



{"id":7550,"date":"2018-05-31T23:12:35","date_gmt":"2018-05-31T21:12:35","guid":{"rendered":"https:\/\/largeur.com\/?p=7550"},"modified":"2018-06-01T15:42:33","modified_gmt":"2018-06-01T13:42:33","slug":"voyage-3","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=7550","title":{"rendered":"Au son du jazz de la Louisiane"},"content":{"rendered":"<p>La petite porte en bois rouge s\u2019ouvre sur une cave \u00e0 vins. On saisit une bouteille, on choisit quelques fromages empil\u00e9s dans un frigo et on sort par la porte bleue, sur la droite. Bienvenue dans un monde que l\u2019on croyait disparu. La foule se pr\u00e9lasse dans un grand jardin rempli d\u2019arbres auxquels sont accroch\u00e9s des petits lampions aux airs de lucioles. L\u2019air est humide, presque sulfureux. On s\u2019assied \u00e0 l\u2019une des tables rondes en fer noir. Et on se laisse emporter par ce jazz si typique de la Nouvelle-Orl\u00e9ans, interpr\u00e9t\u00e9 par un groupe sous un auvent.<\/p>\n<p>Le bar Bacchanal se trouve dans le Bywater, un quartier ravag\u00e9 par l\u2019ouragan Katrina, qui revit aujourd\u2019hui. Certaines ruelles sont encore vides, mais la plupart sont \u00e0 nouveau garnies de charmantes maisonnettes de couleur rose vif ou turquoise. Les petits bars et caf\u00e9s y pullulent.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-7553\" src=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/ImageJour_310518.jpg\" alt=\"\" width=\"468\" height=\"311\" srcset=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/ImageJour_310518.jpg 468w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/ImageJour_310518-300x199.jpg 300w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/ImageJour_310518-272x182.jpg 272w\" sizes=\"auto, (max-width: 468px) 100vw, 468px\" \/><\/p>\n<p>L\u2019enivrante atmosph\u00e8re du bar Bacchanal symbolise ce qu\u2019est devenue la Nouvelle-Orl\u00e9ans: une ville pleine de charme, o\u00f9 la cuisine et la f\u00eate occupent une place cruciale, voire vitale. Et l\u2019histoire de la ville, une colonie d\u2019abord espagnole puis fran\u00e7aise, lui donne une identit\u00e9 particuli\u00e8re. \u00abLa Nouvelle-Orl\u00e9ans n\u2019a rien \u00e0 voir avec le reste des Etats-Unis, explique Chere Coen, une \u00e9crivaine de la r\u00e9gion. La population a des origines diff\u00e9rentes de celle du reste du pays. Leurs anc\u00eatres sont principalement venus d\u2019Espagne, de France, du Canada et d\u2019Ha\u00efti, ce qui a contribu\u00e9 \u00e0 nous donner une identit\u00e9 plus europ\u00e9enne qu\u2019anglo-saxonne.\u00bb<\/p>\n<p>Cette particularit\u00e9 se refl\u00e8te dans l\u2019architecture de la ville: le quartier fran\u00e7ais de la Nouvelle-Orl\u00e9ans, merveille d\u2019architecture coloniale, est parfaitement adapt\u00e9 \u00e0 la marche \u00e0 pied \u2013 une raret\u00e9 aux Etats-Unis. Autre illustration de ce ph\u00e9nom\u00e8ne: la cuisine. Les restaurants succulents abondent, comme Antoine\u2019s et Galatoire\u2019s. \u00abLes habitants de la Nouvelle-Orl\u00e9ans aiment bien manger, on aime bien vivre\u00bb, r\u00e9sume Chere Coen.<\/p>\n<p><strong>La splendeur des plantations<\/strong><\/p>\n<p>Lorsqu\u2019on quitte la Nouvelle-Orl\u00e9ans par l\u2019ouest, la route traverse des champs \u00e0 perte de vue. Le paysage est plat, sauvage. Les ch\u00eanes recouverts de mousse espagnole abondent. On aper\u00e7oit aussi au loin quelques raffineries et des derricks, symboles de l\u2019\u00e9conomie locale qui repose essentiellement sur le p\u00e9trole. Le long du Mississipi, on trouve de nombreuses plantations de coton et de sucre qui ont jadis fait de la Louisiane l\u2019un des Etats les plus riches du continent am\u00e9ricain. Quelques-unes sont encore actives. D\u2019autres moisissent sur place, \u00e9cras\u00e9es par le soleil et l\u2019humidit\u00e9.<\/p>\n<p>Une partie d\u2019entre elles ont \u00e9t\u00e9 reconverties en mus\u00e9es, comme la grandiose Oak Alley Plantation, qui se trouve dans la bourgade de Vacherie. De gigantesques ch\u00eanes bordent l\u2019all\u00e9e qui m\u00e8ne au manoir principal, d\u00e9cor\u00e9 avec des \u00e9normes colonnes grecques. Elle est r\u00e9put\u00e9e pour avoir abrit\u00e9 Louis de Point du Lac, le personnage incarn\u00e9 par Brad Pitt dans le film \u00abEntretien avec un vampire\u00bb.