



{"id":6528,"date":"2017-09-19T23:45:16","date_gmt":"2017-09-19T21:45:16","guid":{"rendered":"https:\/\/largeur.com\/?p=6528"},"modified":"2017-09-20T23:55:57","modified_gmt":"2017-09-20T21:55:57","slug":"sante-30","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=6528","title":{"rendered":"La violence chez les seniors sort de l&rsquo;ombre"},"content":{"rendered":"<p>Une petite dame fr\u00eale \u00e0 la t\u00eate blanche qui se fait bousculer par un professionnel press\u00e9. Un octog\u00e9naire incapable de se d\u00e9placer seul \u00e0 qui l\u2019on refuse de l\u2019aide pour aller aux toilettes. Une victime d\u2019Alzheimer gav\u00e9e de m\u00e9dicaments par son fils pour l\u2019endormir. Autant d\u2019exemples parmi les mauvais traitements inflig\u00e9s chaque jour \u00e0 des personnes \u00e2g\u00e9es. Des violences dont on ne parle pas encore assez et qui sont pourtant r\u00e9pandues. Selon l\u2019Organisation mondiale de la sant\u00e9 (OMS), environ 20% des individus \u00e2g\u00e9s de 65 ans et plus subiraient des mauvais traitements.<\/p>\n<p>Les experts soup\u00e7onnent qu\u2019il ne s\u2019agit l\u00e0 que de la pointe de l\u2019iceberg \u2013 de nombreux cas n\u2019\u00e9tant pas d\u00e9clar\u00e9s. M\u00e9decin responsable de l\u2019Unit\u00e9 de m\u00e9decine des violences du CHUV \u00e0 Lausanne, Nathalie Romain-Glassey explique que les victimes ne s\u2019identifient pas forc\u00e9ment comme telles et si c\u2019est le cas, toutes ne vont pas d\u00e9noncer les abus. \u00abDistinguer une maltraitance d\u2019un comportement acceptable ne va pas toujours de soi et ce qui n\u2019est pas admissible dans un contexte peut l\u2019\u00eatre dans un autre.\u00bb<\/p>\n<p>En quoi consiste une maltraitance \u00e0 l\u2019\u00e9gard d\u2019une personne \u00e2g\u00e9e? Selon la d\u00e9finition de la <a href=\"http:\/\/www.un.org\/french\/ageing\/docs\/ecn52002pc2f.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">D\u00e9claration sur la pr\u00e9vention globale des abus \u00e0 l\u2019encontre des a\u00een\u00e9s<\/a>, adopt\u00e9e par l\u2019OMS en 2002, il s\u2019agit d\u2019un acte isol\u00e9 ou r\u00e9p\u00e9t\u00e9, ou d\u2019un manque d\u2019action appropri\u00e9e, survenant dans le cadre de toute relation o\u00f9 il y a une attente de confiance, et qui cause un dommage ou de la d\u00e9tresse \u00e0 une personne \u00e2g\u00e9e.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-6533\" src=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2017\/09\/ImageJour_190917.jpg\" alt=\"\" width=\"468\" height=\"311\" srcset=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2017\/09\/ImageJour_190917.jpg 468w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2017\/09\/ImageJour_190917-300x199.jpg 300w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2017\/09\/ImageJour_190917-272x182.jpg 272w\" sizes=\"auto, (max-width: 468px) 100vw, 468px\" \/><\/p>\n<p><b>Majorit\u00e9 de victimes octog\u00e9naires<\/b><\/p>\n<p>La maltraitance peut \u00eatre de nature physique, psychique, sexuelle ou financi\u00e8re, fait valoir Nathalie Romain-Glassey, ou encore, elle peut prendre la forme d\u2019une n\u00e9gligence intentionnelle ou non. \u00abL\u2019infantilisation ou certaines formes d\u2019humiliation peuvent \u00e0 la fois offenser et \u00eatre faites avec bienveillance.