



{"id":8080,"date":"2018-10-04T23:55:02","date_gmt":"2018-10-04T21:55:02","guid":{"rendered":"https:\/\/largeur.com\/?p=8080"},"modified":"2018-10-01T16:44:50","modified_gmt":"2018-10-01T14:44:50","slug":"economie-14","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=8080","title":{"rendered":"Le snacking naturel \u00e0 l\u2019attaque du march\u00e9"},"content":{"rendered":"<p>Moins de sucre et de sel, ajout de super-aliments ou conditionnement \u00e9cologique: le snack sain est le dernier n\u00e9 des ph\u00e9nom\u00e8nes alimentaires misant sur le naturel. \u00abDe mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, explique Francesco Stellacci, directeur du Food Science and Nutrition Center de l\u2019EPFL (CNU), le retour au naturel est un argument de vente dans tous les domaines. Il s\u2019est fait de mani\u00e8re transversale dans l\u2019industrie agro-alimentaire. Avec nos modes de consommation actuels et une certaine prise de conscience, il est normal d\u2019observer ce boom dans le secteur des snacks.\u00bb<\/p>\n<p>Les chiffres l\u2019attestent: au niveau mondial, le march\u00e9 du \u00ab\u00a0healthy snack\u00a0\u00bb devrait atteindre 33 milliards de dollars d\u2019ici \u00e0 2025, avec un taux annuel de croissance de 5,1%, selon le cabinet Grand View Research. L\u2019Europe tire ce secteur \u00e0 la hausse en raison des mentalit\u00e9s changeantes, en particulier aupr\u00e8s des jeunes consommateurs. \u00abLa population plus jeune exige davantage d\u2019\u00e9l\u00e9ments nutritifs dans ses collations, ce qui conduit \u00e0 un recours croissant aux snacks comme une alternative saine\u00bb, souligne l\u2019\u00e9tude.<\/p>\n<p><strong>Bircher muesli revisit\u00e9<\/strong><\/p>\n<p>Cette tendance se confirme en Suisse avec un taux de croissance annuelle allant de 1% pour les noix et les graines \u00e0 plus de 2% pour le segment \u00abfruit snacks\u00bb, selon l\u2019agence Euromonitor. Cette hausse voit donc l\u2019\u00e9mergence de nombreuses start-up sp\u00e9cialis\u00e9es dans ce segment, avec son lot d\u2019arguments de vente diff\u00e9rents. Selon le directeur du CNU, certaines privil\u00e9gieront l\u2019innovation gustative tandis que d\u2019autres mettront en avant les apports \u00e9nerg\u00e9tiques de leurs encas. \u00abSi toutes vont tenter de se diff\u00e9rencier, les nouvelles entreprises souhaitent avant tout mettre en avant les ingr\u00e9dients naturels, voire des produits locaux\u00bb, remarque Francesco Stellacci.<\/p>\n<p>C\u2019est notamment le cas de la soci\u00e9t\u00e9 lausannoise Brave Foods (voir encadr\u00e9) dont les aliments entrant dans la composition de sa gourde sont labellis\u00e9s bio. Sorte de bircher revisit\u00e9, la recette se compose de fruits mix\u00e9s, m\u00e9lang\u00e9s \u00e0 du lait v\u00e9g\u00e9tal et compl\u00e9t\u00e9s de super-aliments comme des graines de chia. \u00abJe voulais retrouver les qualit\u00e9s nutritionnelles et gustatives des \u2018smoothie bowls\u2019 d\u00e9couverts lors de mes voyages aux Etats-Unis\u00bb, explique le fondateur Ladislas Beuzelin. Elabor\u00e9e dans sa propre cuisine, les m\u00e9langes propos\u00e9s se composent d\u2019ingr\u00e9dients essentiellement naturels \u00abque l\u2019on peut trouver chez soi\u00bb.