



{"id":6913,"date":"2017-12-18T23:52:13","date_gmt":"2017-12-18T22:52:13","guid":{"rendered":"https:\/\/largeur.com\/?p=6913"},"modified":"2017-12-22T16:51:02","modified_gmt":"2017-12-22T15:51:02","slug":"sante-35","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=6913","title":{"rendered":"Les bact\u00e9ries, nos meilleures ennemies"},"content":{"rendered":"<p>Les bact\u00e9ries ont contribu\u00e9 \u00e0 fa\u00e7onner notre plan\u00e8te telle qu\u2019on la conna\u00eet. On les retrouve \u00e0 peu pr\u00e8s partout: sur les poign\u00e9es de porte, dans les grands fonds marins et naturellement sur notre corps. Presque aussi nombreuses que nos cellules, elles se comptent par milliards dans l\u2019organisme humain, fonctionnant comme un organe \u00e0 part enti\u00e8re. Si la plupart sont essentielles pour la sant\u00e9, toutes les bact\u00e9ries ne sont pas nos alli\u00e9es. Certaines, dites pathog\u00e8nes, causent en effet des maladies infectieuses, qui peuvent aller de la simple angine au choc septique mortel.<\/p>\n<p>Pendant longtemps, les antibiotiques ont repr\u00e9sent\u00e9 un moyen efficace de lutte contre les bact\u00e9ries pathog\u00e8nes. Leur utilisation abusive a toutefois contribu\u00e9 au d\u00e9veloppement de \u00absuperbact\u00e9ries\u00bb multir\u00e9sistantes. En d\u00e9but d\u2019ann\u00e9e, l\u2019Organisation mondiale de la sant\u00e9 (OMS) a tir\u00e9 la sonnette d\u2019alarme: ces superbact\u00e9ries pourraient tuer jusqu\u2019\u00e0 10 millions de personnes par an d\u2019ici \u00e0 2050, soit autant que le cancer. Face \u00e0 cette urgence, plusieurs solutions alternatives int\u00e9ressent les scientifiques, dont la phagoth\u00e9rapie. D\u00e9couverte il y a un si\u00e8cle, avant d\u2019\u00eatre d\u00e9laiss\u00e9e au profit des antibiotiques, cette m\u00e9thode semble \u00e0 nouveau prometteuse.<\/p>\n<p><strong>1. LES BACT\u00c9RIES AMIES OU ENNEMIES?<\/strong><\/p>\n<p>D\u00e8s la naissance, les bact\u00e9ries colonisent notre corps, constituant ce que l\u2019on appelle le microbiote. \u00abLa composition de la flore bact\u00e9rienne change passablement au cours des trois premi\u00e8res ann\u00e9es. Elle se stabilise ensuite jusqu\u2019\u00e0 ressembler au microbiote que l\u2019on retrouve chez un adulte\u00bb, commente Vladimir Lazarevic, du Laboratoire de recherche g\u00e9nomique des H\u00f4pitaux universitaires de Gen\u00e8ve (HUG). Plus tard, d\u2019autres changements li\u00e9s \u00e0 l\u2019affaiblissement du syst\u00e8me immunitaire et aux modifications d\u2019habitudes alimentaires se produisent chez les personnes \u00e2g\u00e9es.<\/p>\n<p>Chaque individu poss\u00e8de son propre microbiote, selon l\u2019environnement dans lequel il vit et son alimentation. Les bact\u00e9ries corporelles se logent principalement sur la peau ou dans les muqueuses, soit dans l\u2019appareil digestif, respiratoire ou uro-g\u00e9nital. Ces h\u00f4tes du corps humain travaillent en symbiose avec l\u2019organisme, dans lequel elles trouvent des nutriments et un environnement favorable \u00e0 leur croissance et \u00e0 leur survie. Selon Vladimir Lazarevic, le tissu intestinal et le syst\u00e8me immunitaire ne se d\u00e9veloppent pas normalement en l\u2019absence de cette flore bact\u00e9rienne.<\/p>\n<p><strong>De nombreuses fonctions<\/strong><\/p>\n<p>\u00abLes bact\u00e9ries ont des fonctions m\u00e9taboliques. Par exemple, elles d\u00e9gradent par fermentation des r\u00e9sidus alimentaires non digestibles (fibres), de mani\u00e8re \u00e0 absorber les composants utiles \u00e0 l\u2019organisme. Elles peuvent \u00e9galement produire des substrats \u00e9nerg\u00e9tiques comme les acides gras ou les vitamines K et B12\u00bb, d\u00e9taille le chercheur. Les bact\u00e9ries permettent \u00e9galement de stimuler le syst\u00e8me immunitaire et d\u2019augmenter les r\u00e9sistances de l\u2019organisme. Un micro-organisme pathog\u00e8ne \u2013 champignon ou bact\u00e9rie \u2013 devra lutter contre la flore locale pour coloniser le milieu. Ces bact\u00e9ries de la flore endog\u00e8ne sont, pour ainsi dire, nos alli\u00e9es.