



{"id":570,"date":"2000-11-26T00:00:00","date_gmt":"2000-11-25T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=570"},"modified":"-0001-11-30T00:00:00","modified_gmt":"-0001-11-29T22:00:00","slug":"disque","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=570","title":{"rendered":"Blur, hommage \u00e0 un groupe phare des ann\u00e9es 90"},"content":{"rendered":"<p>On devrait consid\u00e9rer le rock anglais comme un des beaux-arts. Depuis l\u2019apparition des Beatles, il n\u2019a jamais cess\u00e9 d\u2019exp\u00e9rimenter de nouvelles formes esth\u00e9tiques et de remodeler par la m\u00eame occasion l\u2019\u00e9ternel britannique &#8211; comme on dit \u00abl\u2019\u00e9ternel f\u00e9minin\u00bb.<\/p>\n<p>A la fois lib\u00e9rateur et terriblement cod\u00e9, le rock anglais a fait bouillonner une culture populaire qui s\u2019exprime autant par la t\u00e9l\u00e9vision (de \u00abChapeau Melon\u00bb \u00e0 \u00abAbsolutely Fabulous\u00bb et toute la BBC) que par la litt\u00e9rature (Hanif Kureishi, Martin Amis) ou l\u2019art contemporain (Damien Hirst, Julian Opie). La Grande-Bretagne est, soit dit en passant, le seul pays europ\u00e9en \u00e0 h\u00e9berger une sc\u00e8ne culturelle aussi coh\u00e9rente et vivace.<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui, il est convenu de dire que c\u2019est un quatuor nomm\u00e9 Blur qui porte le mieux l\u2019\u00e9tendard du rock anglais. Tr\u00e8s dou\u00e9 pour les m\u00e9lodies, mais attentif aux moindres mouvements des avant-gardes, le groupe a r\u00e9ussi \u00e0 convaincre \u00e0 la fois l\u2019intelligentsia critique et le grand public. Et ce n\u2019est pas un hasard si ses musiciens ont \u00e9tudi\u00e9 les beaux-arts.<\/p>\n<p>En six albums, Blur a d\u00e9fini un style tr\u00e8s calcul\u00e9 qui puise ses sources du c\u00f4t\u00e9 des Kinks, de The Jam, des Specials et parfois des Beatles dont il a h\u00e9rit\u00e9 le go\u00fbt des harmonies d\u00e9licates sans en r\u00e9cup\u00e9rer la gentillesse mi\u00e8vre. De plus, ses liens avec la sc\u00e8ne alternative am\u00e9ricaine renouvellent r\u00e9guli\u00e8rement son inspiration musicale et conceptuelle. Car Blur, c\u2019est aussi un concept visuel tr\u00e8s ma\u00eetris\u00e9: certaines de ses vid\u00e9os et de ses pochettes sont r\u00e9alis\u00e9es par des stars de l\u2019art contemporain comme Damien Hirst, justement (le clip de \u00abCountry House\u00bb) ou Julian Opie, encore lui (la couverture du \u00abBest Of\u00bb qui vient de sortir).<\/p>\n<p>Cette compilation, qui r\u00e9unit les meilleurs singles de Blur depuis ses d\u00e9buts en 1990, constitue une excellente introduction \u00e0 l\u2019intention de ceux qui ne conna\u00eetraient pas encore le groupe. Aux autres, il rappellera \u00e0 quel point ces quatre musiciens ont d\u00e9fini le son des ann\u00e9es 90, tant par leurs enregistrements en studio que par leurs concerts (une \u00e9dition sp\u00e9ciale de ce best-of est accompagn\u00e9e d\u2019un disque live).<\/p>\n<p>Passage en revue des dix-huit titres qui composent l\u2019album.<\/p>\n<p>1. \u00abBeetlebum\u00bb<br \/>\nLa r\u00e9f\u00e9rence aux Beatles est assum\u00e9e dans le titre: ces harmonies \u00e9lectrifi\u00e9es rappellent le Lennon de la meilleure \u00e9poque (68-72), sans pour autant sombrer dans la nostalgie. Un d\u00e9marrage irr\u00e9sistible.<\/p>\n<p>2. \u00abSong 2\u00bb.