



{"id":7623,"date":"2018-06-14T23:24:02","date_gmt":"2018-06-14T21:24:02","guid":{"rendered":"https:\/\/largeur.com\/?p=7623"},"modified":"2018-06-14T16:26:50","modified_gmt":"2018-06-14T14:26:50","slug":"sante-50","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=7623","title":{"rendered":"La douleur prise au s\u00e9rieux"},"content":{"rendered":"<p>Maux de dos, douleurs neurologiques ou d\u2019origine canc\u00e9reuse: environ 20% de la population europ\u00e9enne souffre de douleurs chroniques qui empoisonnent leurs vies, selon une \u00e9tude de la Pain Alliance. Elles sont aujourd\u2019hui consid\u00e9r\u00e9es comme des affections \u00e0 traiter de mani\u00e8re sp\u00e9cifique. Les centres m\u00e9dicaux d\u00e9di\u00e9s \u00e0 la prise en charge de la douleur se multiplient, privil\u00e9giant une approche pluridisciplinaire qui m\u00eale m\u00e9dicaments et physioth\u00e9rapie, relation th\u00e9rapeutique et m\u00e9decines compl\u00e9mentaires telles que l\u2019acupuncture ou l\u2019hypnose. Malgr\u00e9 des progr\u00e8s r\u00e9alis\u00e9s ces derni\u00e8res ann\u00e9es, l\u2019efficacit\u00e9 des traitements reste cependant limit\u00e9e dans certains cas, notamment parce que la douleur est un m\u00e9canisme complexe qui entra\u00eene un ressenti forc\u00e9ment subjectif.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-7626\" src=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2018\/06\/img_du_jour_12_juin_2018.jpg\" alt=\"\" width=\"468\" height=\"311\" srcset=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2018\/06\/img_du_jour_12_juin_2018.jpg 468w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2018\/06\/img_du_jour_12_juin_2018-300x199.jpg 300w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2018\/06\/img_du_jour_12_juin_2018-272x182.jpg 272w\" sizes=\"auto, (max-width: 468px) 100vw, 468px\" \/><\/p>\n<p><strong>Une autre conception de la douleur <\/strong><\/p>\n<p>La conception m\u00eame de la douleur comme ressenti individuel constitue un premier changement. \u00ab\u00c0 la suite d\u2019un stimulus douloureux dans le corps, le cerveau va interpr\u00e9ter ce signal en fonction d\u2019exp\u00e9riences pass\u00e9es, du contexte, de l\u2019humeur, mais aussi de la culture ou de l\u2019\u00e9ducation\u00bb, explique Yolande Kottelat, responsable du Programme institutionnel douleur du CHUV, cr\u00e9\u00e9 en 2007. Notre r\u00f4le en tant que professionnels est de l\u00e9gitimer cette subjectivit\u00e9 et d\u2019adopter des strat\u00e9gies individualis\u00e9es.\u00bb Aujourd\u2019hui, la d\u00e9finition universelle de la douleur (voir encadr\u00e9) rel\u00e8ve d\u2019ailleurs un aspect \u00e9motionnel, au m\u00eame titre que sensoriel.<\/p>\n<p>Difficile donc d\u2019objectiver les souffrances. Mais l\u00e0 n\u2019est pas le but. \u00abNous acceptons que chaque personne soit diff\u00e9rente devant la douleur, m\u00eame si l\u2019on ne comprend pas toujours pourquoi, souligne Marc Suter, m\u00e9decin associ\u00e9 au Centre d\u2019antalgie du CHUV. Souffrir inutilement est consid\u00e9r\u00e9 comme inacceptable.\u00bb Bien que les patients b\u00e9n\u00e9ficient d\u2019une \u00e9coute am\u00e9lior\u00e9e, les outils th\u00e9rapeutiques \u00e0 disposition restent parfois insuffisants. \u00abLes douleurs chroniques, en particulier neuropathiques, sont sp\u00e9cialement r\u00e9sistantes aux traitements connus.\u00bb Quant aux r\u00e9sultats obtenus dans le cadre de la recherche, leur application clinique reste peu satisfaisante.