



{"id":6833,"date":"2017-11-30T23:26:28","date_gmt":"2017-11-30T22:26:28","guid":{"rendered":"https:\/\/largeur.com\/?p=6833"},"modified":"2017-12-01T10:22:58","modified_gmt":"2017-12-01T09:22:58","slug":"entreprise-9","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=6833","title":{"rendered":"Le r\u00eave allemand de Camille Bloch"},"content":{"rendered":"<p>Les Allemands sont friands de chocolat. Avec une moyenne de plus de 11 kilos consomm\u00e9s par habitant par an, ils en sont les plus grands consommateurs en Europe, devant m\u00eame les Suisses! Pour les chocolatiers helv\u00e9tiques, le grand voisin constitue donc une destination de choix pour leurs produits. Pr\u00e8s de 20 millions de kilos y ont \u00e9t\u00e9 export\u00e9s l&rsquo;ann\u00e9e derni\u00e8re, plus que dans tout autre pays du monde.<\/p>\n<p>Camille Bloch ne fait pas exception et vend ses chocolats en Allemagne depuis les ann\u00e9es 1960 d\u00e9j\u00e0. Mais le fabricant de Courtelary (Jura bernois) a entam\u00e9 il y a dix ans une nouvelle strat\u00e9gie pour augmenter sa notori\u00e9t\u00e9 sur le march\u00e9 allemand. \u00abJusque-l\u00e0, tous nos produits \u00e9taient vendus sous le nom de \u2018Camille Bloch\u2019. Mais comme nous concentrons \u00e0 pr\u00e9sent nos efforts sur les chocolats \u2018Ragusa\u2019, nous avons d\u00e9cid\u00e9 de focaliser notre marketing sur ce nom pour \u00e9viter les confusions\u00bb, explique le CEO Daniel Bloch, petit-fils de Camille, le fondateur de l\u2019enseigne.<\/p>\n<p>Ce n\u2019est qu\u2019un d\u00e9but: \u00e0 terme, l\u2019entreprise familiale souhaite y r\u00e9aliser le m\u00eame chiffre d\u2019affaires que sur le march\u00e9 suisse. Un objectif ambitieux: aujourd\u2019hui, les exportations repr\u00e9sentent seulement un quart des ventes de Camille Bloch. En dehors de l\u2019Allemagne, les produits partent surtout pour la France, l\u2019Italie, l\u2019Autriche, la Scandinavie et le Canada. Mais l\u2019objectif n\u2019est pas irr\u00e9aliste: ces trois derni\u00e8res ann\u00e9es, Camille Bloch a pu doubler ses ventes en Allemagne.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-6841\" src=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/Large_30_11_2017.png\" alt=\"\" width=\"468\" height=\"311\" srcset=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/Large_30_11_2017.png 468w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/Large_30_11_2017-300x199.png 300w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/Large_30_11_2017-272x182.png 272w\" sizes=\"auto, (max-width: 468px) 100vw, 468px\" \/><\/p>\n<p><strong>Un march\u00e9 aux prix cass\u00e9s<\/strong><\/p>\n<p>Le march\u00e9 du chocolat allemand est domin\u00e9 par les grands groupes multinationaux Kraft Foods, Ferrero, Lindt &amp; Spr\u00fcngli, Nestl\u00e9 ou Mondel\u0113z \u2013 qui poss\u00e8de Milka, la marque la plus vendue en terres germaniques. Mais il existe \u00e9galement un bon nombre de fabricants locaux qui arrivent \u00e0 tirer leur \u00e9pingle du jeu, comme la marque Ritter Sport. S\u2019agit-il d\u2019un march\u00e9 d\u00e9j\u00e0 satur\u00e9? Pas forc\u00e9ment, \u00e0 en croire Alfons Strohmaier, r\u00e9dacteur pour le magazine de l\u2019association internationale des produits de confiserie (Sweets Global Network) \u00e0 Munich: \u00abLes consommateurs allemands sont tr\u00e8s ouverts vis-\u00e0-vis des chocolats provenant de l\u2019ext\u00e9rieur. Et le chocolat suisse b\u00e9n\u00e9ficie d\u2019une tr\u00e8s bonne image, surtout le chocolat au lait aupr\u00e8s d\u2019une client\u00e8le plus \u00e2g\u00e9e. De plus, il est r\u00e9put\u00e9 de tr\u00e8s bonne qualit\u00e9.