



{"id":6285,"date":"2017-08-09T23:45:07","date_gmt":"2017-08-09T21:45:07","guid":{"rendered":"http:\/\/largeur.com\/?p=6285"},"modified":"2017-08-09T17:40:52","modified_gmt":"2017-08-09T15:40:52","slug":"procrastination","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=6285","title":{"rendered":"Duper son cerveau pour mieux se concentrer"},"content":{"rendered":"<p><\/><br \/>\nLa ritournelle est un grand classique: passer des heures \u00e0 surfer sur internet, de vid\u00e9os de chats rigolos en profils Facebook, consulter son smartphone \u00e0 la moindre notification ou s\u2019\u00e9garer dans une partie de Candy Crush alors m\u00eame qu\u2019un dossier des plus urgents attend d\u2019\u00eatre empoign\u00e9. A l\u2019issue d\u2019une journ\u00e9e \u00e0 cumuler les petits \u00e9garements de l\u2019attention, c\u2019est pourtant souvent un d\u00e9sagr\u00e9able sentiment de culpabilit\u00e9 et de frustration qui surgit. Avec l\u2019av\u00e8nement des technologies mobiles, d\u2019internet et des r\u00e9seaux sociaux, l\u2019\u00eatre humain se retrouve pour la premi\u00e8re fois de son histoire face \u00e0 une offre pl\u00e9thorique de sollicitations, d\u2019informations et donc de potentielles sources de distraction quel que soit l\u2019endroit o\u00f9 il se trouve, y compris au travail.<\/p>\n<p>\u00abA des degr\u00e9s divers, tout le monde a une tendance \u00e0 la procrastination, explique Paul Matusz, chercheur au Laboratoire d\u2019investigation neurophysiologique du CHUV. L\u2019attention, la capacit\u00e9 \u00e0 filtrer ce qui nous para\u00eet important de ce qui ne l\u2019est pas, est le fruit d\u2019une interaction complexe entre plusieurs grands r\u00e9seaux du cerveau (lire ci-dessous). Trois forces, souvent antagonistes influencent notre concentration: les habitudes, les \u00e9motions et les intentions. Cette tension g\u00e9n\u00e8re des conflits internes et des contradictions dans le comportement. Il en r\u00e9sulte de la distraction, c\u2019est-\u00e0-dire la difficult\u00e9 \u00e0 aligner les priorit\u00e9s des diff\u00e9rentes parties du cerveau.\u00bb<\/p>\n<p>A la fin des ann\u00e9es 1980, l\u2019Italien Francesco Cirillo, aujourd\u2019hui d\u00e9veloppeur de logiciels, est \u00e9tudiant. Observant ses propres difficult\u00e9s de concentration dans ses r\u00e9visions, ainsi que celles de ses comparses, il se met intuitivement \u00e0 utiliser son minuteur de cuisine, en forme de tomate, pour s\u00e9quencer ses plages de travail. Et cela fonctionne! Il met au point une m\u00e9thodologie, troublante de simplicit\u00e9, la technique \u00abpomodoro\u00bb (lire ci-dessous). Elle compte aujourd\u2019hui de tr\u00e8s nombreux adeptes, notamment parmi les \u00e9tudiants, les chercheurs et autres travailleurs ind\u00e9pendants.<\/p>\n<p><strong>Stimulation multisensorielle<\/strong><\/p>\n<p>Et si la m\u00e9thode est efficace, c\u2019est qu\u2019elle permet de d\u00e9couper un objectif en t\u00e2ches pr\u00e9cises r\u00e9alisables \u00e0 court terme. Car la concentration consiste \u00e0 maintenir actifs les neurones situ\u00e9s dans le cortex pr\u00e9frontal, le si\u00e8ge de l\u2019attention, pour qu\u2019ils gardent en m\u00e9moire le but du moment. Ce dernier doit donc avoir \u00e9t\u00e9 clairement d\u00e9fini, et ne pas \u00eatre trop long, car l\u2019activit\u00e9 de ces neurones est fragile.<\/p>\n<p>Attention toutefois, les nombreuses applications \u00abpomodoro\u00bb pour smartphone ne seraient pas aussi efficientes que le bon vieux timer de cuisine.<\/p>\n<p>\u00abQuand on utilise un timer, il occupe l\u2019espace auditif et visuel, constate Paul Matusz. On l\u2019entend d\u00e9compter le temps, on le voit bouger. C\u2019est une stimulation multisensorielle qui nous rappelle chaque seconde que nous devons nous concentrer. C\u2019est beaucoup plus efficace qu\u2019un stimulus qui serait uniquement soit audio, soit visuel. Le simple fait de devoir manipuler ou regarder son smartphone pour v\u00e9rifier la minuterie peut \u00e9galement \u00eatre un facteur de distraction.