



{"id":645,"date":"2001-02-14T00:00:00","date_gmt":"2001-02-13T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=645"},"modified":"-0001-11-30T00:00:00","modified_gmt":"-0001-11-29T22:00:00","slug":"ny","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=645","title":{"rendered":"J\u2019ai vu Bill Clinton, nouveau roi de Harlem"},"content":{"rendered":"<p>D\u00e8s son d\u00e9part de Washington, je m\u2019\u00e9tais r\u00e9jouis, comme le plus grand nombre des citoyens new-yorkais, \u00e0 l\u2019id\u00e9e que Bill Clinton viendrait s\u2019installer en ville. Quel in\u00e9puisable sujet il ferait pour la \u00abpage six\u00bb du New York Post, la chronique mondaine la plus lue parce que la plus assassine de la ville, et accessoirement pour la mienne, m\u2019\u00e9tais-je dit. Une semaine apr\u00e8s son statut retrouv\u00e9 de \u00abcitoyen\u00bb, je filais vers Chappaqua (la banlieue dor\u00e9e o\u00f9 les Clinton ont \u00e9lu domicile) dans l\u2019espoir avou\u00e9 de voir l\u2019ex-pr\u00e9sident, de lui lancer m\u00eame une question ou deux.<\/p>\n<p>Je restai discr\u00e8te sur ce p\u00e8lerinage, par crainte de passer pour une groupie. Je me suis ravis\u00e9e quand j\u2019ai appris que la chroniqueuse la plus c\u00e9l\u00e8bre du New York Times, Maureen Dowd (prim\u00e9e par le Pulitzer), s\u2019y \u00e9tait rendue elle aussi. J\u2019ai donc vu la vaste demeure en bois blanc des Clinton. Si j\u2019ai appr\u00e9ci\u00e9 son architecture, j\u2019ai vite dout\u00e9 que Bill trouverait dans cet endroit \u00e0 l\u2019ennui si palpable occupation \u00e0 son go\u00fbt. Hormis deux ou trois restaurants et quelques magasins d\u2019antiquit\u00e9s, Chappaqua est triste \u00e0 mourir. Pas un cin\u00e9, pas une bo\u00eete de nuit, rien. <\/p>\n<p>Et puis, j\u2019ai m\u00eame dout\u00e9 de l\u2019accueil que lui r\u00e9serverait New York, qui n\u2019en est pourtant pas \u00e0 une hyst\u00e9rie pr\u00e8s. Le scandale du pardon accord\u00e9 au financier Marc Rich a m\u00e9chamment terni des adieux pr\u00e9sidentiels que Bill Clinton aurait souhait\u00e9 plus clinquants. La banque Morgan Stanley, qui s\u2019\u00e9tait enorgueillie d\u2019avoir d\u00e9croch\u00e9 son premier discours public pour lequel elle a d\u00e9bours\u00e9 entre 100\u2019000 et 150\u2019000 dollars, a piteusement battu en retraite quelques jours plus tard apr\u00e8s les plaintes de plusieurs clients outr\u00e9s.<\/p>\n<p>A ces d\u00e9bats politiques se sont ajout\u00e9es quelques controverses plus politiciennes. Une poign\u00e9e de R\u00e9publicains s\u2019en sont pris au loyer (738\u2019700 dollars annuels) que Clinton s\u2019appr\u00eatait \u00e0 payer pour des bureaux au 56e \u00e9tage de la luxueuse tour du Carnegie Hall. L\u2019adresse est prestigieuse. Et le loyer, pour qui conna\u00eet le march\u00e9 immobilier new-yorkais, n\u2019est que tristement align\u00e9 sur les prix en vigueur dans l\u2019\u00eele la plus ch\u00e8re du monde. La proposition de Bill Clinton de prendre en charge pr\u00e8s de la moiti\u00e9 de cette somme par sa fondation priv\u00e9e n\u2019a pas tari les critiques (le loyer des bureaux des ex-pr\u00e9sidents est pay\u00e9 par le contribuable). <\/p>\n<p>Et puis lundi soir, cette rumeur: Bill Clinton l\u00e2cherait Midtown pour installer ses bureaux \u00e0 Harlem, sur la 125e Rue, \u00e0 deux p\u00e2t\u00e9s de maisons du c\u00e9l\u00e8bre th\u00e9\u00e2tre Apollo. Mardi d\u00e8s la premi\u00e8re heure, je filais \u00e0 l\u2019adresse indiqu\u00e9e. Et j\u2019ai eu plus de chance qu\u2019\u00e0 Chappaqua. Bill Clinton \u00e9tait attendu d\u2019une minute \u00e0 l\u2019autre par une presse locale extatique. Son apparition, vers midi, tenait plus de celle d\u2019une star du rap que d\u2019un politicien soi-disant sur le d\u00e9clin.<\/p>\n<p><center><img src=images\/large150201art1.jpg><\/center><\/p>\n<p>\u00abWe love you, we love you Mister President\u00bb, hurlait la foule rassembl\u00e9e sur le trottoir. J\u2019ai cherch\u00e9 en vain parmi les badauds un opposant \u00e0 l\u2019installation \u00e0 Harlem de cet h\u00f4te si encombrant pour certains. \u00abC\u2019est g\u00e9nial, c\u2019est le meilleur de nos pr\u00e9sidents\u00bb, s\u2019exclame Fatumata Traore, 18 ans. \u00abIl a fait tellement pour les minorit\u00e9s, et \u00e7a am\u00e8nera des boulots dans le quartier\u00bb, explique Karin Smith, 32 ans. \u00abBienvenue Mister President! Clinton a du sang noir dans les veines, n\u2019oubliez pas qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 \u00e9lev\u00e9 par une nanny noire, \u00e7a se sent, il sait comment nous vivons\u00bb, rench\u00e9rit Mark Morrison, 39 ans. <\/p>\n<p>Quand il r\u00e9ussit enfin \u00e0 calmer ses fans, Bill Clinton explique que ce transfert \u00e0 Harlem lui a \u00e9t\u00e9 sugg\u00e9r\u00e9 pendant le week-end. Il en parl\u00e9 \u00e0 Hillary, \u00abson s\u00e9nateur\u00bb, qui a tout de suite trouv\u00e9 l\u2019id\u00e9e formidable. Quelques d\u00e9tails doivent encore \u00eatre r\u00e9gl\u00e9s, mais le deal est quasiment scell\u00e9. Le loyer se montera \u00e0  210\u2019000 dollars par an pour une surface de 720 m\u00e8tres carr\u00e9s au 14e \u00e9tage de l\u2019\u00e9difice le plus \u00e9lev\u00e9 du quartier. La vue sur Central Park y serait \u00abbreathtaking\u00bb (\u00e0 couper le souffle).<\/p>\n<p>Le coup m\u00e9diatique, lui, est certainement \u00e0 couper le souffle. Un ex-pr\u00e9sident am\u00e9ricain, s\u2019intallant \u00e0 Harlem, en pleine \u00e8re r\u00e9publicaine\u2026. Mark n\u2019a peut-\u00eatre pas tort, ni surtout l\u2019\u00e9crivain Toni Morrison qui osa affirmer en 1992 que les Etats-Unis avaient \u00e9lu le premier pr\u00e9sident noir du pays. Bill Clinton est, en tous les cas, le nouveau roi de Harlem.<\/p>\n<p>&#8212;&#8211;<br \/>\nDessin: Alexia de Burgos<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cette semaine, \u00e0 Manhattan, on ne parlait que de lui: Bill Clinton installe ses bureaux du c\u00f4t\u00e9 de Harlem. 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