



{"id":7431,"date":"2018-04-24T23:07:33","date_gmt":"2018-04-24T21:07:33","guid":{"rendered":"https:\/\/largeur.com\/?p=7431"},"modified":"2018-04-24T18:20:32","modified_gmt":"2018-04-24T16:20:32","slug":"societe-31","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=7431","title":{"rendered":"La g\u00e9n\u00e9ration sandwich, entre autonomie et altruisme"},"content":{"rendered":"<p>Vous avez des enfants, un m\u00e9nage \u00e0 tenir, et vous vous occupez de vos parents ou grands-parents \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d\u2019un travail exigeant? Vous venez d\u2019atteindre la retraite tant attendue, mais partagez vos semaines entre les soins \u00e0 votre maman tr\u00e8s \u00e2g\u00e9e et la garde de vos petits-enfants? Vous vous demandez r\u00e9guli\u00e8rement: quand est-ce que je m\u2019occupe de moi? Alors vous faites partie de la \u00abg\u00e9n\u00e9ration sandwich\u00bb. Un concept apparu il y a d\u00e9j\u00e0 quelques d\u00e9cennies, mais qui prend, en ce d\u00e9but de XXIe si\u00e8cle, une nouvelle ampleur. Et invite \u00e0 une r\u00e9flexion passionnante sur notre conception de l\u2019individu et de sa libert\u00e9.<\/p>\n<p>Le terme d\u00e9signe, en r\u00e9alit\u00e9, davantage un \u00e2ge de la vie qu\u2019une g\u00e9n\u00e9ration telle que les baby-boomers (1945-1965) ou les X (1965-1980) \u2013 qui constituent pr\u00e9cis\u00e9ment le gros du \u00abclub sandwich\u00bb actuel. Un \u00e2ge, qui peut aller de la trentaine \u00e0 la soixantaine bien engag\u00e9e, pendant lequel une personne s\u2019occupe en m\u00eame temps \u2013 que ce soit par les soins, en assurant une pr\u00e9sence ou financi\u00e8rement \u2013 de proches plus \u00e2g\u00e9s et d\u2019enfants (ou de jeunes adultes). C\u2019est le cas de l\u2019architecte nyonnais David Prudente, 43 ans et papa d\u2019une fille de 2 ans. Il rend tr\u00e8s r\u00e9guli\u00e8rement visite \u00e0 son p\u00e8re, veuf, de 81 ans: \u00abJe le fais volontiers, m\u00eame si je ne me sens pas oblig\u00e9. Mais si je ne le vois pas pendant une semaine, il me dit: on ne se voit plus!\u00bb<\/p>\n<p>Prendre soin de ses proches, des petits comme des \u00e2g\u00e9s, est vieux comme le monde. Pourquoi en parler davantage aujourd\u2019hui? Chercheuse \u00e0 l\u2019Institut et Haute Ecole de la Sant\u00e9 La Source \u2013 HEDS La Source VD, Annie Oulevey Bachmann a consacr\u00e9 sa th\u00e8se en sciences infirmi\u00e8res au maintien de la sant\u00e9 dece qu\u2019elle pr\u00e9f\u00e8re appeler la \u00abg\u00e9n\u00e9ration pivot\u00bb. Pour cela, elle a interrog\u00e9 844 employ\u00e9s d\u2019une administration publique suisse, \u00e2g\u00e9s de 45 \u00e0 65 ans. Son enqu\u00eate r\u00e9v\u00e8le un faisceau de conditions nouvelles qui d\u00e9terminent l\u2019ampleur actuelle du ph\u00e9nom\u00e8ne sandwich.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-7434\" src=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2018\/04\/ImageJour_Sandwich_240418.jpg\" alt=\"\" width=\"468\" height=\"311\" srcset=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2018\/04\/ImageJour_Sandwich_240418.jpg 468w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2018\/04\/ImageJour_Sandwich_240418-300x199.jpg 300w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2018\/04\/ImageJour_Sandwich_240418-272x182.jpg 272w\" sizes=\"auto, (max-width: 468px) 100vw, 468px\" \/><\/p>\n<p><strong>Les proches de plus en plus