<\/p>\n<p>Un principe similaire anime le business model de Delikits. Depuis septembre dernier cette jeune entreprise lausannoise officie comme un traiteur destin\u00e9 aux nouveau-n\u00e9s. Les deux fondatrices, Fanny van der Loo et Ma\u00efna Probst, ont professionnalis\u00e9 la production et la distribution d\u2019aliments frais et sains pour les petits de 5 mois \u00e0 3 ans. Au menu: des ingr\u00e9dients locaux, de saison et bio sans additifs ni conservateurs, gr\u00e2ce \u00e0 la pasteurisation. \u00abConcilier la vie professionnelle et l\u2019offre alimentation saine pour ses enfants est parfois difficile\u00bb, souligne Fanny van der Loo pour expliquer leur business model. En s\u2019appuyant sur Takinoa, une r\u00e9f\u00e9rence dans l\u2019alimentation saine, Delikits s\u00e9lectionne des fournisseurs locaux, \u00e9labore des recettes et remplit les bocaux en verre. Chaque met est adapt\u00e9 aux besoins de chaque tranche d\u2019\u00e2ge gr\u00e2ce \u00e0 une collaboration avec des nutritionnistes de l\u2019Universit\u00e9 de Zurich.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-8093\" src=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/ImageJour_PME_Snacking.jpg\" alt=\"\" width=\"469\" height=\"312\" srcset=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/ImageJour_PME_Snacking.jpg 469w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/ImageJour_PME_Snacking-300x200.jpg 300w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/ImageJour_PME_Snacking-272x182.jpg 272w\" sizes=\"auto, (max-width: 469px) 100vw, 469px\" \/><\/p>\n<p><strong>Recyclage dans l\u2019assiette<\/strong><\/p>\n<p>Outre le naturel et la fra\u00eecheur des aliments, toujours plus d\u2019entreprises communiquent sur leur utilisation de packagings \u00e9coresponsables. \u00abLes consommateurs sont sensibles aux mat\u00e9riaux utilis\u00e9s dans les emballages des aliments, souligne Francesco Stellacci. Cet aspect a autant d\u2019importance que la fra\u00eecheur et le go\u00fbt des aliments.\u00bb<\/p>\n<p>Les soci\u00e9t\u00e9s actives dans l\u2019alimentaire l\u2019ont bien compris, comme en t\u00e9moignent les bo\u00eetes de snacking d\u2019Hoppbox. Depuis 2016, cette start-up genevoise s\u2019est lanc\u00e9e dans l\u2019envoi d\u2019assortiments personnalis\u00e9s de fruits \u00e0 coque, de graines et de fruits secs, \u00absi possible de production locale ou issus du commerce \u00e9quitable\u00bb, pr\u00e9cise Nick Richmond, fondateur de l\u2019entreprise. Chaque carton est constitu\u00e9 de mat\u00e9riaux recycl\u00e9s, et r\u00e9alis\u00e9 par des employ\u00e9s de l\u2019atelier prot\u00e9g\u00e9 de la fondation genevoise Foyer-Handicap. \u00abLes consommateurs sont de plus en plus int\u00e9ress\u00e9s par les initiatives locales, innovantes et \u00e0 taille humaine\u00bb, dit Nick Richmond. Pour l\u2019heure, quelque 160&rsquo;000 bo\u00eetes ont \u00e9t\u00e9 distribu\u00e9es vers les 80 entreprises et les quelques centaines d\u2019abonn\u00e9es que compte Hoppbox.<\/p>\n<p>Il en va de m\u00eame chez Delikits et ses petits pots en verre. La jeune soci\u00e9t\u00e9 assure une livraison dans plusieurs cr\u00e8ches lausannoises, des \u00e9piceries fines et chez les particuliers. Elle livre aujourd\u2019hui ses bocaux en verre emball\u00e9 dans du carton recycl\u00e9 chez une centaine de clients et dans 26 points de retraits diff\u00e9rents entre Lausanne et Gen\u00e8ve. \u00abIl nous paraissait indispensable de travailler avec des mat\u00e9riaux r\u00e9utilisables, d\u00e9taille Fanny van der Loo. C\u2019est pourquoi nous r\u00e9utilisons les pots en verre r\u00e9cup\u00e9r\u00e9s chez nos clients. Tout le processus entre dans une logique de r\u00e9duction du gaspillage et d\u2019efficience.