



{"id":9285,"date":"2019-05-09T23:43:24","date_gmt":"2019-05-09T21:43:24","guid":{"rendered":"https:\/\/largeur.com\/?p=9285"},"modified":"2019-05-15T17:06:54","modified_gmt":"2019-05-15T15:06:54","slug":"sante-45","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=9285","title":{"rendered":"Le vagin lib\u00e9r\u00e9 des intox"},"content":{"rendered":"<p>Le succ\u00e8s plan\u00e9taire rencontr\u00e9 par l\u2019ouvrage \u00abLe Charme discret de l\u2019intestin\u00bb a donn\u00e9 \u00e0 Nina Brochmann et Ellen St\u00f8kken Dahl la derni\u00e8re bouff\u00e9e de courage qui leur manquait: les deux \u00e9tudiantes en m\u00e9decine ont \u00e0 leur tour publi\u00e9 un livre d\u00e9mystifiant un sujet scientifique tabou, la sexualit\u00e9 f\u00e9minine. Tout comme leur homologue allemande Giulia Enders, les jeunes Norv\u00e9giennes ont tap\u00e9 dans le mille. \u00c0 peine deux ans apr\u00e8s sa sortie, le livre \u00abGleden med skjeden\u00bb est d\u00e9j\u00e0 traduit dans 36 langues, dont le fran\u00e7ais (sous le titre \u00abLes Joies d\u2019en bas\u00bb, aux \u00e9ditions Actes Sud). Le concept sous-tendant cet ouvrage de vulgarisation m\u00e9dicale est simple. Les auteures explorent les contre-v\u00e9rit\u00e9s qui circulent au sujet de l\u2019appareil g\u00e9nital, du cycle menstruel, de l\u2019orgasme ou encore de la contraception. Puis elles les confrontent \u00e0 des r\u00e9alit\u00e9s scientifiques. Le tout saupoudr\u00e9 d\u2019humour, de conseils pratiques et d\u2019illustrations.<\/p>\n<p>Comment expliquer l\u2019onde de choc provoqu\u00e9e par un livre qui, au fond, ne r\u00e9invente pas la roue, mais se contente en quelque sorte de coucher sur le papier un best of des informations disponibles dans la litt\u00e9rature et sur internet sur un sujet comme le clitoris? \u00abJustement, nous voulions faire contrepoids \u00e0 toutes les intox qui inondent la Toile\u00bb, explique Nina Brochmann. Aujourd\u2019hui, \u00abl\u2019importance de plus en plus grande accord\u00e9e au corps et le boom des \u00e9changes sur les r\u00e9seaux sociaux ont engendr\u00e9 une vraie prise de conscience et un besoin de changement\u00bb. Or, les deux \u00e9tudiantes en m\u00e9decine ont constat\u00e9, durant leurs six ans pass\u00e9s \u00e0 dispenser des cours d\u2019\u00e9ducation sexuelle et \u00e0 mod\u00e9rer le blog <a href=\"https:\/\/underlivet.blogg.no\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Underlivet<\/a> (\u00abLe territoire g\u00e9nital\u00bb), que les femmes nagent encore en eaux troubles. \u00abSi les Norv\u00e9giennes, qui vivent dans l\u2019un des pays les plus lib\u00e9raux et ouverts au monde, ont encore tellement de questions sans r\u00e9ponses sur leur sexualit\u00e9, imaginez les autres!\u00bb<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-9286\" src=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/ImageJour_090519.png\" alt=\"\" width=\"469\" height=\"311\" srcset=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/ImageJour_090519.png 469w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/ImageJour_090519-300x199.