



{"id":703,"date":"2001-04-17T00:00:00","date_gmt":"2001-04-16T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=703"},"modified":"-0001-11-30T00:00:00","modified_gmt":"-0001-11-29T22:00:00","slug":"london","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=703","title":{"rendered":"Au cin\u00e9ma, Bridget Jones a pris du poids"},"content":{"rendered":"<p>C\u2019est vrai, c\u2019\u00e9tait facile et l\u00e9ger, mais je m\u2019y retrouvais: le journal de Bridget Jones, \u00e9crit par Helen Fielding il y a cinq ans, disait en pouffant, dans une \u00e9criture de plage, beaucoup de l\u2019univers futile f\u00e9minin. L\u2019obsession des kilos en trop, la joie d\u2019en perdre et les trop belles occasions d\u2019en reprendre. Les r\u00eaves jamais vrais d\u2019\u00eatre aim\u00e9e par un Superman beau ET intelligent. De faire un mariage de princesse avec un monstre g\u00e2teau, des gens heureux et la robe de Lady Di.<\/p>\n<p><center><img src=images\/large180401art1.jpg><\/center><\/p>\n<p>Bridget n\u2019y est pas arriv\u00e9e, la plupart des femmes non plus, mais \u00abLe Journal de Bridget Jones\u00bb, c\u2019\u00e9tait une mani\u00e8re de rire aux \u00e9clats de nos d\u00e9sillusions, tout en se disant que sa petite robe noire de chez Marks et Spencer, finalement, elle nous irait assez bien pour l\u2019\u00e9t\u00e9 prochain. <\/p>\n<p>A peine arriv\u00e9e \u00e0 Londres, j\u2019ai relu Bridget Jones. Pour ne rien perdre de son univers, g\u00e9ographique cette fois-ci. Harvey Nichols, Selfridges, la galerie Saatchi et sa fa\u00e7on conceptuelle de consid\u00e9rer l\u2019angle artistique d\u2019une cuvette de WC, les bars de Notting Hill pour y boire un verre de Chardonnay \u00e0 la sortie du boulot. Je la sentais vivre ici, cette c\u00e9libataire contemporaine.<\/p>\n<p>J\u2019ai donc couru  voir \u00abBridget Jones\u2019s Diary\u00bb, le film adapt\u00e9 du roman par Sharon Maguire, sorti ce week-end de P\u00e2ques \u00e0 Londres. L\u2019affiche \u00e9tait pleine de promesses: la r\u00e9alisatrice inconnue est en fait l\u2019amie d\u2019Helen Fielding, celle qui a servi de mod\u00e8le pour le personnage de Shazzer, la confidente hyper-f\u00e9ministe. Mark Darcy, l\u2019avocat-prince charmant, est jou\u00e9 par Colin Firth, ce m\u00eame acteur britannique que les filles du roman ne se lassent pas d\u2019admirer en vid\u00e9o. On allait se retrouver entre c\u00e9libattantes et sympathisantes, \u00e7a allait \u00eatre forc\u00e9ment sympa.<\/p>\n<p>Forc\u00e9ment? Pas vraiment. J\u2019avais choisi le cin\u00e9ma Empire, pr\u00e8s de 2000 places sur Leicester Square. Et malgr\u00e9 les rires et les applaudissements d\u2019un public visiblement heureux, je me suis sentie frustr\u00e9e. C\u2019est s\u00fbr: Hollywood nous a piqu\u00e9 Bridget Jones. <\/p>\n<p>Le film est une com\u00e9die tr\u00e8s dr\u00f4le qui d\u00e9lasse les Londoniens stress\u00e9s. Il amusera le reste des urbains, ailleurs, sans aucun doute. Pour son premier weekend d\u2019exploitation, il a gagn\u00e9 7 millions de livres sterling, battant tous les records du cin\u00e9ma britannique. Toutes les situations cocasses du livre sont jou\u00e9es par des acteurs bien dress\u00e9s \u00e0 faire rire. Mais que sont devenues ces r\u00e9f\u00e9rences au monde f\u00e9minin qui nous ont fait tant de bien? <\/p>\n<p>Ren\u00e9e Zellweger est une brillante Bridget, sachant chanter faux pour la soir\u00e9e du boulot et exhiber son corps boursoufl\u00e9 pour le film dans un d\u00e9guisement ridicule de lapin \u00e0 la soir\u00e9e \u00abpasteur et catin\u00bb. Hugh Grant fait un Daniel Cleaver assez r\u00e9ussi dans son r\u00f4le de macho et Colin Firth s\u2019en tire bien pour sa premi\u00e8re apparition de poids au cin\u00e9ma.<\/p>\n<p>On appr\u00e9cie la petite incursion rigolote de Salman Rushdie dans son propre r\u00f4le lors d\u2019une soir\u00e9e litt\u00e9raire de la maison d\u2019\u00e9dition o\u00f9 travaille Bridget. A peu de choses pr\u00e8s, le sc\u00e9nario respecte le livre.<\/p>\n<p>Mais le cin\u00e9ma n\u2019a vu dans cette histoire-l\u00e0 qu\u2019une com\u00e9die digne de succ\u00e9der \u00e0 \u00abQuatre mariages et un enterrement\u00bb ou \u00e0 \u00abCoup de foudre \u00e0 Notting Hill\u00bb. Bridget devient un personnage na\u00eff, d\u00e9pass\u00e9 par le jeu des hommes, qui assiste passivement \u00e0 un duel de m\u00e2les disputant son lit de c\u00e9libataire. Un coup d\u2019acteur, Hugh Grant contre Colin Firth.<\/p>\n<p>Plus rien \u00e0 voir avec ces discussions de gyn\u00e9c\u00e9e o\u00f9 les hommes sont les victimes du regard acerbe et d\u00e9finitif des filles. Au cin\u00e9ma, on ne comprend pas pourquoi Bridget tombe finalement amoureuse de cet avocat froid qui a fait la gueule pendant toute la premi\u00e8re moiti\u00e9 du film. Tss, Hollywood n\u2019a vraiment rien compris aux filles.<\/p>\n<p>Quant aux r\u00e9f\u00e9rences g\u00e9ographiques si ch\u00e8res \u00e0 la romanci\u00e8re, c\u2019est un peu comme si \u00abGrichka et les loups\u00bb \u00e9tait tourn\u00e9 en studio: Londres n\u2019appara\u00eet que sous ses embl\u00e8mes les plus reconnaissables outre-Atlantique. Et la plupart des sc\u00e8nes sont tourn\u00e9es sous une neige bien \u00e9trang\u00e8re aux Londoniens.<\/p>\n<p>Rat\u00e9 donc pour les fans du club Bridget. On se console en se disant que le film r\u00e9ussira peut-\u00eatre o\u00f9 le roman a souvent \u00e9chou\u00e9: faire rire les hommes.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le bouquin m\u2019avait plu, le film m\u2019a d\u00e9\u00e7ue. 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