



{"id":6947,"date":"2017-12-28T23:44:31","date_gmt":"2017-12-28T22:44:31","guid":{"rendered":"https:\/\/largeur.com\/?p=6947"},"modified":"2017-12-22T15:49:30","modified_gmt":"2017-12-22T14:49:30","slug":"sante-36","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=6947","title":{"rendered":"Les soins \u00abmobiles\u00bb: partager pour \u00e9conomiser?"},"content":{"rendered":"<p>Avec ses 52 tonnes, du fait de son lourd blindage de radioprotection, le camion d\u2019imagerie m\u00e9dicale des H\u00f4pitaux universitaires de Gen\u00e8ve (HUG) bat des records. Tout comme son prix: il a fallu d\u00e9bourser 960\u2019000 francs pour la remorque \u00e9quip\u00e9e et encore 2 millions pour le scanner dernier cri. Mais cette unit\u00e9 mobile b\u00e9n\u00e9ficiera \u00e0 d\u2019autres r\u00e9gions de Suisse romande, en se d\u00e9pla\u00e7ant \u00e0 l\u2019h\u00f4pital de La Chaux-de-Fonds et au Centre d\u2019imagerie du Nord vaudois, et devrait ainsi \u00eatre rentabilis\u00e9 en quelques ann\u00e9es seulement.<\/p>\n<p>Gr\u00e2ce \u00e0 ce poids lourd de 13,5 m\u00e8tres de long, les HUG sont pass\u00e9s \u00e0 la vitesse sup\u00e9rieure. \u00abLa premi\u00e8re unit\u00e9 mobile, qui a fonctionn\u00e9 durant neuf ans, \u00e9tait satur\u00e9e, indique Jean-Pierre Willi, m\u00e9decin-chef du Service de m\u00e9decine nucl\u00e9aire et imagerie mol\u00e9culaire. Aujourd\u2019hui, nous avons doubl\u00e9 la capacit\u00e9 d\u2019accueil et nous pouvons recevoir deux patients simultan\u00e9ment.\u00bb<\/p>\n<p>Le scanner est trois fois plus performant que l\u2019ancien, gr\u00e2ce \u00e0 une plus grande pr\u00e9cision des images produites. \u00abCela aidera les m\u00e9decins \u00e0 \u00e9valuer avec finesse l\u2019efficacit\u00e9 des traitements de nombreuses tumeurs.\u00bb<\/p>\n<p>Lors de l\u2019inauguration du nouveau camion en juin, les HUG n\u2019ont pas h\u00e9sit\u00e9 \u00e0 qualifier leur unit\u00e9 de \u00absuccess story\u00bb. D\u2019autres syst\u00e8mes de partage de personnel et de mat\u00e9riel entre lieux de soins semblent eux aussi bien fonctionner en Suisse romande. Pourquoi ce succ\u00e8s? Est-il applicable partout?<\/p>\n<p><strong>Int\u00e9r\u00eat financier <\/strong><\/p>\n<p>L\u2019attrait pour ce type d\u2019unit\u00e9 mobile tient d\u2019abord au fait que certaines technologies sont difficiles \u00e0 acqu\u00e9rir seul. Reto Meuli a suivi avec int\u00e9r\u00eat le d\u00e9veloppement du camion scanner des HUG. \u00abDans ce cas pr\u00e9cis, Gen\u00e8ve a aid\u00e9 l\u2019h\u00f4pital de La Chaux-de-Fonds, explique le chef du D\u00e9partement de radiologie m\u00e9dicale du CHUV. Le projet d\u2019installation d\u2019un nouveau scanner PET-CT \u00e9tait au point mort dans le canton de Neuch\u00e2tel, \u00e0 la suite de la votation de division des deux h\u00f4pitaux neuch\u00e2telois. Or, il y avait un r\u00e9el besoin dans la r\u00e9gion pour ce type d\u2019examens, de m\u00eame que de radiologues comp\u00e9tents sur place.\u00bb<\/p>\n<p>L\u2019int\u00e9r\u00eat financier et la volont\u00e9 de proposer une offre plus large aux usagers d\u2019un lieu de soin expliquent \u00e9galement la mise en place d\u2019\u00e9quipes et de machines itin\u00e9rantes. Le camion des HUG est ainsi stationn\u00e9 une ou deux fois par semaine au Centre d\u2019imagerie du Nord vaudois, un cabinet priv\u00e9.