



{"id":6264,"date":"2017-08-08T00:10:57","date_gmt":"2017-08-07T22:10:57","guid":{"rendered":"http:\/\/largeur.com\/?p=6264"},"modified":"2017-08-08T09:08:46","modified_gmt":"2017-08-08T07:08:46","slug":"salutations","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=6264","title":{"rendered":"Faire la bise \u00e0 son client, ou pas"},"content":{"rendered":"<p><\/><\/p>\n<p>\u00abFaire la bise \u00e0 une cliente \u00e9tait tout simplement impensable jusque dans les ann\u00e9es 1970. La situation a progressivement \u00e9volu\u00e9, et il est vrai qu\u2019aujourd&rsquo;hui on peut avoir un rapport diff\u00e9rent, m\u00eame s\u2019il reste relativement polic\u00e9.\u00bb Nicolas Leuba, pr\u00e9sident des garagistes vaudois et membre du comit\u00e9 central de l\u2019Union professionnelle suisse de l&rsquo;automobile, r\u00e9sume une \u00e9volution que tout le monde constate dans les rapports professionnels en Suisse.<\/p>\n<p>Dans le cadre du travail, on ne devrait cependant jamais se sentir oblig\u00e9 d&rsquo;adopter un comportement social contraire \u00e0 ses envies et ses convictions. Pour autant, il faut savoir faire preuve d\u2019un minimum de flexibilit\u00e9. \u00abPour un premier contact, la poign\u00e9e de main garde tout son sens, ainsi que le vouvoiement, dit Reza Etemad-Sajadi, professeur associ\u00e9 en marketing \u00e0 l\u2019\u00c9cole h\u00f4teli\u00e8re de Lausanne et charg\u00e9 de cours \u00e0 HEC Lausanne. C&rsquo;est en voyant le client et son comportement que le fournisseur va r\u00e9aliser \u00e0 quel point il peut progressivement s&rsquo;adapter.\u00bb<\/p>\n<p>Comment identifier les usages d\u2019un client et s\u2019y conformer? Ne pas aller contre les coutumes, et en m\u00eame temps garder sa personnalit\u00e9? Pour le professeur, \u00absi le client veut nous faire la bise, c&rsquo;est tr\u00e8s difficile d&rsquo;imaginer refuser\u00bb. Mais quand \u00e0 l&rsquo;issue d&rsquo;une r\u00e9union o\u00f9 tout le monde s&#8217;embrasse, vous ne souhaitez pas faire la bise, \u00abil suffit de tendre la main pour r\u00e9gler le probl\u00e8me, estime Jean-Michel Favier, directeur d\u2019une enseigne de grande distribution dans le sud de la France, o\u00f9 les rapports sociaux sont souvent particuli\u00e8rement affectueux. Mais il faut le faire avec sourire et chaleur. Il y aura peut-\u00eatre un moment de surprise si ce sont les habitudes des uns et des autres. Pourtant, d\u00e8s l&rsquo;instant o\u00f9 vous mettez de l&#8217;empathie et de la bienveillance dans votre geste, il n&rsquo;y a pas de raison que cela choque. C&rsquo;est \u00e0 vous de mettre la distance.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Le client donne le ton<\/strong><\/p>\n<p>Le tutoiement aussi est une question sensible. \u00abLe vouvoiement reste de rigueur, par respect mais aussi pour neutraliser les diff\u00e9rences d&rsquo;\u00e2ge. La seule exception que je tol\u00e8re pour le tutoiement est avec les fournisseurs \u00e9trangers, qui font l&rsquo;effort de parler notre langue\u00bb, dit Aur\u00e9lie Tison, acheteuse au sein du groupe anglais Kingfisher, r\u00e9guli\u00e8rement amen\u00e9e \u00e0 traiter avec des vendeurs \u00e0 travers le monde. \u00abIl faut g\u00e9rer le tutoiement comme une marque cordiale d&rsquo;une relation professionnelle, indique Nicolas Leuba de l\u2019Union suisse de l\u2019automobile. D\u00e8s lors que les deux personnes se tutoient ou se vouvoient, le rapport de force est le m\u00eame.\u00bb<\/p>\n<p>La relation entre le client et le fournisseur n&rsquo;est pas neutre: on est parfois pr\u00eat \u00e0 faire des concessions, \u00e0 accorder des avantages, pour obtenir l&rsquo;affaire. Mais il faut prendre garde que cela reste dans un cadre strictement professionnel, et bien l\u00e9gal. Si l\u2019on y met une dimension personnelle, elle doit rester r\u00e9ciproque. Le client est roi, dit l\u2019adage, et c\u2019est donc lui qui donne le rythme. Le fournisseur, de son c\u00f4t\u00e9, doit s\u2019adapter et ne pas se montrer intrusif dans la relation.