



{"id":7568,"date":"2018-06-05T23:46:46","date_gmt":"2018-06-05T21:46:46","guid":{"rendered":"https:\/\/largeur.com\/?p=7568"},"modified":"2018-06-05T15:51:54","modified_gmt":"2018-06-05T13:51:54","slug":"sommeil-3","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=7568","title":{"rendered":"De nouvelles pistes pour mieux dormir"},"content":{"rendered":"<p>Rester \u00e9veill\u00e9e devant la t\u00e9l\u00e9vision ou jusqu\u2019\u00e0 la fin d\u2019un film relevait il y a peu de la mission impossible pour Emilie Ostertag. \u00abM\u00eame en pleine journ\u00e9e, durant mon travail ou pendant les repas, je subissais de profondes somnolences. Lorsque je prenais la voiture, j\u2019\u00e9tais oblig\u00e9e de m\u2019arr\u00eater r\u00e9guli\u00e8rement pour faire des micro-siestes.\u00bb L\u2019\u00e9tat de fatigue permanent de la Genevoise de 31 ans avait \u00e9galement un impact sur sa vie sociale: \u00abLors de soir\u00e9es avec des amis, j\u2019\u00e9tais toujours la premi\u00e8re \u00e0 rentrer!\u00bb Il y a deux ans, \u00e0 la suite d\u2019une visite chez son m\u00e9decin pour de fortes migraines chroniques, Emilie Ostertag d\u00e9couvre qu\u2019elle souffre d\u2019hypopn\u00e9e, ou apn\u00e9e du sommeil mod\u00e9r\u00e9e.<\/p>\n<p>Ce trouble du sommeil est caract\u00e9ris\u00e9 par une obstruction partielle du pharynx qui entra\u00eene une baisse de plus de 50% du flux d\u2019air pendant au moins dix secondes, associ\u00e9e \u00e0 une diminution du taux d\u2019oxyg\u00e8ne dans le sang ou \u00e0 un micro-\u00e9veil. \u00abLes apn\u00e9es du sommeil sont plus fr\u00e9quentes que ce que l\u2019on pense\u00bb, remarque Rapha\u00ebl Heinzer, professeur associ\u00e9 et m\u00e9decin chef au Centre d\u2019investigation et de recherche sur le sommeil du CHUV. L\u2019\u00e9tude de cohorte HypnoLaus, men\u00e9e dans la r\u00e9gion lausannoise sur plus de 5\u2019000 personnes entre 2009 et 2013, a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 que 49% des hommes et 23% des femmes pr\u00e9sentent plus de 15 apn\u00e9es par heure de sommeil.<\/p>\n<p>Un autre chiffre t\u00e9moigne du mauvais sommeil des Suisses. Pr\u00e8s d\u2019un tiers de la population souffre de difficult\u00e9s \u00e0 s\u2019endormir ou d\u2019insomnies, selon l\u2019Office f\u00e9d\u00e9ral de la statistique. La pr\u00e9valence augmente avec l\u2019\u00e2ge: 25% des 15-34 ans sont concern\u00e9s, contre 40% des 65 ans et plus. Les adolescents constituent une cat\u00e9gorie particuli\u00e8rement \u00e0 risque. Une \u00e9tude de l\u2019Universit\u00e9 de B\u00e2le a montr\u00e9 que l\u2019utilisation d\u2019appareils \u00e9lectroniques diminuait la dur\u00e9e du sommeil et augmentait les troubles du sommeil. Rapha\u00ebl Heinzer, du CHUV, estime ainsi qu\u2019une personne sur deux pr\u00e9sentera au moins un \u00e9pisode d\u2019insomnie dans sa vie.<\/p>\n<p>En plus de cons\u00e9quences sur la vie personnelle et professionnelle, les troubles du sommeil ont des r\u00e9percussions sur la sant\u00e9. \u00abLes asphyxies r\u00e9p\u00e9t\u00e9es pendant la nuit engendr\u00e9es par les apn\u00e9es forcent le c\u0153ur \u00e0 travailler de fa\u00e7on plus intense au moment m\u00eame o\u00f9 il manque d\u2019oxyg\u00e8ne, explique Rapha\u00ebl Heinzer. Les personnes souffrant d\u2019apn\u00e9es ont deux fois plus de risques d\u2019avoir un AVC et un risque augment\u00e9 de maladies m\u00e9taboliques telles que le diab\u00e8te\u00bb. Leur probabilit\u00e9 de souffrir d\u2019une d\u00e9pression augmente \u00e9galement.