



{"id":750,"date":"2001-05-28T00:00:00","date_gmt":"2001-05-27T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=750"},"modified":"-0001-11-30T00:00:00","modified_gmt":"-0001-11-29T22:00:00","slug":"e-banking","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=750","title":{"rendered":"Malheurs et esp\u00e9rances de la banque en ligne"},"content":{"rendered":"<p>Internet, les banquiers aussi y ont cru. Il y a \u00e0 peine deux ans, tout ce qui touchait au Web suscitait chez eux des r\u00e9actions euphoriques. Les activit\u00e9s bancaires virtuelles promettaient de juteux b\u00e9n\u00e9fices. Et il fallait s\u2019y mettre vite, avant que les courtiers en ligne ne raflent le march\u00e9.<\/p>\n<p>Mais depuis la chute boursi\u00e8re de l&rsquo;ann\u00e9e derni\u00e8re, le potentiel de client\u00e8le a \u00e9t\u00e9 s\u00e9v\u00e8rement revu \u00e0 la baisse. Ce printemps 2001 a \u00e9t\u00e9 celui de toutes les douches froides. La prestigieuse banque Vontobel a perdu 250 millions de francs suisses dans un projet avort\u00e9 de banque priv\u00e9e en ligne. Le projet avait \u00e9t\u00e9 conduit par les consultants pourtant tr\u00e8s respect\u00e9s de Pricewaterhouse Coopers.<\/p>\n<p>Comment expliquer une telle d\u00e9b\u00e2cle? Dans le e-banking, les investissements sont tellement lourds que le moindre ajustement strat\u00e9gique co\u00fbte tout de suite tr\u00e8s cher. Y compris chez le Credit Suisse Group, qui passe pour une r\u00e9f\u00e9rence en mati\u00e8re de banque virtuelle. En avril, le groupe zurichois a renonc\u00e9 \u00e0 un projet de centre de courtage en ligne europ\u00e9en bas\u00e9 au Luxembourg. Facture: 57 millions de francs suisses. <\/p>\n<p>Ce printemps toujours, l\u2019UBS a perdu des plumes dans l\u2019abandon d\u2019un projet internet destin\u00e9 au grand public. A la suite du rachat de l\u2019am\u00e9ricaine PaineWebber, la premi\u00e8re banque de Suisse a r\u00e9orient\u00e9 sa strat\u00e9gie vers un segment de client\u00e8le haut de gamme. Du coup, le site en pr\u00e9paration s\u2019est retrouv\u00e9 \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la cible. L\u2019UBS a ainsi vu s\u2019envoler 152 millions de francs, un chiffre cit\u00e9 par Larissa Alghisi, porte-parole de l\u2019\u00e9tablissement.<\/p>\n<p>Le secteur bancaire tire les le\u00e7ons de ses d\u00e9buts sur la toile et s\u2019aper\u00e7oit \u00abque le client souhaite toujours qu\u2019une personne en chair et en os le conseille pour ses investissements\u00bb, selon Ruth Stadelmann, porte-parole au Credit Suisse Group. <\/p>\n<p>Le 100% virtuel a cependant toujours des adeptes. Vendredi dernier, la premi\u00e8re banque suisse uniquement sur internet est entr\u00e9e en activit\u00e9. Les boursicoteurs connaissaient d\u00e9j\u00e0 Swissquote, le site de courtage en ligne bas\u00e9 \u00e0 Gland, dans le canton de Vaud. Maintenant, Swissquote est aussi une banque. Une banque sans guichet. La client\u00e8le peut y ouvrir des comptes pour effectuer des op\u00e9rations sur les places am\u00e9ricaines ou acheter les produits financiers d\u2019autres \u00e9tablissements. La nouvelle entit\u00e9 appartient \u00e0 51% \u00e0 Swissquote Group, cot\u00e9 sur le nouveau march\u00e9 suisse, et \u00e0 49% au groupe Zurich, poids lourd de l\u2019assurance et des services financiers. <\/p>\n<p>Le phase de retour au contact humain que traverse le secteur bancaire n\u2019inqui\u00e8te cependant pas Marc Burki, directeur de Swissquote Holding. \u00abLes clients de notre banque ne transf\u00e8rent pas toutes leurs affaires chez nous car nous n\u2019offrons pas l\u2019ensemble des services traditionnels. Dans notre cr\u00e9neau, on peut imaginer une relation avec la client\u00e8le sans contact direct.