<\/p>\n<p>Mais il existe aussi des bact\u00e9ries qualifi\u00e9es de \u00abpathog\u00e8nes\u00bb pour l\u2019\u00eatre humain, soit des bact\u00e9ries qui peuvent potentiellement d\u00e9velopper une maladie. \u00abSur les 13\u2019000 esp\u00e8ces bact\u00e9riennes scientifiquement reconnues, environ 150 ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9pertori\u00e9es comme pathog\u00e8nes pour l\u2019homme\u00bb, rel\u00e8ve Vladimir Lazarevic. Les plus connues sont les staphylocoques, les streptocoques, Clostridium difficile, ou les ent\u00e9robact\u00e9ries comme les salmonelles ou Escherichia coli.<\/p>\n<p>\u00abSi ces bact\u00e9ries r\u00e9ussissent \u00e0 s\u2019installer et \u00e0 envahir le milieu, elles vont causer des d\u00e9sordres au sein de l\u2019organisme, explique Thierry Calandra, chef du Service des maladies infectieuses au CHUV. La maladie infectieuse est la manifestation de cette rencontre entre un agent pathog\u00e8ne et l\u2019organisme de l\u2019h\u00f4te.\u00bb Toutefois, la pr\u00e9sence d\u2019une bact\u00e9rie pathog\u00e8ne dans le corps n\u2019implique pas forc\u00e9ment une r\u00e9action. \u00abOn trouve par exemple des staphylocoques dans le nasopharynx de certains h\u00f4tes sans qu\u2019ils soient pour autant malades\u00bb, note Vladimir Lazarevic.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-6916\" src=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/Img-jour-181217.jpg\" alt=\"\" width=\"468\" height=\"311\" srcset=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/Img-jour-181217.jpg 468w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/Img-jour-181217-300x199.jpg 300w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/Img-jour-181217-272x182.jpg 272w\" sizes=\"auto, (max-width: 468px) 100vw, 468px\" \/><\/p>\n<p><strong>2. LE SEPSIS &#8211; UNE AFFECTION GRAVE EN AUGMENTATION<\/strong><\/p>\n<p>Les maladies infectieuses vont des petites infections b\u00e9nignes localis\u00e9es, comme la cystite ou l\u2019angine, \u00e0 des maux plus graves, voire mortels. Le degr\u00e9 d\u2019infection le plus important est repr\u00e9sent\u00e9 par le sepsis. Il s\u2019agit d\u2019une r\u00e9ponse inflammatoire g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e du malade \u00e0 une infection s\u00e9v\u00e8re.<\/p>\n<p>Selon l\u2019OMS, le sepsis est une cause majeure de morbidit\u00e9 et de mortalit\u00e9 maternelles et n\u00e9onatales dans les pays \u00e0 faible revenu. Mais il touche aussi des millions de patients dans les h\u00f4pitaux des pays \u00e0 revenu \u00e9lev\u00e9, o\u00f9 l\u2019on observe un accroissement rapide du nombre de cas, li\u00e9 au vieillissement de la population et \u00e0 l\u2019augmentation du nombre de patients immunod\u00e9ficients.<\/p>\n<p>Les bact\u00e9ries les plus connues provoquant les sepsis sont les streptocoques, les staphylocoques, les ent\u00e9robact\u00e9ries et les Pseudomonas. Un sepsis peut se d\u00e9velopper \u00e0 partir de n\u2019importe quelle infection syst\u00e9mique s\u00e9v\u00e8re, et plusieurs sch\u00e9mas sont possibles. Le sepsis peut \u00eatre d\u00fb \u00e0 une r\u00e9ponse tardive de l\u2019h\u00f4te \u00e0 une infection que le syst\u00e8me immunitaire n\u2019a pas reconnu tout de suite. L\u2019infection prend alors de telles proportions que l\u2019organisme n\u2019arrive plus \u00e0 l\u2019arr\u00eater.