



{"id":7455,"date":"2018-04-30T23:26:04","date_gmt":"2018-04-30T21:26:04","guid":{"rendered":"https:\/\/largeur.com\/?p=7455"},"modified":"2018-04-30T17:37:56","modified_gmt":"2018-04-30T15:37:56","slug":"horlogerie-9","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=7455","title":{"rendered":"Fleurier, manufacture \u00e0 ciel ouvert"},"content":{"rendered":"<p>Pour le visiteur de passage, le meilleur moyen d\u2019embrasser du regard tout le Val-de-Travers consiste \u00e0 monter \u00e0 pr\u00e8s de 1000 m d\u2019altitude, au nid d\u2019aigle surnomm\u00e9 le \u00abChapeau de Napol\u00e9on\u00bb qui surplombe Fleurier. De l\u00e0, le panorama est impre\u00adnable: la vue plonge en direction de Fleurier, M\u00f4tiers et au-del\u00e0. Attention, route difficilement praticable en hiver! Mais pourquoi ce surnom? Vue d\u2019en bas, la montagne rappelle la forme du c\u00e9l\u00e8bre bicorne de Bonaparte.<\/p>\n<p>Comme pour d\u2019autres vall\u00e9es de l\u2019Arc jurassien, encaiss\u00e9es et d\u00e9bouchant sur la France, la g\u00e9ographie fournit une partie des explications pour lesquelles les activit\u00e9s horlog\u00e8res ont trouv\u00e9 un terrain favorable dans le Val-de-Travers au XVIIIe si\u00e8cle \u2013 cinquante ans certes apr\u00e8s La Chaux-de-Fonds et Le Locle mais avec une mobilisation rapide de la main-d\u2019oeuvre locale.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-7458\" src=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2018\/04\/img_du_jour_30_avril_2018.jpg\" alt=\"\" width=\"468\" height=\"311\" srcset=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2018\/04\/img_du_jour_30_avril_2018.jpg 468w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2018\/04\/img_du_jour_30_avril_2018-300x199.jpg 300w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2018\/04\/img_du_jour_30_avril_2018-272x182.jpg 272w\" sizes=\"auto, (max-width: 468px) 100vw, 468px\" \/><\/p>\n<p><strong>De la dentellerie \u00e0 l\u2019horlogerie<\/strong><\/p>\n<p>\u00abAvant l\u2019horlogerie, la sp\u00e9cificit\u00e9 r\u00e9gionale \u00e9tait la dentellerie, rappelle Laurent Tissot, professeur d\u2019histoire \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Neuch\u00e2tel. Un bon millier de travailleuses y avaient d\u00e9j\u00e0 l\u2019habitude de manipuler des mati\u00e8res d\u00e9licates, en l\u2019occurrence des \u00e9toffes. Les ateliers \u00e9taient des sortes de multinationales: certaines entreprises avaient des interm\u00e9diaires \u00e0 Lyon par exemple. D\u00e8s le XVIIIe si\u00e8cle, on voit des pi\u00e8ces d\u2019horlogerie appara\u00eetre dans les archives de production de ces ateliers.\u00bb<\/p>\n<p>David-Jean-Jacques-Henri Vaucher (1712-1786) est consid\u00e9r\u00e9 comme le premier horloger de Fleurier. Selon la l\u00e9gende, il aurait appris son m\u00e9tier aupr\u00e8s d\u2019un ouvrier du mythique Daniel Jeanrichard. Il fonde une dynastie d\u2019horlogers et sera suivi en cela par de nombreuses autres familles de la vall\u00e9e, comme les Bovet ou les Juvet. Les Berthoud, quant \u00e0 eux, sont originaires de Couvet: Ferdinand Berthoud y fait son apprentis\u00adsage avant de partir \u00e0 Paris, o\u00f9 il devient un horloger extr\u00eamement r\u00e9put\u00e9.