



{"id":7713,"date":"2018-07-05T23:56:30","date_gmt":"2018-07-05T21:56:30","guid":{"rendered":"https:\/\/largeur.com\/?p=7713"},"modified":"2018-07-05T18:10:47","modified_gmt":"2018-07-05T16:10:47","slug":"vaud-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=7713","title":{"rendered":"De Quattro et la fable du r\u00e2teau"},"content":{"rendered":"<p>Le racisme, ce n&rsquo;est pas bien. L&rsquo;alcool et le tabac non plus. Le sexisme, on n\u2019en parle m\u00eame pas. Les bonnes causes et la traque des m\u00e9chants qui va avec, ont toujours attir\u00e9 les politiciens. Comme les portes ouvertes attirent les enfonceurs. C\u2019est facile \u00e0 vendre, les bonnes causes, et combien valorisant. Qui n\u2019aime le beau r\u00f4le?<\/p>\n<p>C\u2019est ainsi que la conseill\u00e8re d\u2019Etat vaudoise Jacqueline de Quattro veut s\u2019attaquer aux images d\u00e9gradantes dans les affiches publicitaires. L\u2019alcool, le tabac et le racisme, en ayant \u00e9t\u00e9 heureusement \u00e9t\u00e9 bannis, explique-t-elle, il convient maintenant d\u2019extirper le sexisme format mondial.<\/p>\n<p>C\u2019est l\u00e0 qu\u2019on voit que le canton de Vaud est un pays heureux, c\u2019est-\u00e0-dire sans histoires, et dont les ministres doivent redoubler d\u2019imagination pour occuper leurs longues journ\u00e9es.<\/p>\n<p>Voil\u00e0 en tout cas un sujet que la magistrate prend diablement au s\u00e9rieux: \u00abLes affiches sexistes imposent aux citoyens une vision d\u00e9grad\u00e9e de la femme et normalisent les clich\u00e9s. De telles repr\u00e9sentations sont incompatibles avec nos valeurs d\u00e9mocratiques.\u00bb<\/p>\n<p>Tout cela est bel et bon, m\u00eame si on ne voit pas bien ce que les valeurs d\u00e9mocratiques viennent faire l\u00e0-dedans. On pourrait m\u00eame trouver que c\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment au nom des valeurs d\u00e9mocratiques, et du march\u00e9 libre qui en d\u00e9coule, que la publicit\u00e9 existe et s\u00e9vit.<\/p>\n<p>Qu\u2019aussi tout, ou presque, dans la publicit\u00e9, repose sur le clich\u00e9 et le st\u00e9r\u00e9otype. Que c\u2019est mettre de la morale l\u00e0 o\u00f9 il n\u2019est pas urgent, ni \u00e9vident d\u2019en mettre. Que le r\u00f4le du politique enfin n\u2019est pas fondamentalement de dispenser des le\u00e7ons de cat\u00e9chisme \u00e0 ses heures perdues.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-7715\" src=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2018\/07\/Large05072018.jpg\" alt=\"\" width=\"468\" height=\"311\" srcset=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2018\/07\/Large05072018.jpg 468w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2018\/07\/Large05072018-300x199.jpg 300w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2018\/07\/Large05072018-272x182.jpg 272w\" sizes=\"auto, (max-width: 468px) 100vw, 468px\" \/><\/p>\n<p>L\u2019affaire se g\u00e2te m\u00eame franchement quand on en vient \u00e0 vouloir d\u00e9finir ce qu\u2019est une image d\u00e9grad\u00e9e de la femme &#8211; n\u2019\u00e9voquons m\u00eame pas celle de l\u2019homme. Chacun a son petit curseur personnel. La m\u00eame image s\u00e9duira, choquera ou laissera indiff\u00e9rent des grands pans de la population. On peut donc se demander, \u00e0 ce stade, si ses fonctions autorisent r\u00e9ellement Jacqueline de Quattro \u00e0 imposer sa sensibilit\u00e9 personnelle dans cette affaire.