



{"id":7641,"date":"2018-06-19T23:19:24","date_gmt":"2018-06-19T21:19:24","guid":{"rendered":"https:\/\/largeur.com\/?p=7641"},"modified":"2019-04-24T18:12:48","modified_gmt":"2019-04-24T16:12:48","slug":"sante-51","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=7641","title":{"rendered":"Maladies psychiques: mieux comprises, mieux trait\u00e9es"},"content":{"rendered":"<p>Entre 85 et 100 milliards, c\u2019est le nombre de neurones que contient notre cerveau. Chacune de ces cellules est connect\u00e9e \u00e0 10\u2019000 autres, de quoi r\u00e9aliser jusqu\u2019\u00e0 100 trillions d\u2019\u00e9changes d\u2019informations simultan\u00e9s. Un enchev\u00eatrement aussi complexe que dynamique qui peut engendrer des dysfonctionnements, avec pour r\u00e9sultat des maladies psychiques comme Alzheimer, la d\u00e9pression ou les troubles bipolaires.<\/p>\n<p>Ces pathologies continuent \u00e0 occuper une place \u00e0 part dans la m\u00e9decine, comme l\u2019explique Jacques Gasser, chef du D\u00e9partement de psychiatrie du CHUV: Leur diagnostic demeure complexe et comprend toujours une part de subjectivit\u00e9. Les m\u00e9dicaments disponibles pr\u00e9sentent moins d\u2019effets secondaires, mais leur action continue \u00e0 att\u00e9nuer les sympt\u00f4mes plut\u00f4t que de les soigner. Enfin, il n\u2019existe pas encore de solutions pour pr\u00e9venir le d\u00e9clenchement de ces maladies. Une situation qui pourrait changer gr\u00e2ce \u00e0 la d\u00e9couverte de biomarqueurs sp\u00e9cifiques aux maladies psychiques. Par biomarqueur, on entend une mesure des signaux g\u00e9n\u00e9r\u00e9s par les diff\u00e9rents processus biologiques du corps humain. C\u2019est le principe de l\u2019analyse du taux de cholest\u00e9rol ou de la pression art\u00e9rielle, signes avant-coureurs de maladies cardiaques.<\/p>\n<p>Identifier des biomarqueurs dans un organe aussi complexe que le cerveau n\u2019est pas une t\u00e2che ais\u00e9e. Mais \u00e0 l\u2019instar de la neurobiologiste Kim Do Cu\u00e9nod, les scientifiques estiment que leur d\u00e9couverte est cruciale (lire point 2). Ils permettront de garantir une prise en charge plus pr\u00e9coce des personnes \u00e0 risque, d\u2019\u00e9tablir des m\u00e9thodes de diagnostic objectives, et de d\u00e9velopper des m\u00e9dicaments mieux adapt\u00e9s \u00e0 chaque patient.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-7642\" src=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2018\/06\/ImageJour_MaladiePsychiques_190618.jpg\" alt=\"\" width=\"469\" height=\"311\" srcset=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2018\/06\/ImageJour_MaladiePsychiques_190618.jpg 469w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2018\/06\/ImageJour_MaladiePsychiques_190618-300x199.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 469px) 100vw, 469px\" \/><\/p>\n<p><strong>1. Vers une d\u00e9tection plus pr\u00e9coce<\/strong><\/p>\n<p>Selon l\u2019Observatoire suisse de la sant\u00e9, 18% de la population suisse souffre de probl\u00e8mes psychiques ressentis comme graves ou moyens. Mais malgr\u00e9 leur fr\u00e9quence, ces maladies restent diagnostiqu\u00e9es tardivement. Un retard de prise en charge qui est particuli\u00e8rement fr\u00e9quent en cas de psychoses: \u00abLa schizophr\u00e9nie est souvent diagnostiqu\u00e9e deux ans apr\u00e8s le d\u00e9clenchement des premiers sympt\u00f4mes, un d\u00e9lai qui peut atteindre dix ans pour les troubles bipolaires, explique ainsi Philippe Conus, chef du Service de psychiatrie g\u00e9n\u00e9rale au CHUV. Or, plusieurs \u00e9tudes ont montr\u00e9 que plus le temps entre le d\u00e9but de la maladie et les traitements est long, moins l\u2019\u00e9volution des patients est bonne.