<\/p>\n<p>La plupart de ces fantastiques demeures \u00e9vitent soigneusement d\u2019aborder le sort des esclaves noirs qui les ont construites, puis anim\u00e9es. Toutes sauf une: la Whitney Plantation. La petite maison de couleur jaune, ouverte en d\u00e9cembre dernier, est devenue la premi\u00e8re plantation-mus\u00e9e \u00e0 aborder ouvertement la question de l\u2019esclavage, un sujet encore tabou dans le sud des Etats-Unis. La visite des lugubres cabines en bois cach\u00e9es au fond de la plantation en dit long sur les conditions de d\u00e9tention des esclaves.<\/p>\n<p><strong>Quiches \u00e0 l\u2019alligator<\/strong><\/p>\n<p>La voiture est secou\u00e9e par les cahots de la route, qui s\u2019\u00e9tend \u00e0 perte de vue entre ciel et terre. Une sensation l\u00e9g\u00e8rement inqui\u00e9tante, sachant que la bande d\u2019asphalte est perch\u00e9e sur des pilotis au-dessus d\u2019un vaste mar\u00e9cage. Le marais \u2013 le bayou comme on dit ici \u2013 est recouvert d\u2019arbres morts. Nous arrivons au Pays Cajun, une r\u00e9gion qui a conserv\u00e9 un caract\u00e8re unique.<\/p>\n<p>L\u2019endroit est habit\u00e9 par les descendants de colons fran\u00e7ais catholiques qui se sont install\u00e9s en Nouvelle-Ecosse (Canada) en 1700, avant de s\u2019en faire chasser par les Britanniques. Les rescap\u00e9s se sont r\u00e9fugi\u00e9s en Louisiane, o\u00f9 ils ont pr\u00e9serv\u00e9 leurs traditions et leur culture durant des si\u00e8cles. Aujourd\u2019hui, il reste 100\u2019000 personnes qui parlent encore couramment la langue de Moli\u00e8re, avec une sorte de vieil accent fran\u00e7ais du XIXe si\u00e8cle marqu\u00e9 par des \u00abr\u00bb roul\u00e9s.<\/p>\n<p>Ici, pas de burgers ou de frites. On se d\u00e9lecte de quiches \u00e0 l\u2019alligator, d\u2019\u00e9crevisses \u00e0 l\u2019\u00e9touff\u00e9e et de boudin. La nature reste l\u2019attraction la plus spectaculaire. On peut visiter des mar\u00e9cages \u00e0 l\u2019atmosph\u00e8re fantomatique, avec ses alligators et ses oiseaux rares.<\/p>\n<p>La meilleure chose \u00e0 faire? Louer un cabanon au bord d\u2019un des nombreux lacs de la r\u00e9gion, allumer un feu, faire griller un steak au barbecue, ouvrir une bi\u00e8re. Et \u00e9couter les criquets s\u2019\u00e9gosiller autour de soi.<\/p>\n<p>_______<\/p>\n<p><strong>L\u2019h\u00f4tel: Madewood Plantation, Napoleonville<\/strong><\/p>\n<p>Ce magnifique manoir blanc sur une ancienne plantation donne la sensation de remonter dans le temps. La demeure habrite de splendides antiquit\u00e9s. Certains disent que la maison est hant\u00e9e.<\/p>\n<p><strong>Le bar: Bacchanal, Nouvelle-Orl\u00e9ans<\/strong><\/p>\n<p>Dans le quartier gentrifi\u00e9 de Bywater, Bacchanal sert du vin rouge et des petits plats dans un jardin atmosph\u00e9rique. Et organise des concerts de jazz tous les soirs.<\/p>\n<p><strong>La visite insolite: Petite Anse<\/strong><\/p>\n<p>Situ\u00e9e sur un d\u00f4me salin, l\u2019\u00eele Petite Anse est l\u2019improbable lieu de naissance du Tabasco. Au sommet du monticule, on trouve l\u2019usine originale de cette sauce rouge \u00e9pic\u00e9e invent\u00e9e par Edmund McIlhenny en 1868. Un petit mus\u00e9e revient sur son proc\u00e9d\u00e9 de fabrication et un magasin vend des produits pour les amateurs d\u2019\u00e9pices, comme du coca, de la glace et du chocolat au Tabasco.<\/p>\n<p>_______<\/p>\n<p>Une version de cet article est parue dans Swissquote Magazine.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les vieilles ruelles de la Nouvelle-Orl\u00e9ans, le charme des bayous et l\u2019atmosph\u00e8re des plantations font de cet Etat du Sud l\u2019une des r\u00e9gions les plus particuli\u00e8res des Etats-Unis. Plong\u00e9e au sein de ce sulfureux paradis.<\/p>\n","protected":false},"author":19990,"featured_media":7553,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5],"tags":[],"class_list":["post-7550","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-latitude","latitude"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/7550","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/19990"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=7550"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/7550\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":7556,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/7550\/revisions\/7556"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/7553"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=7550"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=7550"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=7550"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}