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-7569\" src=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2018\/06\/ImageJour_Sommeil_050618.jpg\" alt=\"\" width=\"468\" height=\"311\" srcset=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2018\/06\/ImageJour_Sommeil_050618.jpg 468w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2018\/06\/ImageJour_Sommeil_050618-300x199.jpg 300w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2018\/06\/ImageJour_Sommeil_050618-272x182.jpg 272w\" sizes=\"auto, (max-width: 468px) 100vw, 468px\" \/><\/p>\n<p><strong>Robot contre l\u2019insomnie<\/strong><\/p>\n<p>D\u2019o\u00f9 vient ce fl\u00e9au qui empoisonne nos nuits? Selon Rapha\u00ebl Heinzer, la r\u00e9ponse se trouve du c\u00f4t\u00e9 de notre mode de vie: \u00abEn 100 ans, nous avons perdu une heure et demie de sommeil. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne est aujourd\u2019hui exacerb\u00e9, car la pression vers la performance est nettement plus forte qu\u2019auparavant: on dort moins pour travailler davantage ou avoir plus de loisirs.\u00bb Les attentes face au sommeil ont aussi chang\u00e9. \u00abNous voulons tout contr\u00f4ler, y compris la fa\u00e7on dont nous dormons. Ceci est en partie d\u00fb \u00e0 la m\u00e9diatisation des troubles du sommeil et aux avanc\u00e9es scientifiques des 20 derni\u00e8res ann\u00e9es dans ce domaine. Vouloir contr\u00f4ler son sommeil pour avoir de meilleures performances le lendemain risque d\u2019aggraver la situation.\u00bb Le sp\u00e9cialiste d\u00e9conseille par exemple l\u2019utilisation d\u2019appareils \u00e9lectroniques pour analyser ses nuits: \u00abIls sont impr\u00e9cis et n\u2019aident pas \u00e0 mieux dormir. Le meilleur juge de la qualit\u00e9 de son sommeil, c\u2019est soi-m\u00eame.\u00bb<\/p>\n<p>Des traitements existent pour rendre la vie des personnes souffrant de troubles du sommeil moins p\u00e9nible. Les cas d\u2019insomnie psychophysiologique peuvent \u00eatre trait\u00e9s sans m\u00e9dicament. Ce type de trouble est d\u00e9clench\u00e9 apr\u00e8s une insomnie aigu\u00eb due \u00e0 un \u00e9v\u00e9nement difficile: certaines personnes d\u00e9veloppent une forme d\u2019anxi\u00e9t\u00e9 de ne pas pouvoir dormir et n\u2019y arrivent effectivement plus. Rapha\u00ebl Heinzer conseille alors des th\u00e9rapies cognitivo-comportementales. \u00abIl s\u2019agit de techniques simples qui ont pour but de r\u00e9organiser le sommeil, telles que la restriction temporaire du temps pass\u00e9 au lit, explique le sp\u00e9cialiste. Cela passe \u00e9galement par un travail avec un psychologue pour se d\u00e9barrasser de l\u2019association n\u00e9gative avec le lit et reprendre confiance dans ses capacit\u00e9s \u00e0 dormir.\u00bb<\/p>\n<p>Une start-up n\u00e9erlandaise issue de l\u2019Institut de robotique de l\u2019Universit\u00e9 de Delft mise sur le recours \u00e0 la technologie. Elle a d\u00e9velopp\u00e9 un robot, baptis\u00e9 \u00abSomnox\u00bb, pour am\u00e9liorer la qualit\u00e9 du sommeil. Il s\u2019agit d\u2019un coussin en forme de cacahu\u00e8te qui se gonfle et se d\u00e9gonfle, imitant la respiration d\u2019une personne endormie. Le principe: l\u2019usager r\u00e9plique inconsciemment le m\u00eame rythme respiratoire que le robot afin de s\u2019endormir plus rapidement. La machine a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9e d\u00e9but 2018 et les premi\u00e8res livraisons sont pr\u00e9vues \u00e0 la fin de l\u2019ann\u00e9e.