



{"id":6457,"date":"2017-09-04T23:45:40","date_gmt":"2017-09-04T21:45:40","guid":{"rendered":"https:\/\/largeur.com\/?p=6457"},"modified":"2017-09-01T17:34:12","modified_gmt":"2017-09-01T15:34:12","slug":"zoom-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=6457","title":{"rendered":"Air Force Toulouse"},"content":{"rendered":"<p>L\u2019ann\u00e9e 2017 a commenc\u00e9 sur une note positive pour Toulouse. Fin janvier, la soci\u00e9t\u00e9 californienne <a href=\"http:\/\/hyperloop.global\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Hyperloop Transportation Technologies<\/a> (HTT) annon\u00e7ait l\u2019implantation de son centre europ\u00e9en de recherche dans la ville fran\u00e7aise. L\u2019entreprise qui travaille \u00e0 la conception du moyen de transport futuriste imagin\u00e9 par Elon Musk pr\u00e9voit d\u2019investir 37 millions d\u2019euros et la cr\u00e9ation de 50 emplois directs.<\/p>\n<p>Ce choix, un beau coup de projecteur pour Toulouse, n\u2019est pas d\u00fb au hasard. La ville se positionne comme le centre n\u00e9vralgique de l\u2019industrie a\u00e9ronautique et a\u00e9rospatiale europ\u00e9enne. \u00abIl nous semblait tout naturel d\u2019instaurer une pr\u00e9sence ici, au milieu de nos partenaires, soulignait le CEO d\u2019HTT Dirk Ahlborn. Le pool de talents dans la r\u00e9gion nous permettra de recruter quelques-uns des meilleurs cerveaux\u00bb, qui s\u2019appliqueront \u00e0 d\u00e9velopper Hyperloop, sorte de train compos\u00e9 de capsules l\u00e9vitant dans des tubes \u00e0 basse pression pour atteindre une vitesse de 1\u2019200 km\/h.<\/p>\n<p><strong>De Saint-Exup\u00e9ry \u00e0 Galileo<\/strong><\/p>\n<p>La concentration d\u2019acteurs de l\u2019a\u00e9ronautique et l\u2019a\u00e9rospatial dans la r\u00e9gion remonte \u00e0 la Premi\u00e8re Guerre mondiale. Le gouvernement fran\u00e7ais charge alors l\u2019entrepreneur Pierre-Georges Lat\u00e9co\u00e8re de d\u00e9velopper des avions sur le site industriel de Montaudran, qui fabriquait auparavant des wagons. C\u2019est sur ces pr\u00e9mices que na\u00eetra dans les ann\u00e9es\u00a01920 l\u2019A\u00e9ropostale et ses lignes vers l\u2019Afrique puis l\u2019Am\u00e9rique latine, une aventure rendue c\u00e9l\u00e8bre par le pilote et \u00e9crivain Antoine de Saint-Exup\u00e9ry.<\/p>\n<p>L\u2019avion supersonique Concorde, le g\u00e9ant du ciel A380, le syst\u00e8me de g\u00e9olocalisation europ\u00e9en Galileo ou encore l\u2019atterrisseur spatial Philae\u2026 Toulouse a jou\u00e9 un r\u00f4le central dans tous ces projets prestigieux. C\u2019est l\u00e0 qu\u2019est install\u00e9 le si\u00e8ge du constructeur a\u00e9ronautique Airbus, qui y emploie 27\u2019000 personnes. On y trouve d\u2019autres poids lourds du secteur, comme <a href=\"https:\/\/www.thalesgroup.com\/fr\/global\/activities\/espace\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Thales Alenia Space<\/a>. En tout, l\u2019a\u00e9ronautique regroupe 700 entreprises et 85\u2019000 employ\u00e9s, tandis que le spatial r\u00e9unit 400 soci\u00e9t\u00e9s et 12\u2019000 salari\u00e9s.<\/p>\n<p>Toulouse compte aussi d\u2019importants centres de recherche \u2013 Centre national d\u2019\u00e9tudes spatiales, Centre fran\u00e7ais de recherche a\u00e9rospatiale, Laboratoire d\u2019analyse et d\u2019architecture des syst\u00e8mes du CNRS \u2013 et, avec 130\u2019000 \u00e9tudiants, elle peut se targuer d\u2019\u00eatre la deuxi\u00e8me ville universitaire de France apr\u00e8s Paris. En \u00e9t\u00e9 2018, la ville accueillera l\u2019<a href=\"https:\/\/www.esof.eu\/en\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">EuroScience Open Forum<\/a>, la plus grande rencontre interdisciplinaire sur la science d\u2019Europe. Il r\u00e9unira plus de 4000 d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s de 80 pays et 35\u2019000 participants. Toulouse a par ailleurs vu na\u00eetre de nombreuses start-up ces derni\u00e8res ann\u00e9es, notamment dans les domaines de la mobilit\u00e9, des drones ou encore de l\u2019internet des objets (lire ci-dessous).