<\/p>\n<p>A ces pionniers des ann\u00e9es 1730 succ\u00e8de la mise en place d\u2019un dense syst\u00e8me d\u2019\u00ab\u00e9tablissage\u00bb dans toute la vall\u00e9e: une multitude de petits ateliers fami\u00adliaux se forment, qui fabrique chacun une partie de la montre. \u00abLes gens abandonnent un peu les travaux des champs : ce sont des sous-traitants occa\u00adsionnels. Des n\u00e9gociants neuch\u00e2telois ou genevois commandent ces compo\u00adsants et les assemblent pour commer\u00adcialiser les montres finies\u00bb, explique Laurence Vaucher, directrice du Mus\u00e9e du Val-de-Travers \u00e0 Fleurier.<\/p>\n<p><strong>L\u2019eldorado chinois ne date pas d\u2019hier<\/strong><\/p>\n<p>Un premier coup d\u2019arr\u00eat \u00e0 l\u2019expansion horlog\u00e8re est donn\u00e9 par l\u2019instabilit\u00e9 de la p\u00e9riode napol\u00e9onienne. C\u2019est dans ce contexte qu\u2019Edouard Bovet se rend \u00e0 Londres, puis a l\u2019occasion de voyager en Chine, o\u00f9 na\u00eetra le deuxi\u00e8me souffle de l\u2019horlogerie du Val-de-Travers. D\u00e9tenteur d\u2019une concession du pouvoir chinois, il se lance en effet dans la fabrication de garde-temps destin\u00e9s sp\u00e9cifique\u00adment aux clients d\u2019Extr\u00eame-Orient. Une p\u00e9riode faste s\u2019ouvre: de nombreux autres horlogers suivent son exemple et produisent des montres par paires, orn\u00e9es de motifs en \u00e9mail tr\u00e8s classiques figu\u00adrant des paysages ou des sc\u00e8nes de salons europ\u00e9ens, dont les Chinois sont friands.<\/p>\n<p>En 1851, la premi\u00e8re \u00e9cole d\u2019horlogerie de Fleurier ouvre ses portes. Quelques d\u00e9cennies plus tard, une production plus industrielle et automatis\u00e9e se d\u00e9ve\u00adloppe, autour de fabriques de grande taille comme Fleurier Watch Co qui produisent des volumes importants de montres courantes. Une nouvelle crise horlog\u00e8re majeure survient dans les remous de la Grande D\u00e9pression, pr\u00e9cise Laurence Vaucher: \u00abLa Conf\u00e9d\u00e9ration intervient en cr\u00e9ant des p\u00f4les natio\u00adnaux. Les fabricants sont oblig\u00e9s de se fondre dans des entit\u00e9s plus grandes et les petits ateliers disparaissent. Il y a eu jusqu\u2019\u00e0 trois fabriques d\u2019aiguilles diff\u00e9rentes \u00e0 Fleurier!\u00bb<\/p>\n<p><strong>Renaissance au tournant du mill\u00e9naire<\/strong><\/p>\n<p>Le coup de gr\u00e2ce pour les grands noms locaux survient lors de la crise du quartz des ann\u00e9es 1970. \u00abL\u2019horlogerie dispara\u00eet alors pratiquement de la vall\u00e9e, \u00e0 l\u2019ex\u00adception de Piaget \u00e0 La C\u00f4te-aux-F\u00e9es, qui a toujours eu l\u2019intelligence de travailler dans le haut de gamme et a continu\u00e9 \u00e0 parier sur le luxe\u00bb, explique Jean-Patrice Hofner, pr\u00e9sident de la Fondation Qua\u00adlit\u00e9 Fleurier, un organe de certification horlog\u00e8re d\u2019excellence.<\/p>\n<p>C\u2019est avec la forte (re)mont\u00e9e en gamme de l\u2019horlogerie suisse dans les ann\u00e9es 1990 que l\u2019industrie retrouvera un ancrage fort \u00e0 Fleurier et dans le Val-de-Travers. Sous l\u2019impulsion d\u2019un homme en particulier: Michel Parmigiani, un restaurateur horloger qui reprend l\u2019h\u00e9\u00adritage des grandes familles de la val\u00adl\u00e9e pour fonder sa marque Parmigiani Fleurier en 1996 puis un petit empire industriel dont l\u2019un des noyaux durs est le motoriste Vaucher Manufacture. Sa success story \u00abmontre l\u2019importance de se baser \u00e0 la fois sur le g\u00e9nie local et sur des finances ext\u00e9rieures, selon Jean-Patrice Hofner. Michel Parmigiani a en effet eu la chance de restaurer des pi\u00e8ces horlog\u00e8res de la tr\u00e8s importante collection de la Fondation de Famille Sandoz, qui l\u2019a aid\u00e9 \u00e0 lancer sa propre marque.