\u00bb Fort de son succ\u00e8s, les deux fondatrices envisagent une diversification dans d\u2019autres segments comme la livraison d\u2019aliments adapt\u00e9s aux personnes \u00e2g\u00e9es, aux sportifs ou aux personnes souffrant d\u2019intol\u00e9rance. Tout en continuant sur le march\u00e9 actuel avec un d\u00e9veloppement du nombre de cr\u00e8ches partenaires.<\/p>\n<p><strong>Les entreprises en ligne de mire<\/strong><\/p>\n<p>Chez Felfel, le naturel cohabite avec la technologie. Depuis 2014, la start-up zurichoise propose des plats et des snacks aux entreprises. Elle installe un r\u00e9frig\u00e9rateur intelligent chez ses clients et l\u2019approvisionne quotidiennement avec des repas vari\u00e9s, comme l\u2019explique Anna Grassler, responsable de la communication. \u00abUn frigo correspond, en quelque sorte, \u00e0 avoir dix chefs \u00e0 disposition sur son lieu de travail. Les plats sont pr\u00e9par\u00e9s par des entreprises familiales.\u00bb<\/p>\n<p>Le co\u00fbt pour l\u2019entreprise cliente varie en fonction du service demand\u00e9 \u00abavec plusieurs types de mod\u00e8les de services\u00bb. Au total, la soci\u00e9t\u00e9 compte 200 clients dans toute la Suisse dont Nestl\u00e9 et Nespresso. Avec plus de 40 employ\u00e9s, l\u2019entreprise assure livrer de la nourriture fra\u00eeche tous les jours de Gen\u00e8ve \u00e0 Saint-Gall, en passant par le Tessin et les Grisons.<\/p>\n<p>Si Smowl est le seul produit disponible \u00e9galement dans les grandes surfaces, les autres ont tous choisi de fournir directement les entreprises et les priv\u00e9s. La raison? La demande pour des repas \u00e9quilibr\u00e9s accessible sans perte de temps. Et aussi l\u2019ambition de r\u00e9volutionner un march\u00e9 o\u00f9 se battent essentiellement les acteurs de la restauration collective.<\/p>\n<p>\u00abIl est difficile de s\u2019attaquer directement aux repas classiques, explique Ladislas Beuzelin. Par contre, il est possible de remplacer la barre chocolat\u00e9e de 10 heures ou la pomme des 16 heures. Et les bureaux sont un lieu privil\u00e9gi\u00e9 de tout type d\u2019encas. C\u2019est pourquoi, le healthy snack se positionne essentiellement sur cette client\u00e8le.\u00bb M\u00eame constat du c\u00f4t\u00e9 de Nick Richmond: \u00abLorsque je travaillais dans un grand groupe international, je me retrouvais trop souvent face aux choix limit\u00e9s des distributeurs de friandises. Il fallait trouver une alternative.\u00bb Pour Anna Grassler, un \u00ab\u00a0healthy snack\u00a0\u00bb est une fa\u00e7on positive de d\u2019inciter les employ\u00e9s \u00e0 manger ce dont ils ont besoin sans devoir faire des sacrifices.<\/p>\n<p><strong>Un march\u00e9 fragment\u00e9<\/strong><\/p>\n<p>Avec l\u2019\u00e9mergence de ces nouvelles soci\u00e9t\u00e9s, conjugu\u00e9es \u00e0 la p\u00e9rennit\u00e9 des acteurs historiques, faut-il craindre une saturation du march\u00e9 alimentaire? Pour Ladislas Beuzelin, en Suisse, le secteur n\u2019est pas encore hyperconcurrentiel comme au Royaume-Uni par exemple. Une observation partag\u00e9e par Francesco Stellacci. \u00abContrairement au secteur des t\u00e9l\u00e9phones o\u00f9 deux acteurs enregistrent pr\u00e8s de 40% de parts de march\u00e9, le secteur alimentaire est relativement fragment\u00e9 malgr\u00e9 la pr\u00e9sence des multinationales comme Nestl\u00e9, Kraft Foods et Unilever. Il y a donc de la place pour tout le monde.\u00bb<\/p>\n<p>Autre argument soulev\u00e9 par le directeur du CNU concerne la taille des g\u00e9ants de l\u2019agro-alimentaire. \u00abLes grandes entreprises peinent \u00e0 innover rapidement sur un secteur pr\u00e9cis. Elles auront davantage tendance \u00e0 acheter une start-up ou une soci\u00e9t\u00e9 si celle-ci conna\u00eet un certain succ\u00e8s.