<\/p>\n<p><strong>Renaissance<\/strong><\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui, c\u2019est toujours en lien avec les industries de l\u2019espace et de l\u2019aviation que se manifeste le dynamisme de la ville. La zone de la piste historique de Montaudran, laiss\u00e9e en friche depuis le d\u00e9part des activit\u00e9s de maintenance d\u2019Air France dans les ann\u00e9es 1990, change totalement de visage. Un nouveau quartier appel\u00e9 \u00abToulouse Aerospace\u00bb est en train de sortir de terre. Il comprendra notamment un \u00abp\u00f4le d\u2019innovation\u00bb d\u00e9di\u00e9 \u00e0 l\u2019a\u00e9ronautique, au spatial et aux syst\u00e8mes embarqu\u00e9s.<\/p>\n<p>\u00abL\u2019id\u00e9e est de r\u00e9unir dans un m\u00eame lieu des chercheurs, des \u00e9tudiants, des entreprises et des start-up pour connecter tous les acteurs de l\u2019\u00e9cosyst\u00e8me, explique Emilion Esnault, le maire de Montaudran, lui-m\u00eame ing\u00e9nieur de formation. Mais ce sera aussi un lieu de vie, avec des logements, des projets culturels, un jardin public et des \u00e9quipements sportifs. A terme, la zone accueillera 7000 actifs et 3000 habitants.\u00bb<\/p>\n<p>Le quartier mise sur l\u2019innovation \u00abmade in Toulouse\u00bb jusque dans son \u00e9clairage public, avec une technologie d\u00e9velopp\u00e9e par la start-up locale Kawantech. Des capteurs en r\u00e9seau install\u00e9s sur chaque lampadaire analysent les objets qui se d\u00e9placent dans la rue. Ils communiquent entre eux pour adapter la puissance de la luminosit\u00e9 en fonction de ce qu\u2019ils discernent, voiture, pi\u00e9ton, ou simple mouvement de branche. \u00abCela nous permet de r\u00e9aliser 75% d\u2019\u00e9conomies d\u2019\u00e9nergie par rapport \u00e0 un \u00e9clairage LED traditionnel\u00bb, souligne Emilion Esnault.<\/p>\n<p><strong>Le d\u00e9fi des mat\u00e9riaux<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019Institut de recherche technologique Saint-Exup\u00e9ry, n\u00e9 il y a quatre ans d\u2019un partenariat public-priv\u00e9, rejoindra prochainement Toulouse Aerospace. L\u00e0 aussi, l\u2019importance des liens entre recherche et industrie est mise en avant. \u00abNous rassemblons 250 personnes issues de l\u2019industrie \u2013 des employ\u00e9s de groupes comme Airbus ou Safran qui sont d\u00e9tach\u00e9s en g\u00e9n\u00e9ral pour trois ans \u2013 et des acteurs du monde de la recherche, explique le directeur Ariel Sirat. Une cinquantaine de doctorants et de post-doctorants, chacun encadr\u00e9 par deux scientifiques, travaillent actuellement chez nous.\u00bb<\/p>\n<p>Dans le domaine de l\u2019a\u00e9ronautique, un des principaux d\u00e9fis concerne les mat\u00e9riaux. \u00abNous nous penchons sur la probl\u00e9matique de la r\u00e9duction du poids et des co\u00fbts de fabrication, mais aussi sur la question de la fonctionnalisation des mat\u00e9riaux, indique Ariel Sirat. Un de nos projets concerne par exemple la r\u00e9duction de la temp\u00e9rature de fusion pour les mat\u00e9riaux thermodurcissables et thermoplastiques, des composites fr\u00e9quemment utilis\u00e9s dans l\u2019a\u00e9ronautique, un autre le traitement des surfaces, avec la mise au point d\u2019un robot de peinture pour surface courbe adapt\u00e9 au fuselage des avions.