



{"id":7349,"date":"2018-04-03T23:36:22","date_gmt":"2018-04-03T21:36:22","guid":{"rendered":"https:\/\/largeur.com\/?p=7349"},"modified":"2018-04-03T17:41:31","modified_gmt":"2018-04-03T15:41:31","slug":"edtech","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=7349","title":{"rendered":"Le futur de l\u2019\u00e9ducation s\u2019\u00e9crit en num\u00e9rique"},"content":{"rendered":"<p>Demandes de pr\u00e9cision par rapport au cours, informations pratiques ou sources bibliographiques: pendant six mois, Jill Watson, l\u2019un des neuf assistants du Prof. Ashok Goel, sp\u00e9cialiste de l\u2019intelligence artificielle, a r\u00e9pondu \u00e0 des centaines de questions pos\u00e9es par les \u00e9tudiants du Georgia Institute of Technology, \u00e0 Atlanta, aux \u00c9tats-Unis. Des t\u00e2ches ordinaires pour ce poste. \u00c0 une nuance pr\u00e8s: Jill Watson n\u2019est pas un \u00eatre humain, mais un programme puisant dans une base de donn\u00e9es de plus de 40&rsquo;000 questions, \u00e9labor\u00e9e par l\u2019\u00e9quipe du professeur Goel.<\/p>\n<p>Un signe que les robots remplaceront bient\u00f4t les enseignants? Pour Pierre Dillenbourg, professeur et figure de proue des techniques de p\u00e9dagogie innovantes \u00e0 l\u2019EPFL, cela reste pour l\u2019heure un fantasme. \u00abUne technologie ne peut pas tout changer \u00e0 elle seule, m\u00eame s\u2019il y aura toujours des personnes pour pr\u00e9tendre avoir trouv\u00e9 la solution miracle \u00e0 tous les probl\u00e8mes du monde \u00e9ducatif. En p\u00e9dagogie, il n\u2019y a pas de miracle, mais des \u00e9volutions.\u00bb<\/p>\n<p>L\u2019ancien instituteur belge, pass\u00e9 par l\u2019Universit\u00e9 de Lancaster, en Angleterre, est l\u2019un des premiers \u00e0 avoir mis sur pieds des MOOCs (Massive Open Online Courses, soit des formations en ligne accessibles \u00e0 tous) dans une \u00e9cole qui fait aujourd\u2019hui figure de r\u00e9f\u00e9rence europ\u00e9enne sur le sujet. Depuis 2012, 81 MOOCs ont \u00e9t\u00e9 dispens\u00e9s par l\u2019EPFL et une trentaine d\u2019autres sont en pr\u00e9paration. Certains ont remport\u00e9 un r\u00e9el succ\u00e8s, tels que celui du professeur Martin Odersky, dont les enseignements sur le langage de programmation Scala ont \u00e9t\u00e9 suivis par 600&rsquo;000 \u00e9l\u00e8ves. Au total, les MOOCs de l\u2019institution lausannoise ont r\u00e9uni plus de 1,9 million d\u2019inscrits provenant de 186 pays, dont plus de 270&rsquo;000 Am\u00e9ricains.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-7350\" src=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2018\/04\/ImageJour_FuturEducation_030418_Plan-de-travail-1.jpg\" alt=\"\" width=\"468\" height=\"311\" srcset=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2018\/04\/ImageJour_FuturEducation_030418_Plan-de-travail-1.jpg 468w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2018\/04\/ImageJour_FuturEducation_030418_Plan-de-travail-1-300x199.jpg 300w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2018\/04\/ImageJour_FuturEducation_030418_Plan-de-travail-1-272x182.jpg 272w\" sizes=\"auto, (max-width: 468px) 100vw, 468px\" \/><\/p>\n<p><strong>Valeur ajout\u00e9e<\/strong><\/p>\n<p>Les MOOCs ne sont pourtant pas une r\u00e9volution en tant que telle, rappelle Pierre Dillenbourg. \u00abLe contenu des enseignements reste plus ou moins le m\u00eame, c\u2019est la forme qui change. Nous avons pu constater que les \u00e9tudiants qui utilisent ces cours en ligne r\u00e9ussissent mieux que les autres, ne serait-ce que parce qu\u2019ils peuvent suivre le cours \u00e0 leur rythme, faire une pause ou r\u00e9\u00e9couter une partie.