<\/p>\n<p>\u00abOn ne veut plus voir \u00e7a chez nous\u00bb tranche-t-elle. Mais qui donc se cache derri\u00e8re ce \u00abon\u00bb? En quoi consiste exactement ce \u00ab\u00e7a\u00bb? Jacqueline de Quattro peut bien voir dans une pub mettant en sc\u00e8ne quatre m\u00e2les en torse nu et une femme couch\u00e9e \u00e0 leur pieds, la repr\u00e9sentation d\u2019une tournante. \u00abOn\u00bb n\u2019est pas tous oblig\u00e9 d\u2019\u00eatre aussi imaginatif.<\/p>\n<p>Jacqueline de Quattro peut bien s\u2019offusquer d\u2019une r\u00e9clame de sous-v\u00eatement o\u00f9 des jeunes-filles batifolent avec un \u00abr\u00e2teau dress\u00e9 \u00e0 la verticale\u00bb. \u00abOn\u00bb n\u2019est pas tous forc\u00e9 d\u2019avoir l\u2019esprit mal tourn\u00e9.<\/p>\n<p>Et puis si l\u2019on veut absolument interpr\u00e9ter ou surinterpr\u00e9ter chaque image, on pourrait tout aussi bien, certes avec un chou\u00efa de mauvaise foi, voir dans ce r\u00e2teau le symbole du droit et de la capacit\u00e9 des femmes \u00e0 dire non.<\/p>\n<p>Mais voil\u00e0: la conseill\u00e8re d\u2019Etat vaudoise, voulant sans doute bien faire, avoue son extr\u00eame r\u00e9activit\u00e9 aux images: \u00abLes affiches c\u2019est quelque chose qui vous sautent \u00e0 la figure\u00bb. Ce qui serait son probl\u00e8me plut\u00f4t que celui de ses administr\u00e9s.<\/p>\n<p>Pourtant, Jacqueline de Quattro, en bonne lib\u00e9rale reconna\u00eet que si ce genre de publicit\u00e9s continuent de trouver refuge sur nos murs, c\u2019est que \u00ab\u00e7a rapporte encore plus d\u2019argent que de critiques\u00bb. Mais c\u2019est pour aussit\u00f4t refuser cet arbitrage dispens\u00e9 par la fameuse main invisible du march\u00e9. \u00abLe sexisme, s\u2019exclame-t-elle, ronge notre soci\u00e9t\u00e9.\u00bb Ce qui constitue moins un argument qu\u2019un ressenti personnel.<\/p>\n<p>Tout cela n\u2019a pas \u00e9norm\u00e9ment d\u2019importance. Sauf comme signe d\u2019une tendance lourde: la mauvaise habitude qu\u2019ont certains \u00e9lus de prendre les gens pour des enfants, des pauvres petites choses fragiles, des robots sans cerveaux, infiniment manipulables et qu\u2019il faudrait prot\u00e9ger de tout, m\u00eame de l\u2019anecdotique.<\/p>\n<p>Comme si l\u2019Etat, contrairement aux marchands de petites culottes, avait, par on ne sait quelle inspiration miraculeuse, la science \u00e9ternelle du bien et du mal.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La conseill\u00e8re d\u2019Etat vaudoise entend pourfendre les affiches publicitaires pr\u00e9sum\u00e9es sexistes. La cat\u00e9ch\u00e8se d\u2019Etat semble en marche. On n\u2019est pas oblig\u00e9 de s\u2019en r\u00e9jouir.<\/p>\n","protected":false},"author":19223,"featured_media":7715,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[6],"tags":[1298],"class_list":["post-7713","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-glocal","tag-chroniques","glocal"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/7713","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/19223"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=7713"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/7713\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":7716,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/7713\/revisions\/7716"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/7715"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=7713"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=7713"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=7713"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}