



{"id":7089,"date":"2018-01-24T23:45:21","date_gmt":"2018-01-24T22:45:21","guid":{"rendered":"https:\/\/largeur.com\/?p=7089"},"modified":"2018-01-25T08:56:27","modified_gmt":"2018-01-25T07:56:27","slug":"recherche-12","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=7089","title":{"rendered":"Derri\u00e8re le trait d\u2019union public-priv\u00e9"},"content":{"rendered":"<p>La Suisse investit 3% de son produit int\u00e9rieur brut dans la recherche et l\u2019innovation, l\u2019un des taux les plus \u00e9lev\u00e9s parmi les pays occidentaux. Son syst\u00e8me de recherche est tr\u00e8s productif, et peut s\u2019appuyer sur ses nombreux instituts publics d\u2019excellence. Reste que deux tiers des efforts de recherche et d\u00e9veloppement (R&amp;D) sont assur\u00e9s par le secteur priv\u00e9, selon le Secr\u00e9tariat d\u2019\u00e9tat \u00e0 la formation, \u00e0 la recherche et \u00e0 l\u2019innovation.<\/p>\n<p>Toujours plus fr\u00e9quentes, les aides du secteur priv\u00e9 peuvent prendre des formes diverses, du financement d\u2019un projet de doctorat \u00e0 la collaboration totale des \u00e9quipes, en passant par la cr\u00e9ation d\u2019une chaire. La r\u00e9cente alliance pour la recherche et le d\u00e9veloppement de th\u00e9rapies oncologiques conclue entre l\u2019Universit\u00e9 de Lausanne (UNIL), le CHUV et l\u2019EPFL avec Roche en est un exemple. La participation financi\u00e8re du groupe pharmaceutique s\u2019\u00e9l\u00e8ve \u00e0 6 millions de francs et devrait s\u2019\u00e9tendre sur au moins trois ans.<\/p>\n<p>\u00abAvec beaucoup de partenaires, la philosophie est que chaque c\u00f4t\u00e9 apporte son expertise, on collabore pour avancer ensemble, d\u00e9taille Stefan Kohler, directeur du bureau de transfert de technologies du CHUV et de l\u2019UNIL. Nos deux institutions lausannoises coop\u00e8rent aussi avec des acteurs priv\u00e9s sous forme de collaboration de recherche, de services ou encore des mandats de conseil.\u00bb<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-7092\" src=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/img_du_jour_24_01_2018.jpg\" alt=\"\" width=\"468\" height=\"311\" srcset=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/img_du_jour_24_01_2018.jpg 468w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/img_du_jour_24_01_2018-300x199.jpg 300w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/img_du_jour_24_01_2018-272x182.jpg 272w\" sizes=\"auto, (max-width: 468px) 100vw, 468px\" \/><\/p>\n<p><strong>D\u00e9cloisonner les comp\u00e9tences<\/strong><\/p>\n<p>Tout le monde y trouve son compte, estime Jean-Philippe Lallement, directeur du Parc scientifique de l\u2019EPFL. \u00abLes entreprises recherchent dans le monde acad\u00e9mique des technologies qui pourraient g\u00e9n\u00e9rer des innovations majeures. Quant aux instituts de recherche, ces partenariats leur permettent d\u2019avoir un lien avec le march\u00e9 et d\u2019effectuer des tests directement avec l\u2019industrie. Lorsqu\u2019elle est d\u00e9velopp\u00e9e avec un partenaire industriel, la technologie atteint d\u00e9j\u00e0 un certain degr\u00e9 de maturit\u00e9 et n\u00e9cessite un temps d\u2019adaptation plus faible pour \u00eatre amen\u00e9e sur le march\u00e9.\u00bb<\/p>\n<p>Pour les entreprises, un partenariat avec le public est un moyen de choix pour acc\u00e9der aux comp\u00e9tences des chercheurs acad\u00e9miques et \u00e0 leurs installations, et pour augmenter leur cr\u00e9dibilit\u00e9 au passage en b\u00e9n\u00e9ficiant de la r\u00e9putation d\u2019institutions de renom. Par ce biais, le secteur public, en plus de profiter d\u2019une source de financement non n\u00e9gligeable, s\u2019ouvre au monde \u00e9conomique et peut d\u00e9velopper des technologies ayant une application concr\u00e8te pour les utilisateurs finaux. Les retomb\u00e9es pour les deux parties peuvent prendre diff\u00e9rentes formes, entre autres l\u2019exploitation de brevets, la publication, le recrutement ou l\u2019acc\u00e8s facilit\u00e9 \u00e0 l\u2019emploi.