



{"id":665,"date":"2001-03-06T00:00:00","date_gmt":"2001-03-05T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=665"},"modified":"-0001-11-30T00:00:00","modified_gmt":"-0001-11-29T22:00:00","slug":"pollock","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=665","title":{"rendered":"Ed Harris tient la cam\u00e9ra et le pinceau"},"content":{"rendered":"<p>Retracer au cin\u00e9ma la vie et l\u2019\u0153uvre du peintre am\u00e9ricain Jackson Pollock. Le pari \u00e9tait os\u00e9. Apr\u00e8s dix ans de maturation, l\u2019acteur Ed Harris s\u2019est lanc\u00e9 et son film vient de sortir aux Etats-Unis.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 l\u2019immensit\u00e9 et la d\u00e9licatesse de la t\u00e2che, Harris, 50 ans, connu surtout pour ses seconds r\u00f4les aux c\u00f4t\u00e9s de Tom Cruise ou Jim Carrey, a su trouver le ton juste. Son regard sur l\u2019artiste reste distant: pas de jugement ni d\u2019interpr\u00e9tation dans ce film qui retrace les quinze derni\u00e8res ann\u00e9es de la vie du peintre. Celles de sa rencontre avec Lee Krasner, la compagne, l\u2019amante et l\u2019agente, celle de l\u2019ascension \u00e0 la gloire et du d\u00e9sespoir aussi, jusqu\u2019\u00e0 ce soir tragique de 1956 o\u00f9 Pollock perd la vie dans un accident-suicide au volant de son automobile sur l\u2019\u00eele de Long Island, pr\u00e8s de New York.<\/p>\n<p>\u00abJe me suis souvent demand\u00e9 pourquoi je voulais faire un film sur ce mec, raconte Harris. Je me disais, laisse-le en paix. Et puis j\u2019ai r\u00e9alis\u00e9 que c\u2019est moi que je voulais laisser en paix.\u00bb Car Pollock est devenu son obsession depuis ce jour de 1986 o\u00f9 son p\u00e8re lui offre la biographie de r\u00e9f\u00e9rence du peintre, celle de Steven Naifeh et Gregory White Smith: \u00abJackson Pollock, une saga am\u00e9ricaine\u00bb. Au point qu\u2019il d\u00e9cide de faire le grand pas: passer \u00e0 la r\u00e9alisation et \u00e0 la production. \u00abC\u2019est bizarre, je n\u2019ai jamais voulu devenir Pollock, mais je voulais permettre \u00e0 l\u2019exp\u00e9rience de Pollock de me toucher, de m\u2019inspirer, de me mener \u00e0 une interpr\u00e9tation honn\u00eate et vraie.\u00bb <\/p>\n<p>Pollock, c\u2019est assur\u00e9ment le r\u00f4le d\u2019une carri\u00e8re pour Harris. Jusqu\u2019\u00e0 cette ressemblance physique, troublante. L\u2019acteur apprendra \u00e0 peindre pour ne pas avoir \u00e0 \u00eatre doubl\u00e9 dans les sc\u00e8nes de cr\u00e9ation. Il se fera construire un atelier dans son jardin de Malibu, suffisamment vaste pour s\u2019attaquer \u00e0 des toiles aussi grandes que celles qu\u2019affectionnait Pollock. Le r\u00e9sultat est surprenant.<\/p>\n<p><center><img src=http:\/\/www.largeur.com\/images\/large070301art1.jpg><\/center><\/p>\n<p>Harris peignant est cr\u00e9dible, m\u00eame lorsqu\u2019il se lance dans le dripping, cette technique consistant \u00e0 laisser tomber la peinture du pinceau sans jamais toucher la toile. Deux des \u0153uvres r\u00e9alis\u00e9es par Harris sont du reste utilis\u00e9es dans le film.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 l\u2019attachement \u00e9vident qu\u2019il \u00e9prouve envers l\u2019homme et le peintre, Harris \u00e9vite l\u2019apitoyement et se contente d\u2019un portrait presque clinique, aliment\u00e9 essentiellement par les <a href=http:\/\/www.nga.gov\/feature\/pollock\/pollockhome.html target=_blank class=std>faits<\/a>. Le film commence d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment par une sc\u00e8ne montrant un Pollock dans la trentaine, encore m\u00e9connu, rentrant chez lui, ivre, soutenu par son fr\u00e8re chez lequel il loge. Pas d\u2019explication \u00e0 cet alcoolisme contre lequel le peintre luttera d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment. Il est pos\u00e9 d\u2019entr\u00e9e comme un \u00e9l\u00e9ment central de sa vie.