\u00bb<\/p>\n<p>Pour preuve, \u00abStiftung Warentest\u00bb \u2013 l\u2019association des consommateurs \u2013 a donn\u00e9 les notes maximales \u00e0 deux sortes de chocolat suisse (Swiss Confisa de Coop et Lindt) lors de son dernier test en date sur le sujet, publi\u00e9 en 2013. Mais le march\u00e9 allemand se distingue \u00e9galement par ses prix particuli\u00e8rement bas, y compris pour les produits de confiserie qui sont les plus bas en Europe. Avec un prix moyen de 21 euros pour un \u00e9chantillon de 20 produits disponibles dans tous les pays europ\u00e9ens, l\u2019Allemagne arrive en bas du tableau derri\u00e8re la Roumanie. La Suisse est troisi\u00e8me de ce classement, avec 35 euros en moyenne pour ces m\u00eames produits. Selon Rolf Strohmaier, ceci est d\u00fb \u00e0 la forte pr\u00e9sence des supermarch\u00e9s discount\u00a0qui, en plus de faire baisser les prix des produits de marque, proposent des chocolats sous leur propre enseigne. \u00abUne marque \u00e9trang\u00e8re qui veut s\u2019imposer sur le march\u00e9 allemand doit se montrer patiente et avoir une bonne strat\u00e9gie de marketing.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Une approche individualis\u00e9e<\/strong><\/p>\n<p>Comme une tablette de 100g de chocolat Ragusa co\u00fbte jusqu\u2019\u00e0 trois fois plus cher qu\u2019une tablette \u00e9quivalente de la marque Milka, Daniel Bloch sait qu\u2019il faut convaincre par la qualit\u00e9: \u00abIl y a trois types de consommateurs dans le domaine du chocolat: ceux qui cherchent tout d\u2019abord le meilleur prix, ceux qui font attention aux traditions et ceux pour qui la qualit\u00e9 et l\u2019exclusivit\u00e9 priment. Ce dernier groupe est en train de se d\u00e9velopper de mani\u00e8re significative dans les centres urbains. C\u2019est ce public que nous visons en Allemagne.\u00bb Pour cela, Camille Bloch cherche la proximit\u00e9 avec les consommateurs: pr\u00e9sence \u00e0 des foires sp\u00e9cialis\u00e9es et des festivals de chocolat, affichages dans les pointes de vente et surtout multiplication des d\u00e9gustations.<\/p>\n<p>Il y a deux ans, l\u2019entreprise a lanc\u00e9 une grande campagne promotionnelle pour faire conna\u00eetre ses pralin\u00e9s \u00abRagusa for Friends\u00bb, notamment par le biais de vid\u00e9os et de publicit\u00e9s interactives sur les r\u00e9seaux sociaux. \u00abLe chocolat est un produit qui fonctionne beaucoup par l\u2019\u00e9motion. Nous voulons offrir un chocolat avec du caract\u00e8re pour une client\u00e8le exigeante. Le but est aussi d\u2019\u00eatre connu et appr\u00e9ci\u00e9 par les connaisseurs\u00bb, dit Daniel Bloch. Et il en est persuad\u00e9: son entreprise propose un go\u00fbt diff\u00e9rent, sans pour autant exploiter une niche. \u00abLa culture du chocolat existe d\u00e9j\u00e0 en Allemagne, nous n\u2019allons pas \u00e9duquer les consommateurs.\u00bb Actuellement, les produits jurassiens sont vendus dans environ 4&rsquo;000 points de vente, g\u00e9n\u00e9rant un chiffres d\u2019affaires pour chacun d\u2019entre eux de 1&rsquo;000 euros en moyenne. Les tablettes et b\u00e2tonnets en chocolat de la marque sont notamment disponibles dans la plupart des enseignes de supermarch\u00e9s (mis \u00e0 part les discounters) et dans quelques grands centres commerciaux \u2013 en plus bien s\u00fbr des d\u00e9taillants sp\u00e9cialis\u00e9s. L\u2019objectif \u00e0 moyen terme n\u2019est pas d\u2019augmenter le nombre des points de vente, mais plut\u00f4t d\u2019y augmenter le chiffre d\u2019affaires en r\u00e9alisant une rotation r\u00e9guli\u00e8re des produits.