\u00bb<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-6286\" src=\"http:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2017\/08\/ImageJour_090817jpg-01.jpg\" alt=\"\" width=\"468\" height=\"311\" srcset=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2017\/08\/ImageJour_090817jpg-01.jpg 468w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2017\/08\/ImageJour_090817jpg-01-300x199.jpg 300w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2017\/08\/ImageJour_090817jpg-01-272x182.jpg 272w\" sizes=\"auto, (max-width: 468px) 100vw, 468px\" \/><\/p>\n<p><strong>Recette miracle?<\/strong><\/p>\n<p>Toutefois pour que la m\u00e9thode soit vraiment efficace, il faut y habituer le cerveau, l\u2019entra\u00eener comme un muscle. \u00abFinalement peu importe la dur\u00e9e des pomodori, du moment que c\u2019est toujours la m\u00eame, 10,\u00a0 25 ou m\u00eame 45 minutes. C\u2019est l\u2019habitude que va prendre le cerveau \u00e0 se concentrer plusieurs fois dans une journ\u00e9e sur une t\u00e2che pr\u00e9cise, \u00e0 reconna\u00eetre exactement quand la r\u00e9compense va tomber qui rend cette m\u00e9thode efficiente. C\u2019est un moyen de duper son cerveau pour le garder attentif.\u00bb<\/p>\n<p>Une bonne attention est ainsi une question d\u2019\u00e9quilibre entre les diff\u00e9rents syst\u00e8mes du cerveau. Sans \u00eatre une recette miracle, la technique pomodoro offre donc un outil pour mieux ressentir et canaliser les contraintes exerc\u00e9es par ces nombreux \u00abdistracteurs\u00bb. \u00abL\u2019\u00e9volution va bien plus lentement que le progr\u00e8s technologique, mais il para\u00eet probable que le cerveau finira par s\u2019adapter \u00e0 la multiplication des stimuli de notre \u00e9poque contemporaine.\u00bb<\/p>\n<p>_______<\/p>\n<p><strong>La technique pomodoro<\/strong><\/p>\n<ol>\n<li>Identifier un objectif et le d\u00e9couper en t\u00e2ches<\/li>\n<li>D\u00e9cider de la t\u00e2che \u00e0 effectuer<\/li>\n<li>R\u00e9gler le <em>pomodoro<\/em> (minuteur) sur 25 minutes<\/li>\n<li>Travailler sur la t\u00e2che jusqu\u2019\u00e0 ce que le minuteur sonne et la noter sur une feuille de papier comme termin\u00e9e<\/li>\n<li>Prendre une courte pause (5 minutes)<\/li>\n<li>Recommencer<\/li>\n<li>Tous les quatre <em>pomodori<\/em> prendre une pause un peu plus longue (15-30 minutes)<\/li>\n<\/ol>\n<p><u>_______<\/u><\/p>\n<p><strong>Les grands r\u00e9seaux du cerveau<\/strong><\/p>\n<p><strong>Les habitudes<br \/>\n<\/strong>Les neurones des cortex sensoriels sont capables de d\u00e9tecter rapidement les \u00e9v\u00e9nements habituellement importants. Ils gardent en m\u00e9moire des perceptions qu\u2019ils associent \u00e0 des actions, par exemple: nourriture-manger, crayon-\u00e9crire, sonnerie-r\u00e9pondre.<\/p>\n<p><strong>Les \u00e9motions<br \/>\n<\/strong>Le syst\u00e8me limbique enregistre en permanence des associations entre l\u2019objet ou l\u2019action et le ressenti. Si ce dernier est agr\u00e9able ou non, il donne une certaine valeur \u00e0 cette association.<\/p>\n<p><strong>Les intentions<br \/>\n<\/strong>Situ\u00e9 dans le lobe frontal, le syst\u00e8me de d\u00e9cision stabilise la perception sur l\u2019information la plus pertinente et aide \u00e0 choisir l\u2019action ad\u00e9quate. Il doit souvent effectuer un arbitrage entre plusieurs objectifs. Ce qui complique la prise de d\u00e9cision puisque c\u2019est une source de distraction.<\/p>\n<p>_______<\/p>\n<p>Une version de cet article est parue dans In Vivo magazine (no 11).<\/p>\n<p>Pour vous abonner \u00e0 In Vivo au prix de seulement CHF 20.- (d\u00e8s 20 euros) pour 6 num\u00e9ros, rendez-vous sur\u00a0<a href=\"http:\/\/www.invivomagazine.com\/\">invivomagazine.com<\/a>.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La m\u00e9thode \u00abpomodoro\u00bb permet de d\u00e9couper un objectif en t\u00e2ches pr\u00e9cises r\u00e9alisables \u00e0 court terme. 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