\u00bb Les MOOCs profitent \u00e9galement aux enseignants en leur garantissant une certaine visibilit\u00e9, \u00e9tant donn\u00e9 qu\u2019ils sont suivis par un grand nombre d\u2019\u00e9l\u00e8ves. \u00abLa r\u00e9putation d\u2019un professeur repose principalement sur ses recherches et les articles qu\u2019il publie, explique Pierre Dillenbourg. L\u2019enseignement d\u2019un MOOC lui apporte davantage de notori\u00e9t\u00e9. Il s\u2019agit d\u2019une bonne chose, car cela valorise le poids de l\u2019enseignement dans la carri\u00e8re acad\u00e9mique.\u00bb<\/p>\n<p>Quand l\u2019EPFL s\u2019int\u00e9resse de tr\u00e8s pr\u00e8s aux nouvelles technologies appliqu\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e9ducation (EdTech), c\u2019est en privil\u00e9giant le pragmatisme. \u00abLa question n\u2019est pas de savoir si l\u2019\u00e9ducation sera num\u00e9ris\u00e9e. Elle va le devenir, qu\u2019on le veuille ou non. Mais plut\u00f4t de d\u00e9terminer qui va l\u2019inventer: des grandes soci\u00e9t\u00e9s, comme Swisscom ou Google, ou plut\u00f4t des enseignants, chercheurs et \u00e9l\u00e8ves?\u00bb pointe Pierre Dillenbourg. Le professeur rappelle que la num\u00e9risation concerne tous les pans de la soci\u00e9t\u00e9. \u00abNos \u00e9tudiants s\u2019aident de Wikip\u00e9dia en permanence et utilisent Google pour v\u00e9rifier nos propos.\u00bb<\/p>\n<p>De quoi renvoyer les cours magistraux en amphith\u00e9\u00e2tre aux oubliettes? \u00abCertainement pas. Mais \u00e7a n\u2019est pas la seule mani\u00e8re d\u2019enseigner. Les nouvelles technologies apportent une grande valeur ajout\u00e9e \u00e0 l\u2019enseignement: elles ont l\u2019avantage d\u2019offrir des opportunit\u00e9s int\u00e9ressantes pour tester de nouvelles m\u00e9thodes et d\u2019accro\u00eetre l\u2019activit\u00e9 cognitive en facilitant l\u2019interactivit\u00e9. Se contenter d\u2019\u00e9couter un cours, c\u2019est acc\u00e9der \u00e0 une information avec un niveau d\u2019intensit\u00e9 faible. Devoir le r\u00e9sumer, c\u2019est d\u00e9j\u00e0 plus intense. Chercher d\u2019\u00e9ventuelles erreurs dans son contenu, c\u2019est encore mieux. Mais la technique la plus efficace reste de demander aux \u00e9l\u00e8ves de r\u00e9soudre un probl\u00e8me en mobilisant les savoirs qu\u2019ils viennent d\u2019acqu\u00e9rir.\u00bb<\/p>\n<p>Le bouillonnement en cours autour des EdTech concerne la soci\u00e9t\u00e9 tout enti\u00e8re. Les sp\u00e9cialistes s\u2019aident du machine learning ou des robots pour am\u00e9liorer l\u2019efficacit\u00e9 d\u2019un cours, permettre l\u2019exp\u00e9rimentation ou encore favoriser l\u2019attention des \u00e9tudiants. Thymio en constitue l\u2019un des nombreux exemples: l\u2019EPFL et l&rsquo;\u00c9cole cantonale d&rsquo;art de Lausanne (ECAL) ont d\u00e9velopp\u00e9 cette machine pour que les enfants puissent d\u00e9couvrir l\u2019univers de la robotique et les bases de la programmation.