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 469px) 100vw, 469px\" \/><\/p>\n<p><strong>Le m\u00e9decin, un partenaire plut\u00f4t qu\u2019un Dieu<\/strong><\/p>\n<p>La gyn\u00e9cologue lausannoise Sandra Fornage n\u2019est pas \u00e9tonn\u00e9e par le succ\u00e8s du livre \u00abLes Joies d\u2019en bas\u00bb. \u00abCe qui est nouveau dans notre soci\u00e9t\u00e9, c\u2019est que les gens ne consid\u00e8rent plus leur m\u00e9decin comme un deuxi\u00e8me Dieu. Plut\u00f4t que de se laisser imposer des diktats, ils s\u2019informent, tentent de comprendre comment leur corps fonctionne, afin de pouvoir prendre des d\u00e9cisions \u00e9clair\u00e9es.\u00bb Encore faut-il, et on y revient, avoir acc\u00e8s aux informations pertinentes. \u00abLa sexualit\u00e9 f\u00e9minine est clairement l\u2019un des parents pauvres de la science\u00bb, poursuit Sandra Fornage. Un exemple parlant? \u00abJusque dans les ann\u00e9es 1950 et \u00e0 la publication des travaux de Masters et Johnson (des pionniers de la sexologie humaine, ndlr), on partait du principe que les femmes n\u2019avaient pas vraiment de plaisir sexuel!\u00bb<\/p>\n<p>Le nouveau mill\u00e9naire n\u2019a d\u2019ailleurs \u2013 de loin \u2013 pas abattu tous les mythes autour de ce que Freud appelait le \u00abcontinent noir\u00bb. \u00abL\u2019une des choses qui nous a le plus interpell\u00e9es Ellen et moi durant la r\u00e9daction de ce livre, c\u2019\u00e9tait de r\u00e9aliser que de nombreuses connaissances populaires erron\u00e9es sur le corps f\u00e9minin sont propag\u00e9es par des sp\u00e9cialistes\u00bb, souligne Nina Brochmann. Les deux jeunes femmes ont d\u2019ailleurs particip\u00e9 \u00e0 cette gigantesque d\u00e9sinformation. \u00abNotre plus grand choc, et source d\u2019embarras, concerne l\u2019hymen. Pendant des ann\u00e9es, nous avons enseign\u00e9 \u00e0 des adolescentes et \u00e0 des jeunes femmes issues de l\u2019immigration qu\u2019elles ne saigneraient pas forc\u00e9ment durant leur premier rapport sexuel car elles avaient peut-\u00eatre d\u00e9j\u00e0 perdu leur virginit\u00e9 durant l\u2019enfance, par exemple en faisant du v\u00e9lo ou de l\u2019\u00e9quitation.\u00bb<\/p>\n<p>Ce que les auteures norv\u00e9giennes n\u2019ont d\u00e9couvert que bien plus tard, en approfondissant leurs recherches dans la litt\u00e9rature scientifique et en discutant avec des experts, c\u2019est que l\u2019hymen \u00abest constitu\u00e9 chez la plupart des femmes d\u2019un anneau de tissus \u00e9lastique, qui peut facilement s\u2019\u00e9largir afin de laisser entrer un tampon ou un sexe masculin\u00bb. Par cons\u00e9quent, \u00abon ne perd pas sa virginit\u00e9 lors du premier rapport sexuel; l\u2019hymen s\u2019\u00e9tend et reste dans le corps. Les \u00e9ventuelles pertes de sang, qui concernent environ 50% des femmes, sont li\u00e9es au fait que leur hymen est un peu trop serr\u00e9 et qu\u2019il subit une petite d\u00e9chirure au moment de la p\u00e9n\u00e9tration.\u00bb Et Nina Brochmann de pr\u00e9ciser: \u00abL\u2019hymen n\u2019est donc pas l\u2019apanage des vierges et il n\u2019est pas possible de d\u00e9terminer si une femme a d\u00e9j\u00e0 eu des relations sexuelles sur la simple base de son aspect.