<br \/>\nUn des plus gros succ\u00e8s de Blur, surtout aux Etats-Unis o\u00f9 ce refrain un peu simplet (woo-hoo) est presque devenu un hymne. En concert, l\u2019\u00e9nergie pop-punk de \u00abSong 2\u00bb d\u00e9clenche r\u00e9guli\u00e8rement des \u00e9meutes dans les premiers rangs. <\/p>\n<p>3. \u00abThere\u2019s No Other Way\u00bb<br \/>\nAvec sa m\u00e9lodie tr\u00e8s facilement m\u00e9morisable, \u00abThere\u2019s No Other Way\u00bb est vite devenu un tube (top 10) en Grande-Bretagne en 1991. C\u2019est \u00e0 cause de ce morceau solaire et psych\u00e9d\u00e9lique que Blur, en d\u00e9but de carri\u00e8re, a \u00e9t\u00e9 catalogu\u00e9 un peu trop rapidement dans le mouvement baggy aux c\u00f4t\u00e9s de groupes comme les Stone Roses et les Charlatans. <\/p>\n<p>4. \u00abThe Universal\u00bb<br \/>\nC\u2019est le genre de ballade qui pemet au public des stades d\u2019allumer les briquets. Un titre qui pla\u00eet davantage aux filles qu&rsquo;aux gar\u00e7ons.<\/p>\n<p>5. \u00ab Coffee and TV \u00bb<br \/>\nSigne particulier: cette chanson n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 compos\u00e9e par le chanteur Damon Albarn mais par Graham Coxon, consid\u00e9r\u00e9 comme le vrai g\u00e9nie musical de Blur. Son style de guitare d\u00e9glingu\u00e9, assez proche du post-rock am\u00e9ricain, a permis au groupe de se d\u00e9faire de son image de gentille formation pop. A sa sortie, \u00abCoffee and TV\u00bb \u00e9tait accompagn\u00e9 d\u2019une vid\u00e9o tr\u00e8s r\u00e9ussie et faussement na\u00efve qui racontait l\u2019histoire d\u2019un petit berlingot de lait partant \u00e0 la recherche d\u2019un enfant disparu. <\/p>\n<p>6. \u00abParklife\u00bb<br \/>\nC\u2019est l\u2019accent cockney de Phil Daniels (l\u2019acteur du film \u00abQuadrophenia\u00bb) qu\u2019on entend dans cette \u00e9num\u00e9ration des clich\u00e9s de la vie londonienne. Le couplet fait r\u00e9f\u00e9rence aux Audi que conduisent les yuppies de la City (\u00ab It\u2019s got nothing to do with the Vorspung durch Technik, y\u2019know \u00bb). Un refrain m\u00e9morable, les Kinks ne sont pas loin.<\/p>\n<p>7. \u00abEnd Of A Century\u00bb<br \/>\nSans doute la m\u00e9lodie la plus accrocheuse jamais compos\u00e9e par Blur. Avec trompette discr\u00e8te, ch\u0153urs aigus et paroles pr\u00e9monitoires (\u00abla fin du si\u00e8cle, c\u2019est rien de sp\u00e9cial\u00bb). <\/p>\n<p>8. \u00abNo Distance Left To Run\u00bb<br \/>\nUne magnifique chanson, douloureuse et d\u00e9sabus\u00e9e, sur la fin d\u2019une relation. A l\u2019\u00e9poque, Damon Albarn venait de rompre d\u2019avec sa compagne Justine Frischmann, chanteuse du groupe Elastica. Ce morceau a \u00e9t\u00e9 arrang\u00e9 par William Orbit, producteur vedette du \u00abRay Of Light\u00bb de Madonna.<\/p>\n<p>9. \u00ab Tender \u00bb<br \/>\nUn titre hybride et interminable, entre le num\u00e9ro de crooner rat\u00e9 (\u00abtender is the night\u00bb) et le gospel r\u00e9dempteur, avec claquements de mains en prime. A ceux qui se demandent comment un morceau aussi \u00e9nervant a pu devenir un tube en Grande-Bretagne, on r\u00e9pondra que, comme d\u2019habitude, c\u2019est la m\u00e9lodie qui tire les wagons.<\/p>\n<p>10. \u00abGirls and Boys\u00bb<br \/>\nAvec ce magnifique morceau paru en 1994, Blur a lanc\u00e9 le revival des ann\u00e9es 80: rythme \u00e9lectro-disco, refrain new wave et synth\u00e9tiseur crachottant. Un hymne aux tourisme de masse et \u00e0 l\u2019indiff\u00e9renciation sexuelle qui avait fait l\u2019objet d\u2019un excellent remix par les Pet Shop Boys.<\/p>\n<p>11. \u00abCharmless Man\u00bb<br \/>\nL\u2019histoire d\u2019un \u00abhomme sans charme\u00bb pour une chanson sans charme: refrain infantile, arrangement banal. Une des seules fautes de go\u00fbt de l\u2019album.