sollicit\u00e9s<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019allongement de la dur\u00e9e de vie, d\u2019abord. Aujourd\u2019hui, il n\u2019est plus rare qu\u2019une seule g\u00e9n\u00e9ration sur quatre cotise au syst\u00e8me social dans une m\u00eame famille. Surtout, au-del\u00e0 de la question de la solidarit\u00e9 financi\u00e8re, le vieillissement implique de plus en plus les \u00abproches aidants\u00bb dans les soins quotidiens. En ce sens, les politiques publiques de promotion du maintien \u00e0 domicile, qui visent \u00e0 limiter l\u2019augmentation des co\u00fbts de la sant\u00e9, ont un effet double, note Annie Oulevey Bachmann. \u00abSi les politiques mettent en place tout un syst\u00e8me de soutien, comme des soins \u00e0 domicile de qualit\u00e9, le virage ambulatoire qui consiste \u00e0 renvoyer les patients le plus vite possible \u00e0 la maison accentue la pression sur l\u2019entourage, qui est plus sollicit\u00e9.\u00bb<\/p>\n<p>Or ces proches, conjoints, enfants ou amis, ont des vies tr\u00e8s actives et bigarr\u00e9es, bien \u00e9loign\u00e9es des mod\u00e8les familiaux traditionnels. Ils ont eu, par exemple, des enfants tardivement, ce qui provoque un chevauchement plus grand entre l\u2019\u00e9ducation des petits et le soutien aux vieux parents. Certains ont des enfants d\u00e9j\u00e0 adultes d\u2019un premier mariage, dont ils paient les \u00e9tudes, mais aussi des b\u00e9b\u00e9s issus de leur couple actuel, n\u00e9cessitant un tout autre engagement. D\u2019autres encore doivent verser une pension alimentaire ou ne peuvent pas compter sur l\u2019aide d\u2019un conjoint \u00e0 la maison. Mobilit\u00e9 et migrations obligent, ces personnes ont peut-\u00eatre de grandes distances \u00e0 franchir pour rejoindre leur travail ou le domicile de leurs parents. Enfin, il est possible qu\u2019elles encourent des pressions importantes dans le cadre de leur activit\u00e9 professionnelle.<\/p>\n<p>A ces tendances s\u2019ajoutent des facteurs de stress li\u00e9s, dans certains pays, \u00e0 la conjoncture \u00e9conomique, qui donne \u00e0 la famille ce que le sociologue fran\u00e7ais Serge Gu\u00e9rin a nomm\u00e9 un \u00abr\u00f4le d\u2019amortisseur de crise\u00bb. Annie Oulevey Bachmann a ainsi observ\u00e9, dans son \u00e9tude, que \u00abcertains employ\u00e9s envoyaient de l\u2019argent en Espagne ou au Portugal, \u00e0 leurs parents, dont les retraites avaient diminu\u00e9 drastiquement\u00bb. Quant aux jeunes, la crise retarde encore plus leur \u00e9mancipation: en Espagne, o\u00f9 51% des moins de 25 ans sont au ch\u00f4mage, huit jeunes de moins de 30 ans sur dix vivent toujours chez leurs parents.<\/p>\n<p><strong>Des semaines de 72 heures et un stress \u00e9lev\u00e9<\/strong><\/p>\n<p>Comment tout cela se traduit-il en termes horaires? Les 23% des personnes interrog\u00e9es par Annie Oulevey Bachmann qui tombent dans la cat\u00e9gorie sandwich consacrent en moyenne 27 heures par semaine \u00e0 la charge domestique et familiale, dont 6 aux enfants et\/ou petits-enfants, et 6 heures au soin de proches vieillissants. Pour une charge de travail totale, activit\u00e9 professionnelle incluse, de 72 heures par semaine en moyenne. Dans l\u2019une des rares autres \u00e9tudes comparatives sur la g\u00e9n\u00e9ration sandwich, conduite au Canada sur des chiffres de 2002, 70% de ses membres disaient ressentir un stress \u00abtr\u00e8s \u00e9lev\u00e9 ou plut\u00f4t \u00e9lev\u00e9\u00bb, contre 61% des personnes ne s\u2019occupant ni d\u2019enfants ni d\u2019a\u00een\u00e9s. Et pour beaucoup d\u2019entre elles, ce r\u00f4le impliquait des d\u00e9penses suppl\u00e9mentaires (40%), des activit\u00e9s sociales modifi\u00e9es (36%), ou des projets de vacances remani\u00e9s (26%).