller souligne l\u2019importance de se renouveler constamment. Les habitudes changent, les rythmes s\u2019hybrident.<\/strong><\/p>\n<p>\u00abOn ne g\u00e8re pas un club en dilettante. Je compare souvent cette activit\u00e9 \u00e0 une table de mixage: on ajuste constamment plusieurs curseurs en m\u00eame temps. Ce qui \u00e9tait valable il y a trois ans ne l\u2019est plus aujourd\u2019hui. Lorsque nous avons commenc\u00e9 \u00e0 faire du hip-hop dans les ann\u00e9es 1990, les gens ne comprenaient pas que l\u2019on puisse proposer plusieurs styles de musique dans un club et nous avons essuy\u00e9 pas mal de critiques tout en gardant notre cap. Les esprits ont depuis \u00e9volu\u00e9.<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui, les jeunes \u00e9coutent de l\u2019electro et du hip-hop dans la m\u00eame soir\u00e9e. Chez nous, le vendredi est d\u00e9di\u00e9 aux grands noms de la musique \u00e9lectronique, c\u2019est un peu notre carte de visite. Le samedi, 50% de notre client\u00e8le vient de l\u2019ext\u00e9rieur. Lausanne conserve donc cette image de ville de clubbing de r\u00e9f\u00e9rence en Suisse. Le tourisme de week-end \u00e0 Berlin, Londres ou Barcelone a certes une influence, mais d\u2019un autre c\u00f4t\u00e9, les jeunes commencent \u00e0 se demander s\u2019il est bien rationnel et \u00e9cologique de prendre l\u2019avion pour aller faire la f\u00eate. J\u2019ai le sentiment qu\u2019ils prennent conscience de leur responsabilit\u00e9 sur ce que va devenir le monde, et c\u2019est une bonne chose.\u00bb<\/p>\n<p>_______<\/p>\n<p>Une version de cet article est parue dans The Lausanner (no3).<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>D\u00e9sign\u00e9e capitale romande de la f\u00eate dans les ann\u00e9es 1990, Lausanne vit un renouveau gr\u00e2ce \u00e0 de jeunes organisateurs de soir\u00e9es qui f\u00e9minisent et politisent la musique.<\/p>\n","protected":false},"author":20261,"featured_media":9595,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-9594","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-pop-culture","pop-culture"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/9594","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/20261"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=9594"}],"version-history":[{"count":6,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/9594\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":9614,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/9594\/revisions\/9614"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/9595"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=9594"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=9594"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=9594"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}