\u00bb<\/p>\n<p>Les psychoses se d\u00e9clarent en g\u00e9n\u00e9ral vers la fin de l\u2019adolescence et au d\u00e9but de l\u2019\u00e2ge adulte, une phase critique de la vie. D\u2019o\u00f9 l\u2019id\u00e9e de la mise en place du Programme traitement et intervention pr\u00e9coce dans les troubles psychotiques (TIPP), qui prend en charge chaque ann\u00e9e une cinquantaine de patients entre 18 et 35 ans. Une approche qui soul\u00e8ve aussi des questions \u00e9thiques: jusqu\u2019o\u00f9 peut-on aller dans cet effort? \u00abNotre programme d\u2019intervention pr\u00e9coce concerne des patients chez qui la maladie est d\u00e9j\u00e0 clairement constitu\u00e9e, insiste Philippe Conus. La question peut se poser chez des personnes \u00e0 haut risque, mais ces derni\u00e8res pr\u00e9sentent en g\u00e9n\u00e9ral d\u2019autres probl\u00e8mes qui justifient des soins: d\u00e9pression, anxi\u00e9t\u00e9. Dans cette phase dite de prodrome, nous employons des strat\u00e9gies tr\u00e8s douces. On ne va pas donner des neuroleptiques, il s\u2019agit surtout d\u2019interventions psychosociales.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Alzheimer et troubles affectifs<\/strong><\/p>\n<p>La question de la d\u00e9tection pr\u00e9coce des troubles psychiques concerne aussi la population \u00e2g\u00e9e, remarque Armin von Gunten, chef du Service universitaire de psychiatrie de l\u2019\u00e2ge avanc\u00e9 (SUPAA) au CHUV. \u00abLes personnes qui souffrent d\u2019une pathologie d\u00e9mentielle, par exemple une maladie d\u2019Alzheimer, manifestent aussi des troubles psychiques ou du comportement, comme l\u2019anxi\u00e9t\u00e9 ou la d\u00e9pression, souvent \u00e0 un stade pr\u00e9coce de la maladie.\u00bb<\/p>\n<p>Agressivit\u00e9 verbale ou physique, agitation: ces troubles peuvent rapidement poser des difficult\u00e9s majeures aux proches comme aux soignants. \u00abIl s\u2019agit d\u2019un aspect n\u00e9glig\u00e9 jusqu\u2019ici par la recherche en mati\u00e8re d\u2019Alzheimer, qui s\u2019est concentr\u00e9e sur la d\u00e9couverte de traitements qui modifient l\u2019\u00e9volution de la maladie.\u00bb<\/p>\n<p>C\u2019est pourquoi Armin von Gunten et son \u00e9quipe, en collaboration avec le neurobiologiste Ron Stoop, ont lanc\u00e9 voil\u00e0 trois ans une \u00e9tude pour identifier en amont la survenue de ces troubles chez les patients souffrant d\u2019une maladie d\u2019Alzheimer d\u00e9butante. Une des pistes concerne le r\u00f4le de l\u2019ocytocine en mati\u00e8re d\u2019attachement personnel. \u00abCette hormone est une substance cruciale pour les contractions ut\u00e9rines lors de la naissance ou l\u2019\u00e9jection du lait maternel. Elle influence aussi les liens sociaux entre une m\u00e8re et son enfant et, plus tard, entre adultes.