<\/p>\n<p>Nao en est un autre. Le petit robot humano\u00efde, con\u00e7u par le japonais SoftBank Robotics, est notamment utilis\u00e9 aupr\u00e8s d\u2019enfants pr\u00e9sentant des difficult\u00e9s dans l\u2019apprentissage de l\u2019\u00e9criture. Dans le cadre du programme CoWriter, les chercheurs du laboratoire CHILI (Computer-Human Interaction in Learning and Instruction) ont montr\u00e9 que Nao pouvait tirer parti de la \u00abpratique p\u00e9dagogique du prot\u00e9g\u00e9\u00bb: les enfants apprennent directement au petit robot \u00e0 \u00e9crire et, en le corrigeant, ils progressent tout en se sentant valoris\u00e9s. La r\u00e9alit\u00e9 virtuelle est \u00e9galement utilis\u00e9e. Pierre Dillenbourg s\u2019en sert pour expliquer aux apprentis charpentiers de quelle fa\u00e7on les forces se propagent dans les poutres qui maintiennent les maisons. Point fort de la m\u00e9thode: elle est intuitive et ne requiert pas l\u2019emploi de comp\u00e9tences d\u2019ing\u00e9nieur.<\/p>\n<p><strong>Blended learning et classes invers\u00e9es <\/strong><\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui, certaines entit\u00e9s poussent \u00e0 l\u2019extr\u00eame l\u2019utilisation des outils num\u00e9riques. C\u2019est le cas d\u2019AltSchool, une entreprise fond\u00e9e en 2013 sur laquelle le CEO de Facebook Mark Zuckerberg et plusieurs autres investisseurs cl\u00e9s ont mis\u00e9 pr\u00e8s de 175 millions de dollars. Elle regroupe une dizaine d\u2019\u00e9coles priv\u00e9es d\u2019un nouveau genre \u00e0 travers les \u00c9tats-Unis. Ces instituts d\u00e9livrent une formation taill\u00e9e sur mesure en fonction de chaque \u00e9l\u00e8ve, m\u00eame si elle s\u2019aligne sur le socle commun fix\u00e9 par l\u2019\u00c9tat f\u00e9d\u00e9ral. Les enseignants s\u2019appuient sur des tablettes et autres outils num\u00e9riques, utilis\u00e9s \u00e0 la fois comme supports \u00e9ducatifs et comme outils de mesure en temps r\u00e9el du comportement des enfants, via des logiciels maison. Baptis\u00e9s Learner Profile ou Stream App, ils sont quotidiennement remani\u00e9s en fonction du retour des professeurs.<\/p>\n<p>Mais cinq ans apr\u00e8s sa cr\u00e9ation, les pertes d\u2019Alt-School s\u2019accumulent \u2013 la soci\u00e9t\u00e9 d\u00e9pense environ 40 millions par an \u2013, selon Bloomberg. Cons\u00e9quence: elle fermera un \u00e9tablissement prochainement. Des critiques s\u2019\u00e9l\u00e8vent \u00e9galement contre la m\u00e9thode p\u00e9dagogique employ\u00e9e. Certains estiment qu\u2019elle revient \u00e0 traiter les enfants en cobayes, sans s\u2019appuyer sur la moindre \u00e9tude scientifique prouvant ses bienfaits. Autre reproche: la tendance des AltSchools \u00e0 privil\u00e9gier le d\u00e9veloppement de comp\u00e9tences aujourd\u2019hui valoris\u00e9es dans le monde du travail plut\u00f4t que les savoirs fondamentaux. Selon le Forum \u00e9conomique mondial, l\u2019employ\u00e9 de demain sera cr\u00e9atif, dot\u00e9 d\u2019une pens\u00e9e critique, d\u2019intelligence \u00e9motionnelle, d\u2019empathie et se montrera capable de travailler en groupe.