<\/p>\n<p><strong>S\u00e9quelles multiples<br \/>\n<\/strong><\/p>\n<p>Dans un autre cas de figure, \u00abl\u2019h\u00f4te peut produire une r\u00e9action si violente en pr\u00e9sence d\u2019une infection qu\u2019elle devient d\u00e9l\u00e9t\u00e8re pour l\u2019organisme\u00bb, d\u00e9taille Thierry Calandra. Ces r\u00e9actions inflammatoires excessives peuvent entra\u00eener des d\u00e9faillances d\u2019organes et provoquer de graves s\u00e9quelles: perte de membres, l\u00e9sions pulmonaires ou r\u00e9nales et troubles neurologiques ou de motricit\u00e9.<\/p>\n<p>Le choc septique constitue la manifestation la plus s\u00e9v\u00e8re d\u2019un sepsis. Il est notamment caract\u00e9ris\u00e9 par une tension art\u00e9rielle qui chute de mani\u00e8re importante et un arr\u00eat de l\u2019irrigation des organes par le sang. Selon l\u2019expert, 10% des patients atteints de sepsis en meurent, un taux de d\u00e9c\u00e8s qui monte \u00e0 pr\u00e8s de 40% en cas de choc septique.<\/p>\n<p>Si les personnes immunod\u00e9ficientes sont plus \u00e0 m\u00eame de d\u00e9velopper un sepsis, Thierry Calandra avertit: \u00abLe fait d\u2019\u00eatre jeune et en bonne sant\u00e9 ne prot\u00e8ge pas des failles de notre syst\u00e8me immunitaire. Si vous avez la malchance de croiser la bact\u00e9rie qui est capable de passer au travers de votre bouclier, vous risquez de d\u00e9velopper un sepsis.\u00bb<\/p>\n<p>Le sp\u00e9cialiste pr\u00e9vient en outre qu\u2019il n\u2019est pas toujours ais\u00e9 de d\u00e9tecter les premiers sympt\u00f4mes de ce mal, qui peuvent ressembler au d\u00e9but \u00e0 un \u00e9tat grippal. \u00abIl faut rapidement consulter son m\u00e9decin ou un service d\u2019urgence lors de la survenue de gros frissons ou d\u2019une fi\u00e8vre \u00e9lev\u00e9e qui s\u2019accompagnent d\u2019un malaise g\u00e9n\u00e9ral et d\u2019une alt\u00e9ration de l\u2019\u00e9tat de conscience, car ce sont des signes \u00e9vocateurs d\u2019un sepsis.\u00bb<\/p>\n<p><strong>3. LES SUPERBACT\u00c9RIES &#8211; UN PH\u00c9NOM\u00c8NE QUI INQUI\u00c8TE LA PLAN\u00c8TE<br \/>\n<\/strong><\/p>\n<p>De nos jours, le moyen le plus courant pour traiter les infections bact\u00e9riennes demeure l\u2019antibiotique. G\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 apr\u00e8s la Deuxi\u00e8me Guerre mondiale, il repr\u00e9sente l\u2019un des progr\u00e8s th\u00e9rapeutiques majeurs du XXe si\u00e8cle. \u00abLes antibiotiques poss\u00e8dent un spectre d\u2019action. Certains ont des \u201ctrous\u201d dans leur spectre et ne se r\u00e9v\u00e8lent pas efficaces contre toutes les bact\u00e9ries. Les antibiotiques \u00e0 large spectre sont, quant \u00e0 eux, capables de tuer la croissance d\u2019un grand nombre de bact\u00e9ries appartenant \u00e0 diff\u00e9rentes classes\u00bb, explique le chef du Service des maladies infectieuses du CHUV.<\/p>\n<p>Les antibiotiques ne font donc pas la diff\u00e9rence entre les bact\u00e9ries b\u00e9n\u00e9fiques et les n\u00e9fastes. C\u2019est la raison pour laquelle la prise d\u2019antibiotiques peut mener \u00e0 des effets secondaires. \u00abIls peuvent, par exemple, d\u00e9s\u00e9quilibrer la flore digestive et causer des diarrh\u00e9es\u00bb, remarque Thierry Calandra.<\/p>\n<p><strong>Antibiotiques, ne pas en abuser<\/strong><\/p>\n<p>Les antibiotiques ont permis de faire reculer consid\u00e9rablement la mortalit\u00e9 dans le monde entier. Sans eux, certaines op\u00e9rations chirurgicales telles que les transplantations cardiaques ne seraient pas possibles. Mais leur succ\u00e8s s\u2019accompagne aussi d\u2019une augmentation des cas de r\u00e9sistance aux antibiotiques, observ\u00e9e depuis plusieurs ann\u00e9es.<\/p>\n<p>Selon l\u2019OMS, ce ph\u00e9nom\u00e8ne constitue m\u00eame aujourd\u2019hui l\u2019une des plus graves menaces pesant sur la sant\u00e9 mondiale. On estime ainsi \u00e0 700\u2019000 le nombre de d\u00e9c\u00e8s caus\u00e9s annuellement par des agents pathog\u00e8nes r\u00e9sistants. En d\u00e9but d\u2019ann\u00e9e, une patiente est d\u00e9c\u00e9d\u00e9e aux \u00c9tats-Unis apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 infect\u00e9e par une bact\u00e9rie multi-r\u00e9sistante, et ce malgr\u00e9 la prise d\u2019une vingtaine d\u2019antibiotiques.