<\/p>\n<p><strong>La r\u00e8gle de la communication<\/strong><\/p>\n<p>\u00abDans la mesure du possible, nous encourageons le patient \u00e0 donner un maximum d\u2019informations sur sa douleur, et ce, d\u00e8s le d\u00e9but de sa prise en charge\u00bb, pr\u00e9cise Yolande Kottelat. Pour cela, diff\u00e9rents outils d\u2019\u00e9valuation ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9velopp\u00e9s, \u00e0 commencer par des \u00e9chelles verbale, visuelle et num\u00e9rique, de 0 \u00e0 10. Plus r\u00e9cemment, ce sont des sch\u00e9mas permettant de localiser la douleur et un questionnaire servant \u00e0 lui attribuer des qualificatifs, aussi bien sensoriels (sensation de br\u00fblure, d\u2019irradiation, etc.) qu\u2019\u00e9motionnels (inqui\u00e9tante, obs\u00e9dante, etc.) qui ont \u00e9t\u00e9 introduits. Pour les patients incapables de communiquer, l\u2019observation de signes cliniques tels que la fr\u00e9quence cardiaque, la dilatation des pupilles ainsi qu\u2019une \u00e9chelle comportementale peut \u00eatre utilis\u00e9e.<\/p>\n<p>Lorsque la douleur est chronique, les professionnels de la sant\u00e9 s\u2019accordent \u00e0 dire que l\u2019efficacit\u00e9 d\u2019un traitement s\u2019\u00e9value \u00e9galement selon son impact sur la qualit\u00e9 de vie, et non uniquement sur l\u2019intensit\u00e9 de la souffrance. L\u2019anxi\u00e9t\u00e9, la d\u00e9pression et la qualit\u00e9 de vie sont syst\u00e9matiquement analys\u00e9s: les retentissements sur le quotidien d\u2019une personne sont reconnus dans leur totalit\u00e9. \u00abLe patient peut \u00eatre pris dans un cercle vicieux, ajoute la responsable. L\u2019anxi\u00e9t\u00e9, le stress ou le manque de sommeil augmentent la douleur et vice-versa.\u00bb Un vrai chemin de croix: pr\u00e8s de la moiti\u00e9 des patients d\u00e9pressifs pr\u00e9sentent des douleurs et jusqu\u2019\u00e0 40% des douloureux chroniques connaissent des phases d\u00e9pressives. \u00abIl est crucial de soulager la personne le plus rapidement possible afin d\u2019\u00e9viter une cascade d\u2019effets n\u00e9fastes.\u00bb Un risque suppl\u00e9mentaire est en effet de prolonger l\u2019hospitalisation pour les patients qui se remettent d\u2019une intervention chirurgicale.<\/p>\n<p><strong>Le m\u00e9dicament n\u2019est pas la seule solution<\/strong><\/p>\n<p>Jusqu\u2019\u00e0 10% des patients d\u00e9veloppent une douleur handicapante apr\u00e8s une chirurgie. Pour diminuer les douleurs postop\u00e9ratoires, des pompes sp\u00e9ciales permettent notamment au patient de contr\u00f4ler lui-m\u00eame l\u2019administration de morphine ou d\u2019anesth\u00e9sique local par voie intraveineuse, p\u00e9ridurale ou p\u00e9rinerveuse. Depuis plusieurs ann\u00e9es, l\u2019\u00e9chographie permet d\u2019injecter un m\u00e9dicament anesth\u00e9siant ou de poser un cath\u00e9ter de mani\u00e8re beaucoup plus pr\u00e9cise.<\/p>\n<p>En compl\u00e9ment d\u2019un traitement m\u00e9dicamenteux, de physioth\u00e9rapie ou d\u2019une psychoth\u00e9rapie, d\u2019autres armes existent pour att\u00e9nuer les maux, aigus ou persistants. Les infiltrations cibl\u00e9es, l\u2019acupuncture, les th\u00e9rapies de relaxation (yoga ou m\u00e9ditation) ou la neurostimulation \u00e9lectrique sont aussi des alli\u00e9es de choix. Les patients pratiquant l\u2019hypnose g\u00e8rent mieux leur douleur et re\u00e7oivent moins de m\u00e9dicaments. Outre ces soins non exclusifs, la relation th\u00e9rapeutique est primordiale: lorsque cette relation est au beau fixe, le corps et l\u2019esprit r\u00e9agissent positivement \u00e0 l\u2019acte m\u00e9dical en lui-m\u00eame. C\u2019est un des