



{"id":744,"date":"2001-05-21T00:00:00","date_gmt":"2001-05-20T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=744"},"modified":"2017-07-12T11:31:36","modified_gmt":"2017-07-12T09:31:36","slug":"portrait-4","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=744","title":{"rendered":"Le premier internaute: Albert de Haller (1708-1777)"},"content":{"rendered":"<p>Le premier homme en r\u00e9seau \u00e9tait-il bernois? A la fois m\u00e9decin, botaniste, po\u00e8te et magistrat, Albert de Haller avait tiss\u00e9 sa propre toile mondiale de communication en plein XVIIIe si\u00e8cle. Il correspondait avec des centaines de grands esprits de son si\u00e8cle. Il a envoy\u00e9 pr\u00e8s de 17\u2019000 lettres.<\/p>\n<p>Networker avant l\u2019heure, cet esprit encyclop\u00e9dique a occup\u00e9, gr\u00e2ce \u00e0 son remarquable talent de communicateur une position exceptionnelle en tant que \u00abf\u00e9condateur\u00bb intellectuel de presque toutes les sciences et de la litt\u00e9rature.<\/p>\n<p>A l\u2019\u00e9poque des diligences, Albert de Haller (1708-1777) devan\u00e7ait le r\u00e9seau mondial en envoyant, sans \u00abmailing list\u00bb, des milliers de lettres r\u00e9dig\u00e9es \u00e0 la plume d\u2019oie, en latin, allemand ou fran\u00e7ais.<\/p>\n<p>Son r\u00e9seau de 1200 correspondants (1150 hommes et 50 femmes), r\u00e9parti de Dublin \u00e0 Moscou et de Stockholm \u00e0 Malaga, a permi aux cercles des savants de l\u2019\u00e9poque d\u2019\u00e9changer des r\u00e9sultats et d\u2019avancer dans leurs \u00e9tudes. Son syst\u00e8me fonctionnait par la mise en r\u00e9seau, comme le Net 250 ans plus tard.<\/p>\n<p>Sa biblioth\u00e8que comptait 20&rsquo;000 livres, qu\u2019il aurait tous lus. En revanche, pas trace d\u2019un miroir dans son appartement. Pour ce qui est de son caract\u00e8re, laissons le soin \u00e0 Casanova, le libertin italien, de nous le <a href=http:\/\/www.snl.ch\/d\/fuehr\/expvirt\/etinhelv\/casanov1.htm target=_blank class=std>d\u00e9crire<\/a>: \u00abCe gros Suisse \u00e9tait un savant de premier ordre, mais il ne l\u2019\u00e9tait ni par ostentation, ni lorsqu\u2019il \u00e9tait en famille, ni quand il se trouvait en soci\u00e9t\u00e9 des personnes qui pour s\u2019amuser n\u2019ont pas besoin de discours scientifiques. Il se mettait \u00e0 port\u00e9e de tout son monde, il \u00e9tait aimable, et il ne d\u00e9plaisait \u00e0 personne. Il n\u2019avait aucun des d\u00e9fauts des gens qu\u2019on appelle d\u2019esprit, et des doctes.\u00bb <\/p>\n<p>A Berne, au <a href=http:\/\/www.mfk.ch\/franz\/dfxx000.htm target=_blank class=std>Mus\u00e9e de la Communication<\/a> &#8211; qui consacre une expo \u00e0 Haller -, le premier contact avec le personnage se fait par le biais de sa monumentale table de travail, v\u00e9ritable centre de gravitation de son r\u00e9seau. L\u2019\u0153uvre en palissandre command\u00e9e \u00e0 un \u00e9b\u00e9niste talentueux est compos\u00e9e d\u2019une vingtaines de tiroirs de toutes tailles, d\u2019un plateau rabattable, le tout surmont\u00e9 d\u2019une horloge int\u00e9gr\u00e9e.<\/p>\n<p>A l\u2019image d\u2019un accro du Web, il ne se contentait pas d\u2019y travailler. Il y prenait ses repas qui lui \u00e9taient livr\u00e9s d\u00e9bit\u00e9s en bouch\u00e9es pr\u00eates \u00e0 \u00eatre englouties. Un v\u00e9ritable \u00abworkaholic\u00bb, qui ne se contentait jamais de faire une seule chose \u00e0 la fois. Pour mener \u00e0 bien ses innombrables activit\u00e9s, Albert de Haller \u00e9tait devenu un \u00abtravailleur en simultan\u00e9\u00bb, lisant des trait\u00e9s pendant les consultations de ses patients ou r\u00e9digeant des lettres lors d\u2019entretiens avec ses \u00e9tudiants.  <\/p>\n<p>Parcourir l\u2019expo qui lui est consacr\u00e9e, c\u2019est d\u00e9ambuler entre deux \u00abr\u00e9seaux\u00bb, confrontation d\u2019un r\u00e9seau primitif avec les possibilit\u00e9s actuelles du Net. Sa toile du XXVIIIe si\u00e8cle  \u2013 des vitrines remplies de manuscrits jaunis, fleurs s\u00e9ch\u00e9es ou instruments d\u2019op\u00e9ration \u2013 et , en regard, notre r\u00e9seau du XXIe si\u00e8cle, une succession de cinq ordinateurs branch\u00e9s sur des sites consacr\u00e9s \u00e0 ses principaux centres d\u2019int\u00e9r\u00eat.