\u00bb<\/p>\n<p>L\u2019id\u00e9e est que l\u2019ocytocine pourrait am\u00e9liorer les relations personnelles chez des patients pr\u00e9sentant des troubles cognitifs. \u00abL\u2019\u00e9tude a \u00e9t\u00e9 men\u00e9e sur un mode translationnel. L\u2019\u00e9quipe de Ron Stoop a travaill\u00e9 sur des mod\u00e8les animaux. Les r\u00e9sultats de ces efforts sont v\u00e9rifi\u00e9s dans un second temps aupr\u00e8s d\u2019une cohorte de patients, d\u00e9taille Armin von Gunten. Les analyses pr\u00e9liminaires de notre \u00e9tude vont dans notre sens. Si elles se confirment, il faudra ensuite v\u00e9rifier comment adapter les soins au profil d\u2019attachement social de chaque patient.\u00bb<\/p>\n<p><strong>2. Des traitements bas\u00e9s sur des biomarqueurs<\/strong><\/p>\n<p>La recherche translationnelle, c\u2019est aussi le cheval de bataille de Kim Do Cu\u00e9nod, cheffe du Centre de neurosciences psychiatriques du CHUV. Depuis une quinzaine d\u2019ann\u00e9es, la neurobiologiste et son \u00e9quipe collaborent avec les psychiatres du CHUV pour mieux comprendre la schizophr\u00e9nie. \u00abJusqu\u2019ici, les neurosciences \u00e9taient le plus souvent consacr\u00e9es \u00e0 de la recherche fondamentale, avec des r\u00e9sultats difficilement transposables \u00e0 l\u2019\u00eatre humain, remarque Philippe Conus. Avec Kim Do Cu\u00e9nod, nous voulons r\u00e9soudre des questions cliniques en nourrissant les observations faites chez l\u2019homme par celles faites chez l\u2019animal et r\u00e9ciproquement. Il s\u2019agit vraiment d\u2019un travail circulaire.\u00bb<\/p>\n<p><strong>R\u00e9sultats prometteurs<\/strong><\/p>\n<p>Une premi\u00e8re \u00e9tude a mis en \u00e9vidence un d\u00e9ficit du syst\u00e8me antioxydant dans le cerveau des patients schizophr\u00e8nes. Apr\u00e8s avoir caract\u00e9ris\u00e9 les m\u00e9canismes chez les mod\u00e8les exp\u00e9rimentaux, les chercheurs lausannois se sont associ\u00e9s \u00e0 des scientifiques de l\u2019Universit\u00e9 de Harvard pour \u00e9tudier, dans la phase d\u00e9butante de la psychose, les effets de la N-ac\u00e9tylcyst\u00e9ine (NAC), un m\u00e9dicament antioxydant g\u00e9n\u00e9rique. \u00abLes r\u00e9sultats sont tr\u00e8s prometteurs, souligne Kim Do Cu\u00e9nod. Pour qu\u2019une intervention pr\u00e9coce soit possible, nous avons besoin de biomarqueurs permettant de d\u00e9tecter les personnes \u00e0 risque. Or, nous avons pu observer que la NAC am\u00e9liore les fonctions neurocognitives chez un sous-groupe de patients qui pr\u00e9sentent un taux d\u2019oxydation \u00e9lev\u00e9 dans le sang.\u00bb<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9tude montre par ailleurs que le m\u00e9dicament am\u00e9liore la connectivit\u00e9 structurelle et fonctionnelle du cerveau de ces patients. Des progr\u00e8s que les chercheurs ont pu ensuite mesurer via l\u2019\u00e9lectroenc\u00e9phalographie (une m\u00e9thode d\u2019analyse qui mesure l\u2019activit\u00e9 \u00e9lectrique du cerveau ndlr). \u00abCes conclusions valident notre approche de traitement bas\u00e9 sur les biomarqueurs.