\u00bb<\/p>\n<p>Selon les chiffres recueillis par la permanence t\u00e9l\u00e9phonique de l\u2019association romande <a href=\"http:\/\/www.alter-ego.ch\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Alter ego<\/a>, qui travaille en faveur de la pr\u00e9vention de la maltraitance envers les a\u00een\u00e9s, les types de violence signal\u00e9s sont surtout d\u2019ordre psychologique (27%) et financier (33%), suivis par la n\u00e9gligence (19%) et la violence physique (8%). Plus de 60% des victimes sont des femmes, \u00e2g\u00e9es de plus de 80 ans. Dans 36% des cas, les auteurs de maltraitance sont des membres de la famille de la personne abus\u00e9e, dans 28% et 23% des situations, les maltraitants sont respectivement des professionnels de la sant\u00e9 et les enfants.<\/p>\n<p>Docteure en psychologie et professeure \u00e0 la Haute \u00e9cole de sant\u00e9 La Source \u00e0 Lausanne, Delphine Roulet Schwab rappelle qu\u2019en Suisse le ph\u00e9nom\u00e8ne est \u00e9voqu\u00e9 seulement depuis la fin des ann\u00e9es 1990, suite \u00e0 diff\u00e9rents scandales rapport\u00e9s par les m\u00e9dias. \u00abCependant, ceux-ci donnent la fausse impression que les violences sont surtout commises en institution \u2013 EMS, foyers de jour, centres hospitaliers&#8230; \u2013 o\u00f9 il y a plus de contr\u00f4le. Alors que 90% des 65 ans et plus vivent \u00e0 domicile, parfois \u00e0 huis clos.\u00bb<\/p>\n<p>Plus de la moiti\u00e9 des appels re\u00e7us chez Alter ego concerne ainsi des mauvais traitements perp\u00e9tr\u00e9s \u00e0 la maison, contre 34% en milieu institutionnel. N\u00e9anmoins, dans le cadre d\u2019une \u00e9tude men\u00e9e en 2011 par Delphine Roulet Schwab, les trois quarts des responsables d\u2019institution affirmaient avoir eu affaire \u00e0 ce probl\u00e8me. Depuis que ces formes de violence font partie du d\u00e9bat public, la tol\u00e9rance \u00e0 son \u00e9gard s\u2019est r\u00e9duite consid\u00e9rablement, souligne la professeure. \u00abDes pratiques jug\u00e9es acceptables il y a \u00e0 peine quelques d\u00e9cennies \u2013 comme attacher une personne \u00e2g\u00e9e \u00e0 sa chaise pour \u00e9viter qu\u2019elle ne tombe \u2013 sont unanimement condamn\u00e9es aujourd\u2019hui, bien qu\u2019exceptionnellement tol\u00e9r\u00e9es \u00e0 certaines conditions strictes, d\u00e9finies par la loi.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Am\u00e9liorer la formation<\/strong><\/p>\n<p>Comment pr\u00e9venir les mauvais traitements envers les a\u00een\u00e9s? Nathalie Romain-Glassey et Delphine Roulet Schwab sont coresponsables d\u2019un module de formation biennal de sept jours intitul\u00e9 \u00abMaltraitance envers les personnes \u00e2g\u00e9es: aspects et soins m\u00e9dico-l\u00e9gaux\u00bb, destin\u00e9 aux professionnels dans les domaines de la sant\u00e9, du social et du judiciaire. Son but: sensibiliser ces derniers \u00e0 la probl\u00e9matique et les \u00e9quiper pour mieux y faire face. \u00abUne des plus-values de la formation est son caract\u00e8re interdisciplinaire, tant au niveau des responsables que des participants\u00bb, explique Nathalie Romain-Glassey.<\/p>\n<p>\u00abParmi les intervenants, lors du premier module qui s\u2019est d\u00e9roul\u00e9 en septembre 2015, nous avons accueilli des professionnels d\u2019EMS, de soins \u00e0 domicile, un procureur, un chef de brigade de la police, un m\u00e9decin g\u00e9riatre, etc. Les participants \u00e9taient surtout des professionnels de la sant\u00e9, mais aussi des juristes, des assistants sociaux, des responsables d\u2019EMS&#8230;\u00bb<\/p>\n<p>Infirmier clinicien sp\u00e9cialis\u00e9 au Service de g\u00e9riatrie et r\u00e9adaptation g\u00e9riatrique du CHUV, Christophe Nakamura est aussi convaincu des vertus de la formation. Son m\u00e9moire de Master \u2013 pour lequel il a \u00e9t\u00e9 prim\u00e9 par la Fondation pour la recherche en soins \u2013 est d\u00e9di\u00e9 au d\u00e9pistage de la maltraitance envers les a\u00een\u00e9s. Selon lui, les infirmiers peuvent jouer un r\u00f4le important pour d\u00e9celer les signes de maltraitance, s\u2019ils sont bien outill\u00e9s. Fort de cette certitude, il a adapt\u00e9 au contexte romand une grille d\u2019\u00e9valuation permettant aux professionnels des soins \u00e0 domicile de renforcer leur capacit\u00e9 \u00e0 d\u00e9tecter les situations probl\u00e9matiques. \u00abL\u2019\u00e9l\u00e9ment le plus important \u00e0 enseigner au personnel soignant est l\u2019observation\u00bb, avance-t-il. Plusieurs signes peuvent permettre de d\u00e9pister des situations de maltraitance.<\/p>\n<p><strong>Comment d\u00e9lier les langues?<\/strong><\/p>\n<p>Un changement de comportement doit mettre la puce \u00e0 l\u2019oreille. \u00abPar exemple, si tout \u00e0 coup, une personne pr\u00e9sente une mauvaise estime d\u2019elle-m\u00eame, des id\u00e9es suicidaires ou un repli sur elle.\u00bb Il faut se poser des questions et investiguer davantage. Les a\u00een\u00e9s ne parlent pas spontan\u00e9ment. \u00abIls peuvent avoir honte, se sentir responsables, avoir peur de repr\u00e9sailles ou de devoir quitter leur domicile.\u00bb<\/p>\n<p>Dans le domaine de la pr\u00e9vention et du d\u00e9pistage, certains pays ont pris une longueur d\u2019avance. Aux \u00c9tats-Unis, depuis les ann\u00e9es 1970, plusieurs \u00c9tats ont exig\u00e9 que les situations de maltraitance soient syst\u00e9matiquement signal\u00e9es aux autorit\u00e9s comp\u00e9tentes. Au Canada, il existe m\u00eame une chaire de recherche sur la maltraitance envers les personnes \u00e2g\u00e9es.<\/p>\n<p>La Suisse doit encore faire des efforts, estime Christophe Nakamura. \u00abAu niveau national, il n\u2019y a pas encore de coordination en ce qui concerne la pr\u00e9vention. Une motion allant dans ce sens a \u00e9t\u00e9 rejet\u00e9e en 2010 par le Conseil national, qui consid\u00e9rait le sujet comme \u00e9tant du ressort des cantons.\u00bb Lever le tabou aiderait certainement \u00e0 relancer le d\u00e9bat.<\/p>\n<p>_______<\/p>\n<p>Une version de cet article est parue dans In Vivo magazine (no 12).<\/p>\n<p>Pour vous abonner \u00e0 In Vivo au prix de seulement CHF 20.- (d\u00e8s 20 euros) pour 6 num\u00e9ros, rendez-vous sur <a href=\"http:\/\/invivomagazine.com\/\">invivomagazine.com<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Encore largement ignor\u00e9s, les mauvais traitements inflig\u00e9s aux personnes \u00e2g\u00e9es concerneraient 20% des plus de 65 ans.<\/p>\n","protected":false},"author":20192,"featured_media":6533,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5],"tags":[1299],"class_list":["post-6528","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-latitude","tag-paru-dans-in-vivo","latitude"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/6528","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/20192"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=6528"}],"version-history":[{"count":8,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/6528\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":6530,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/6528\/revisions\/6530"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/6533"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=6528"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=6528"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=6528"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}