<\/p>\n<p>Suivront ensuite la rencontre avec Lee Krasner, les tumultes d\u2019une relation indispensable \u00e0 l\u2019un comme \u00e0 l\u2019autre, marqu\u00e9e par l\u2019abn\u00e9gation de Krasner qui la premi\u00e8re reconna\u00eetra le g\u00e9nie de Pollock, d\u00e8s le d\u00e9but des ann\u00e9es quarante, alors que sa peinture est encore englu\u00e9e dans le cubisme et le surr\u00e9alisme. <\/p>\n<p>Harris recr\u00e9e aussi avec r\u00e9ussite le New York de ces ann\u00e9es de guerre, quand la m\u00e9tropole am\u00e9ricaine n\u2019\u00e9tait qu\u2019une petite capitale de province dans le monde de l\u2019art, dans l\u2019ombre de Paris. La guerre changera tout, et avec elle le d\u00e9barquement d\u2019artistes europ\u00e9ens qui transformeront durablement la sc\u00e8ne am\u00e9ricaine et feront de New York, avec des peintres am\u00e9ricains tels que de Kooning et Pollock, la capitale mondiale de l\u2019art. <\/p>\n<p>Si Harris s\u2019\u00e9tait jusqu\u2019ici fait un nom surtout sur les planches, ce r\u00f4le pourrait le propulser d\u00e9finitement dans le cercle des tr\u00e8s grands interpr\u00e8tes de cin\u00e9ma. Hollywood ne s\u2019y est certainement pas tromp\u00e9 en le s\u00e9lectionnant pour l\u2019Oscar du meilleur acteur, une distinction g\u00e9n\u00e9ralement r\u00e9serv\u00e9e \u00e0 des r\u00f4les plus facile d\u2019acc\u00e8s.<\/p>\n<p>L\u2019acteur a renou\u00e9 depuis avec les seconds r\u00f4les, encha\u00eenant les films depuis l\u2019\u00e9t\u00e9 dernier. \u00abJ\u2019ai investi tout mon fric dans Pollock et franchement, je n\u2019ai pas le choix. Je suis fauch\u00e9. Je vis de mes avances\u00bb, explique-t-il pour justifier ces r\u00f4les alimentaires.<\/p>\n<p>&#8212;&#8212;-<br \/>\nLes citations de Ed Harris sont extraites d\u2019interviews accord\u00e9es \u00e0 la presse am\u00e9ricaine (notamment The New York Times et My Generation) et de sa conf\u00e9rence de presse, \u00e0 New York, lors de la premi\u00e8re mondiale du film en septembre dernier.<\/p>\n<p>Le <a href=http:\/\/www.spe.sony.com\/classics\/pollock\/ target=_blank class=std>site<\/a> officiel du film \u00abPollock\u00bb.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Du fabuleux Ed Harris (\u00e0 l\u2019affiche de \u00abStalingrad\u00bb), on connaissait les grands talents d\u2019acteur. On d\u00e9couvre aujourd\u2019hui qu\u2019il est aussi un cin\u00e9aste inspir\u00e9, notamment par la peinture. Nous avons vu \u00abPollock\u00bb, son premier film, \u00e0 New York.<\/p>\n","protected":false},"author":7514,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-665","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-pop-culture","pop-culture"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/665","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/7514"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=665"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/665\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=665"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=665"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=665"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}