<\/p>\n<p>Botaniste, Albert de Haller se servait de la communication \u00e0 distance pour \u00e9changer des graines et des plantes s\u00e9ch\u00e9es &#8211; ses \u00abpi\u00e8ces jointes\u00bb &#8211; venant de toute l\u2019Europe. Il a ainsi contribu\u00e9 \u00e0 r\u00e9volutionner le monde de la botanique. On lui doit le premier trait\u00e9 complet de la flore de Suisse et les premi\u00e8res exp\u00e9riences sur la nouvelle plante fourrag\u00e8re qu\u2019\u00e9tait le sainfoin.<\/p>\n<p>L\u2019ordinateur plac\u00e9 en face de la vitrine contenant son merveilleux herbier renvoie \u00e0 un moteur de recherche fictif, le \u00abWebotanizer\u00bb, qui montre \u00e0 quel point il est plus facile aujourd\u2019hui de r\u00e9unir des donn\u00e9es sur la botanique.<\/p>\n<p>M\u00e9decin, le plus c\u00e9l\u00e8bre des Bernois jouissait d\u2019une r\u00e9putation exceptionnelle. Des patients le consultaient par \u00e9crit des quatre coins de l\u2019Europe. Des coll\u00e8gues lui demandaient, par courrier \u00e9galement, son avis sur des cas de maladies les plus diverses.<\/p>\n<p>Le r\u00e9seau 2001 est branch\u00e9 lui sur le centre d\u2019appel m\u00e9dical, le <a href=http:\/\/www.medgate.ch target=_blank class=std>Medgate<\/a>, qui permet de voir comment s\u2019y d\u00e9roule une consultation \u00e0 distance.<\/p>\n<p>Gr\u00e2ce \u00e0 la publication du recueil \u00abLes Alpes\u00bb, de Haller est devenu l\u2019un des po\u00e8tes les plus c\u00e9l\u00e8bres de son temps. Il y fustige le genre de vie artificielle des citadins pour chanter les louanges du p\u00e2tre qui vit sans besoins mais libre. Il donne de la sorte un s\u00e9rieux coup de pouce \u00e0 ce qui allait devenir le tourisme alpestre. Ses \u00e9changes \u00e9pistolaires avec des critiques, des \u00e9diteurs et quantit\u00e9 d\u2019admirateurs et admiratrices lui ont permis d\u2019avoir des \u00e9chos directs de son travail. Un feedback.<\/p>\n<p>Si l\u2019exposition para\u00eet trop petite pour un si grand homme, libre \u00e0 nous de \u00absemer \u00e0 tous vents\u00bb son sainfoin dans des espaces plus vastes ou de nous consoler en buvant sa c\u00e9l\u00e8bre tisane. Deux produits en vente dans la boutique du mus\u00e9e.<\/p>\n<p>&#8212;&#8212;-<br \/>\nJe vous recommande vivement le parcours \u00abSur les traces de Haller\u00bb, un tour de ville en compagnie d\u2019un guide et d\u2019un acteur qui font revivre, in situ, notre cyberanc\u00eatre. Informations sur <a href=http:\/\/www.stattland.ch target=_blank class=std>Stattland.ch<\/a>.<\/p>\n<p>\u00abConversations \u00e0 distance. Les 17&rsquo;000 lettres d\u2019Albert de Haller, savant universel\u00bb, au Mus\u00e9e de la Communication. Jusqu&rsquo;au 24 f\u00e9vrier 2002.<\/p>\n<p>A consulter aussi, le site consacr\u00e9 \u00e0 <a href=http:\/\/www.haller.unibe.ch target=_blank class=std>Albert de Haller<\/a>.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cet encyclop\u00e9diste bernois du XVIIIe si\u00e8cle a utilis\u00e9 la communication massive pour faire avancer la connaissance. 17\u2019000 lettres en une vie. Il a pr\u00e9figur\u00e9 l\u2019homme-internet. Une expo lui est consacr\u00e9e \u00e0 Berne.<\/p>\n","protected":false},"author":375,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[1298],"class_list":["post-744","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-pop-culture","tag-chroniques","pop-culture"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/744","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/375"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=744"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/744\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":5988,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/744\/revisions\/5988"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=744"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=744"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=744"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}