<\/p>\n<p>La bact\u00e9rie peut devenir r\u00e9sistante \u00e0 un antibiotique par mutation dans son g\u00e9nome ou par acquisition de g\u00e8nes de r\u00e9sistance provenant d\u2019une autre bact\u00e9rie. \u00abCertaines mutations augmentent l\u2019expression des pompes \u00e0 efflux, soit un m\u00e9canisme par lequel les cellules rejettent \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur des compos\u00e9s toxiques comme les antibiotiques, pr\u00e9cise Vladimir Lazarevic. D\u2019autres mutations emp\u00eachent l\u2019entr\u00e9e de l\u2019antibiotique dans la cellule ou encore changent la structure de la cible de l\u2019antibiotique.\u00bb La pression s\u00e9lective exerc\u00e9e par l\u2019antibiotique administr\u00e9 conduit \u00e0 la survie et \u00e0 la multiplication de la souche r\u00e9sistante.<\/p>\n<p><strong>4.LES PHAGES, DES ALTERNATIVES AUX ANTIBIOTIQUES TEST\u00c9ES CLINIQUEMENT<\/strong><\/p>\n<p>Que faire alors lorsque les antibiotiques ne se r\u00e9v\u00e8lent plus suffisants? \u00abLorsque l\u2019infection est localis\u00e9e, il est possible de recourir \u00e0 une op\u00e9ration chirurgicale, remarque Thierry Calandra. Dans le cas d\u2019une tuberculose r\u00e9sistante \u00e0 tous les antibiotiques, par exemple, il est possible d\u2019\u00f4ter la partie du poumon infect\u00e9e.\u00bb<\/p>\n<p>Une autre alternative connue est la phagoth\u00e9rapie, qui consiste en l\u2019utilisation de phages, des virus naturels qui n\u2019infectent que les bact\u00e9ries. \u00abLe virus se fixe \u00e0 la surface de la bact\u00e9rie, y injecte son mat\u00e9riel g\u00e9n\u00e9tique afin de se reproduire, explique Gr\u00e9gory Resch, directeur de projet au D\u00e9partement de microbiologie fondamentale de l\u2019Universit\u00e9 de Lausanne (UNIL). Puis, afin de pouvoir sortir, les nouveaux phages vont faire exploser la bact\u00e9rie.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Une technique oubli\u00e9e<\/strong><\/p>\n<p>Ce traitement a \u00e9t\u00e9 d\u00e9couvert il y a exactement un si\u00e8cle par le Fran\u00e7ais F\u00e9lix d\u2019H\u00e9relle et a \u00e9t\u00e9 largement utilis\u00e9 dans le monde avant la d\u00e9couverte des antibiotiques. Il est toujours utilis\u00e9 couramment dans les pays de l\u2019ancienne Union sovi\u00e9tique, comme la G\u00e9orgie, la Russie ou la Pologne. Pour chaque esp\u00e8ce de bact\u00e9rie, il faut pr\u00e9parer un cocktail de phages sp\u00e9cifique.<\/p>\n<p>L\u2019administration th\u00e9rapeutique des bact\u00e9riophages se fait le plus souvent localement sur des blessures infect\u00e9es comme des plaies ou des br\u00fblures. Ils peuvent \u00e9galement \u00eatre administr\u00e9s par inhalation, pour les formes pulmonaires, ou par instillation pour les infections des yeux. Ce type de traitement est en vente libre dans les pays susmentionn\u00e9s. Dans les pays occidentaux, qui ont d\u00e9laiss\u00e9 cette technique en faveur des antibiotiques, des essais cliniques sont en cours pour \u00e9tudier leur validit\u00e9.<\/p>\n<p>_______<\/p>\n<p><strong>Les promesses de la phago\u00adth\u00e9rapie <\/strong><\/p>\n<p>Le directeur de projet au D\u00e9partement de microbiologie fondamentale de l\u2019UNIL Gr\u00e9gory Resch a particip\u00e9 au projet PhagoBurn. Ce premier essai clinique sur la phagoth\u00e9rapie, financ\u00e9 par l\u2019Union europ\u00e9enne, visait \u00e0 \u00e9valuer l\u2019efficacit\u00e9 et la tol\u00e9rance des bact\u00e9riophages comme traitement des plaies infect\u00e9es chez les grands br\u00fbl\u00e9s. \u00abIl s\u2019agit d\u2019une premi\u00e8re mondiale. Les essais cliniques ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9s en France, en Belgique et en Suisse selon les standards occidentaux de bonnes pratiques\u00bb, souligne-t-il.