



{"id":7318,"date":"2018-03-23T23:01:05","date_gmt":"2018-03-23T22:01:05","guid":{"rendered":"https:\/\/largeur.com\/?p=7318"},"modified":"2018-03-23T18:07:14","modified_gmt":"2018-03-23T17:07:14","slug":"suisse-479","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=7318","title":{"rendered":"Un job de r\u00eave: distributeur de L\u00e4kerlis"},"content":{"rendered":"<p>S&rsquo;il y a bien quelque chose qui lui colle \u00e0 la peau, qui revient chaque fois que son nom est \u00e9voqu\u00e9 dans une conversation, c&rsquo;est son salaire. Heureux homme! Bien s\u00fbr Andreas Meyer, le patron des CFF, gagne plus d&rsquo;un million par ann\u00e9e. Mais qu&rsquo;est-ce que cela prouve sinon qu&rsquo;en mati\u00e8re d&rsquo;argent, la jalousie est une chose humainement assez partag\u00e9e? Surtout que son salaire en 2017 a baiss\u00e9, et pas qu&rsquo;un peu: 50\u2019000 francs en moins. Alors que les b\u00e9n\u00e9fices de l&rsquo;entreprise, comme il vient de l\u2019annoncer, sont en hausse, de 18 millions, pour atteindre 399 millions de francs. On frise donc la philanthropie, si ce n\u2019est le saint martyr.<\/p>\n<p>M\u00eame si ce sacrifice sublime doit quand m\u00eame beaucoup \u00e0 une pression ambiante sur les r\u00e9mun\u00e9rations des cadres des ex-r\u00e9gies publiques, qui ne passent plus vraiment et qu\u2019on ne peut m\u00eame plus qualifier de salaires de ministre, puisqu\u2019un conseiller f\u00e9d\u00e9ral gagne moins<\/p>\n<p>De la m\u00eame mani\u00e8re, c&rsquo;est la pression de la concurrence, notamment des lignes de bus qui s&rsquo;appr\u00eatent \u00e0 traverser la Suisse, qui provoque une baisse annonc\u00e9e des tarifs de 50 millions. Avec par exemple des billets d\u00e9griff\u00e9s vendus 50% moins chers au lieu de 70%.<\/p>\n<p>\u00c0 ceux qui feraient remarquer qu\u2019au regard des tarifs pratiqu\u00e9s et des r\u00e9sultats obtenus, ce geste ressemble plus \u00e0 une aum\u00f4ne qu&rsquo;\u00e0 une r\u00e9elle baisse dont l&rsquo;usager puisse appr\u00e9cier l&rsquo;effet jusque dans sa chair, Andreas Meyer pr\u00e9sente ses excuses. Il voudrait bien, mais ne peut point: pour faire plus, il faudrait trouver un accord avec 246 entreprises concessionnaires et 16 communaut\u00e9s tarifaires. En gros: pardon, pardon ce n\u2019est pas de ma faute.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-7321\" src=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2018\/03\/img_du_jour_23_mars.jpg\" alt=\"\" width=\"468\" height=\"311\" srcset=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2018\/03\/img_du_jour_23_mars.jpg 468w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2018\/03\/img_du_jour_23_mars-300x199.jpg 300w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2018\/03\/img_du_jour_23_mars-272x182.jpg 272w\" sizes=\"auto, (max-width: 468px) 100vw, 468px\" \/><\/p>\n<p>S&rsquo;excuser, Andreas Meyer semble d\u2019ailleurs bien aimer \u00e7a. Un peu \u00e0 la mani\u00e8re de ses milliers d\u2019employ\u00e9s annon\u00e7ant au micro les divers retards et leurs mille et une causes. N\u2019a-t-on pas vu le grand chef distribuer lui-m\u00eame, en personne, dans les trav\u00e9es d\u2019un Intercity, ou sur un quai de gare, des Ragusa ou des L\u00e4kerlis pour amadouer l\u2019humeur de voyageurs groggy et r\u00f4tis par l\u2019enfer ferroviaire?