<\/p>\n<p>Pour inculquer aux \u00e9tudiants ces nouvelles aptitudes, les techniques varient: elles vont du e-learning aux MOOCs, en passant par les serious games \u2013 des programmes \u00e0 vis\u00e9e p\u00e9dagogique qui empruntent aux jeux vid\u00e9o certaines de leurs m\u00e9caniques, telles que les prises de d\u00e9cision, points \u00e0 r\u00e9colter et r\u00e9compenses \u2013 ou le SEL (Social Emotional Learning, apprentissage social et \u00e9motionnel). Cette m\u00e9thode vise \u00e0 d\u00e9velopper les comp\u00e9tences pour se comporter de fa\u00e7on \u00e9thique et respectueuse: reconna\u00eetre et g\u00e9rer ses \u00e9motions, prendre des d\u00e9cisions responsables, \u00e9tablir des relations positives, r\u00e9soudre les conflits, agir avec honn\u00eatet\u00e9, etc. Les grands groupes investissent massivement dans ces outils jug\u00e9s indispensables \u00e0 leur productivit\u00e9. Engie (anciennement GDF Suez), num\u00e9ro trois mondial du march\u00e9 de l\u2019\u00e9nergie, parie ainsi sur des formats p\u00e9dagogiques alternatifs, \u00e0 commencer par le mentoring de pair \u00e0 pair. En 2016, l\u2019entreprise a form\u00e9 1&rsquo;000 bin\u00f4mes dans l\u2019id\u00e9e de favoriser le d\u00e9veloppement de connaissances et de comp\u00e9tences entre salari\u00e9s. Les duos ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9termin\u00e9s gr\u00e2ce \u00e0 un algorithme de matching, con\u00e7u pour identifier les couples dont les personnalit\u00e9s, les comp\u00e9tences et les talents respectifs r\u00e9v\u00e8lent le potentiel d\u2019\u00e9change le plus enrichissant.<\/p>\n<p>Les \u00e9tablissements qui misent sur le blended learning recherchent pour leur part une forme d\u2019\u00e9quilibre en croisant l\u2019enseignement pr\u00e9sentiel classique et le e-learning. Largement d\u00e9ploy\u00e9e \u00e0 l\u2019EPFL, cette nouvelle approche s\u2019\u00e9tend au monde scolaire. Au coll\u00e8ge Champittet, dans le canton de Vaud, l\u2019exp\u00e9rience est en place depuis 2013 et les \u00e9quipes enseignantes en font un outil au service des classes invers\u00e9es. Au lieu de pr\u00e9senter en classe de nouvelles connaissances, les \u00e9l\u00e8ves les d\u00e9couvrent chez eux \u00e0 l\u2019aide d\u2019un programme en ligne. Le lendemain, la classe devient alors un lieu d\u2019application de ces nouveaux savoirs \u00e0 travers des travaux de groupes et cas pratiques. Selon l\u2019\u00e9tablissement vaudois, les \u00e9l\u00e8ves, attentifs et \u00e9veill\u00e9s, s\u2019impliquent et participent davantage en ayant pu acqu\u00e9rir les connaissances \u00e0 la maison et \u00e0 leur rythme.<\/p>\n<p><strong>R\u00e9duire le taux d\u2019\u00e9chec gr\u00e2ce aux donn\u00e9es<\/strong><\/p>\n<p>Reste \u00e0 mesurer l\u2019efficacit\u00e9 de ce fourmillement d\u2019initiatives et de projets. \u00abUne technologie s\u00e9duisante n\u2019am\u00e9liore pas n\u00e9cessairement l\u2019apprentissage. Il faut avoir une forme d\u2019enthousiasme sceptique vis-\u00e0-vis des nouveaut\u00e9s, estime Pierre Dillenbourg. \u00c0 chaque fois que l\u2019on en teste une, on mesure les connaissances des \u00e9tudiants en amont et en aval que l\u2019on compare ensuite avec un groupe de contr\u00f4le utilisant les m\u00e9thodes classiques. Si les r\u00e9sultats sont significativement meilleurs dans le groupe qui s\u2019est appuy\u00e9 sur une nouvelle technologie, c\u2019est qu\u2019elle poss\u00e8de une valeur ajout\u00e9e. Ce processus est une m\u00e9thode bien \u00e9tablie en sciences de l\u2019\u00e9ducation.\u00bb Verdict: \u00e0 l\u2019EPFL, les 2\u2019000 \u00e9l\u00e8ves de premi\u00e8re ann\u00e9e qui suivent les MOOCs jusqu\u2019au bout obtiennent effectivement de meilleurs r\u00e9sultats que les autres.