



{"id":647,"date":"2001-02-16T00:00:00","date_gmt":"2001-02-15T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=647"},"modified":"-0001-11-30T00:00:00","modified_gmt":"-0001-11-29T22:00:00","slug":"livre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=647","title":{"rendered":"Emile Zola chez les esclaves du Net"},"content":{"rendered":"<p>Dans le milieu du Net, tout le monde en a entendu parler. L\u2019ouvrage est pourtant plus proche des romans de Zola que des success stories de la Silicon Valley racont\u00e9es par Wired ou Fortune. Du bas au haut de l\u2019\u00e9chelle, Bill Lessard et Steve Baldwin dressent un portrait cynique et franchement d\u00e9primant de ces centaines d\u2019employ\u00e9s de startups dont l\u2019humeur suit la courbe du Nasdaq. \u00ab\u00c7a peut para\u00eetre caricatural, mais nous voulions d\u00e9crire le meilleur du pire\u00bb, explique Bill Lessard, co-auteur, 35 ans (soit 970 ann\u00e9es en \u00e2ge internet) lors d\u2019une interview qu\u2019il a accord\u00e9e \u00e0 Largeur.com \u00e0 New York. <\/p>\n<p><center><img src=images\/large170201art1.jpg><\/center><\/p>\n<p><b>Largeur.com: Pourquoi ce livre? <\/b><\/p>\n<p><b>Bill Lessard<\/b>: En 1998, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 victime d\u2019une nouvelle restructuration. Je venais de me faire virer pour la septi\u00e8me fois en sept ans, apr\u00e8s avoir travaill\u00e9 pour Prodigy, Time Inc et m\u00eame au d\u00e9partement informatique de l\u2019UBS, mon dernier vrai job. A 30 ans, je me sentais aussi lessiv\u00e9 qu\u2019un mec de 50. J\u2019ai eu envie de faire quelque chose de plus cr\u00e9atif. Et c\u2019est finalement Steve, mon co-auteur, qui a eu le premier l\u2019id\u00e9e d\u2019\u00e9crire un livre sur des gens comme nous, qui n\u2019ont jamais r\u00e9ussi \u00e0 se faire du fric dans l\u2019industrie du Net et qui probablement n\u2019y parviendront jamais.<\/p>\n<p><b>Comment expliquez-vous les revers de fortune des compagnies internet? <\/b><\/p>\n<p>Les signes d\u2019avertissement ont \u00e9t\u00e9 ignor\u00e9s. La plupart de ces compagnies sont n\u00e9es par app\u00e2t du gain et non par envie r\u00e9elle de monter un nouvelle entreprise. L\u2019attitude des dirigeants consistait souvent \u00e0 monter dans le train, entrer en bourse, faire tourner la bo\u00eete un an et puis vendre les actions. Mais il a suffit que l\u2019analyste vedette de Merryl Lynch, Henry Blodget, exige que ces entreprises deviennent profitables pour les d\u00e9stabiliser et d\u00e9clencher la chute du Nasdaq. <\/p>\n<p><b>Pensez-vous que cette premi\u00e8re g\u00e9n\u00e9ration d\u2019entrepreneurs a d\u00e9truit l\u2019\u00e9conomie du Net? <\/b><\/p>\n<p>Le d\u00e9marrage de cette \u00e9conomie s\u2019inscrit dans l\u2019histoire des sp\u00e9culations comme la ru\u00e9e vers l\u2019or ou le boom p\u00e9trolier \u00e0 la fin du 19e si\u00e8cle. L\u2019exemple de la construction du chemin de fer aux Etats-Unis est le plus parlant. En 1845, le v\u00e9ritable boom, et deux ans plus tard, les faillites. Mais l\u2019infrastructure est demeur\u00e9e et elle a chang\u00e9 durablement l\u2019\u00e9conomie am\u00e9ricaine. Idem aujourd\u2019hui avec l\u2019internet. Pendant une g\u00e9n\u00e9ration enti\u00e8re, nous avons \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9s comme une bande d\u2019iconoclastes, mais nous avons cr\u00e9\u00e9 une nouvelle infrastructure qui est l\u00e0 pour durer malgr\u00e9 les difficiles ajustements que conna\u00eet le secteur.