



{"id":8413,"date":"2019-01-01T23:46:26","date_gmt":"2019-01-01T22:46:26","guid":{"rendered":"https:\/\/largeur.com\/?p=8413"},"modified":"2019-01-02T16:02:31","modified_gmt":"2019-01-02T15:02:31","slug":"innovation-47","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=8413","title":{"rendered":"Les co\u00fbts de la recherche sous le microscope"},"content":{"rendered":"<p>L\u2019image du scientifique enferm\u00e9 dans son laboratoire secret, qui s\u2019\u00e9chine sur ses machines futuristes, est une image d\u2019\u00c9pinal du cin\u00e9ma de science-fiction. Loin de la dramaturgie de ces films, la recherche scientifique a cependant bel et bien besoin d\u2019instruments de prospection. Les universit\u00e9s doivent en effet investir dans du mat\u00e9riel sophistiqu\u00e9 pour leurs chercheurs.<\/p>\n<p>Le Cellular Imaging Facility (CIF), fond\u00e9 en 2003, fait partie de la douzaine de plateformes mises en place par la Facult\u00e9 de biologie et de m\u00e9decine (FBM) de l\u2019UNIL. Il poss\u00e8de un parc de machines dont la valeur s\u2019\u00e9l\u00e8ve \u00e0 10 millions de francs. Des chercheurs de la FBM et du CHUV y travaillent sur trois sites: Bugnon, Dorigny et \u00c9palinges. Le CIF leur offre la possibilit\u00e9 de travailler sur des appareils de pointe qui ouvrent \u00e0 de nouvelles techniques: la macroscopie fluorescente, la microdissection, la capture laser, l\u2019imagerie in vivo ou encore la microscopie confocale. Cette derni\u00e8re technique permet par exemple d\u2019obtenir des images pr\u00e9cises en trois dimensions de tissus biologiques marqu\u00e9s pr\u00e9alablement en fluorescence. Ces microscopes offrent donc de nouvelles opportunit\u00e9s de recherche scientifique.<\/p>\n<p>\u00abCes appareils peuvent \u00eatre utilis\u00e9s pour tous types de recherche, sur des corps v\u00e9g\u00e9taux, sur des micro-organismes, des bact\u00e9ries, des coupes de cerveaux, des parasites, etc. Ces instruments sont tr\u00e8s polyvalents\u00bb, renseigne Jean-Yves Chatton, ma\u00eetre d\u2019enseignement et de recherche en neurosciences \u00e0 l\u2019UNIL et responsable du CIF. Cet \u00e9ventail de possibilit\u00e9s permet de regrouper un grand nombre de chercheurs qui travaillent en parall\u00e8le et en collaboration. C\u2019est le cas par exemple des recherches biom\u00e9dicales men\u00e9es conjointement par des chercheurs de la FBM et du CHUV. Ces \u00e9quipements constituent donc une plus-value colossale pour les chercheurs, et sont m\u00eame \u00abobligatoires pour la recherche en biologie et m\u00e9decine aujourd\u2019hui\u00bb, affirme Yannick Krempp, expert technique du CIF Bugnon.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-8415\" src=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/img_du_jour_02.01.2018_06.jpg\" alt=\"\" width=\"468\" height=\"311\" srcset=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/img_du_jour_02.01.2018_06.jpg 468w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/img_du_jour_02.01.2018_06-300x199.jpg 300w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/img_du_jour_02.01.2018_06-272x182.jpg 272w\" sizes=\"auto, (max-width: 468px) 100vw, 468px\" \/><\/p>\n<p><strong>Mandats externes<\/strong><\/p>\n<p>Les entit\u00e9s dont d\u00e9pendent les chercheurs financent une grande partie des co\u00fbts li\u00e9s \u00e0 la recherche. Des fonds externes viennent compl\u00e9ter les budgets. Le plus connu est le Fonds national suisse de la recherche scientifique (FNS), qui encourage l\u2019innovation par la mise \u00e0 disposition de bourses et de subsides aux chercheurs et aux universit\u00e9s. Les fonds peuvent \u00e9galement provenir du Conseil europ\u00e9en de la recherche qui \u00e0 l\u2019instar du FNS, renouvelle g\u00e9n\u00e9ralement ses financements tous les 3 \u00e0 5 ans en fonction de la progression des travaux.<\/p>\n<p>En ce qui concerne plus sp\u00e9cifiquement l\u2019acquisition de mat\u00e9riel, le FNS a cr\u00e9\u00e9 R\u2019Equip (\u00abResearch Equipment\u00bb). Cette aide s\u2019adresse aux chercheurs qui ont besoin d\u2019appareils innovants de haute qualit\u00e9 pour ex\u00e9cuter leurs recherches, et ce, quel que soit le domaine scientifique. Le FNS accorde alors des subsides pour l\u2019achat d\u2019\u00e9quipements \u00e0 hauteur de 50% du prix. Ce sont g\u00e9n\u00e9ralement les universit\u00e9s qui s\u2019engagent \u00e0 financer l\u2019autre moiti\u00e9 si le projet du chercheur est valid\u00e9. \u00abCe mod\u00e8le est assez compliqu\u00e9, mais il fonctionne. Le projet doit \u00eatre vraiment innovant\u00bb, commente Jean-Yves Chatton.<\/p>\n<p>Des fondations priv\u00e9es peuvent aussi soutenir des projets sp\u00e9cifiques, de recherche ou d\u2019\u00e9change \u00e0 l\u2019\u00e9tranger. Certaines d\u2019entre elles ont des crit\u00e8res pr\u00e9cis, comme la Bourse Pro-Femmes, qui encourage les femmes chercheuses aux carri\u00e8res scientifiques. D\u2019autres organismes financent les recherches portant sur une maladie sp\u00e9cifique, contre le cancer ou contre les lymphomes, par exemple. Enfin, des mandats priv\u00e9s et des collaborations industrielles peuvent aussi alimenter les comptes des instituts de recherche. L\u2019universit\u00e9 facture alors l\u2019utilisation de ses machines aux entreprises.