<\/p>\n<p>\u00c0 terme, ces nouvelles technologies, coupl\u00e9es \u00e0 la science des donn\u00e9es, pourraient devenir un outil de pilotage strat\u00e9gique essentiel, remarque Pierre Dillenbourg. \u00abNous sommes aujourd\u2019hui capables de rep\u00e9rer \u00e0 l\u2019avance les \u00e9l\u00e8ves qui abandonneront un MOOC avant sa fin. Nous avons par exemple observ\u00e9 que le taux de participation dans les forums constitue un bon indice d\u2019engagement: les \u00e9l\u00e8ves qui lisent et postent plus pers\u00e9v\u00e8rent davantage. Appliquer ces m\u00e9thodes aux donn\u00e9es dont nous disposons sur les \u00e9tudiants pr\u00e9sents sur le campus nous permettrait de rep\u00e9rer plus t\u00f4t d\u2019\u00e9ventuelles difficult\u00e9s, de mieux orienter les \u00e9l\u00e8ves, et d\u2019agir en amont pour r\u00e9duire le taux d\u2019\u00e9chec.\u00bb<\/p>\n<p>Plusieurs cycles de mesures sont n\u00e9cessaires pour \u00e9tablir l\u2019int\u00e9r\u00eat d\u2019une nouvelle approche p\u00e9dagogique. Mais ce qu\u2019il faut \u00e9viter \u00e0 tout prix, c\u2019est d\u2019en introduire une trop rapidement et sans accompagnement, dit l\u2019expert. Le gouvernement de Tony Blair avait par exemple d\u00e9cid\u00e9 en 2010 d\u2019\u00e9quiper chaque classe d\u2019un tableau blanc interactif, sans former les professeurs \u00e0 leur utilisation. Un fiasco.<\/p>\n<p><strong>Atouts suisses<\/strong><\/p>\n<p>Dans cette p\u00e9riode de bouillonnement autour des EdTech, la Suisse a de solides atouts pour s\u2019imposer comme un hub \u00e9ducatif de premier plan. Notamment gr\u00e2ce \u00e0 sa densit\u00e9 importante d\u2019\u00e9coles de tr\u00e8s haut niveau: \u00abRien qu\u2019autour du lac L\u00e9man, on trouve, en plus de l\u2019EPFL, l\u2019IMD, l\u2019\u00c9cole h\u00f4teli\u00e8re de Lausanne, deux h\u00f4pitaux universitaires, ainsi que des laboratoires r\u00e9put\u00e9s, note Pierre Dillenbourg. La culture de l\u2019excellence dans la formation est unique dans la r\u00e9gion. Et la capacit\u00e9 \u00e0 d\u00e9gager des financements est bien sup\u00e9rieure \u00e0 ce qu\u2019on peut trouver ailleurs en Europe.\u00bb Un environnement qui permet de favoriser la recherche et l\u2019innovation en mati\u00e8re d\u2019outils p\u00e9dagogiques. L\u2019EPFL s\u2019est l\u00e0 encore bien positionn\u00e9e: elle accueille \u00e0 l\u2019Innovation Park le Swiss EdTech Collider depuis le mois d\u2019avril, un incubateur de 300 m2 d\u00e9di\u00e9 aux technologies de l\u2019\u00e9ducation.<\/p>\n<p>Initi\u00e9e par Pierre Dillenbourg et trois autres professeurs de l\u2019EPFL (Francesco Mondada, Marcel Salath\u00e9 et Denis Gillet), l\u2019association accueille plus de 60 start-up, dont Coorpacademy, fond\u00e9e par l\u2019ancien directeur de Google France Jean-Marc Tassetto. En quatre ans, la soci\u00e9t\u00e9 a d\u00e9velopp\u00e9 des formations en lignes et sur mesure, destin\u00e9es essentiellement aux entreprises. Les th\u00e9matiques disponibles sur la plateforme s\u2019articulent autour de courtes vid\u00e9os. Personnalis\u00e9s en fonction du niveau des apprenants, les enseignements dispens\u00e9s parient largement sur l\u2019\u00e9mulation et le communautaire au travers d\u2019une s\u00e9rie de d\u00e9fis que chacun peut lancer \u00e0 ses coll\u00e8gues.