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Des \u00e9tiquettes de g\u00e9olocalisation<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019acc\u00e9l\u00e9rateur <a href=\"https:\/\/www.airbus-bizlab.com\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Airbus BizLab<\/a>, cr\u00e9\u00e9 par Airbus en 2015, constitue une autre pi\u00e8ce de l\u2019\u00e9cosyst\u00e8me d\u2019innovation toulousain. La structure accueille des employ\u00e9s du groupe et des start-up du monde entier. \u00abL\u2019objectif \u00e9tait de redonner le go\u00fbt du risque \u00e0 nos collaborateurs, mais aussi de b\u00e9n\u00e9ficier des comp\u00e9tences et de la cr\u00e9ativit\u00e9 de jeunes entrepreneurs de l\u2019ext\u00e9rieur, raconte le directeur Bruno Gutierres. Ce m\u00e9lange permet aux \u2039start-upers\u203a de mieux comprendre les exigences de l\u2019industrie et aux employ\u00e9s d\u2019Airbus de vivre une vraie exp\u00e9rience d\u2019entrepreneur. L\u2019a\u00e9ronautique, la structure des avions, ce n\u2019est pas le terrain de jeu des start-up. Nous accueillons plut\u00f4t des projets dans les services ou le digital.\u00bb Peu apr\u00e8s celui de Toulouse, deux autres Airbus BizLab ont vu le jour, \u00e0 Hambourg et \u00e0 Bangalore.<\/p>\n<p>Pour Airbus, l\u2019exp\u00e9rience semble concluante. Bruno Gutierres cite <a href=\"http:\/\/uwinloc.com\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Uwinloc<\/a>, qui a particip\u00e9 \u00e0 la premi\u00e8re saison du programme, et a depuis sign\u00e9 un contrat avec le groupe. La start-up toulousaine a d\u00e9velopp\u00e9 une technologie lowcost de g\u00e9olocalisation indoor. Sa sp\u00e9cificit\u00e9 est de fonctionner avec des \u00e9tiquettes connect\u00e9es qui ne n\u00e9cessitent pas de batterie. \u00abLe dispositif est pr\u00e9cis \u00e0 30 centim\u00e8tre et peut s\u2019appliquer \u00e0 des objets tr\u00e8s petits, souligne Bruno Gutierres. Il permet de tracer des pi\u00e8ces d\u00e9tach\u00e9es et de les localiser rapidement, m\u00eame dans un hangar immense. Un gain de temps important!\u00bb<\/p>\n<p>_______<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Donn\u00e9es<\/strong><\/p>\n<p><strong>118,3<\/strong><br \/>\nEn km\u00b2, la superficie de la ville<\/p>\n<p><strong>1,3<\/strong><br \/>\nEn million, le nombre d\u2019habitants de l&rsquo;air urbaine toulousaine<\/p>\n<p><strong>130\u2019000<br \/>\n<\/strong>Nombre d&rsquo;\u00e9tudiants<\/p>\n<p><strong>635<\/strong><br \/>\nAvions livr\u00e9s depuis Toulouse en 2015<\/p>\n<p><strong>10&rsquo;000<br \/>\n<\/strong>Chercheurs<\/p>\n<p><strong>2238<\/strong><br \/>\nHeures de soleil par an<\/p>\n<p><strong>95<\/strong><br \/>\nLaboratoires de recherche publique<\/p>\n<p><strong>42\u2009\u00d7\u200928\u2009\u00d7\u20095<\/strong><br \/>\nDimensions (en cm) des briques de terre cuite ayant donn\u00e9 son surnom \u00e0 la \u00abVille rose\u00bb<\/p>\n<p><b>_______<\/b><\/p>\n<p><strong>A la pointe de l\u2019IOT<\/strong><\/p>\n<p>Parmi les start-up toulousaines, <a href=\"https:\/\/www.sigfox.com\/en\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Sigfox<\/a> est incontestablement la plus \u00e9clatante r\u00e9ussite de ces derni\u00e8res ann\u00e9es. L\u2019entreprise fond\u00e9e en 2010 est sp\u00e9cialis\u00e9e dans l\u2019internet des objets. Sa technologie mise sur une connexion bas d\u00e9bit peu co\u00fbteuse et peu gourmande en \u00e9nergie. Elle se sp\u00e9cialise ainsi dans les objets qui ne doivent envoyer que des informations de petite taille, comme une annonce de panne ou une temp\u00e9rature. Le r\u00e9seau de Sigfox compte plus de 10 millions d\u2019objets dans 32 pays. Et l\u2019entreprise ne cache pas ses ambitions. En novembre dernier, elle a r\u00e9alis\u00e9 une lev\u00e9e de fonds de 150 millions d\u2019euros \u2013 la plus importante en France pour l\u2019ann\u00e9e 2016 \u2013 et vise une pr\u00e9sence dans 60 pays en 2018.<\/p>\n<p>_______<\/p>\n<p>Une version de cet article est parue dans le magazine Technologist (no 13).<\/p>\n<p>Pour souscrire un abonnement \u00e0 Technologist au prix de CHF 45.- (42 euros) pour 8 num\u00e9ros, rendez-vous sur\u00a0<a href=\"http:\/\/www.technologist.eu\/print-magazine\/subscribe\/\" rel=\"noopener\">technologist.eu<\/a>.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le projet de train supersonique Hyperloop a choisi d\u2019installer son nouveau centre de recherche dans la Ville rose. 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