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-6948\" src=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/ImageJour_SoinsMobiles_211217.jpg\" alt=\"\" width=\"468\" height=\"311\" srcset=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/ImageJour_SoinsMobiles_211217.jpg 468w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/ImageJour_SoinsMobiles_211217-300x199.jpg 300w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/ImageJour_SoinsMobiles_211217-272x182.jpg 272w\" sizes=\"auto, (max-width: 468px) 100vw, 468px\" \/><\/p>\n<p>L\u2019entreprise fribourgeoise Mobile Anesthesia Care, install\u00e9e \u00e0 Marsens, constitue un autre exemple. Son \u00e9quipe mobile se rend depuis 2012 dans divers lieux de soins pour pratiquer des anesth\u00e9sies ambulatoires. Autrement dit, le personnel d\u00e9tach\u00e9 par la soci\u00e9t\u00e9 pr\u00e9pare le patient, l\u2019endort et surveille son \u00e9tat de sant\u00e9 au r\u00e9veil. Le tout en emmenant le mat\u00e9riel n\u00e9cessaire \u00e0 l\u2019intervention.<\/p>\n<p>\u00abLa moyenne est de 6\u2019000 actes anesth\u00e9siques par ann\u00e9e, ce qui constitue un niveau \u00e9quivalent \u00e0 celui de nombreux h\u00f4pitaux p\u00e9riph\u00e9riques, et ce chiffre ne cesse d\u2019augmenter\u00bb, explique l\u2019un des deux m\u00e9decins fondateurs, Nicolas Vasey. Quinze employ\u00e9s travaillent de mani\u00e8re fixe pour Mobile Anesthesia Care, une vingtaine d\u2019autres de fa\u00e7on plus ponctuelle.<\/p>\n<p>Parmi les clients de l\u2019entreprise figurent des cliniques et cabinets m\u00e9dicaux priv\u00e9s. Ces derniers souhaitent g\u00e9n\u00e9ralement pratiquer entre leurs murs des chirurgies peu invasives sous anesth\u00e9sie g\u00e9n\u00e9rale. Il s\u2019agira par exemple d\u2019un dentiste voulant arracher quatre dents de sagesse depuis son cabinet, sans se rendre au bloc op\u00e9ratoire, ou d\u2019un gyn\u00e9cologue devant proc\u00e9der \u00e0 un curetage \u00e0 la suite d\u2019une fausse couche.<\/p>\n<p>\u00abTout le monde est gagnant, souligne Nicolas Vasey. Le sp\u00e9cialiste peut effectuer des actes qu\u2019il pratiquerait quasiment \u00e0 perte s\u2019il devait se d\u00e9placer dans le bloc op\u00e9ratoire d\u2019un h\u00f4pital, et du c\u00f4t\u00e9 du patient, la proximit\u00e9 et le confort du cabinet sont des points jug\u00e9s positifs, par rapport \u00e0 l\u2019h\u00f4pital.\u00bb Mobile Anesthesia Care propose aussi ses services \u00e0 des h\u00f4pitaux publics, mais de mani\u00e8re plus marginale, souvent pour mandater des anesth\u00e9sistes rempla\u00e7ants.<\/p>\n<p>Des \u00e9volutions technologiques ont rendu possibles et attractifs ces soins itin\u00e9rants. \u00abLes machines utilis\u00e9es lors d\u2019une anesth\u00e9sie se sont miniaturis\u00e9es, tout en fonctionnant sur des batteries aux dur\u00e9es nettement plus longues, explique le cofondateur de Mobile Anesthesia Care. Les d\u00e9lais d\u2019\u00e9vacuation des produits pharmacologiques sont aussi beaucoup plus rapides, ce qui permet de r\u00e9duire la phase de r\u00e9veil.\u00bb<\/p>\n<p><strong>\u00a0Soigner des patients immobiles <\/strong><\/p>\n<p>Pour Nicolas Senn, directeur de l\u2019Institut universitaire de m\u00e9decine de famille \u00e0 Lausanne, il y a deux strat\u00e9gies qui cohabitent sur cette question des soins mobiles. \u00abL\u2019une est une logique de march\u00e9, d\u2019augmentation de la demande par l\u2019offre. L\u2019autre, adopt\u00e9e par les autorit\u00e9s sanitaires, s\u2019int\u00e9resse aux besoins sanitaires globaux.\u00bb Dans cette derni\u00e8re perspective, la mise en place de soins mobiles s\u2019av\u00e8re pertinente pour se rendre aupr\u00e8s des patients qui, dans le cas contraire, ne se d\u00e9placeraient pas d\u2019eux-m\u00eames et ne seraient pas correctement trait\u00e9s.