<\/p>\n<p>PhagoBurn a pris fin en juin 2017 et ses r\u00e9sultats para\u00eetront d\u2019ici \u00e0 la fin de l\u2019ann\u00e9e. Gr\u00e9gory Resch esp\u00e8re que le bilan de cette exp\u00e9rience permettra \u00e0 cette solution prometteuse de se d\u00e9mocratiser d\u2019ici \u00e0 quelques ann\u00e9es. \u00abLa phagoth\u00e9rapie peut tout aussi bien \u00eatre utilis\u00e9e en compl\u00e9ment aux antibiotiques, constate le chercheur. Nous avons observ\u00e9 une synergie entre les deux traitements.\u00bb La phagoth\u00e9rapie est en outre connue pour l\u2019absence d\u2019effets secondaires. \u00abNous sommes constamment en contact avec des bact\u00e9riophages. Ils sont 10 \u00e0 100 fois plus nombreux que les bact\u00e9ries. On en trouve, par exemple, des milliards dans le lac L\u00e9man\u00bb, assure Gr\u00e9gory Resch.<\/p>\n<p>Le chercheur en microbiologie fondamentale s\u2019appr\u00eate \u00e0 participer \u00e0 une nouvelle exp\u00e9rience clinique de phagoth\u00e9rapie. Soutenue par le CHUV et l\u2019UNIL, elle se d\u00e9roulera sur une p\u00e9riode de cinq ans. Le traitement sera cette fois appliqu\u00e9 \u00e0 des patients souffrant de mucoviscidose.<\/p>\n<p>_______<\/p>\n<p>QUELQUES CHIFFRES<\/p>\n<p><strong>1\u2019012<\/strong> Le nombre de bact\u00e9ries pr\u00e9sentes sur notre peau.<\/p>\n<p><strong>86<\/strong> En pour-cent, la probabilit\u00e9 de nous identifier gr\u00e2ce \u00e0 notre microbiote intestinal, selon une \u00e9tude de l\u2019\u00e9cole de sant\u00e9 publique de Harvard.<\/p>\n<p><strong>60\u2019000<\/strong> C\u2019est le nombre estim\u00e9 de bact\u00e9ries existantes.<\/p>\n<p>_______<\/p>\n<p><strong><u><br \/>\n<\/u>\u00abUn effort d\u2019information reste \u00e0 faire\u00bb<\/strong><\/p>\n<p><em>Le sepsis, anciennement appel\u00e9 septic\u00e9mie, est un dysfonctionnement de l\u2019organisme en r\u00e9ponse \u00e0 une infection. Thierry Calandra d\u00e9taille les mesures n\u00e9cessaires pour limiter les risques pos\u00e9s par cette affection aussi grave que m\u00e9connue.<\/em><\/p>\n<p>Pr\u00e8s de 31 millions de cas de sepsis sont d\u00e9nombr\u00e9s chaque ann\u00e9e au niveau mondial. En Suisse, le Service d\u2019urgence du CHUV a recens\u00e9 pr\u00e8s de 400 cas de sepsis lors d\u2019un comptage effectu\u00e9 en 2012. Chef du Service des maladies infectieuses au CHUV, Thierry Calandra insiste sur l\u2019importance d\u2019am\u00e9liorer les connaissances du public sur le sujet.<\/p>\n<p><strong>Le nombre de cas de sepsis augmente. Pourtant cette pathologie reste m\u00e9connue du public. Quelle est la situation\u00a0en Suisse?<\/strong><\/p>\n<p>Nous avons du retard par rapport \u00e0 d\u2019autres\u00a0pays comme l\u2019Allemagne, qui a men\u00e9 de nombreuses campagnes d\u2019information. Il est urgent de diss\u00e9miner les notions de ce qu\u2019est un sepsis pour identifier les sympt\u00f4mes plus pr\u00e9cocement. Une \u00e9tude concernant la connaissance du sepsis a \u00e9t\u00e9 men\u00e9e aupr\u00e8s de la population de diff\u00e9rents pays il y a quelques ann\u00e9es. L\u2019Allemagne arrive en t\u00eate avec 50% de personnes ayant entendu parler des sepsis. En Angleterre, ce taux s\u2019\u00e9l\u00e8ve \u00e0 40%, 20% en Su\u00e8de et 7% au Br\u00e9sil. En Suisse, la situation doit ressembler \u00e0 celle en Su\u00e8de. Un effort d\u2019information doit \u00eatre fait.<\/p>\n<p><strong>Qu\u2019est-il envisag\u00e9 pour\u00a0am\u00e9liorer cette situation?<\/strong><\/p>\n<p>Il faudrait mettre sur pied des structures ad\u00e9quates comme des associations ou groupes, incluant des personnes ayant souffert de sepsis, pour mener des campagnes d\u2019information et de sensibilisation. La probl\u00e9matique des sepsis est devenue une priorit\u00e9 pour l\u2019Organisation mondiale de la sant\u00e9, qui a adopt\u00e9 une r\u00e9solution pour favoriser sa reconnaissance.