<\/p>\n<p><strong>Publication et notori\u00e9t\u00e9<\/strong><\/p>\n<p>Pour les universit\u00e9s, l\u2019investissement dans la recherche est rentable \u00e0 divers niveaux. \u00abAujourd\u2019hui, pour avoir une chance de publier leurs recherches dans les meilleurs journaux scientifiques, les chercheurs doivent tester leurs hypoth\u00e8ses avec une technologie r\u00e9cente\u00bb, explique Jean-Yves Chatton. \u00abCe sont ces publications qui permettent aux universit\u00e9s de bien figurer dans les classements et qui les rendent comp\u00e9titives.\u00bb<\/p>\n<p>L\u2019universit\u00e9 a donc int\u00e9r\u00eat \u00e0 encourager ses chercheurs, puisque sa notori\u00e9t\u00e9 d\u00e9pend du dynamisme de son p\u00f4le de recherche. En se dotant d\u2019outils tels que le CIF, l\u2019universit\u00e9 se distingue et gagne en attractivit\u00e9. \u00abC\u2019est un m\u00e9canisme vertueux. La renomm\u00e9e est gagn\u00e9e petit \u00e0 petit gr\u00e2ce \u00e0 des chercheurs de haut niveau qui viennent parce que les infrastructures le permettent\u00bb, r\u00e9sume le responsable de la plateforme.<\/p>\n<p>Dans cette course \u00e0 la notori\u00e9t\u00e9 internationale, de nouvelles formes de financement astucieuses gagnent les instituts de recherche. C\u2019est le cas de l\u2019\u00e9conomie partag\u00e9e (ou \u00absharing economy\u00bb), un ph\u00e9nom\u00e8ne analys\u00e9 par Rachel Botsman et Roo Roggers dans le livre What\u2019s mine is yours, the rise of collaborative consumption (Ce qui est \u00e0 moi est \u00e0 toi, la mont\u00e9e de la consommation collaborative). Une structure transversale comme le CIF de Lausanne symbolise cette mutualisation de biens qui seraient difficilement abordables pour une seule entit\u00e9. Les chercheurs de la FBM, les m\u00e9decins du CHUV, mais aussi des entreprises priv\u00e9es partagent l\u2019acc\u00e8s \u00e0 ces \u00e9quipements. \u00abPour un groupe de recherche, il est on\u00e9reux d\u2019avoir ses propres machines. La structure, les moyens, et la personne qui a toutes les comp\u00e9tences pour les utiliser de mani\u00e8re optimale sont n\u00e9cessaires\u00bb, explique Yannick Krempp. \u00abAuparavant, les chercheurs voulaient leur propre mat\u00e9riel et leur sp\u00e9cialiste attach\u00e9 \u00e0 leur groupe de recherche. On voit maintenant que les nouvelles g\u00e9n\u00e9rations ont tendance \u00e0 mutualiser\u00bb, confirme-t-il.<\/p>\n<p><strong>Avenir collaboratif<\/strong><\/p>\n<p>Pour certaines recherches, le partage n\u2019est pas toujours adapt\u00e9. \u00abOn ne peut pas mener tout type de recherche sur une plateforme. Certaines exp\u00e9riences longues n\u00e9cessitent des r\u00e9glages tr\u00e8s pr\u00e9cis et complexes. Cela devient donc contre-productif de partager, car on doit tout repositionner \u00e0 chaque emploi\u00bb, nuance Jean-Yves Chatton.<\/p>\n<p>N\u00e9anmoins, Yannick Krempp, technicien du parc de machines de la FBM, pronostique un avenir toujours plus collaboratif. \u00abOn pourrait m\u00eame imaginer des \u00e9changes plus transversaux, avec l\u2019EPFL par exemple, pour l\u2019\u00e9tude des datas.\u00bb \u00c0 Lausanne, le projet AGORA s\u2019inscrit dans cette ligne. Financ\u00e9 par la Fondation ISREC, le b\u00e2timent achev\u00e9 en 2018 est un p\u00f4le de recherche contre le cancer. Il allie recherche fondamentale et clinique, en r\u00e9unissant des chercheurs de l\u2019UNIL, de l\u2019Unige, de l\u2019EPFL, du CHUV, des HUG et de l\u2019Institut Ludwig. \u00c0 la mani\u00e8re de l\u2019\u00e9conomie collaborative, leurs comp\u00e9tences se compl\u00e8tent autour d\u2019une m\u00eame infrastructure.<\/p>\n<p>_______<\/p>\n<p>Une version de cet article est parue dans In Vivo magazine (no 16).<\/p>\n<p>Pour vous abonner \u00e0 In Vivo au prix de seulement CHF 20.- (d\u00e8s 20 euros) pour 6 num\u00e9ros, rendez-vous sur\u00a0<a href=\"http:\/\/www.invivomagazine.com\/\">invivomagazine.com<\/a>.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Fondamental pour l\u2019attractivit\u00e9 d\u2019une universit\u00e9, le mat\u00e9riel de pointe des laboratoires repr\u00e9sente un investissement important. De nouvelles formes de financement collaboratives se mettent en place.<\/p>\n","protected":false},"author":20256,"featured_media":8415,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5],"tags":[1299],"class_list":["post-8413","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-latitude","tag-paru-dans-in-vivo","latitude"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/8413","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/20256"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=8413"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/8413\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":8423,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/8413\/revisions\/8423"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/8415"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=8413"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=8413"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=8413"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}