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Lente lev\u00e9e des tabous<\/strong><\/p>\n<p>Au vu des ventes stratosph\u00e9riques de l\u2019ouvrage (rien qu\u2019en fran\u00e7ais, il s\u2019en est d\u00e9j\u00e0 \u00e9coul\u00e9 plus de 50\u2019000 exemplaires), on est aussi en droit de se demander si la sexualit\u00e9 f\u00e9minine ne demeure pas taboue, m\u00eame si plus de 50 ans se sont \u00e9coul\u00e9s depuis la r\u00e9volution sexuelle et les mouvements f\u00e9ministes des ann\u00e9es 1960. \u00abNotre livre contient sans conteste de nombreux sujets que la majorit\u00e9 des femmes n\u2019osent pas aborder avec leur m\u00e9decin.\u00bb Quant aux praticiens, des \u00e9tudes r\u00e9alis\u00e9es en Norv\u00e8ge ont montr\u00e9 qu\u2019ils peinent eux aussi \u00e0 parler de la sexualit\u00e9 avec leurs patientes. \u00abC\u2019est regrettable, car une vie sexuelle active et \u00e9panouie fait partie int\u00e9grante de notre bien-\u00eatre physique et mental\u00bb, tonne Nina Brochmann.<\/p>\n<p>Si elle constate elle aussi que les tabous sont encore bien ancr\u00e9s dans la soci\u00e9t\u00e9, Sandra Fornage se r\u00e9jouit n\u00e9anmoins d\u2019un timide changement de mod\u00e8le. \u00abLes jeunes femmes qui me consultent \u2013 en tant que gyn\u00e9cologue \u2013 parlent beaucoup plus ouvertement et n\u2019attendent pas que tous les sujets viennent de moi. Elles prennent l\u2019initiative. Dans la m\u00eame veine, elles sont plus actives dans leur vie sexuelle, ont envie d\u2019essayer de nouvelles choses, font des propositions \u00e0 leurs partenaires. Je pense que c\u2019est li\u00e9 \u00e0 l\u2019empowerment f\u00e9minin.\u00bb<\/p>\n<p>Sp\u00e9cialiste de la m\u00e9decine sexuelle aux HUG et au CHUV, Francesco Bianchi-Demicheli esp\u00e8re que cette lente lib\u00e9ration du discours rimera avec une avanc\u00e9e de la recherche dans le domaine de la sexualit\u00e9 f\u00e9minine. Mais que reste-t-il \u00e0 faire, au juste? \u00abTout!\u00bb, plaisante-t-il. Selon lui, la question du d\u00e9sir est une piste extr\u00eamement int\u00e9ressante. \u00abQuand on parle de pilule du d\u00e9sir f\u00e9minin, les gens ont peur. Mais il ne faut pas oublier qu\u2019avec le Viagra, c\u2019\u00e9tait exactement pareil.\u00bb De l\u00e0 \u00e0 dire qu\u2019une simple pilule parviendrait \u00e0 r\u00e9soudre le myst\u00e8re du d\u00e9sir f\u00e9minin, il y a un pas que le sp\u00e9cialiste ne franchit pas.<\/p>\n<p>\u00abLa sexualit\u00e9 f\u00e9minine est un domaine de recherche qui n\u00e9cessite une approche multidisciplinaire. Les chercheurs issus de divers domaines (psychologie, neurosciences, m\u00e9decine, sociologie, anthropologie, histoire, etc.) doivent travailler ensemble, sortir des sentiers battus. Encore faut-il oser\u2026\u00bb<\/p>\n<p>_______<\/p>\n<p>Une version de cet article r\u00e9alis\u00e9 par LargeNetwork est parue dans In Vivo magazine (no 17).<\/p>\n<p>Pour vous abonner \u00e0 In Vivo au prix de seulement CHF 20.- (d\u00e8s 20 euros) pour 6 num\u00e9ros, rendez-vous sur\u00a0<a href=\"http:\/\/www.invivomagazine.com\/\">invivomagazine.com<\/a>.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Best-seller \u00e9crit par deux \u00e9tudiantes en m\u00e9decine, \u00abLes Joies d\u2019en bas\u00bb cherche \u00e0 combler un manque criant d\u2019information en mati\u00e8re de sexualit\u00e9 f\u00e9minine. 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