<\/p>\n<p><strong>Quelles mesures peuvent \u00eatre prises au niveau hospitalier?<\/strong><\/p>\n<p>Il est essentiel d\u2019\u00e9duquer les param\u00e9dicaux comme les ambulanciers ou autres services d\u2019intervention afin qu\u2019ils soient capables de reconna\u00eetre rapidement un \u00e9tat septique. Au CHUV, il existe des formations g\u00e9n\u00e9rales au niveau des diff\u00e9rentes unit\u00e9s, mais ce point devrait \u00eatre abord\u00e9 de mani\u00e8re plus sp\u00e9cifique. Afin de r\u00e9duire le risque de mortalit\u00e9 et de s\u00e9quelles graves, il faudrait \u00e9galement mettre en place des centres ou des unit\u00e9s sp\u00e9cialis\u00e9es pour la prise en charge rapide des patients. Le temps d\u2019intervention \u00e0 l\u2019h\u00f4pital se compte en heures. La Surviving Sepsis Campaign a par ailleurs \u00e9labor\u00e9 des recommandations de mesures \u00e0 prendre dans les trois heures qui permettent de r\u00e9duire le risque de mortalit\u00e9.<\/p>\n<p>_______<\/p>\n<p><strong>Un grand nombre d\u2019enfants contractent des sepsis \u00e0 l\u2019h\u00f4pital <\/strong><\/p>\n<p>Plusieurs millions d\u2019enfants dans le monde entier meurent chaque ann\u00e9e de sepsis. En Suisse, un\u00a0enfant par jour en moyenne contracte une infection potentiellement mortelle. C\u2019est ce que r\u00e9v\u00e8le une \u00e9tude nationale men\u00e9e pendant quatre ans par les dix plus grands h\u00f4pitaux p\u00e9diatriques de Suisse, dont le CHUV. Les r\u00e9sultats ont \u00e9t\u00e9 publi\u00e9s le 20 juillet 2017 dans la revue sp\u00e9cialis\u00e9e \u00abThe Lancet Child &amp; Adolescent Health\u00bb. Une grande partie de ces infections sont contract\u00e9es a\u0300 l\u2019h\u00f4pital: \u00abSuite \u00e0 l\u2019\u00e9tude men\u00e9e par le Swiss Pediatric Sepsis group, nous avons constat\u00e9 que sur 1\u2019181 cas d\u2019infections du sang relev\u00e9es, 32% ont affect\u00e9 des enfants pr\u00e9c\u00e9demment sains, 34% des nouveau-n\u00e9s et 34% des enfants avec comorbidit\u00e9s sous-jacentes\u00bb, commente Sandra Asner, responsable de l\u2019Unit\u00e9 d\u2019infectiologie et de vaccinologie p\u00e9diatrique au CHUV.<\/p>\n<p>La sp\u00e9cialiste a particip\u00e9 \u00e0 l\u2019enqu\u00eate, pour la partie traitant des pneumocoques. \u00abLe tiers des infections acquises \u00e0 l\u2019h\u00f4pital concernent principalement les enfants sous chimioth\u00e9rapie dont le syst\u00e8me immunitaire est atteint, ceux qui se trouvent aux soins intensifs ou encore les pr\u00e9matur\u00e9s. Ces trois groupes sont particuli\u00e8rement \u00e0 risque d\u2019un sepsis de par leurs s\u00e9jours fr\u00e9quents \u00e0 l\u2019h\u00f4pital et de par l\u2019utilisation de cath\u00e9ters, qui sont des facteurs de risque pour contracter une infection.\u00bb<\/p>\n<p>_______<\/p>\n<p>T\u00c9MOIGNAGE<\/p>\n<p><strong>\u00abChaque minute compte\u00bb<\/strong><\/p>\n<p><em>Dominique Loosli est rescap\u00e9e d\u2019un sepsis contract\u00e9 il y a sept ans. Aujourd\u2019hui, elle accompagne des malades dans leur processus de gu\u00e9rison.<\/em><\/p>\n<p>\u00abEn juillet 2010, je passais un week-end dans les Grisons avec mon mari. Le samedi soir, nous sommes all\u00e9s manger dans un tr\u00e8s bon restaurant. Je me suis r\u00e9veill\u00e9e \u00e0 5h du matin avec de la fi\u00e8vre et des vomissements violents. Le m\u00e9decin du village m\u2019a donn\u00e9 de quoi me soulager pour rentrer \u00e0 la maison. Lundi, la fi\u00e8vre n\u2019avait pas diminu\u00e9. Mon mari a insist\u00e9 pour qu\u2019on se rende aux urgences, lui qui n\u2019y avait jamais mis les pieds de sa vie! L\u00e0,\u00a0on m\u2019a fait une prise de sang. Le diagnostic est tomb\u00e9: sepsis. On m\u2019a plac\u00e9e en coma artificiel, j\u2019y suis rest\u00e9e cinq semaines. On me donnait alors 20% de chances de survie.