



{"id":924,"date":"2001-12-02T00:00:00","date_gmt":"2001-12-01T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=924"},"modified":"2017-07-12T11:31:33","modified_gmt":"2017-07-12T09:31:33","slug":"succes-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=924","title":{"rendered":"Les chroniques savoureuses d\u2019\u00abOvoland\u00bb"},"content":{"rendered":"<p>Comment \u00e7a? Vous ne connaissez pas l\u2019Ovoland, ce pays o\u00f9 l\u2019on manifeste sa joie de vivre en consommant une chaude boisson lact\u00e9e, vitamin\u00e9e et non sucr\u00e9e? Ce pays dont les probl\u00e8mes cruciaux sont la conduite d\u2019une randonn\u00e9e en montagne, le lavage des tenues de sport ou le choix de sous-v\u00eatements convenables pour la visite hebdomadaire chez la masseuse? <\/p>\n<p>Ainsi, apr\u00e8s une longue p\u00e9riode de tranquillit\u00e9, l\u2019Ovoland, cette \u00ab\u00eele alpine peupl\u00e9e d\u2019\u00e2mes skieuses\u00bb, se trouve soudain \u00e9branl\u00e9e par la globalisation. C\u2019est le th\u00e8me du livre qui m\u2019a enchant\u00e9e ces derni\u00e8res semaines. <\/p>\n<p>\u00abOvoland\u00bb rassemble une cinquantaine de billets, chroniques, nouvelles et essais socio-politico-philosophiques sign\u00e9s Richard Reich et parus chaque mardi pendant deux ans dans les colonnes sportives de la Neue Z\u00fcrcher Zeitung.<\/p>\n<p>Parmi ces perles, on trouvera \u00abElf Fremde m\u00fcsst ihr sein\u00bb (\u00abVous devez \u00eatre onze \u00e9trangers\u00bb), l\u2019histoire d\u2019une \u00e9quipe de foot devenue, gr\u00e2ce au talent du chroniqueur sportif, m\u00e9taphore de la soci\u00e9t\u00e9. Un texte qui valut \u00e0 son auteur le Prix z\u00fcrichois du journalisme en 2000.<\/p>\n<p>Richard Reich, n\u00e9 en 1961, se consid\u00e8re comme un polysportif. Il a notamment \u00e9t\u00e9 gardien de but du Grasshopper avant de travailler pour Facts et le Tages Anzeiger. Aujourd\u2019hui, il est \u00e0 la t\u00eate de la <a href=http:\/\/www.museumgesellschaft.ch\/literaturhaus target=_blank class=std>Maison<\/a> de la litt\u00e9rature de Z\u00fcrich.<\/p>\n<p>Son lectorat? Cette g\u00e9n\u00e9ration d\u2019\u00e9coliers qui ne seraient pas partis en course d\u2019\u00e9cole sans avoir aval\u00e9 une bonne tasse d\u2019Ovomaltine et emport\u00e9 de pr\u00e9cieuses barres d\u2019Ovosport dans leur sac \u00e0 dos. La g\u00e9n\u00e9ration mangeuse de \u00abYes\u00bb trop sucr\u00e9s manque de recul pour savourer ces vestiges d\u2019une Suisse disparue.<\/p>\n<p>En voici un floril\u00e8ge: une sortie dominicale avec l\u2019oncle Walter qui aime tant marcher. Un train empli d\u2019une population en chaussettes rouges et dents brunies par l\u2019Ovosport. Le recrutement dramatique d\u2019un jeune homme qui r\u00eave d\u2019Isone et qui finit \u00e0 Oerlikon dans la protection civile. Les courses de biathlon qui autorisent, quel scandale, la participation des femmes. Le parcours Vita familial du samedi apr\u00e8s-midi. L\u2019interminable attente de Godi, dossard 522, \u00e0 la Sola-Stafette.<\/p>\n<p>Les pages les plus comiques concernent la lessive des v\u00eatements de sport. Une activit\u00e9 qui requiert force mentale et capacit\u00e9 de r\u00e9action puisque, m\u00eame avec une Adora de Zug, les risques sont grands de ruiner son short pr\u00e9f\u00e9r\u00e9.<\/p>\n<p>Mais Reich aborde aussi des sujets plus s\u00e9rieux. La honte du joueur rempla\u00e7ant. Les pens\u00e9es d\u2019un gardien de but. Ou le num\u00e9ro 164 et sa voix imperturbable qui, pour 60 centimes seulement, vous procure l\u2019impression que les actions humaines conduisent de temps en temps encore \u00e0 des r\u00e9sultats sans \u00e9quivoque: 2:2, 0:1, 3:2&#8230; <\/p>\n<p>Avec maestria, Richard Reich change chaque fois de perspective narrative. Tour \u00e0 tour vendeur de \u00abMagenbrot\u00bb au Six jours de Z\u00fcrich, p\u00e8re tourment\u00e9 d\u2019un jeune joueur de foot, reporter au Tour de France ou journaliste sportif mourant d\u2019ennui lors d\u2019un match de hockey sur glace, il jette sur le sport pratiqu\u00e9 en Suisse un regard ac\u00e9r\u00e9 qui rappelle parfois celui de Nicolas Meienberg.<\/p>\n<p>Et dire que sans l\u2019intervention publicitaire de notre pr\u00e9sident de la Conf\u00e9d\u00e9ration en quatri\u00e8me de couverture, j\u2019aurais repos\u00e9 ce d\u00e9licieux livre sur le pr\u00e9sentoir&#8230; \u00abRichard Reich a rel\u00e9gu\u00e9 Winston Churchill aux derniers rangs de mes mod\u00e8les, lui dont j\u2019ai longtemps et fermement suivi la maxime \u00abNo sport\u00bb en demeurant un \u00eatre passif, \u00e9crit-il. La lecture de Reich a marqu\u00e9 un tournant dans ma vie. Aujourd\u2019hui, je suis actif: une fois par semaine, je lis sa chronique\u00bb.<\/p>\n<p>Le succ\u00e8s en librairie d\u2019\u00abOvoland\u00bb serait-il d\u00fb \u00e0 l\u2019\u00e9loge de Leuenberger? Avec plus de 2500 exemplaires vendus apr\u00e8s seulement un mois de parution, le livre de Reich appartient d\u00e9j\u00e0 aux best-sellers helv\u00e9tiques. Alors que le livre du pr\u00e9sident, lui, passe difficilement, la fronti\u00e8re des langues.<\/p>\n<p>Soporifique et un brin moralisateur, son recueil de discours (\u00abR\u00eaveries et ordre du jour\u00bb, Editions Georg) n\u2019a rien d\u2019enthousiasmant. Les lecteurs romands se d\u00e9lecteraient en revanche avec \u00abOvoland\u00bb. Quelle maison d\u2019\u00e9dition leur en proposera la traduction?<\/p>\n<p>&#8212;&#8212;-<br \/>\n\u00ab<a href=http:\/\/www.ovoland.ch>Ovoland. Nachrichten aus einer untergehenden Schweiz<\/a>\u00bb, de Richard Reich.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Quels sous-v\u00eatements porter pour la visite chez la masseuse? Comment r\u00e9ussir un parcours Vita familial? Dans les librairies al\u00e9maniques, le livre de Richard Reich se vend comme des barres d\u2019Ovosport.<\/p>\n","protected":false},"author":375,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5],"tags":[1298],"class_list":["post-924","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-latitude","tag-chroniques","latitude"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/924","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/375"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=924"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/924\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":5969,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/924\/revisions\/5969"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=924"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=924"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=924"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}