<\/p>\n<p>Pourtant, ces partenariats ne se font pas toujours sans difficult\u00e9s ou d\u00e9saccords. Les objectifs, les cultures, les habitudes de travail et les modes de communication ne sont pas n\u00e9cessairement les m\u00eames entre les acteurs priv\u00e9s et publics: les uns garderont par exemple leurs r\u00e9sultats confidentiels jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019ils soient prot\u00e9g\u00e9s par des brevets, tandis que les autres voudront rendre leurs r\u00e9sultats visibles en les publiant. La protection des donn\u00e9es, la confidentialit\u00e9 et la propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle sont donc des sujets particuli\u00e8rement sensibles. \u00abToute collaboration public-priv\u00e9 pr\u00e9sente des risques de conflits d\u2019int\u00e9r\u00eats, remarque Vincent Mooser, chef du Service de Chimie clinique au CHUV. Mais le danger le plus sournois concerne l\u2019int\u00e9r\u00eat scientifique d\u2019un projet. Avant de s\u2019engager dans une collaboration, il faut que le chercheur se demande s\u2019il va vraiment contribuer \u00e0 faire avancer le savoir et le progr\u00e8s m\u00e9dical.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Int\u00e9r\u00eats synchronis\u00e9s<\/strong><\/p>\n<p>Une fois envisag\u00e9e, comment faire en sorte qu\u2019une collaboration se construise et se d\u00e9roule de mani\u00e8re saine? Une vision et des objectifs partag\u00e9s, un p\u00e9rim\u00e8tre d\u2019action clairement d\u00e9fini et une r\u00e9partition claire des responsabilit\u00e9s sont les pr\u00e9requis essentiels, estime Vincent Mooser, prenant l\u2019exemple du projet CoLaus, une \u00e9tude de cohorte men\u00e9e \u00e0 Lausanne pour mieux comprendre les facteurs \u00e0 risque de certaines maladies cardiovasculaires et leurs liens avec la sant\u00e9 psychique. \u00abCe projet n\u2019aurait jamais pu \u00eatre lanc\u00e9 sans le financement du groupe GlaxoSmithKline. Mais si cette collaboration a bien fonctionn\u00e9, c\u2019est parce que d\u00e8s le d\u00e9part, les parties ont men\u00e9 des discussions franches et transparentes, lors desquelles les points essentiels ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9finis.\u00bb<\/p>\n<p>Concr\u00e8tement, les contrats sont g\u00e9r\u00e9s par l\u2019office de transfert de technologies de l\u2019institut concern\u00e9, qui les n\u00e9gocie et fait en sorte qu\u2019ils respectent les r\u00e8gles institutionnelles et les lois applicables. \u00abPar exemple, nous sommes particuli\u00e8rement sensibles \u00e0 l\u2019absence de censure, pr\u00e9cise Stefan Kohler. Le droit du chercheur \u00e0 publier ses r\u00e9sultats est un droit fondamental. Il doit cependant parfois \u00eatre restreint de mani\u00e8re tr\u00e8s l\u00e9g\u00e8re: la publication peut \u00eatre retard\u00e9e pour une p\u00e9riode limit\u00e9e afin de permettre la protection des r\u00e9sultats, sous forme de brevet par exemple, pour qu\u2019ils puissent \u00eatre exploit\u00e9s commercialement. On pond\u00e8re au mieux les int\u00e9r\u00eats de chacun des partenaires.\u00bb<\/p>\n<p>Le travail de ces offices du transfert des technologies consiste donc \u00e0 trouver le juste milieu. \u00abLes missions principales de nos institutions sont la recherche et l\u2019enseignement \u2013 et \u00e9videmment les soins pour le CHUV \u2013 mais aussi la valorisation des r\u00e9sultats de la recherche. Il s\u2019agit donc d\u2019\u00e9quilibrer les droits fondamentaux, d\u2019un cot\u00e9 la libert\u00e9 de la science et la libert\u00e9 \u00e9conomique de l\u2019autre. Il faut faire preuve de bon sens, ne pas mettre les affaires du partenaire en danger en publiant par exemple des informations confidentielles de l\u2019entreprise. Nous faisons aussi attention \u00e0 ne pas cr\u00e9er une distorsion de la concurrence en mettant \u00e0 disposition des moyens publics pour une entreprise en particulier.