<\/p>\n<p>Je me suis r\u00e9veill\u00e9e aux soins intensifs avec une paralysie totale. Je ne reconnaissais pas mes enfants, l\u2019anesth\u00e9sie avait impact\u00e9 ma m\u00e9moire. C\u2019\u00e9tait une p\u00e9riode tr\u00e8s dure. Pendant un mois, je me suis d\u00e9plac\u00e9e en fauteuil \u00e9lectrique. Je ne supportais pas les antibiotiques qu\u2019on me donnait, j\u2019ai fait une neutrop\u00e9nie (un trouble du syst\u00e8me sanguin, ndlr). Je me trouvais toujours en danger de mort. C\u2019est l\u00e0 que mon corps a commenc\u00e9 \u00e0 reprendre le dessus: j\u2019ai pu bouger un orteil, puis manger un peu. Il a fallu r\u00e9apprendre chaque geste. Aujourd\u2019hui encore, je n\u2019ai pas compl\u00e8tement r\u00e9cup\u00e9r\u00e9 la motricit\u00e9 fine de la main droite. Le pire, c\u2019est de lacer des chaussures! Au total, il m\u2019a fallu trois mois pour retrouver mes fonctions majeures, cinq mois pour sortir de l\u2019h\u00f4pital, deux ans pour me sentir bien.<\/p>\n<p>J\u2019ai recommenc\u00e9 \u00e0 travailler en janvier 2011. L\u2019entreprise dans laquelle j\u2019\u00e9tais employ\u00e9e avait \u00e9t\u00e9 totalement r\u00e9organis\u00e9e. Je ne connaissais presque plus personne,\u00a0il y avait peu d\u2019\u00e9gards pour moi. Et puis, apr\u00e8s avoir v\u00e9cu une pareille exp\u00e9rience, notre \u00e9chelle de valeurs change, les plaintes des autres nous paraissent futiles. Les d\u00e9marches administratives \u00e9taient lourdes. J\u2019avais tout le temps \u00e0 rendre des comptes, \u00e0 l\u2019assurance maladie, \u00e0 mon employeur ou \u00e0 l\u2019Assurance Invalidit\u00e9. Le sepsis reste tr\u00e8s peu connu. Je travaille depuis cinq ans maintenant au Centre de parapl\u00e9gie, en tant que pharmacienne hospitali\u00e8re. J\u2019accompagne de plus des patients qui sortent d\u2019un sepsis. Je collabore \u00e9galement avec un centre en Allemagne destin\u00e9 aux survivants de la maladie, qui m\u2019avait aid\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9poque.<\/p>\n<p>Personne ne peut expliquer pourquoi certains s\u2019en sortent et d\u2019autres non. Le choc septique, stade ultime de la maladie, provoque une acc\u00e9l\u00e9ration du rythme cardiaque importante. Mon c\u0153ur a tenu \u00e0 260 battements par minute. J\u2019ai \u00e9galement eu de la chance que le diagnostic ait \u00e9t\u00e9 pos\u00e9 rapidement. Avec cette maladie, chaque minute compte.\u00bb<\/p>\n<p>_______<\/p>\n<p>T\u00c9MOIGNAGE<\/p>\n<p><strong>\u00abLa phagoth\u00e9rapie peut \u00eatre une solution quand on se trouve dans une impasse th\u00e9rapeutique\u00bb<\/strong><\/p>\n<p><em>Christophe Novou a \u00e9t\u00e9 sauv\u00e9 de l\u2019amputation gr\u00e2ce \u00e0 une phagoth\u00e9rapie. Il raconte.<\/em><\/p>\n<p>\u00ab\u00c0 l\u2019\u00e2ge de 10 ans, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 renvers\u00e9 par une voiture. Cet accident a provoqu\u00e9 une fracture du f\u00e9mur ainsi qu\u2019un traumatisme cr\u00e2nien. Je vivais alors en C\u00f4te d\u2019Ivoire. J\u2019ai \u00e9t\u00e9 op\u00e9r\u00e9 sur place, dans des conditions assez rudimentaires. Quand je suis rentr\u00e9 en France, on m\u2019a d\u00e9tect\u00e9 une infection due \u00e0 un staphylocoque dor\u00e9, ainsi que ce que l\u2019on appelait\u00a0la \u00abmaladie du verre\u00bb: les os d\u00e9calcifi\u00e9s, fragilis\u00e9s. J\u2019ai connu plusieurs curetages, j\u2019\u00e9tais sans cesse sous antibiotiques, avec des succ\u00e8s \u00e9pisodiques. En 1998, apr\u00e8s un dernier curetage, ma jambe s\u2019est r\u00e9v\u00e9l\u00e9e assez solide. J\u2019ai commenc\u00e9 \u00e0 mener une vie normale, pratiquant la moto et des sports de combat.