<\/p>\n<p>C\u2019est le cas, par exemple, pour l\u2019itin\u00e9rance d\u2019\u00e9quipes sp\u00e9cialis\u00e9es vaudoises dans le domaine des soins palliatifs et de la psychiatrie. \u00abPour ce qui est de ma branche, la m\u00e9decine de premier recours, il existe \u00e9galement une unit\u00e9 mobile vaudoise se rendant dans les centres de requ\u00e9rants d\u2019asile. Des infirmiers et infirmi\u00e8res y assurent des consultations et apportent des soins de base.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Parfait aux \u00c9tats-Unis, moins en Suisse <\/strong><\/p>\n<p>La g\u00e9n\u00e9ralisation des soins mobiles en Suisse, Reto Meuli n\u2019y croit pas. \u00abLe partage d\u2019\u00e9quipements lourds dans des camions \u00e9normes, cela a du sens au Midwest, aux \u00c9tats-Unis. Ils font des centaines de kilom\u00e8tres durant la nuit et se trouvent chaque jour dans une nouvelle ville. C\u2019est int\u00e9ressant du point de vue \u00e9conomique et pour la sant\u00e9 du patient. En Suisse par contre, cela restera \u00e0 mon avis anecdotique.\u00bb<\/p>\n<p>La raison avanc\u00e9e par le m\u00e9decin du CHUV: un territoire et des besoins trop petits. \u00abQuand le nouvel H\u00f4pital Riviera-Chablais et sa machine PET-CT verront le jour, je pense que l\u2019offre des m\u00e9decins priv\u00e9s dans ce domaine tendra \u00e0 dispara\u00eetre, car les patients seront pr\u00eats \u00e0 faire quelques kilom\u00e8tres de plus pour avoir les \u00e9quipements modernes.\u00bb<\/p>\n<p>Nicolas Vasey reconna\u00eet lui aussi des limites \u00e0 l\u2019anesth\u00e9sie mobile. \u00abDes cas lourds polypathologiques ne peuvent \u00eatre trait\u00e9s qu\u2019\u00e0 l\u2019h\u00f4pital. Et nous sommes d\u00e9pendants des tarifications et des d\u00e9cisions politiques. Nous n\u2019existerons plus si les actes r\u00e9alis\u00e9s sous anesth\u00e9sie par nos clients \u2013 cabinets et cliniques priv\u00e9s \u2013 ne leur rapportent plus rien.\u00bb<\/p>\n<p>Les fronti\u00e8res cantonales pourraient constituer un autre obstacle. \u00abLes questions de remboursement des soins ou de droit de pratique sont encore r\u00e9gl\u00e9es dans le cadre des cantons, rappelle ainsi Nicolas Senn. M\u00eame s\u2019il y a des syst\u00e8mes de p\u00e9r\u00e9quation, il n\u2019est pas \u00e9vident de d\u00e9velopper ce type de partage sur plusieurs cantons. Ces initiatives sont soumises au respect de la gouvernance locale.\u00bb<\/p>\n<p>_______<\/p>\n<p>Une version de cet article est parue dans In Vivo magazine (no 13).<\/p>\n<p>Pour vous abonner \u00e0 In Vivo au prix de seulement CHF 20.- (d\u00e8s 20 euros) pour 6 num\u00e9ros, rendez-vous sur <a href=\"http:\/\/invivomagazine.com\/\">invivomagazine.com<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le partage de personnel et de mat\u00e9riel entre lieux de soins se d\u00e9veloppe en Suisse romande, souvent motiv\u00e9 par des int\u00e9r\u00eats financiers. Avantages et limites de cette pratique.<\/p>\n","protected":false},"author":20165,"featured_media":6948,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5],"tags":[1299],"class_list":["post-6947","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-latitude","tag-paru-dans-in-vivo","latitude"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/6947","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/20165"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=6947"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/6947\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":6949,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/6947\/revisions\/6949"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/6948"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=6947"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=6947"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=6947"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}