constituants du fameux effet placebo. Les m\u00e9dicaments antalgiques demeurent toutefois en t\u00eate du protocole de traitement, suivant les paliers d\u2019intensit\u00e9 d\u00e9finis par l\u2019Organisation mondiale de la sant\u00e9 (OMS). Adjuvants largement prescrits en cas de douleurs neuropathiques, certains antid\u00e9presseurs et anti\u00e9pileptiques diminuent de 50% la douleur chez un patient sur trois seulement, selon une \u00e9tude de m\u00e9decins de l\u2019Association internationale d\u2019\u00e9tude de la douleur (IASP). Ils pr\u00e9sentent toutefois moins de risques d\u2019addiction que les opio\u00efdes. Par ailleurs, peu de m\u00e9dicaments analg\u00e9siques v\u00e9ritablement innovants ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9velopp\u00e9s ces quinze derni\u00e8res ann\u00e9es. \u00abDe nouvelles cibles m\u00e9dicamenteuses sont n\u00e9cessaires, tout comme l\u2019am\u00e9lioration de la pr\u00e9vention\u00bb, remarque Marc Suter.<\/p>\n<p><strong>Sur la bonne voie<\/strong><\/p>\n<p>Chaque ann\u00e9e, l\u2019Association internationale d\u2019\u00e9tude de la douleur (IASP) lance une campagne mondiale contre la douleur. En 2017, c\u2019est la lutte contre la douleur postop\u00e9ratoire, qui touche l\u2019ensemble des patients op\u00e9r\u00e9s, qui \u00e9tait au centre de l\u2019attention. Plus g\u00e9n\u00e9ralement, la m\u00e9decine de la douleur est devenue une m\u00e9decine holistique, qui prend en compte le bien-\u00eatre g\u00e9n\u00e9ral du patient. \u00abNous sommes sur la bonne voie, estime Yolande Kottelat. Nous cherchons encore \u00e0 \u00e9largir l\u2019arsenal th\u00e9rapeutique, tout en conservant une approche adapt\u00e9e \u00e0 chaque personne.\u00bb En 2018, le th\u00e8me de la campagne de l\u2019IASP est l\u2019\u00e9ducation au sens large. Cela implique de mieux former les soignants et les patients, mais aussi d\u2019informer les politiques et les d\u00e9cideurs de la n\u00e9cessiter d\u2019am\u00e9liorer encore la prise en charge de la douleur et de poursuivre la recherche pour mieux la comprendre.<\/p>\n<p>_______<\/p>\n<p>Une version de cet article est parue dans In Vivo magazine (no 14).<\/p>\n<p>Pour vous abonner \u00e0 In Vivo au prix de seulement CHF 20.- (d\u00e8s 20 euros) pour 6 num\u00e9ros, rendez-vous sur\u00a0<a href=\"http:\/\/www.invivomagazine.com\/\">invivomagazine.com<\/a>.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Auparavant consid\u00e9r\u00e9es comme cons\u00e9quences d\u2019une pathologie, les douleurs sont aujourd\u2019hui reconnues comme des maux \u00e0 part enti\u00e8re, qui n\u00e9cessitent des traitements personnalis\u00e9s.<\/p>\n","protected":false},"author":20247,"featured_media":7626,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5],"tags":[1299],"class_list":["post-7623","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-latitude","tag-paru-dans-in-vivo","latitude"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/7623","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/20247"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=7623"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/7623\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":7627,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/7623\/revisions\/7627"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/7626"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=7623"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=7623"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=7623"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}