<\/p>\n<p>La clef, selon Reza Etemad-Sajadi, c&rsquo;est \u00abla coh\u00e9rence et l&rsquo;image que l&rsquo;entreprise veut v\u00e9hiculer \u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur. Si un commercial ressent une g\u00eane de la part de son client, il sera int\u00e9ressant de r\u00e9colter ces informations en interne pour adapter la relation \u00e0 mettre en place. Le fournisseur pourra aussi choisir l&#8217;employ\u00e9 ad\u00e9quat pour r\u00e9pondre au client.\u00bb C&rsquo;est une question d&rsquo;image, de culture d&rsquo;entreprise et de positionnement de la marque: une h\u00f4tesse de l\u2019air d\u2019EasyJet n\u2019a pas le m\u00eame rapport \u00e0 son client qu\u2019un banquier priv\u00e9. Une mauvaise gestion de la distance relationnelle peut entra\u00eener des demandes non appropri\u00e9es de la part du client.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-6265\" src=\"http:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2017\/08\/img_du_jours_8_aout.jpg\" alt=\"\" width=\"468\" height=\"311\" srcset=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2017\/08\/img_du_jours_8_aout.jpg 468w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2017\/08\/img_du_jours_8_aout-300x199.jpg 300w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2017\/08\/img_du_jours_8_aout-272x182.jpg 272w\" sizes=\"auto, (max-width: 468px) 100vw, 468px\" \/><\/p>\n<p><strong>Amiti\u00e9 sur Facebook\u00a0d\u00e9conseill\u00e9e<\/strong><\/p>\n<p>\u00abCela ne veut pas dire qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur on ne peut pas \u00eatre ami, mais dans la relation commerciale, cela risquera de fausser les discussions ou les n\u00e9gociations, t\u00e9moigne Jean-Michel Favier. En ce qui me concerne, lorsque j&rsquo;ai des rendez-vous avec mes fournisseurs, je peux avoir deux ou trois mots gentils en d\u00e9but et en fin d&rsquo;entretien, mais cela reste limit\u00e9.\u00bb S&rsquo;il y a une invitation de la part du client pour une sortie en dehors du contexte de travail, mieux vaut garder l\u2019\u00e9quilibre et partager l&rsquo;information avec la hi\u00e9rarchie.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 \u00eatre ami avec son client sur Facebook, il s\u2019agit d\u2019une pratique g\u00e9n\u00e9ralement d\u00e9conseill\u00e9e. Sauf, bien s\u00fbr, si celui-ci l&rsquo;utilise \u00e0 des fins strictement professionnelles. M\u00e9langer les affaires et la vie priv\u00e9e n&rsquo;est pas sans risque. \u00abCela demande du tact et de savoir faire la part des choses. Ce serait toutefois dommage de s&rsquo;en priver, dit Jean-Michel Favier. Car les relations amicales entre client et fournisseur peuvent cr\u00e9er de belles relations humaines.\u00bb<\/p>\n<p>_______<\/p>\n<p><strong>Us et coutumes \u00e0 travers le monde<\/strong><\/p>\n<p><em>Panorama des diff\u00e9rentes marques d\u2019affection avec Benedikt Schwartz et Nader Erfani, conseillers export chez Switzerland Global Enterprise.<\/em><\/p>\n<p><strong>Inde<br \/>\n<\/strong>Embrasser quelqu&rsquo;un est un v\u00e9ritable tabou en Inde. Impensable dans\u00a0<span class=\"hit\">les<\/span>\u00a0relations de travail.<\/p>\n<p><strong>Chine<br \/>\n<\/strong>Dans le monde des affaires en Chine, il est vivement d\u00e9conseill\u00e9 de faire la bise.<\/p>\n<p><strong>Japon, Cor\u00e9e<br \/>\n<\/strong>Il n\u2019est pas question d\u2019embrasser quelqu\u2019un en Cor\u00e9e ou au Japon. En r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale, on ne se touche pas la t\u00eate. Seule exception: les hommes ou les femmes qui travaillent ou ont travaill\u00e9 avec l\u2019Occident et qui ont tiss\u00e9 des liens \u00e9troits avec leurs partenaires. Ils appr\u00e9cient g\u00e9n\u00e9ralement de se faire la bise.