\u00bb Aux c\u00f4t\u00e9s de la fondation, Herm\u00e8s International investit \u00e9gale\u00adment dans Vaucher Manufacture.<\/p>\n<p>La graine plant\u00e9e par Michel Parmigiani fleurira vite\u2026 Parmi d\u2019autres horlogers qui misent \u00e0 nouveau sur le Val-de-Travers, Pascal Raffy relance en 2001 la marque Bovet, qu\u2019il installera dans le Ch\u00e2teau de M\u00f4tiers. Le ma\u00eetre-horloger Kari Voutilainen s\u2019est \u00e9tabli dans la m\u00eame commune. L\u2019histoire horlog\u00e8re du Val-de-Travers continue de s\u2019\u00e9crire!<\/p>\n<p>_______<\/p>\n<p><strong>Fondation Qualit\u00e9 Fleurier<\/strong><\/p>\n<p>C\u2019est en 2001 que Parmigiani Fleurier, Bovet et Chopard s\u2019associent autour d\u2019un projet: la Fondation Qualit\u00e9 Fleurier, un organe de certification horlo\u00adg\u00e8re de tr\u00e8s haut niveau. \u00abNous avons r\u00e9alis\u00e9 les pre\u00admi\u00e8res certifications en 2004, explique son pr\u00e9sident Jean-Patrice Hofner. C\u2019est un processus tr\u00e8s long que de certifier une montre selon nos standards: il peut prendre entre six mois et\u2026 quatre ans.\u00bb<\/p>\n<p>La fondation certifie environ 250 garde-temps par an. \u00abTous les composants de la montre doivent \u00eatre suisses, ce dont il s\u2019agit de s\u2019assurer aupr\u00e8s des four\u00adnisseurs. Apr\u00e8s les tests Chronofiable et COSC r\u00e9ali\u00ads\u00e9s sur leur r\u00e9sistance et leur pr\u00e9cision, la perfection esth\u00e9tique de chaque composant est \u00e9tudi\u00e9e puis les mod\u00e8les passent par nos redoutables simulateurs de porter dynamiques et en trois dimensions. Ceux-ci reproduisent des mouvements r\u00e9alis\u00e9s au golf, en marchant, en courant, etc.\u00bb<\/p>\n<p>Les membres de la fondation sont issus des marques, mais aussi des pouvoirs publics ou d\u2019organismes \u00e0 but non lucratif. Une commission technique ind\u00e9pen\u00addante est charg\u00e9e d\u2019arbitrer en cas de conflit. A noter que depuis 2014, un nouveau d\u00e9partement, le FQF Lab, permet aux marques non d\u00e9sireuses d\u2019effectuer une certification d\u2019utiliser les simulateurs de la fondation.<\/p>\n<p>_______<\/p>\n<p>Une version de cet article est parue dans le magazine Les Ambassadeurs (no 18).<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le Val-de-Travers a connu une histoire horlog\u00e8re mouvement\u00e9e, des pionniers pr\u00e9industriels \u00e0 la vogue des montres chinoises de Bovet au XIXe si\u00e8cle. La tradition est \u00e0 nouveau solidement ancr\u00e9e sur place. Reportage.<\/p>\n","protected":false},"author":19840,"featured_media":7458,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[],"class_list":["post-7455","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-kapital","kapital"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/7455","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/19840"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=7455"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/7455\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":7460,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/7455\/revisions\/7460"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/7458"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=7455"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=7455"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=7455"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}