<\/p>\n<p>Etre ainsi \u00abpris en sandwich\u00bb, est-ce pour autant risquer l\u2019\u00e9touffement existentiel? Pas si s\u00fbr. La m\u00eame \u00e9tude canadienne, mais aussi celle conduite par le Pew Research Center aux Etats-Unis en 2012 montrent qu\u2019\u00eatre membre de la g\u00e9n\u00e9ration pivot n\u2019a aucune influence sur la satisfaction g\u00e9n\u00e9rale des personnes. Dans ses recherches, Annie Oulevey Bachmann a constat\u00e9 qu\u2019il n\u2019y avait pas de lien direct entre la coexistence des charges et une moins bonne sant\u00e9 de l\u2019individu. \u00abAvoir \u00e0 g\u00e9rer enfants et activit\u00e9 professionnelle et conjoint et parents, cela peut aider \u00e0 structurer son quotidien, \u00e0 mettre des limites. A condition d\u2019\u00eatre capable de prendre du recul, de ne pas se surengager.\u00bb<\/p>\n<p>Mieux, ce r\u00f4le de soutien peut m\u00eame augmenter l\u2019estime de soi, en donnant au proche aidant le sentiment de d\u00e9velopper ses comp\u00e9tences, tout en trouvant un sens \u00e0 sa vie. \u00abMais attention, pr\u00e9vient la chercheuse lausannoise. Il peut \u00eatre gratifiant de s\u2019occuper des gens, cela ne veut pourtant pas dire que dans dix ans, l\u2019accumulation d\u2019hormones de stress ne provoquera pas d\u2019ennui de sant\u00e9. Or beaucoup d\u2019\u00e9tudes montrent que si on prend soin de soi vers 45-60 ans, on sera en meilleure sant\u00e9 plus tard. Et on co\u00fbtera donc moins cher \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9\u2026\u00bb<\/p>\n<p><strong>La relation devient un \u00e9l\u00e9ment essentiel du moi<\/strong><\/p>\n<p>Dans ces conditions, qu\u2019est-ce qui pousse les 35-65 ans d\u2019aujourd\u2019hui \u00e0 s\u2019occuper tout autant, voire plus, des autres g\u00e9n\u00e9rations que par le pass\u00e9? Au risque d\u2019y user leur sant\u00e9, et malgr\u00e9 le sentiment de n\u2019avoir plus de temps pour soi?<\/p>\n<p>Pour David Prudente, il s\u2019agit d\u2019abord de \u00abrespect\u00bb. \u00abJe suis reconnaissant de ce que mon p\u00e8re m\u2019a transmis, de ce qu\u2019il a fait pour mes fr\u00e8res et moi. La moindre des choses, c\u2019est de lui rendre la pareille et de ne pas d\u00e9l\u00e9guer cela \u00e0 d\u2019autres.\u00bb Le fait de redonner ce qu\u2019on a re\u00e7u est, avec celui de renforcer le lien avec l\u2019a\u00een\u00e9, ce qui ressort de fa\u00e7on tr\u00e8s marqu\u00e9e du ressenti des proches aidants, selon l\u2019\u00e9tude de Statistique Canada. Mais n\u2019aurait-on pas le droit de satisfaire d\u2019abord ses plaisirs? De ne pas se sentir concern\u00e9?<\/p>\n<p>Oui, sourit Elena Pulcini, parce qu\u2019il ne s\u2019agit pas de droits ou de morale: cela va bien au-del\u00e0. Pour cette professeure de philosophie \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Florence, sp\u00e9cialiste de l\u2019individualisme contemporain et de la \u00abth\u00e9orie du care\u00bb, il est aujourd\u2019hui possible de d\u00e9passer la suppos\u00e9e dichotomie entre la volont\u00e9 d\u2019\u00e9panouissement personnel, d\u2019une part, et le pr\u00e9tendu \u00abaltruisme\u00bb, d\u2019autre