



{"id":9336,"date":"2019-05-21T23:30:46","date_gmt":"2019-05-21T21:30:46","guid":{"rendered":"https:\/\/largeur.com\/?p=9336"},"modified":"2019-05-22T10:31:14","modified_gmt":"2019-05-22T08:31:14","slug":"entreprise-20","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=9336","title":{"rendered":"Une petite banque aux grandes ambitions"},"content":{"rendered":"<p>Une version de cet article r\u00e9alis\u00e9 par LargeNetwork est parue dans\u00a0<a href=\"https:\/\/www.pme.ch\/finances\/2019\/04\/11\/monde-croyait-succes-1990\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">PME Magazine<\/a>.<\/p>\n<p>_______<\/p>\n<p>Quel point commun entre la centrale de biogaz \u00e0 Pal\u00e9zieux et l\u2019auberge de jeunesse de Nyon? Ces deux PME ont chacune profit\u00e9 des cr\u00e9dits de la Banque Alternative Suisse (BAS) en raison de leur dimension \u00e9cologique. \u00abLes banques classiques n\u2019\u00e9taient pas tr\u00e8s motiv\u00e9es \u00e0 l\u2019id\u00e9e de nous pr\u00eater de l\u2019argent, explique Eric Ramseyer, agriculteur biologique et copropri\u00e9taire depuis 2015 de l\u2019installation transformant le purin en m\u00e9thane. Elles ne voulaient pas se lancer dans un domaine qu\u2019elles ne connaissaient pas et les montants \u00e9taient importants. Puis, j\u2019ai pens\u00e9 \u00e0 contacter la BAS apr\u00e8s avoir vu une publicit\u00e9 dans un magazine et ils nous ont vite suivis.\u00bb L\u2019\u00e9tablissement a pr\u00eat\u00e9 1,9 millions de francs sur les 3,3 millions n\u00e9cessaires. \u00abL\u2019\u00e9lectricit\u00e9 g\u00e9n\u00e9r\u00e9e &#8211; plus de 1 million de KWh par ann\u00e9e &#8211; est introduite dans le r\u00e9seau. Nous chauffons l\u2019\u00e9cole voisine, une ferme et deux appartements avec l\u2019eau chaude produite.\u00bb L\u2019amortissement du projet est pr\u00e9vu d\u2019ici \u00e0 environ quinze ans.<\/p>\n<p>Des projets durables comme celui d\u2019Eric Ramseyer, la BAS en finance depuis sa cr\u00e9ation, il y a presque 30 ans. \u00abNotre politique d\u2019investissement est tr\u00e8s claire, pr\u00e9cise Martin Rohner, directeur de la soci\u00e9t\u00e9 dont les bureaux romands se situent \u00e0 Gen\u00e8ve et Lausanne. Elle comprend les domaines et pratiques \u00e0 exclure, telles que les \u00e9nergies fossiles, le nucl\u00e9aire et les entreprises violant des droits de l\u2019homme, ainsi que les secteurs \u00e0 promouvoir. En mati\u00e8re de pr\u00eats, 48% de notre portefeuille est consacr\u00e9 \u00e0 la construction de coop\u00e9ratives d\u2019habitation, 9% vont aux \u00e9nergies renouvelables, 4% \u00e0 l\u2019agriculture, 7% aux organisations sociales et culturelles et 3% aux PME.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Une strat\u00e9gie durable<\/strong><\/p>\n<p>Pour d\u00e9montrer \u00e0 ses 33\u2019000 clients les retomb\u00e9es sociales et environnementales positives des projets qu\u2019elle finance, la banque a affin\u00e9 ses instruments. \u00abDans un souci de transparence, l\u2019ensemble des pr\u00eats accord\u00e9s sont rendus publics\u00bb, d\u00e9taille Martin Rohner. Depuis 2015, la banque publie \u00e9galement un rapport de d\u00e9veloppement durable. Elle indique aussi l\u2019empreinte climatique de son portefeuille d\u2019investissements. \u00abEnfin, la BAS dispose d&rsquo;un contr\u00f4le \u00e9thique ind\u00e9pendant qui fait un compte-rendu \u00e0 l&rsquo;Assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale annuelle.