<\/p>\n<p><strong>Un march\u00e9 suisse en stagnation<\/strong><\/p>\n<p>Pour faire face \u00e0 une \u00e9ventuelle augmentation de la demande, une nouvelle usine vient d\u2019\u00eatre inaugur\u00e9e fin octbore au si\u00e8ge de Courtelary. C\u2019est la premi\u00e8re fois depuis les ann\u00e9es 1960 que l\u2019entreprise s\u2019agrandit. L\u2019investissement de pr\u00e8s de 30 millions de francs va permettre de doubler la production. Ce nouveau site est par ailleurs dot\u00e9 d\u2019un centre d\u2019accueil et d\u2019un mus\u00e9e o\u00f9 les visiteurs pourront en apprendre davantage sur l\u2019histoire de la marque, sur les processus de fabrication et l\u2019origine des ingr\u00e9dients utilis\u00e9s. Un projet qui t\u00e9moigne d\u2019une ambition forte pour l\u2019avenir \u2013 \u00e0 court terme, l\u2019entreprise envisage la cr\u00e9ation d\u2019une dizaine de postes \u2013 mais qui refl\u00e8te aussi une situation plus difficile sur le march\u00e9 suisse o\u00f9 s\u2019effectuent 80% de ses ventes.<\/p>\n<p>\u00abLes Suisses mangent en moyenne presque autant de chocolat que les Allemands. Ce chiffre ne va pas augmenter\u00bb, constate Daniel Bloch. Depuis deux ans, le chiffre d\u2019affaires de Camille Bloch sur le march\u00e9 helv\u00e9tique est d\u2019ailleurs en l\u00e9g\u00e8re baisse. Face \u00e0 cette \u00e9volution, la soci\u00e9t\u00e9 voit deux solutions pour le march\u00e9 domestique. D\u2019un c\u00f4t\u00e9, l\u2019innovation: \u00abNous pourrions \u00eatre plus pr\u00e9sents sur le cr\u00e9neau des produits de f\u00eate et des cadeaux\u00bb, admet le chef d\u2019entreprise. De l\u2019autre, le renforcement du lien avec le consommateur. Daniel Bloch constate que les clients suisses veulent en savoir davantage sur les produits. Ils sont exigeants et demandent de la transparence. \u00abLe centre est l\u00e0 pour donner un sens \u00e0 notre produit. Dans la m\u00eame optique, nous avons refait notre logo. Celui-ci est une version modernis\u00e9e de l&rsquo;original des ann\u00e9es 1930. \u00c0 travers cette nouvelle interpr\u00e9tation, l\u2019entreprise souhaite indiquer que son positionnement futur demeure fid\u00e8le \u00e0 ses racines\u00bb, remarque la porte-parole Regula Gerber.<\/p>\n<p>Des valeurs qui semblent recueillir un \u00e9cho favorable en Allemagne, selon Rolf Strohmaier. \u00abEn peu de temps, Camille Bloch a su trouver sa place en se basant sur l\u2019exclusivit\u00e9 des ingr\u00e9dients ainsi qu\u2019un go\u00fbt sophistiqu\u00e9 tout en gardant un certain exotisme. Mais attention: l\u2019entreprise n\u2019est pas seule. De plus en plus de fabricants fran\u00e7ais, belges, espagnols ou italiens arrivent sur le march\u00e9, souvent avec un fort ancrage local et qui visent \u00e9galement une client\u00e8le premium. La concurrence est rude.\u00bb<\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><strong>_______<\/strong><\/p>\n<p><strong>Camille Bloch en chiffres<\/strong><\/p>\n<p><strong>1926<\/strong><br \/>\nAnn\u00e9e de fondation de l\u2019entreprise, en tant que soci\u00e9t\u00e9 de n\u00e9goce, \u00e0 Berne. Les marques Ragusa et Torino ont toutes les deux \u00e9t\u00e9s cr\u00e9\u00e9es dans les ann\u00e9es 1940.<\/p>\n<p><strong>180<br \/>\n<\/strong>Le nombre de salari\u00e9s.<\/p>\n<p><strong>60 millions de francs<br \/>\n<\/strong>Chiffre d\u2019affaires annuel dont 4 millions sur le march\u00e9 allemand. Au total, un quart des ventes sont r\u00e9alis\u00e9es \u00e0 l\u2019exportation.<\/p>\n<p><strong>3&rsquo;500 tonnes<br \/>\n<\/strong>Quantit\u00e9 de chocolat vendu tous les ans, dont 1&rsquo;800 tonnes pour la seule marque Ragusa.<\/p>\n<p><strong>5%<br \/>\n<\/strong>Part de march\u00e9 des produits Camille Bloch sur le march\u00e9 suisse. Le num\u00e9ro un demeure le chocolatier Frey, qui compte 30% de parts du march\u00e9.<\/p>\n<p>_______<\/p>\n<p>Une version de cet article est parue dans PME Magazine.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le fabricant jurassien va se d\u00e9velopper sur le march\u00e9 allemand. 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