<\/p>\n<p>Pour le reste, Andreas Meyer a la mine carr\u00e9e et le credo aff\u00fbt\u00e9 des managers du temps pr\u00e9sent. Les bons r\u00e9sultats obtenus doivent en effet beaucoup \u00e0 un programme d&rsquo;\u00e9conomies qui fleure autant l&rsquo;orthodoxie n\u00e9o-lib\u00e9rale que le r\u00e9gime Duncan: RailFit.<\/p>\n<p>Les grincheux &#8211; il y en a toujours et en g\u00e9n\u00e9ral ils sont syndiqu\u00e9s &#8211; font valoir que cette cure d&rsquo;amaigrissement s&rsquo;est traduite par des suppressions d&#8217;emploi et un fort sentiment d&rsquo;ins\u00e9curit\u00e9 chez ceux qui ont gard\u00e9 le leur.<\/p>\n<p>Quant aux perfides usagers, toujours enclins \u00e0 ne s&rsquo;attacher qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00e9cume des choses, \u00e0 ne pas voir plus loin que le bout de leur trajet quotidien, ils sont nombreux \u00e0 ricaner. \u00c0 pr\u00e9tendre se souvenir que quand les CFF accumulaient les d\u00e9ficits, les trains \u00e9taient au moins remarquablement et syst\u00e9matiquement \u00e0 l&rsquo;heure.<\/p>\n<p>C&rsquo;est ici que la locomotive a mal aux essieux et c&rsquo;est ce que la modernit\u00e9 manag\u00e9riale qu&rsquo;incarne si bien un Andreas Meyer, peine expliquer. Comment en effet convaincre qu&rsquo;offrir moins pour plus cher constitue un progr\u00e8s m\u00e9morable?<\/p>\n<p>Alors pour l&rsquo;expliquer quand m\u00eame, Andreas Meyer le dit autrement. Change l&rsquo;ordre et le sens des mots. RailFit par exemple, sera r\u00e9sum\u00e9 avec ce slogan dynamique comme une marche olympique: \u00abfaire plus, mieux et plus vite, avec moins\u00bb. On ne dira plus non plus \u00abmesures d&rsquo;\u00e9conomie\u00bb et on remplacera cette sinistre expression par un constat qu&rsquo;aucun honn\u00eate homme, m\u00eame syndiqu\u00e9 jusqu&rsquo;aux dents, ne pourra contester: \u00abNous ne pouvons plus maintenir des structures qui ne sont plus utilis\u00e9es\u00bb.<\/p>\n<p>C&rsquo;est l\u00e0 que l&rsquo;on voit toute l&rsquo;habilit\u00e9 et les m\u00e9rites d&rsquo;un grand patron, capable de ce tour de magie consistant \u00e0 retourner l&rsquo;acte d&rsquo;accusation contre la victime. Bon sang mais c&rsquo;est bien s\u00fbr, tout \u00e9tait donc de la faute de l&rsquo;usager. Il fallait y penser et Andreas Meyer, fils de cheminot, homme de c\u0153ur, sportif compulsif, comme nous l&rsquo;apprend sa fiche biographique sur le site des CFF, Andreas Meyer l&rsquo;a fait. Casquette bas!<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Andreas Meyer, le patron des CFF, semble taill\u00e9 pour la fonction. Ne manie-t-il pas avec maestria cet art chafouin de l\u2019excuse, devenu comme une deuxi\u00e8me nature chez l\u2019ex-r\u00e9gie publique.<\/p>\n","protected":false},"author":19223,"featured_media":7321,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[6],"tags":[],"class_list":["post-7318","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-glocal","glocal"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/7318","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/19223"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=7318"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/7318\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":7324,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/7318\/revisions\/7324"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/7321"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=7318"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=7318"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=7318"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}