\u00bb<\/p>\n<p>Le directeur reconna\u00eet que peu de monde croyaient au succ\u00e8s de la banque en 1990. \u00abMais trente ans plus tard, nous existons encore et notre mod\u00e8le est salu\u00e9 par de nouvelles \u00e9tudes.\u00bb La Haute \u00e9cole de Lucerne a ainsi analys\u00e9 dans son rapport RetailBanking 2017 les banques de d\u00e9tails suisses sous l\u2019angle de la durabilit\u00e9 et a plac\u00e9 la soci\u00e9t\u00e9 sise \u00e0 Olten en t\u00eate de classement \u00e0 plusieurs \u00e9gards. Le professeur Andreas Dietrich, directeur de l\u2019\u00e9tude lucernoise, en r\u00e9sume ainsi les atouts: \u00abLa force de la BAS est d\u2019avoir une strat\u00e9gie diff\u00e9renci\u00e9e. Ce n\u2019est pas qu\u2019un argument marketing, la banque offre une vraie alternative pour un certain segment de clients.\u00bb Le mod\u00e8le d\u2019affaires, la culture, l\u2019impact et la strat\u00e9gie: tout cela est unique, explique l\u2019\u00e9conomiste.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-9339\" src=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/img_du_jour_22_05_2019.jpg\" alt=\"\" width=\"468\" height=\"311\" srcset=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/img_du_jour_22_05_2019.jpg 468w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/img_du_jour_22_05_2019-300x199.jpg 300w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/img_du_jour_22_05_2019-272x182.jpg 272w\" sizes=\"auto, (max-width: 468px) 100vw, 468px\" \/><\/p>\n<p><strong>La rentabilit\u00e9 n\u2019est pas une fin en soi<\/strong><\/p>\n<p>N\u00e9anmoins, la Banque alternative Suisse ne convient pas \u00e0 tous, selon l\u2019\u00e9conomiste: \u00ables personnes qui souhaitent multiplier leur argent et \u00eatre r\u00e9tribu\u00e9es sur leur \u00e9pargne ne s\u2019y retrouveront pas. Pareil pour celles et ceux purement int\u00e9ress\u00e9s par l\u2019\u00e9conomie d\u2019entreprise.\u00bb Pour rappel, la BAS a \u00e9t\u00e9 la premi\u00e8re banque de Suisse \u00e0 introduire des taux d\u2019int\u00e9r\u00eats n\u00e9gatifs en 2016.<\/p>\n<p>Autre faiblesse de la BAS, sa profitabilit\u00e9. \u00abAvec un \u2018Return on assets\u2019 de 0,1%, elle est la banque de d\u00e9tail la moins rentable de Suisse, souligne Andreas Dietrich. Le \u2018cost-income-ratio\u2019 de 65,6% se r\u00e9v\u00e8le aussi plut\u00f4t faible et place la BAS 76<sup>\u00e8me <\/sup>sur 94<sup>\u00e8me<\/sup> dans notre classement. Etre peu rentable correspond toutefois, jusqu\u2019\u00e0 un certain degr\u00e9, \u00e0 un choix conscient de la part de la direction.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Nouvelle concurrence<\/strong><\/p>\n<p>Apr\u00e8s la crise financi\u00e8re de 2008, la BAS a connu une grande affluence de clients et a doubl\u00e9 le total de son bilan, passant de 840 millions en 2008 \u00e0 1,8 milliard de francs en 2018. Lui embo\u00eetant le pas, d\u2019autres banques suisses se sont mises \u00e0 publier des rapports de durabilit\u00e9 et \u00e0 proposer des investissements durables \u00e0 leur client\u00e8le. Le volume total de ce march\u00e9 en Suisse a ainsi augment\u00e9 entre 2016 et 2017 de 82% \u00e0 390,6 milliards de francs, d\u2019apr\u00e8s l\u2019association Swiss Sustainable Finance.