\u00bb<\/p>\n<p>La prochaine \u00e9tape va consister \u00e0 v\u00e9rifier les effets de la NAC aupr\u00e8s d\u2019un groupe plus important. \u00abNotre \u00e9tude a port\u00e9 sur une cohorte de 60 patients. Il faudrait pouvoir valider ces r\u00e9sultats sur un plus grand nombre de patients, ce qui co\u00fbte tr\u00e8s cher. De plus, il faudrait pouvoir identifier des cibles plus sp\u00e9cifiques et les traiter. Notre recherche est donc un travail qui s\u2019inscrit dans la dur\u00e9e. Une partie de mon temps est d\u2019ailleurs consacr\u00e9e \u00e0 la recherche de fonds, notamment via la <a href=\"https:\/\/www.alamaya.net\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">fondation Alamaya<\/a>.\u00bb<\/p>\n<p><strong>3. Une nouvelle mobilisation pour les proches<\/strong><\/p>\n<p>En parall\u00e8le \u00e0 l\u2019alliance nou\u00e9e avec les neuroscientifiques depuis une quinzaine d\u2019ann\u00e9es, les soignants en psychiatrie ont aussi revu leur relation aux familles des malades. \u00abAuparavant, elles \u00e9taient le plus souvent consid\u00e9r\u00e9es comme faisant partie des probl\u00e8mes du patient, explique Roland Philippoz, infirmier chef, responsable des soins au Service de psychiatrie g\u00e9n\u00e9rale du CHUV. Voir les proches dans un contexte de partenariat, reconna\u00eetre leurs souffrances et leurs difficult\u00e9s a \u00e9t\u00e9 un changement fort, pas \u00e9vident \u00e0 instaurer.\u00bb<\/p>\n<p>Aux premiers groupes de parole au sein de l\u2019h\u00f4pital et de l\u2019ambulatoire ont succ\u00e9d\u00e9 des associations de soutien, qui r\u00e9unissent parents ou proches de patients psychotiques, bipolaires ou borderline. \u00abL\u2019id\u00e9e essentielle qui anime ces d\u00e9marches est de d\u00e9velopper une communaut\u00e9, pour que les gens puissent aller les uns vers les autres et mettre en mots ce qu\u2019ils vivent\u00bb, d\u00e9taille Catherine Reymond-Wolfer, infirmi\u00e8re clinicienne au CHUV et membre du comit\u00e9 de L\u2019\u00eelot, une association lausannoise de proches de malades psychiques.<\/p>\n<p>Des groupements qui peuvent aussi servir \u00e0 restaurer la confiance entre parents et soignants. \u00abIl y a des p\u00e8res ou des m\u00e8res qui ont subi des violences physiques ou psychologiques de la part de leur enfant pendant des mois ou des ann\u00e9es avant qu\u2019une intervention ait lieu. C\u2019est devenu trop, ils ne veulent plus rien savoir, constate Roland Philippoz. Appr\u00e9hender la maladie en \u00e9tant accueillis par des proches d\u2019autres patients est parfois plus simple.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Question de parentalit\u00e9<\/strong><\/p>\n<p>Autre changement majeur initi\u00e9 cette ann\u00e9e: un projet pilote qui porte son attention sur les enfants de malades psychiques, lanc\u00e9 par Christel Vaudan et Charl\u00e8ne Tripalo, respectivement psychologue et infirmi\u00e8re au D\u00e9partement de psychiatrie du CHUV. Apr\u00e8s la mise en place d\u2019un espace de jeu et de rencontre au sein de l\u2019h\u00f4pital de Cery, pour que les enfants puissent voir leur parent hospitalis\u00e9, et la cr\u00e9ation d\u2019un poste de d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 aux proches, cette initiative intitul\u00e9e Famille+ vise \u00e0 intervenir aupr\u00e8s des patients pour aborder leur parentalit\u00e9. Selon une \u00e9tude r\u00e9cente men\u00e9e \u00e0 Winterthour, pr\u00e8s de 22% des personnes trait\u00e9es pour des maladies psychiques ont au moins un enfant mineur.