<\/p>\n<p>12. \u00abShe\u2019s So High\u00bb<br \/>\nC\u2019est le premier single de Blur, sorti en 1990, en pleine vague post-psych\u00e9d\u00e9lique, avec beaucoup d\u2019echo sur la voix. C\u2019\u00e9tait l\u2019\u00e9poque du mouvement \u00abMadchester\u00bb et des vaches dans les pr\u00e9s.<\/p>\n<p>13. \u00abCountry House\u00bb<br \/>\nImmense succ\u00e8s pour ce titre paru en 1995, \u00e0 l\u2019\u00e9poque o\u00f9 Blur et Oasis, pr\u00e9sent\u00e9s comme les h\u00e9ritiers rivaux des Beatles, faisaient les gros titres de la presse anglaise. Avec \u00abCountry House\u00bb, entr\u00e9 directement \u00e0 la premi\u00e8re place des charts, Blur semblait avoir gagn\u00e9 la partie. Mais peu apr\u00e8s, Oasis crevait le plafond du succ\u00e8s commercial et Blur semblait largu\u00e9. Cinq ans plus tard, Oasis est d\u00e9finitivement d\u00e9cr\u00e9dibilis\u00e9 alors que Blur a atteint sa maturit\u00e9 sans rien perdre de son \u00e9l\u00e9gance.<\/p>\n<p>14. \u00abTo The End\u00bb<br \/>\nUne ballade envo\u00fbtante, vaguement inspir\u00e9e du g\u00e9n\u00e9rique d\u2019une aventure de James Bond (\u00abYou Only Live Twice\u00bb) et interpr\u00e9t\u00e9e en duo avec la chanteuse de Stereolab. Pour l\u2019anecdote, le maxi de ce titre proposait une version 100% francophone chant\u00e9e par Fran\u00e7oise Hardy, grande admiratrice de Blur.<\/p>\n<p>15. \u00abOn Your Own\u00bb<br \/>\nCe m\u00e9lange de britpop et de post-rock, avec gargouillements de synth\u00e9tiseurs en prime, porte l\u2019empreinte du guitariste Graham Coxon, qui vient de publier un bon album solo (\u00abThe Golden D\u00bb).<\/p>\n<p>16. \u00abThis Is A Low\u00bb<br \/>\nUne balade d\u00e9di\u00e9e \u00e0 l\u2019esprit de la couronne, hant\u00e9e par un refrain m\u00e9lodramatique. Un peu pompeux mais tr\u00e8s efficace.<\/p>\n<p>17. \u00abFor Tomorrow\u00bb<br \/>\nCe pur concentr\u00e9 de pop anglaise a \u00e9t\u00e9 compos\u00e9 par Damon Albarn en hommage aux romans de Martin Amis. La m\u00e9lodie rappelle un peu les d\u00e9buts de Bowie. Encore plus british qu\u2019un pot de confiture d\u2019oranges am\u00e8res marqu\u00e9 du sceau de Queen Elizabeth.<\/p>\n<p>18. \u00abMusic Is My Radar\u00bb<br \/>\nLe seul morceau in\u00e9dit de l\u2019album. Un fabuleux m\u00e9lange de funk froid et de \u00abvoodoo jazz\u00bb, selon le terme consacr\u00e9. Si le prochain album de Blur est \u00e0 la hauteur de ce titre, il y a tout lieu de se r\u00e9jouir: le groupe est encore bon pour une d\u00e9cennie.<\/p>\n<p>&#8212;&#8212;-<br \/>\nA consulter, le <a href=http:\/\/www.blur.co.uk target=_blank class=std>site<\/a> officiel de Blur.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Apr\u00e8s dix ans d\u2019activit\u00e9, le quatuor anglais publie une compilation de ses meilleurs titres. L\u2019occasion id\u00e9ale, pour ceux qui ne le conna\u00eetraient pas encore, de d\u00e9couvrir le groupe de rock le plus distingu\u00e9 de son \u00e9poque.<\/p>\n","protected":false},"author":4,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-570","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-pop-culture","pop-culture"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/570","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/4"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=570"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/570\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=570"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=570"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=570"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}