<\/p>\n<p>Face \u00e0 cette nouvelle concurrence, la BAS demeure confiante. \u00abNous poursuivons une vision plus large et surtout plus holistique, souligne Martin Rohner. D&rsquo;autres banques, par exemple, proposent des fonds pour le climat, mais investissent en m\u00eame temps dans des centrales thermiques. Nous utilisons tout l&rsquo;argent judicieusement, du pr\u00eat au compte d&rsquo;\u00e9pargne en passant par les fonds d&rsquo;impact.\u00bb L\u2019entreprise aux 107 employ\u00e9s met aussi en exergue sa viabilit\u00e9 op\u00e9rationnelle. Tout est savamment surveill\u00e9: la r\u00e9partition hommes-femmes chez les cadres, l\u2019\u00e9nergie et le papier utilis\u00e9s ou encore les diff\u00e9rences salariales (dont le ratio est d\u2019environ 1:3,8).<\/p>\n<p>Le directeur de la banque, membre de l\u2019organisation The Global Alliance for Banking on Values, met aussi en garde contre les sommes brass\u00e9es par les fonds d&rsquo;impact. \u00abPour absorber tous ces milliards, il commence \u00e0 manquer de v\u00e9ritables projets durables. Ainsi, l\u2019impact des cr\u00e9dits se r\u00e9duit, voire devient n\u00e9gatif.\u00bb Il cite l\u2019exemple du micro-cr\u00e9dit. \u00abLa pression est devenue trop importante et on pousse certaines personnes \u00e0 emprunter des montants qu\u2019elles ne pourront pas rembourser.\u00bb<\/p>\n<p>Bien ancr\u00e9e en Suisse, la BAS entend quant \u00e0 elle poursuivre son travail aupr\u00e8s des PME locales. \u00abDepuis deux ans, nous recevons davantage de demandes \u00e9manant de soci\u00e9t\u00e9s de commerce de produits locaux ou li\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e9conomie de partage, rel\u00e8ve Martin Rohner. En Suisse romande, des start-up de l\u2019EPFL avec des mod\u00e8les d\u2019affaires durables nous contactent \u00e9galement.\u00bb Pour r\u00e9pondre aux besoins sp\u00e9cifiques de ces jeunes pousses, la banque planche sur une nouvelle forme de financement.<\/p>\n<p>_______<\/p>\n<p><strong>La BAS en 2018<\/strong><\/p>\n<p>Clients 35\u2019588 (+8,4% par rapport \u00e0 2017) dont environ un quart en Suisse romande<\/p>\n<p>Actionnaires 6\u2019764 (+4,6%)<\/p>\n<p>B\u00e9n\u00e9fice 1\u2019725\u2019506 (\u22121,3%)<\/p>\n<p>Avoirs de la client\u00e8le 1\u2019602\u2019284\u2019958 (+2,5%)<\/p>\n<p>Pr\u00eats de la client\u00e8le 1\u2019373\u2019272\u2019113 (+3%)<\/p>\n<p>Employ\u00e9s 111 (+3,7%)<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Vue comme un rep\u00e8re de doux r\u00eaveurs \u00e0 sa cr\u00e9ation, la Banque Alternative Suisse est d\u00e9sormais cit\u00e9e en exemple. Les suites de la crise financi\u00e8re de 2008 et la croissance de la finance durable participent \u00e0 ce regain d\u2019int\u00e9r\u00eat.<\/p>\n","protected":false},"author":20165,"featured_media":9339,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[],"class_list":["post-9336","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-kapital","kapital"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/9336","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/20165"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=9336"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/9336\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":9337,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/9336\/revisions\/9337"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/9339"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=9336"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=9336"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=9336"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}