\u00bb<\/p>\n<p>Quels sont les secrets du passage r\u00e9ussi des banques sur internet? Dans son <a href=\"http:\/\/www.pictet.ch\/en\/services\/research\/sector\/banks\" target=_blank class=std>\u00e9tude<\/a> publi\u00e9e r\u00e9cemment, Claudia von T\u00fcrk, analyste chez Pictet, s\u2019attaque \u00e0 un mythe, celui du gain en productivit\u00e9 qu\u2019on attribue au r\u00e9seau. Du moment que le client en ligne effectue lui-m\u00eame ses op\u00e9rations bancaires, on pouvait imaginer une baisse consid\u00e9rable des co\u00fbts. Mais la r\u00e9alit\u00e9 n\u2019est pas aussi simple. Selon une enqu\u00eate internationale, \u00e0 peine 5% des \u00e9tablissements interrog\u00e9s ont effectivement r\u00e9alis\u00e9 des \u00e9conomies avec leurs activit\u00e9s en ligne. Pire, chez plusieurs d\u2019entre eux, les co\u00fbts ont m\u00eame augment\u00e9.<\/p>\n<p>C\u2019est que le client ne souhaite pas du tout quitter sa vieille filiale pour son terminal. Il continue \u00e0 fr\u00e9quenter son banquier et profite de la commodit\u00e9 d\u2019internet pour solliciter davantage de services.<\/p>\n<p>Wells Fargo est l\u2019une des rares banques \u00e0 gagner plus d\u2019argent gr\u00e2ce \u00e0 internet. Sa strat\u00e9gie: augmenter la consommation de prestations et le volume des fonds plut\u00f4t que r\u00e9duire les co\u00fbts. La banque am\u00e9ricaine offre des services gratuits \u00e0 ceux qui d\u00e9posent plus de 5\u2019000 dollars sur leur compte. Elle propose aussi des produits cibl\u00e9s en fonction du profil du client. R\u00e9sultat, les e-clients rapportent 50% de plus que le reste de la client\u00e8le.<\/p>\n<p>Dans le domaine particuli\u00e8rement rentable de la gestion de fortune, les banquiers doivent s\u2019attendre \u00e0 une concurrence toujours plus s\u00e9rieuse de la part des courtiers en ligne. <\/p>\n<p>Selon Claudia von T\u00fcrk, des prestations bon march\u00e9 ne sont pas le seul atout du courtage virtuel. Il y a aussi la fa\u00e7on dont les courtiers en ligne ont su, du moins aux Etats-Unis, int\u00e9grer \u00e0 leur offre des activit\u00e9s de conseil et des services compl\u00e9mentaires. Jusqu\u2019ici, ceux-ci n\u2019avaient pas pour cible la client\u00e8le fortun\u00e9e, qui restait dans le giron des banques traditionnelles. Pour combien de temps encore? Des brokers am\u00e9ricains commencent \u00e0 s\u2019int\u00e9resser au segment des investisseurs qui disposent de plus d\u2019un million de dollars. La lutte s\u2019annonce impitoyable. <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Alors que le courtier Swissquote ouvre la premi\u00e8re banque virtuelle de Suisse, les g\u00e9ants du secteur perdent des millions dans de retentissants e-ratages. Quel avenir pour le e-banking?<\/p>\n","protected":false},"author":20,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[],"class_list":["post-750","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-kapital","kapital"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/750","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/20"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=750"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/750\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=750"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=750"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=750"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}