part. Et cela, gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019\u00e9mancipation des femmes, et \u00e0 l\u2019effritement de la conception moderne d\u2019un individu consid\u00e9r\u00e9 comme souverain, autonome, ma\u00eetre de soi, et uniquement masculin. \u00abIl s\u2019agit de r\u00e9cup\u00e9rer ce qu\u2019on a perdu en raison de l\u2019h\u00e9g\u00e9monie de l\u2019homo \u0153conomicus, qui a \u00e9vacu\u00e9 la dimension de la relation, de la vuln\u00e9rabilit\u00e9 et de la d\u00e9pendance du sujet. Ou, plut\u00f4t, qui l\u2019a confin\u00e9e dans le priv\u00e9, et identifi\u00e9e aux femmes. Dans les g\u00e9n\u00e9rations pr\u00e9c\u00e9dentes, les femmes n\u2019avaient m\u00eame pas l\u2019id\u00e9e de ne pas s\u2019occuper de leurs enfants ou de leurs vieux parents: cela aurait voulu dire renier leur r\u00f4le naturel.\u00bb<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui, dans la pratique, la division sexu\u00e9e des t\u00e2ches est encore forte. En 2014, en Suisse, selon l\u2019Office f\u00e9d\u00e9ral de la statistique, 68% des femmes de 40 \u00e0 64 ans travaillaient \u00e0 temps partiel, contre 12,5% des hommes du m\u00eame \u00e2ge. Mais, dans les esprits des femmes comme des hommes, ces deux dimensions de l\u2019individu \u2013 autonome et d\u00e9pendant \u2013 reprennent d\u00e9sormais leur place. Et si le soin n\u2019est plus \u00abnaturellement\u00bb donn\u00e9 par une cat\u00e9gorie de personnes, il n\u2019y a plus d\u2019autre choix que de le\u2026 choisir. En fondant cette responsabilit\u00e9, non sur un sens du devoir moral, selon Elena Pulcini, mais sur \u00abla reconnaissance de la valeur de la relation\u00bb, per\u00e7ue non comme un sacrifice, mais comme un \u00e9l\u00e9ment essentiel du Moi.<\/p>\n<p><strong>G\u00e9n\u00e9ration st\u00e9r\u00e9o<\/strong><\/p>\n<p>A ce titre, les femmes et hommes sandwichs sont en premi\u00e8re ligne de ce changement possible de perspective. Parce que la famille, qu\u2019elle soit nucl\u00e9aire, \u00e9largie, recompos\u00e9e, monoparentale ou LGBT, est peut-\u00eatre ce qui nous force le plus clairement \u00e0 reconna\u00eetre que l\u2019on est \u00abin\u00e9luctablement li\u00e9 aux autres, \u00e0 d\u2019autres vies, \u00e0 d\u2019autres destins, rappelle Elena Pulcini. On a besoin de l\u2019autre, pas dans le sens privatif du terme, mais parce que tout ce qui est joie, bonheur, souffrance aussi, tout ce qui est vie, a quelque chose \u00e0 faire avec l\u2019autre.\u00bb<\/p>\n<p>Aux mots de la philosophe font \u00e9cho ceux de David Prudente: \u00abCe n\u2019est pas spontan\u00e9 de s\u2019occuper d\u2019autrui. On serait enclin \u00e0 dire: je pr\u00e9f\u00e9rerais faire autre chose. Mais est-ce la soci\u00e9t\u00e9 qui me conditionne \u00e0 suivre mon propre plaisir, ou moi qui n\u2019ose pas vivre quelque chose? Je peux me consacrer \u00e0 mes loisirs et oublier la vraie nature de l\u2019\u00eatre humain. Mais une petite fille et un p\u00e8re qui a 81 ans, c\u2019est une richesse: je ne me vois pas pris en \u00e9tau, mais plut\u00f4t comme le maillon d\u2019une cha\u00eene. Je suis entre les pr\u00e9mices et l\u2019automne de la vie, au milieu. C\u2019est presque un privil\u00e8ge, j\u2019ai la vie en st\u00e9r\u00e9o.\u00bb<\/p>\n<p>_______<\/p>\n<p><strong>La politique et moi: les jeunes ne s\u2019en fichent pas<\/strong><\/p>\n<p><em>R\u00e9put\u00e9e individualiste et \u00e9gocentrique, la jeune g\u00e9n\u00e9ration s\u2019int\u00e9resse pourtant au d\u00e9bat public. Une recherche montre qu\u2019elle a de la peine \u00e0 s\u2019identifier au syst\u00e8me des partis.