



{"id":687,"date":"2001-03-29T00:00:00","date_gmt":"2001-03-28T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=687"},"modified":"-0001-11-30T00:00:00","modified_gmt":"-0001-11-29T22:00:00","slug":"satellite","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=687","title":{"rendered":"Iridium retrouve le chemin des \u00e9toiles"},"content":{"rendered":"<p>Ce projet pharaonique est n\u00e9 du r\u00eave de Bary Bertiger, haut dirigeant de la firme am\u00e9ricaine Motorola, en 1985. Il voulait mettre en place un r\u00e9seau t\u00e9l\u00e9phonique permettant d&rsquo;appeler depuis n&rsquo;importe o\u00f9 sur la Terre. Dix ans plus tard, <a href=http:\/\/www.iridium.com target=_blank class=std>Iridium<\/a>, le premier r\u00e9seau grand public de t\u00e9l\u00e9phonie par satellite, \u00e9tait n\u00e9. Une courte vie: l\u2019entreprise a \u00e9t\u00e9 mise en faillite quelques mois seulement apr\u00e8s son lancement en 1998, et le r\u00e9seau arr\u00eat\u00e9 il y a un an. Cette semaine, on apprenait que le projet Iridium ressuscitait: depuis ce vendredi, les communications vocales recommencent \u00e0 circuler dans l\u2019espace.<\/p>\n<p>Je me souviens de ce matin de novembre 1998. J\u2019avais \u00e9t\u00e9 invit\u00e9 par Motorola pour tester Iridium, enfin op\u00e9rationnel apr\u00e8s des mois de retardements. Dans la main, je tenais l\u2019appareil, un gros machin avec une longue antenne qui rappelait les premiers cellulaires.<\/p>\n<p>Comme la plupart de mes confr\u00e8res, j\u2019avais publi\u00e9 un article sarcastique sur la qualit\u00e9 des connexions: le son lointain et cette voix d\u00e9form\u00e9e qui semblait provenir des fonds sous-marins. La technologie utilis\u00e9e par ce r\u00e9seau spatial continue pourtant de me fasciner: une constellation de 66 satellites en orbite basse (\u00e0 780 km de la Terre) v\u00e9hicule les appels.<\/p>\n<p>Le signal \u00e9mis par l&rsquo;usager passe d&rsquo;un satellite \u00e0 l&rsquo;autre avant d&rsquo;atterrir dans l&rsquo;une des onze stations terrestre, la plus proche du destinataire. Les satellites se positionnent entre eux au moyen de rayons lasers pour rester dans les axes de transmission. La dur\u00e9e du d\u00e9calage sonore varie en fonction du nombre de satellites travers\u00e9s par le signal: instantan\u00e9 jusqu&rsquo;\u00e0 trois satellites, quelques secondes pour un appel de l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 de la Terre.<\/p>\n<p>Les liaisons t\u00e9l\u00e9phoniques par satellite existent d\u00e9j\u00e0 depuis plusieurs ann\u00e9es mais les stations orbitales, encore \u00e9parses, n\u00e9cessitaient jusqu&rsquo;ici un \u00e9quipement important: une grosse antenne parabolique et une puissance d&rsquo;\u00e9mission trop importante pour des petites batteries. Gr\u00e2ce \u00e0 sa constellation dense, Iridium apportait donc miniaturisation et mobilit\u00e9.<\/p>\n<p>Le r\u00e9seau Iridium a ainsi r\u00e9alis\u00e9 le r\u00eave de l&rsquo;homme cyber: celui de la connectivit\u00e9 absolue, depuis le milieu de l&rsquo;oc\u00e9an, de la brousse, du d\u00e9sert ou dans le creux des vall\u00e9es de montagne les plus recul\u00e9es.<\/p>\n<p>Mais la prouesse technologique n\u2019a pas suffit et Iridium s\u2019est effondr\u00e9. Le service n\u2019a jamais trouv\u00e9 son public. L\u2019entreprise pensait qu\u2019en plus des marins, des explorateurs et de certains journalistes, son r\u00e9seau int\u00e9resserait les hommes d&rsquo;affaires et les fous de gadgets. Le groupe a donc principalement diffus\u00e9 sa communication dans les revues de luxe et les magazines business. Il faut dire qu\u2019\u00e0 7 dollars (12 francs suisses) la minute de conversation &#8211; soit aussi cher que les appels dans les avions &#8211; et 3500 dollars (6000 francs suisses) l\u2019appareil, le service ne visait pas vraiment le grand public.<\/p>\n<p>La cible s\u2019est r\u00e9v\u00e9l\u00e9e mal choisie: le r\u00e9seau cellulaire r\u00e9pond tr\u00e8s bien aux besoins de la client\u00e8le business qui fr\u00e9quente plus volontiers les villes, les grands axes et les a\u00e9roports que la for\u00eat amazonienne ou l\u2019Afrique centrale. Au lieu des 600&rsquo;000 clients pr\u00e9vus, Iridium n\u2019en a s\u00e9duit finalement que 55&rsquo;000. Le projet, qui a co\u00fbt\u00e9 plus de 5 milliards de dollars \u00e0 ses actionnaires, dont principalement Motorola, a tourn\u00e9 au fiasco.<\/p>\n<p>Pour tout arranger, plusieurs concurrents (<a href=http:\/\/www.globalstar.com target=_blank class=std>Globalstar<\/a>, <a href=http:\/\/www.ico.com target=_blank class=std>ICO<\/a>) sont arriv\u00e9s sur ce m\u00eame march\u00e9, avec des r\u00e9seaux plus simples (moins de satellites, plac\u00e9s plus haut en orbite) et donc moins chers. On pensait que la marque Iridium \u00e9tait d\u00e9finitivement enterr\u00e9e. Mais voil\u00e0 qu\u2019elle r\u00e9appara\u00eet.<\/p>\n<p>C\u2019est l\u2019avionneur Boeing qui a repris la majorit\u00e9 des actions du nouvel Iridium. L\u2019infrastructure a \u00e9t\u00e9 acquise pour 25 millions de dollars, soit 200 fois moins que le prix de son d\u00e9veloppement&#8230; A ce prix, Boeing semble avoir conclu une excellente affaire.<\/p>\n<p>Le produit a \u00e9t\u00e9 repositionn\u00e9: les conversations co\u00fbteront au maximum 1,50 dollars (2,55 francs suisses) par minute et les appareils moins de 1000 dollars (1700 francs). Iridium vise cette fois une client\u00e8le plus sp\u00e9cialis\u00e9e: la firme a sign\u00e9 un accord de 72 millions de dollars avec le d\u00e9partement am\u00e9ricain de la D\u00e9fense&#8230;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>C\u2019\u00e9tait l\u2019un des d\u00e9fis technologiques les plus fantastiques de la fin du si\u00e8cle dernier. Et l\u2019une des plus grandes d\u00e9bacles financi\u00e8res. Abandonn\u00e9 il y a un an, Iridium, premier r\u00e9seau mondial de t\u00e9l\u00e9phonie par satellite, est relanc\u00e9 aujourd\u2019hui.<\/p>\n","protected":false},"author":22,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[7],"tags":[],"class_list":["post-687","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-technophile","technophile"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/687","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/22"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=687"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/687\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=687"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=687"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=687"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}