\u00bb Et l\u2019actualit\u00e9 regorge d\u2019exemples et de repositionnement sur le march\u00e9 du snack naturel. Le dernier en date concerne Pepsi Co qui a r\u00e9cemment acquis Bare Foods, un fabricant am\u00e9ricain de collations de fruits et de l\u00e9gumes cuits au four.<\/p>\n<p>_______<\/p>\n<p><strong>Une gourde de super-aliments pour le go\u00fbter<\/strong><\/p>\n<p><strong><em>Brave Foods s\u2019est lanc\u00e9e sur le march\u00e9 de l\u2019encas sain avec un Smowl, un m\u00e9lange de fruits et de graines combin\u00e9s \u00e0 des apports nutritifs. La soci\u00e9t\u00e9 lausannoise vise un triplement de son chiffre d\u2019affaires sur le march\u00e9 suisse et fran\u00e7ais.<\/em><\/strong><\/p>\n<p>\u00abNous voulons remplacer la pomme du go\u00fbter!\u00bb Cofondateur de la soci\u00e9t\u00e9 lausannoise Brave Foods, Ladislas Beuzelin ambitionne d\u2019\u00e9quilibrer les repas dans la journ\u00e9e avec son encas sain Smowl et d\u2019\u00eatre pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 aux traditionnels en-cas. Contraction des mots anglais \u00absmoothie\u00bb et \u00abbowl\u00bb, ce snack sous forme d\u2019une gourde est compos\u00e9 avec des ingr\u00e9dients naturels, du lait v\u00e9g\u00e9tal et des graines comestibles. \u00abAvec Smowl, pr\u00e9cise le fondateur, nous entrons dans la tendance de manger moins mais plus fr\u00e9quemment avec des aliments sains. C\u2019est pourquoi ce n\u2019est pas un substitut de repas.\u00bb Une tendance qui s\u2019observe notamment au sein des bureaux et des entreprises correspondant aux principaux clients de la soci\u00e9t\u00e9. Le site genevois de l\u2019Organisation mondiale de la Sant\u00e9 (OMS) et le centre lausannois de Philip Morris International, les campus universitaires tels le Rolex Learning Center \u00e0 Lausanne ou l\u2019Universit\u00e9 de Gen\u00e8ve figurent \u00e9galement dans la liste des int\u00e9ress\u00e9s tout comme la cha\u00eene de distribution Coop. Les r\u00e9sultats de la Coop font office de barom\u00e8tre au sein de Brave Foods. \u00abNous avons r\u00e9ussi la phase d\u2019essai de six mois et avons sign\u00e9 une pr\u00e9sence dans les rayons des Coop City sur tout le territoire suisse jusqu\u2019\u00e0 la fin de l\u2019ann\u00e9e. Cette visibilit\u00e9 va nous permettre d\u2019analyser les tendances et les pr\u00e9f\u00e9rences des consommateurs dans chaque r\u00e9gion.\u00bb<\/p>\n<p>Outre la Suisse, la start-up cr\u00e9\u00e9e en 2016 profite \u00e9galement d\u2019une visibilit\u00e9 en France, notamment au sein du r\u00e9seau sp\u00e9cialis\u00e9 Naturalia et Nature &amp; D\u00e9couvertes. Au total, la soci\u00e9t\u00e9 compte 450 \u00e0 500 points de vente en Suisse et en France. \u00abEnviron deux-tiers de nos volumes sont export\u00e9s vers l\u2019Hexagone. En termes de chiffres d\u2019affaires, il y a un \u00e9quilibre entre les deux pays.\u00bb Suite \u00e0 son lancement en avril 2017, Brave Foods a \u00e9coul\u00e9 100&rsquo;000 unit\u00e9s sur sa premi\u00e8re ann\u00e9e. \u00abEntre janvier et avril de cette ann\u00e9e, nous avons d\u00e9j\u00e0 atteint les ventes totales de l\u2019ann\u00e9e pass\u00e9e. En 2018, nous esp\u00e9rons doubler voire tripler notre chiffre d\u2019affaires.\u00bb<\/p>\n<p>_______<\/p>\n<p>Une version de cet article est parue dans PME Magazine (septembre 2018).<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Manger sainement s\u2019impose aussi \u00e0 l\u2019heure de la collation. 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