\u00bb<\/p>\n<p>Ces collaborations sont-elles r\u00e9gies par des r\u00e8gles claires? \u00abAbsolument. L\u2019accord est pr\u00e9cis\u00e9ment d\u00e9fini dans le contrat: des clauses de publication, de confidentialit\u00e9, de droit de propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle et d\u2019exploitation ainsi que des compensations y sont incluses. Ces compensations associ\u00e9es doivent \u00eatre \u00e9quitables, tant au niveau des moyens d\u00e9ploy\u00e9s pour la recherche que de la propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle qui pourrait \u00eatre cr\u00e9\u00e9e. Cependant, l\u00e9galement, il n\u2019y a pas une seule r\u00e8gle que l\u2019on pourrait simplement citer, continue Stefan Kohler. Le cadre l\u00e9gal est entre autre d\u00e9termin\u00e9 par la Constitution, le droit priv\u00e9 et p\u00e9nal, le droit cantonal, les directives institutionnelles, les recommandations de l\u2019Acad\u00e9mie Suisse des Sciences, la jurisprudence\u2026\u00bb Ce cadre est donc relativement complexe mais il d\u00e9finit de nombreux garde-fous.<\/p>\n<p>Le CSSI, organe consultatif du Conseil f\u00e9d\u00e9ral, a formul\u00e9 en 2013 certaines recommandations afin de clarifier les r\u00e8gles du jeu: il proposait, entre autres, que les clauses des contrats soient transparentes et accessibles au public, que la libert\u00e9 de la recherche et de la communication scientifique des r\u00e9sultats soit express\u00e9ment garantie en n\u2019importe quelle circonstance. La Conf\u00e9rence des recteurs des universit\u00e9s avait toutefois rejet\u00e9 cet appel, avec le soutien de la Conf\u00e9d\u00e9ration.<\/p>\n<p>Au final, si le bon fonctionnement des partenariats public-priv\u00e9 repose en grande partie sur les offices de transfert des technologies, la vigilance des principaux acteurs concern\u00e9s, des m\u00e9dias et du public permet aussi, parfois, de soulever les bonnes questions.<\/p>\n<p>_______<\/p>\n<p>Une version de cet article est parue dans In Vivo magazine (no 13).<\/p>\n<p>Pour vous abonner \u00e0 In Vivo au prix de seulement CHF 20.- (d\u00e8s 20 euros) pour 6 num\u00e9ros, rendez-vous sur\u00a0<a href=\"http:\/\/www.invivomagazine.com\/\">invivomagazine.com<\/a>.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les partenariats entre les secteurs public et priv\u00e9 jouent un r\u00f4le crucial pour la recherche et l\u2019innovation. Zoom sur les enjeux de ces collaborations en plein essor.<\/p>\n","protected":false},"author":20239,"featured_media":7092,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5],"tags":[1299],"class_list":["post-7089","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-latitude","tag-paru-dans-in-vivo","latitude"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/7089","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/20239"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=7089"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/7089\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":7095,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/7089\/revisions\/7095"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/7092"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=7089"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=7089"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=7089"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}