<\/p>\n<p>\u00abJusqu\u2019ici, cette question n\u2019\u00e9tait pas pos\u00e9e de mani\u00e8re syst\u00e9matique, pr\u00e9cise Roland Philippoz. Le but n\u2019est pas de soup\u00e7onner ces enfants de pr\u00e9senter des risques et de pratiquer un d\u00e9pistage, mais plut\u00f4t de prendre en compte leurs souffrances en raison des myst\u00e8res li\u00e9s \u00e0 la maladie de leur parent. D\u2019o\u00f9 l\u2019id\u00e9e de passer par cette porte de la parentalit\u00e9 pour communiquer avec les enfants, pour autant que les patients l\u2019acceptent.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Dire ou ne pas dire<\/strong><\/p>\n<p>Les soignants sont vite confront\u00e9s aux limites du secret m\u00e9dical. C\u2019est d\u2019ailleurs l\u2019une des th\u00e9matiques mises en avant dans une s\u00e9rie d\u2019\u00e9v\u00e9nements organis\u00e9s cette ann\u00e9e par le Service de psychiatrie g\u00e9n\u00e9rale. \u00abD\u2019un c\u00f4t\u00e9, les patients ne veulent souvent pas que nous parlions de leur situation, et de l\u2019autre les proches se plaignent d\u2019\u00eatre tenus \u00e0 l\u2019\u00e9cart. D\u00e9velopper une alliance sans pouvoir aborder les questions importantes reste tr\u00e8s compliqu\u00e9. La n\u00e9gociation avec la personne hospitalis\u00e9e est indispensable pour d\u00e9bloquer la situation.\u00bb<\/p>\n<p>L\u2019effort de sensibilisation vise plus particuli\u00e8rement les soignants. Dans le service, la moyenne d\u2019\u00e2ge des \u00e9quipes est de 29 ans; la plupart n\u2019ont pas encore d\u2019enfants. \u00abNous voulons favoriser un regard interg\u00e9n\u00e9rationnel, de mani\u00e8re \u00e0 ne pas stigmatiser les parents comme des \u2018gens qui rendent fous\u2019, dit Roland Philippoz. Quand on est soi-m\u00eame parent, on per\u00e7oit plus facilement les difficult\u00e9s et les ressources qu\u2019il faut mobiliser pour soutenir quelqu\u2019un qui cause tant de soucis.\u00bb<\/p>\n<p>_______<\/p>\n<p><strong>Les principales maladies psychiques<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u200bLa d\u00e9pression<\/strong><br \/>\nHippocrate, c\u00e9l\u00e8bre m\u00e9decin de la Gr\u00e8ce antique, cherchait d\u00e9j\u00e0 un rem\u00e8de \u00e0 ce mal qu\u2019il nommait m\u00e9lancolie. Elle se caract\u00e9rise tant par des manifestations physiques que psychiques: fatigue inhabituelle, trouble du sommeil, de l\u2019app\u00e9tit ou de la libido, sentiment perp\u00e9tuel de tristesse ou encore pr\u00e9sence constante d\u2019id\u00e9es noires et perte de l\u2019estime de soi. La d\u00e9pression demeure plus que jamais un probl\u00e8me de sant\u00e9 publique majeur, dont le co\u00fbt annuel en Suisse est estim\u00e9 \u00e0 plus de 10 milliards de francs. Ainsi, pr\u00e8s de 25% de la population helv\u00e9tique souffrira au moins une fois au cours de sa vie d\u2019une d\u00e9pression s\u00e9v\u00e8re.<\/p>\n<p>\u200b<strong>La schizophr\u00e9nie<\/strong><br \/>\nSouvent utilis\u00e9 \u00e0 tort pour d\u00e9signer les troubles de la personnalit\u00e9 multiple, le terme de schizophr\u00e9nie vient du grec ancien skizein (fendre) et phren (pens\u00e9e). Il s\u2019agit d\u2019une maladie psychique qui se d\u00e9clare en g\u00e9n\u00e9ral chez le jeune adulte. Elle se caract\u00e9rise en premier lieu par un repli sur soi et une perte de contact avec la r\u00e9alit\u00e9. Dans sa phase aigu\u00eb, cette psychose provoque des hallucinations auditives qui peuvent \u00eatre particuli\u00e8rement troublantes pour le malade. Les facteurs li\u00e9s \u00e0 l\u2019apparition d\u2019une pathologie schizophr\u00e9nique sont multiples: sociaux, psychologiques ou g\u00e9n\u00e9tiques. Les causes de la maladie restent cependant encore mal comprises, rendant parfois compliqu\u00e9 un diagnostic pr\u00e9cis.