<\/em><\/p>\n<p>\u00abLa politique, \u00e7a ne nous int\u00e9resse pas.\u00bb C\u2019est par cet avertissement que beaucoup de nouveaux citoyens de 18 ans ont commenc\u00e9 \u00e0 r\u00e9pondre aux questions de Maxime Felder. Ce sociologue \u00e0 la Haute \u00e9cole de travail social de Gen\u00e8ve \u2013 HETS-GE a conduit 80 entretiens avec des jeunes adultes de Suisse romande, dans le cadre d\u2019un projet de recherche sur la fabrication de la citoyennet\u00e9 juv\u00e9nile. Pas concern\u00e9s, les jeunes? \u00abCinq minutes plus tard, ils nous expliquaient tous les d\u00e9bats sur la pi\u00e9tonisation de la grand-rue dans leur commune, ou la pr\u00e9sidentielle en France, ou l\u2019initiative sur les 6 semaines de vacances\u2026\u00bb<\/p>\n<p>L\u2019id\u00e9e d\u2019un suppos\u00e9 d\u00e9sint\u00e9r\u00eat des jeunes pour la chose publique est ancienne, rappelle Maxime Felder. En r\u00e9alit\u00e9, \u00ables jeunes ne se comportent pas de fa\u00e7on tr\u00e8s diff\u00e9rente des adultes\u00bb. A une exception pr\u00e8s: le vote. C\u2019est l\u00e0 que le moi entre en ligne de compte. \u00abBeaucoup d\u2019adultes finissent par un compromis: faire confiance \u00e0 tel parti. Ces jeunes, \u00e0 qui on demande d\u2019\u00eatre autonomes, vivent plusieurs transitions en m\u00eame temps. Ils ont une conscience aigu\u00eb, \u00e0 ce moment de leur vie, qu\u2019ils se d\u00e9finissent en tant qu\u2019individus par leurs choix. Comment un parti ou un politicien va-t-il les repr\u00e9senter, s\u2019ils sont uniques? Devoir dire oui ou non, et l\u2019id\u00e9e d\u2019adh\u00e9rer \u00e0 une id\u00e9ologie, pose probl\u00e8me.\u00bb Le fait qu\u2019ils soient si bien inform\u00e9s, pr\u00e9cis\u00e9ment, peut accentuer encore leur difficult\u00e9 \u00e0 trancher. \u00abCela peut favoriser l\u2019abstentionnisme, conclut Maxime Felder, mais c\u2019est faire fausse route que d\u2019associer cela au d\u00e9sint\u00e9r\u00eat.\u00bb<\/p>\n<p>_______<\/p>\n<p>Une version de cet article est parue dans la revue H\u00e9misph\u00e8res (no 10).<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Entre 30 et 65 ans, il n\u2019est plus rare de devoir s\u2019occuper de deux, voire trois g\u00e9n\u00e9rations \u00e0 la fois. A l\u2019\u00e8re de l\u2019hyper-individualisme, comment concilier ce r\u00f4le de soutien avec l\u2019\u00e9panouissement individuel?<\/p>\n","protected":false},"author":20211,"featured_media":7434,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5],"tags":[],"class_list":["post-7431","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-latitude","latitude"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/7431","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/20211"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=7431"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/7431\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":7437,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/7431\/revisions\/7437"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/7434"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=7431"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=7431"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=7431"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}