<\/p>\n<p><strong>Espagne, Italie, France<br \/>\n<\/strong>G\u00e9n\u00e9ralement inappropri\u00e9e, la bise peut n\u00e9anmoins se faire entre coll\u00e8gues ou entre relations professionnelles, lorsqu\u2019on se conna\u00eet depuis longtemps.<\/p>\n<p><strong>Allemagne, Grande-Bretagne<br \/>\n<\/strong>Il n\u2019est habituellement pas souhaitable de se faire la bise dans le monde des affaires. On peut cependant s\u2019embrasser entre coll\u00e8gues ou relations commerciales si l\u2019on conna\u00eet bien la personne \u00e0 titre priv\u00e9.<\/p>\n<p><strong>USA, Canada<br \/>\n<\/strong>Il n\u2019est pas tr\u00e8s courant de s\u2019embrasser aux Etats-Unis, ni dans la partie anglophone du Canada. Aux Etats-Unis, on se serre la main ou on se donne une br\u00e8ve \u00abaccolade\u00bb (\u00abhug\u00bb) si on se conna\u00eet bien. Les hommes se font parfois une petite tape dans le dos. Au Qu\u00e9bec, en revanche, la bise est plus courante, mais plut\u00f4t r\u00e9serv\u00e9e au cadre priv\u00e9. Elle est envisageable dans le monde professionnel \u00e0 condition de bien se conna\u00eetre et d\u2019avoir longuement travaill\u00e9 ensemble. Mais en tout cas pas \u00e0 la premi\u00e8re rencontre.<\/p>\n<p><strong>Iran<br \/>\n<\/strong>Pour les hommes, il existe plusieurs degr\u00e9s de salutation. On ne fait pas la bise si l\u2019on ne conna\u00eet pas la personne ou \u00e0 la premi\u00e8re rencontre. Par la suite, lorsqu&rsquo;une certaine familiarit\u00e9 s&rsquo;installe, on peut se donner une accolade en tendant la joue et une petite tape dans le dos. Si l\u2019on veut souligner les retrouvailles et montrer son intention de renforcer la relation, alors on se fait une double bise, tout en se tapotant dans le dos pour garder le c\u00f4t\u00e9 solennel. Si le niveau social de l&rsquo;une des personnes est tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9, la bise devient alors impossible et peut se transformer en baisemain.<\/p>\n<p>Entre hommes et femmes, au travail ou dans un lieu public, on saluera la femme par un sourire et \u00e9ventuellement une salutation ou courbette mains jointes pour montrer son respect.<\/p>\n<p>_______<\/p>\n<article id=\"post-4925\" class=\"clearfix post-4925 post type-post status-publish format-standard has-post-thumbnail hentry category-kapital kapital\">\n<div class=\"clearfix entry-content\">\n<div class=\"content-single\">\n<p>Une version de cet article est parue dans PME Magazine.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/article>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Certaines relations professionnelles peuvent devenir quasi amicales. A quel moment peut-on \u00eatre plus familier?<\/p>\n","protected":false},"author":20189,"featured_media":6265,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[],"class_list":["post-6264","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-kapital","kapital"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/6264","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/20189"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=6264"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/6264\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":6270,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/6264\/revisions\/6270"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/6265"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=6264"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=6264"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=6264"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}