<\/p>\n<p><strong>Financements n\u00e9cessaires<\/strong><\/p>\n<p>Avec un chiffre d\u2019affaires qui double chaque ann\u00e9e et plusieurs dizaines de grandes entreprises parmi ses clients, Coorpacademy fait figure d\u2019exemple \u00e0 suivre. Le Swiss EdTech Collider met \u00e0 disposition son espace de co-working au programme Kickstart Accelerator, une initiative de digitalswitzerland en partenariat avec l\u2019EPFL. Elle est op\u00e9r\u00e9e par venturelab, une soci\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e qui g\u00e8re plusieurs programmes de cr\u00e9ation et d\u2019accompagnement de start-up, dont l\u2019EdTech Accelerator. Cette ann\u00e9e, les dix jeunes soci\u00e9t\u00e9s s\u00e9lectionn\u00e9es parmi 57 candidatures suivront un programme destin\u00e9 \u00e0 les aider dans leur d\u00e9veloppement. \u00abQuatre sont suisses, les autres europ\u00e9ennes, indienne et am\u00e9ricaine. Elles couvrent toute la gamme de l\u2019\u00e9ducation, de l\u2019\u00e9l\u00e9mentaire \u00e0 la formation continue\u00bb, explique Dani\u00e8le Castle, responsable du programme.<\/p>\n<p>Parmi elles, Mathrix. Cette start-up, cr\u00e9\u00e9e par des alumni EPFL, produit des vid\u00e9os d\u2019apprentissage pour les \u00e9preuves de math\u00e9matique et de physique du brevet et du bac fran\u00e7ais. Autre jeune pousse s\u00e9lectionn\u00e9e: UbiSim. Bas\u00e9e \u00e0 Shanghai et au Collider, l\u2019entreprise propose des formations pour les soins infirmiers s\u2019appuyant sur la r\u00e9alit\u00e9 virtuelle. \u00abPendant trois mois, ces start-up vont multiplier les rencontres avec des investisseurs, business angels ou juristes et se pencher sur des probl\u00e9matiques sp\u00e9cifiques aux EdTech, telles que la confidentialit\u00e9 des donn\u00e9es et la protection des enfants\u00bb, dit Dani\u00e8le Castle.<\/p>\n<p>Toutes pourront-elles trouver les financements n\u00e9cessaires \u00e0 leur r\u00e9ussite? \u00abSi le mod\u00e8le d\u2019affaires est juste et r\u00e9pond \u00e0 un besoin, les fonds suivront\u00bb, estime Dani\u00e8le Castle. La responsable de l\u2019EdTech Accelerator est convaincue que la Suisse est un lieu particuli\u00e8rement propice \u00e0 l\u2019\u00e9mergence d\u2019un \u00e9cosyst\u00e8me de r\u00e9f\u00e9rence dans un march\u00e9 \u00e9ducatif mondial extr\u00eamement concurrentiel.<\/p>\n<p>La Suisse a tous les atouts pour y parvenir, \u00e0 condition de mobiliser les financements n\u00e9cessaires, \u00e0 en croire Pierre Vandergheynst, vice-pr\u00e9sident pour l\u2019\u00e9ducation de l\u2019EPFL. \u00abL\u2019engagement des institutions et des pouvoirs publics n\u2019est plus simplement un pari sur l\u2019avenir, mais une condition sine qua non pour que la r\u00e9volution num\u00e9rique ne soit pas per\u00e7ue comme une contrainte sur nos \u00e9conomies mais comme une source de croissance.\u00bb Un discours qui rejoint celui de l\u2019Unesco: l\u2019organisation onusienne estime qu\u2019un dollar investi dans l\u2019\u00e9ducation rapporte \u00e0 terme dix \u00e0 quinze dollars de croissance \u00e9conomique.<\/p>\n<p>_______<\/p>\n<p>Collaboration: Paloma Lopez<\/p>\n<p>_______<\/p>\n<p>Une version de cet article est parue dans le magazine Alumnist (no 7).<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Start-ups et enseignants d\u00e9veloppent de nouvelles m\u00e9thodes d\u2019apprentissage pour am\u00e9liorer l\u2019exp\u00e9rience p\u00e9dagogique. 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