<\/p>\n<p>En 2011, les douleurs sont r\u00e9apparues. Un staphylocoque a \u00e9t\u00e9 \u00e0 nouveau d\u00e9pist\u00e9. Je suis tomb\u00e9 d\u2019une \u00e9chelle en aidant une amie \u00e0 monter des \u00e9tag\u00e8res. Nouvelle fracture, qui s\u2019infecte. J\u2019ai alors subi sept op\u00e9rations chirurgicales en deux ans et demi. En juin 2013, on m\u2019annonce que\u00a0la seule solution consiste en une amputation depuis la hanche. Je n\u2019ai pas voulu m\u2019y r\u00e9signer. Ma belle-s\u0153ur me signale alors un reportage t\u00e9l\u00e9vis\u00e9 qui \u00e9voque un traitement bas\u00e9 sur la phagoth\u00e9rapie s\u2019\u00e9tant montr\u00e9 efficace sur un malade dans une situation similaire \u00e0 la mienne, Serge Fortuna. Cofondateur de l\u2019association Les phages du futur, ce dernier organise alors un voyage en G\u00e9orgie pour faire soigner d\u2019autres malades. Le d\u00e9part est fix\u00e9 un mois plus tard. En organisant un appel aux dons, je r\u00e9unis 5\u2019000 euros, sur les 8\u2019000 n\u00e9cessaires pour partir \u00e0 Tbilissi. L\u00e0-bas, on me d\u00e9tecte cinq bact\u00e9ries multir\u00e9sistantes, et non pas deux comme en France. J\u2019entame mon traitement de phages. Apr\u00e8s quinze jours, le m\u00e9decin me dit que je peux rentrer en France. J\u2019ai pens\u00e9: \u00e7a ne sert \u00e0 rien que je reste l\u00e0 plus longtemps. Mais non, j\u2019\u00e9tais tout simplement gu\u00e9ri!<\/p>\n<p>La phagoth\u00e9rapie n\u2019est pas un rem\u00e8de miracle, elle ne marche pas\u00a0\u00e0 chaque fois. Mais elle constitue une solution quand on se trouve dans une impasse th\u00e9rapeutique, et elle ne pr\u00e9sente pas d\u2019effets secondaires. Avec mon association (<a href=\"http:\/\/www.phages-sans-frontieres.com\">www.phages-sans-frontieres.com<\/a>, ndlr), nous avons d\u00e9j\u00e0 aid\u00e9 et sauv\u00e9 pr\u00e8s de dix personnes. Je me bats et milite pour que la phagoth\u00e9rapie soit introduite en France. Personne n\u2019y conna\u00eet ce terme, alors que la m\u00e9thode a \u00e9t\u00e9 invent\u00e9e il y a un si\u00e8cle. Ce n\u2019est pas normal que l\u2019on doive aller se faire soigner \u00e0 l\u2019\u00e9tranger.\u00bb<\/p>\n<p>_______<\/p>\n<p>Collaboration: St\u00e9phanie de Roguin<\/p>\n<p>Une version de ce dossier est parue dans In Vivo Magazine (n\u00b013).<\/p>\n<p>Pour vous abonner \u00e0 In Vivo au prix de seulement CHF 20.- (d\u00e8s 20 euros) pour 6 num\u00e9ros, rendez-vous sur <a href=\"http:\/\/www.invivomagazine.com\/\">invivomagazine.com<\/a>.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le corps humain contient 2 kilos de bact\u00e9ries. Si la plupart ont un effet b\u00e9n\u00e9fique pour la sant\u00e9, certaines d\u2019entre elles provoquent de graves infections pouvant conduire au sepsis, ou mutent en \u00absuperbact\u00e9ries\u00bb r\u00e9sistantes aux antibiotiques. Amies ou ennemies: comment traiter les bact\u00e9ries?<\/p>\n","protected":false},"author":20236,"featured_media":6916,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5],"tags":[1299],"class_list":["post-6913","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-latitude","tag-paru-dans-in-vivo","latitude"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/6913","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/20236"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=6913"}],"version-history":[{"count":6,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/6913\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":6964,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/6913\/revisions\/6964"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/6916"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=6913"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=6913"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=6913"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}