



{"id":740,"date":"2001-05-16T00:00:00","date_gmt":"2001-05-15T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=740"},"modified":"-0001-11-30T00:00:00","modified_gmt":"-0001-11-29T22:00:00","slug":"musique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=740","title":{"rendered":"Air, nouvelles plages explor\u00e9es avec Beck"},"content":{"rendered":"<p>Dans le d\u00e9sert du Nevada, deux hommes se tiennent derri\u00e8re la baie vitr\u00e9e d\u2019une station de r\u00e9ception. On pourrait les prendre pour des ing\u00e9nieurs de la Nasa en observation g\u00e9ologique. Ou alors pour des millionnaires pr\u00eats \u00e0 faire sauter la plan\u00e8te dans une mauvaise parodie de \u00abJames Bond\u00bb.<\/p>\n<p><center><img src=http:\/\/www.largeur.com\/images\/large170501art1.jpg><\/center><\/p>\n<p>Cette image, sign\u00e9e <a href=http:\/\/www.ora-ito.com target=_blank class=std>Ora-Ito<\/a>, figure sur la pochette de \u00ab10\u2019000 Hz Legend\u00bb, nouvel album du groupe Air*. Et les deux hommes qui posent fi\u00e8rement derri\u00e8re la baie vitr\u00e9e en sont les musiciens. Nicolas Godin et Jean-Beno\u00eet Dunckel ont quelques raisons de bomber le torse. En quatre ans, ils ont r\u00e9ussi \u00e0 sonoriser la plupart des centres urbains du monde occidental. On peut entendre leurs disques chez les rebelles du snowboard comme chez les quadras lib\u00e9raux, chez les m\u00e9lomanes fumeurs de p\u00e9tards comme au supermarch\u00e9. <\/p>\n<p>Rares sont les groupes qui ont s\u00e9duit autant de tribus \u00e0 la fois. En trois albums (\u00abPremiers Sympt\u00f4mes\u00bb, \u00abMoon Safari\u00bb et \u00abVirgin Suicides\u00bb), le duo versaillais a invent\u00e9 une nouvelle forme de musique immersive, selon la d\u00e9finition de David Toop, auteur de l\u2019excellent essai \u00abOcean Of Sound\u00bb. Une musique sans \u00e9cueil.<\/p>\n<p>Jusqu\u2019ici, Godin et Dunckel soignaient tout particuli\u00e8rement leurs harmonies et leurs arrangements (lire <a href=http:\/\/www.largeur.com\/expArt.asp?artID=368>ici<\/a> leur interview par Largeur.com). Le confort d\u2019\u00e9coute semblait \u00eatre leur unique objectif, un objectf \u00e0 la fois humble et tr\u00e8s audacieux. Aucune pr\u00e9tention auteuriste dans leur approche, seulement la volont\u00e9 de produire la musique la plus agr\u00e9able \u00e0 l\u2019oreille humaine, en utilisant les techniques de quelques compositeurs populaires des ann\u00e9es 60 et 70 (Serge Gainsbourg, Fran\u00e7ois de Roubaix, Roger Whittaker, Ennio Morricone).<\/p>\n<p>Cette d\u00e9marche faisait toute leur force de s\u00e9duction, mais aussi leur faiblesse. Godin et Dunckel ne sont pas des techniciens de surfaces audio, et on ne construit pas une carri\u00e8re sur la joliesse. Avec ce nouvel album, ils ont voulu explorer d\u2019autres territoires, loin des plages un peu kitsch de leurs pr\u00e9c\u00e9dentes productions. Trop loin, diront certains fans de la premi\u00e8re heure.<\/p>\n<p>\u00ab10\u2019000 Hz Legend\u00bb, qui doit son titre au pouvoir suppos\u00e9 relaxant de cette fr\u00e9quence sonore, a \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9 l\u2019an dernier \u00e0 Los Angeles, et cela s\u2019entend. Tous les morceaux ont des titres anglais, depuis le magnifique \u00abElectronic Performers\u00bb qui donne la parole aux machines jusqu\u2019\u00e0 l\u2019insignifiant \u00abCaramel Prisoner\u00bb qui cl\u00f4t ce disque \u00e9trangement calme, comme trait\u00e9 au valium.