<\/p>\n<p><b>Il y a encore six mois c\u2019\u00e9tait plut\u00f4t agr\u00e9able d\u2019avoir un job dans le Net. <\/b><\/p>\n<p>En fait, nous avons connu la m\u00eame euphorie que pendant les ann\u00e9es 60. Une bande de potes se rencontraient et se disaient \u00abH\u00e9 les mecs, formons un groupe de rock, vendons un disque et devenons millionnaires\u00bb. Dans les ann\u00e9es 90 c\u2019est devenu \u00abH\u00e9 les mecs, cr\u00e9ons une startup, entrons en bourse et devenons milliardaires\u00bb. Il y avait une attitude rock\u2019n\u2019roll dans l\u2019internet. Et les fondateurs d\u2019entreprises se prenaient pour des rock stars.<\/p>\n<p><b>N\u2019\u00eates-vous pas jaloux de leur succ\u00e8s? <\/b><\/p>\n<p>Oui et non: les m\u00e9dias ont aim\u00e9 raconter l\u2019aventure de ces gamins de 20 ans qui ont mont\u00e9 leur startup dans un garage et sont devenus millionnaires en six mois. Ils oublient aussi de dire que c\u2019\u00e9tait souvent des gosses de riches financ\u00e9s par leurs parents.<\/p>\n<p><b>Comment expliquez-vous que ces \u00abesclaves du Net\u00bb aient accept\u00e9 des conditions de travail aussi draconniennes? <\/b><\/p>\n<p>Parce qu\u2019ils se consid\u00e9raient comme des entrepreneurs, pas comme des travailleurs. Et il y avait surtout cette mentalit\u00e9 de pionnier. Les stock options ont \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9es comme une carotte pour les motiver. Et puis, ces compagnies ont r\u00e9ussi \u00e0 cr\u00e9er des ambiances de famille. <\/p>\n<p><b>Votre site <a href=http:\/\/www.netslaves.com target=_blank class=std>Netslaves.com<\/a> vous rapporte-t-il de l\u2019argent? <\/b><\/p>\n<p>(Rires) J\u2019aimerais bien. Netslaves, c\u2019est encore cette invention bizarre au fonds la cave. Nous aimerions la transformer en une affaire qui roule. Je ne d\u00e9sesp\u00e8re pas. <\/p>\n<p><b>Votre livre vous a tout de m\u00eame permis de vous faire remarquer? <\/b><\/p>\n<p>Oui. Le livre a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s remarqu\u00e9 et traduit en huit langues. Et notre maison d\u2019\u00e9dition, Random House, nous a fait signer un contrat pour un deuxi\u00e8me bouquin. <\/p>\n<p><b>De quoi parlera-t-il? <\/b><\/p>\n<p>Nous avons envie de psychanaliser le Net. De le coucher sur un canap\u00e9. Et de raconter son histoire avec une grille de lecture qui empruntera autant \u00e0 la psychologie qu\u2019\u00e0 la culture pop. Quelque chose comme \u00able chien de Pavlov d\u00e9couvre internet\u00bb.<\/p>\n<p>&#8212;&#8212;-<br \/>\nPropos recueillis par Maria Pia Mascaro \u00e0 New York. Dessin d&rsquo;Alexia de Burgos.<\/p>\n<p>\u00abNetslaves , True Tales Of Working The Web\u00bb, chez McGraw-Hill.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Un best-seller am\u00e9ricain raconte la face cach\u00e9e de la Nouvelle \u00e9conomie, les histoires de \u00abceux qui n\u2019ont jamais r\u00e9ussi \u00e0 faire du fric et qui probablement n\u2019en feront jamais\u00bb. Interview d\u2019un de ses auteurs, Bill Lessard.<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[7],"tags":[],"class_list":["post-647","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-technophile","technophile"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/647","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=647"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/647\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=647"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=647"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=647"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}