<\/p>\n<p><strong>Une application pour d\u00e9tecter les risques<\/strong><\/p>\n<p>Plusieurs solutions existent aussi pour r\u00e9duire les apn\u00e9es du sommeil. Le support ventilatoire, appel\u00e9 CPAP (Continuous Positive Airway Pressure), permet d\u2019insuffler de l\u2019air dans les voies a\u00e9riennes \u00e0 l\u2019aide d\u2019un masque qui couvre le nez ou le nez et la bouche. Cette pression s\u2019oppose \u00e0 la fermeture des voies a\u00e9riennes \u00e0 l\u2019origine des apn\u00e9es. Pour des troubles moins importants, une goutti\u00e8re dentaire peut aussi \u00eatre utilis\u00e9e. Ce syst\u00e8me avance la m\u00e2choire pendant le sommeil pour d\u00e9gager la trach\u00e9e. De nouvelles techniques se d\u00e9veloppent \u00e9galement: \u00abLa majorit\u00e9 des apn\u00e9es surviennent lorsque l\u2019on dort sur le dos, note Rapha\u00ebl Heinzer. Une start-up a r\u00e9cemment mis au point une bande que l\u2019on place sur le thorax et qui vibre lorsque l\u2019on se trouve dans cette position. Petit \u00e0 petit, les personnes apprennent \u00e0 ne pas dormir ainsi.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Autre m\u00e9thode: la pose d\u2019un implant <\/strong><\/p>\n<p>stimulant les nerfs contr\u00f4lant les fonctions respiratoires. C\u2019est le principe du syst\u00e8me \u00abInspire\u00bb, utilis\u00e9 pour traiter les apn\u00e9es obstructives du sommeil. Analysant la respiration du patient, le dispositif envoie des impulsions au nerf hypoglosse, en charge des mouvements de la langue et de muscles li\u00e9s aux voies respiratoires. \u00abCe traitement est r\u00e9serv\u00e9 aux cas les plus difficiles ne supportant pas l\u2019appareil ventilatoire\u00bb, pr\u00e9cise Rapha\u00ebl Heinzer.<\/p>\n<p>Les progr\u00e8s viennent aussi des techniques de diagnostic. Pour \u00e9viter de passer des nuits \u00e0 analyser le sommeil \u2013 des proc\u00e9dures co\u00fbteuses et dont la disponibilit\u00e9 est restreinte \u2013, l\u2019\u00e9quipe de Rapha\u00ebl Heinzer a mis sur pied un outil de d\u00e9pistage. Le score NoSAS, \u00e9galement disponible sur une application pour smartphones, permet d\u2019identifier les risques d\u2019apn\u00e9e du sommeil. Le questionnaire porte sur cinq facteurs: le tour de cou, l\u2019indice de masse corporelle, le sexe, l\u2019\u00e2ge et les ronflements. \u00abSi le total est en dessous de huit points, le risque d\u2019apn\u00e9e du sommeil est exclu avec une certitude de 90 \u00e0 95%, dit le sp\u00e9cialiste. \u00c0 partir de huit, nous recommandons d\u2019en parler \u00e0 son m\u00e9decin qui pourra, s\u2019il le juge n\u00e9cessaire, organiser un examen du sommeil.\u00bb<\/p>\n<p>_______<\/p>\n<p>Une version de cet article est parue dans In Vivo magazine (no 14).<\/p>\n<p>Pour vous abonner \u00e0 In Vivo au prix de seulement CHF 20.- (d\u00e8s 20 euros) pour 6 num\u00e9ros, rendez-vous sur\u00a0<a href=\"http:\/\/www.invivomagazine.com\/\">invivomagazine.com<\/a>.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pr\u00e8s d\u2019un tiers de la population suisse souffre de troubles du sommeil. Les scientifiques d\u00e9veloppent des techniques allant d\u2019applications connect\u00e9es \u00e0 la robotique pour vaincre ce fl\u00e9au.<\/p>\n","protected":false},"author":20194,"featured_media":7569,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5],"tags":[1299],"class_list":["post-7568","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-latitude","tag-paru-dans-in-vivo","latitude"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/7568","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/20194"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=7568"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/7568\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":7570,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/7568\/revisions\/7570"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/7569"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=7568"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=7568"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=7568"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}