<\/p>\n<p><strong>\u200bLes troubles bipolaires<\/strong><br \/>\nPasser d\u2019une intense euphorie \u00e0 une profonde d\u00e9pression de fa\u00e7on cyclique: c\u2019est ce que vivent les personnes souffrant de troubles bipolaires. C\u2019est le m\u00e9decin allemand Emil Kraepelin qui \u00e9nonce le premier, en 1899, la conception moderne de cette maladie, autrefois appel\u00e9e psychose maniaco-d\u00e9pressive. Lors de la phase d\u00e9pressive, le patient se sent triste et fatigu\u00e9, et montre un d\u00e9sint\u00e9r\u00eat pour les activit\u00e9s du quotidien. \u00c0 l\u2019inverse, lors de la phase maniaque, il va d\u00e9border d\u2019\u00e9nergie et de paroles passant du coq-\u00e0-l\u2019\u00e2ne, et peut aussi souffrir d\u2019id\u00e9es d\u00e9lirantes ou d\u2019hallucinations.<\/p>\n<p><strong>\u200bLes troubles de personnalit\u00e9<\/strong><br \/>\nOn regroupe sous ce terme les diff\u00e9rentes perturbations du caract\u00e8re d\u2019une personne. Elles peuvent concerner les pens\u00e9es, les sentiments ou les relations interpersonnelles d\u2019un individu et engendrent des probl\u00e8mes au niveau de son fonctionnement social ou un \u00e9tat de souffrance. La cinqui\u00e8me \u00e9dition du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM), outil de r\u00e9f\u00e9rence en mati\u00e8re de psychiatrie, distingue trois grandes cat\u00e9gories: les troubles excentriques, les troubles dramatiques, \u00e9motionnels ou erratiques, ainsi que les troubles anxieux et craintifs.<\/p>\n<p><strong>\u200bLes troubles obsessionnels-compulsifs<\/strong><br \/>\nL\u2019image la plus souvent associ\u00e9e au trouble obsessionnel compulsif (TOC) est celle d\u2019un lavage de main r\u00e9p\u00e9titif. Relevant des pathologies de l\u2019anxi\u00e9t\u00e9, il se caract\u00e9rise par des pens\u00e9es r\u00e9currentes (obsessions) que le malade cherche \u00e0 dissiper par des rituels particuliers (compulsions). Le TOC, qui appara\u00eet pendant l\u2019enfance ou l\u2019\u00e2ge adulte, est consid\u00e9r\u00e9 comme la 4e maladie mentale la plus fr\u00e9quente dans le monde, et il touche autant les hommes que les femmes. Ayant une composante neurologique, le trouble obsessionnel compulsif peut r\u00e9sulter d\u2019infections touchant le syst\u00e8me nerveux central, comme une enc\u00e9phalite. D\u2019autres maladies neuro-d\u00e9g\u00e9n\u00e9ratives peuvent \u00eatre \u00e9galement associ\u00e9es \u00e0 l\u2019apparition de la pathologie.<\/p>\n<p>_______<\/p>\n<p>Une version de cet article est parue dans In Vivo magazine (no 14).<\/p>\n<p>Pour vous abonner \u00e0 In Vivo au prix de seulement CHF 20.- (d\u00e8s 20 euros) pour 6 num\u00e9ros, rendez-vous sur\u00a0<a href=\"http:\/\/www.invivomagazine.com\/\">invivomagazine.com<\/a>.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les troubles mentaux sont fr\u00e9quents et restent encore trop souvent soign\u00e9s tardivement. 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