<\/p>\n<p>Les textes, \u00e9galement en anglais, sont mumur\u00e9s tant\u00f4t par des logiciels de synth\u00e8se vocale, tant\u00f4t par Jason Falkner (de Jellyfish) ou par les deux filles de Buffalo Daughter. Mais c\u2019est la pr\u00e9sence de Beck sur deux titres qui devait constituer l\u2019\u00e9v\u00e9nement majeur de l\u2019album.<\/p>\n<p>Depuis leurs d\u00e9buts, les musiciens de Air ont particip\u00e9 \u00e0 la sc\u00e8ne semi-alternative de Californie, travaillant notamment avec les Beastie Boys (ils ont compos\u00e9 un titre de la compilation \u00abGrooveBox\u00bb) et avec le formidable designer Mike Mills, qui a con\u00e7u la plupart de leurs pochettes et de leurs vid\u00e9os. La rencontre avec Beck avait donc quelque chose de naturel et d\u2019excitant. On pouvait en attendre de belles \u00e9tincelles.<\/p>\n<p>De ce c\u00f4t\u00e9-l\u00e0, le r\u00e9sultat d\u00e9\u00e7oit un peu. \u00abThe Vagabond\u00bb ressemble \u00e0 une chute d\u2019un ancien disque de Beck qui aurait \u00e9t\u00e9 remix\u00e9e par Danny Elfman alors que l\u2019autre collaboration, \u00abDon\u2019t Be Light\u00bb, \u00e9voque avec un certain succ\u00e8s les d\u00e9lires du krautrock des ann\u00e9es 70. <\/p>\n<p>Cet album compte au moins quatre titres (\u00abRadian\u00bb, \u00abPeople In The City\u00bb, \u00abElectronic Perfomers\u00bb et \u00abHow Does It Make You Feel\u00bb) qui auraient pu s\u2019int\u00e9grer dans les pr\u00e9c\u00e9dentes productions du duo. Ces titres d\u00e9ploient des harmonies imm\u00e9diatement s\u00e9duisantes et plairont \u00e0 toutes les tribus pr\u00e9cit\u00e9es. Quant \u00e0 \u00abRadio # 1\u00bb, le premier single, il s\u00e9duit davantage par sa vid\u00e9o sign\u00e9e Alex &#038; Martin que par sa m\u00e9lodie \u00e9vocatrice du Bowie de l\u2019\u00e9poque \u00abLodger\u00bb. <\/p>\n<p>Les autres morceaux s\u2019aventurent sur des territoires toujours calmes mais litt\u00e9ralement inou\u00efs, avec tout ce que cela peut repr\u00e9senter de fascinant et d\u2019inconfortable. \u00abCe n\u2019est pas un album qu\u2019on peut juger en un jour\u00bb, a d\u00e9clar\u00e9 Nicolas Godin dans une <a href= http:\/\/www.bbc.co.uk\/radio1\/dance\/air_interview.shtml  target=_blank class=std>interview<\/a> \u00e0 la BBC. On ne peut que lui donner raison.<\/p>\n<p>Manifestement, Godin et Dunckel ont voulu se d\u00e9barrasser de leur r\u00e9putation d\u2019aimables arrangeurs pour montrer une face plus grave, plus sombre de leur personnalit\u00e9 (un peu comme un McCartney qui voudrait faire du Lennon). Le probl\u00e8me, c\u2019est que cette face est l\u00e9g\u00e8rement moins int\u00e9ressante. L\u00e9g\u00e8rement parce que tout, chez Air, reste forc\u00e9ment l\u00e9ger. <\/p>\n<p>&#8212;&#8212;-<br \/>\n\u00ab10\u2019000 Hz Legend\u00bb, de Air, sortira dans le commerce le 28 mai 2001.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>C\u2019est le disque le plus attendu du printemps. \u00ab10\u2019000 Hertz Legend\u00bb pr\u00e9sente le duo versaillais dans un environnement in\u00e9dit, entre murmures et valium.<\/p>\n","protected":false},"author":28,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-740","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-pop-culture","pop-culture"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/740","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/28"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=740"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/740\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=740"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=740"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=740"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}